[Film] Don’t Kill It, de Mike Mendez (2016)

Un mal très ancien est mis à jour au sein d’une petite ville d’Alaska. En passant d’hôte en hôte, il sème mort et destruction. Seule chance de survie : un chasseur de démons, vieil ennemi de cette menace-là. Aux côtés d’un agent du FBI, il doit faire face à ce danger démoniaque, apte à posséder celui qui veut le tuer…


Avis de Cherycok :
Mike Mendez est un réalisateur des plus attachants. Il n’a pas une grande filmographie, aussi bien en termes de quantité que de qualité, mais pourtant chacun de ses films possède ce petit truc qui fait que quand on accroche, on y revient. Des films souvent second degré à prendre au second degré. Le Couvent et ses nonnes démoniaques aux yeux multicolores. Big Ass Spider et ses araignées géantes au gros derrière. Lavalantula et son message subliminal un brin moqueur sur l’industrie cinématographique hollywoodienne. Et du coup, le voir pondre un film avec un Dolph Lundgren vieillissant en chasseur de démons au look texan balançant des punchlines funs pendant qu’un démon passant de corps en corps charcute à tout va ses pauvres victimes sur fond de gore qui tâche, ça ne pouvait que titiller ma curiosité. D’autant plus que le film ne dépasse pas 1h20, autant dire qu’il n’allait pas être difficile de le placer dans mon emploi du temps.

3.5 millions de budget, Dolph Lundgren en tête d’affiche, il faut avouer que d’entrée de jeu, Don’t Kill It ne fait pas réellement rêver. Mais pourtant, le film marche. Bien entendu, il ne propose rien de plus qu’un petit divertissement de série B des plus funs, mais il n’a pas la prétention d’autre chose. Donc à partir du moment que ce postulat de départ est bien compris, il n’y a plus qu’à se laisser porter par les pérégrinations de ce cher Dolph Lundgren en tueur de démons semi-retraité, à la cool, pipette électronique au bec, bourrin quand il le faut, au look de Texas Ranger semi redneck, auréolé d’un magnifique chapeau de cowboy et armé d’un fusil lance filet.
Mike Mendez fait preuve d’un savoir-faire qui fait plaisir à voir. On aurait pu se dire que le sujet et le budget auraient mené à un film vite bouclé vite baclé mais il n’en est rien. Sa mise en scène est des plus sympathiques, avec quelques effets de style intéressants. Certaines scènes sont réellement réussies, avec un savant dosage des filtres de couleur, une utilisation propre des ombres et des lumières permettant même aux scènes de nuit et de brouillard d’être parfaitement lisibles. Les dialogues sont tout aussi réussis, dans le second degré également, avec tout un lot de punchlines bien funs. Mendez se permet même un clin d’œil à un de ses propres films, Le couvent, agrémenté d’un très court extrait, lorsque le personnage de Dolph Lundgren énonce les différents styles de démons auxquels il a déjà été confronté au cours de ses différentes traques.

Don’t Kill It est très court donc, 1h20 au compteur, et du coup, il rentre immédiatement dans le vif du sujet. Il se montre gore, très gore parfois même, avec des effets à la fois artisanaux (réussis) et numériques (déjà moins). Et le réalisateur s’en donne à cœur joie : corps charcutés au hachoir, éventration au fusil à pompe, bras découpés, têtes qui explosent,… Les amateurs de gore ont le sourire aux lèvres à peine au bout de trois minutes. Petit ventre mou en milieu de film, avec des longs dialogues, pas inintéressants car ils nous en apprennent plus sur les personnages et le démon, mais le rythme est clairement cassé et on attend que l’action frénétique des premières minutes revienne. Et ca revient vite, avec un côté complètement jouissif avec cet abus de gore qui donne le sourire tant les effets sont parfois exagérés (on aura rarement vu de crâne aussi fragile).
Certes, le film va faire preuve de certaines facilités (le prêtre qui tombe pile sur les héros en plein milieu d’une dense forêt), les figurants et rôles secondaires ont parfois des réactions très cons (j’ai un fusil dans les mains mais, plutôt que de tirer, je cours vers le démon pour me faire buter), mais pourtant on passe un excellent moment devant un divertissement qui n’a d’autre prétention que celle de nous amuser. Avec en prime, un plan final très fun qui pourra donner une nouvelle idée de scénario à ces chères personnes de The Asylum / SyFy pour un éventuel prochain film de requin. Il y avait déjà eu un clin d’œil entre un film de Mendez et une production the Asylum (Lavalantula / Sharknado), donc il n’y a pas de raison que cela ne se reproduise pas.

LES PLUSLES MOINS
♥ Les scènes gores
♥ La bonne humeur ambiante
⊗ Les effets numériques
Don’t Kill It n’est clairement pas un grand film. Pourtant, il apporte suffisamment de fun, de second degré et de scènes bien barrées pour en faire une très bonne petite série B.



Titre : Don’t Kill It
Année : 2016
Durée : 1h20
Origine : USA
Genre : : Texan Demon Hunter !
Réalisateur : Mike Mendez
Scénario : Dan Berk, Robert Olsen

Acteurs : Dolph Lundgren, Kristina Klebe, Elissa Dowling, Michael Aaron Milligan, Billy Slaughter, Aaron McPherson, Miles Doleac, Sam Furman

 Don't Kill It (2016) on IMDb
























Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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2 Comments

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  1. Comme tu le dis, Mike Mendez est un réalisateur attachant (et un peu foufou). Même son film le plus sérieux, THE GRAVEDANCERS (renommé Profanations en France) était bien sympathique à défaut d’être original.

  2. Bah si tu à l’occaze, teste celui là, il est très chouette et bien fun.

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