[Film] Demolition Man, de Marco Brambilla (1993)


En 2032, à San Angeles, une mégalopole californienne où toute violence a été éradiquée, Simon Phoenix, un tueur psychopathe condamné à une longue peine d’hibernation et de rééducation, profite d’une visite médicale pour s’évader. Seul recours pour le neutraliser : réanimer son ennemi de toujours : John Spartan, un policier surnommé “Demolition Man”, cryogénisé à titre de punition pour homicide par imprudence en 1996.


Avis de Cherycok :
Je l’aime bien moi ce Demolition Man. Ce n’est pas le cas de pas mal de monde, mais je l’aime même beaucoup. Pourtant, presque tout y est bancal, mais allez savoir pourquoi, ce film possède à mes yeux un très gros capital sympathie. Il représente tout ce qui me faisait délirer dans les blockbusters des années 90 : de l’action, de l’humour, de l’autodérision, des grosses têtes d’affiche, … Le tout flirtant toujours dangereusement avec la frontière du nanar. Une chose est sûre, c’est que Demolition Man est un divertissement complètement régressif qui permet, et ce de manière très efficace, de reposer le cerveau tout en déridant les zygomatiques. Parce qu’il semble que le but principal du film, c’était bien ça, amuser le spectateur en mélangeant bourrinage et punchlines à outrance. Difficile de dire si Demotion Man est un film d’action avec des gags ou une comédie avec de l’action, mais une chose est sûre, c’est que c’est toujours aussi fun !

Demolition Man est le premier long métrage de Marco Brambilla, qui n’avait jusque-là travaillé que sur des publicités. Directement balancé dans le grand bain en quelques sortes. Le film a beau être un succès, cela n’empêchera pas sa carrière de ne jamais décoller puisqu’à part Excess Bagage (1997) avec Alicia Silverstone, et la série TV Dinotopia (2002-2003), il a tout simplement disparu de la circulation. Quoi qu’il en soit, Demolition Man fait indirectement référence au roman « Le Meilleur des Mondes » de Aldous Huxley sorti en 1932. Il se raconte également qu’il serait inspiré de Holtak Harca (Fight of the Dead), roman hongrois de István Nemere, sorti en 1986, qui raconte l’histoire d’un terroriste et d’un soldat anti-terroriste qui se réveillent au 22ème siècle, après avoir été cryogénisés, et découvrent une société purgée de toute violence. La ressemblance est effectivement frappante.
Sylvester Stallone est donc John Spartan, surnommé par ses collègues policiers « Demolition Man », de par sa tendance à ne pas y aller par quatre chemins lorsqu’il faut arrêter les malfrats. Alors qu’il poursuit depuis plusieurs années le tueur psychopathe Simon Phoenix, interprété par Wesley Snipes, il met enfin la main dessus dans un immeuble désaffecté. Direction la prison cyrogénique pour Phoenix mais également pour Spartan qui est accusé, à tort, d’avoir tué involontairement trente personnes durant l’arrestation. Simon Phoenix est décongelé 32 ans plus tard, pour une vérification de routine de son état de santé. Le bougre en profite pour s’échapper et part immédiatement à la recherche d’armes, non sans avoir fracassé jusqu’à la mort les gardes de la prison. La Police de San Angeles, impuissante face à cette violence à cause de leur nouveau mode de vie, n’a plus qu’une solution : décongeler John Spartan qui avait déjà réussi à lui mettre le grappin dessus. Mais Spartan va avoir bien du mal à s’habituer au « nouveau monde ».

Demolition Man a ce délicieux goût de plaisir coupable à chacun de ses visionnages. Il est clairement un action-movie emblématique des années 90. Il est certain qu’aujourd’hui, le film a parfois mal vieilli, avec ses décors qui pourront paraître grossiers, ses brouettes de clichés, ses coupes très/trop voyantes, sa violence édulcorée, son message final qui n’y va pas par quatre chemins avec ses gros sabots… Mais on se dit que, de toutes façons, qu’importe ce que le film essaie de nous raconter car le film ne se prend à aucun moment au sérieux. A aucun moment ! Et c’est ce qui fait sa force. Demolition Man est un gros défouloir où « fun » est le maitre mot. Ce genre de pur divertissement qui s’amuse à tout caricaturer, sans jamais se prendre la tête. Absolument toutes les répliques de ce film sont cultes, avec des punchlines d’anthologie balancées toutes les 20 secondes. Les références au cinéma d’action de manière générale sont excellentes. Par exemple, Schwarzenegger, grand ami de Sylvester Stallone, et toute la scène sur le fait qu’il soit devenu Président ; le poster de L’Arme Fatale 3, produit par Joel Silver (tout comme Demolition Man d’ailleurs) ; le dialogue sur Jackie Chan, qui avait été proposé pour jouer l’antagoniste du film ; et bien d’autres clins d’œil très sympathiques.
Sylvester Stallone semble très à l’aise dans ce rôle de flic bourrin pas en phase avec son époque. Sandra Bullock réussit le pari de ne pas faire office que de potiche avec son côté plus musclé que prévu. Mais celui qu’on retiendra, c’est Wesley Snipes dans son rôle de psychopathe complètement fêlé du bocal, en surjeu tout le long, qui livre ici une prestation complètement folle. Mémorable. Le film se montre parfois volontairement ridicule lors de certaines scènes, et c’est aussi ce qui génère bon nombre de fous rires. En fait, c’est simple, Demolition Man est un film qui fait du bien, surtout lorsque, comme moi, on ne se retrouve plus du tout dans les blockbusters d’aujourd’hui.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un mix Action / Comédie équilibré
♥ Stallone et Snipes géniaux
♥ Des scènes cultes à la pelle
♥ Avalanche de punchlines géniales
⊗ Les décors souvent kitchs
⊗ Surtout ne pas réfléchir
Demolition Man est un excellent actionner typique des années 90. Un pur divertissement plein de panache, avec des acteurs qui s’en donnent à cœur joie, des scènes d’action musclées, une ambiance « à la cool », et surtout des moments mémorables. Un film culte, quoi qu’on en dise.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Steven Seagal et Jean-Claude Van Damme ont été approchés pour interpréter respectivement John Spartan et Simon Phoenix. Les deux comédiens ayant refusé, c’est Sylvester Stallone et Wesley Snipes qui ont été pris, Jackie Chan ayant lui aussi refusé le rôle de Simon Phoenix.
• Parmi les figurants, on retrouve Jack Black (inconnu à l’époque) et les deux catcheurs Jesse Ventura et Bill Goldberg.
• Dans la version américaine, les restaurants du film sont tous des Taco Bell. Comme l’enseigne n’était pas connue en Europe, ils ont tous été remplacés chez nous par des Pizza Hutt. Les logos ont été effacés et remplacés, mais malgré tout, lors de la baston après la scène du restaurant, ils ont oublié d’en effacer certains et donc le logo Taco Bell est encore visible.
• Cela fait plus de 25 ans que les fans se demandent à quoi servent les fameux 3 coquillages dans les toilettes. Et cela fait 25 ans que le scénariste n’a jamais lâché le morceau. De là à dire que même lui n’en a aucune idée et qu’il a mis ça là pour le fun…
• Wesley Snipes, qui détestait la coiffure qu’il arborait dans le film, s’est immédiatement rasé la tête une fois le tournage fini. Pourtant, sa coiffure a inspiré bon nombre de personne, donc le célèbre basketteur Dennis Rodman qui, après la sortie du film, a commencé à porter la même coiffure.
• Le premier montage qui devait sortir était bien plus violent. On y voyait de manière plus directe la fameuse énucléation ou encore plus d’impacts de balles sur des corps dans la dernière scène. Mais ne nous plaignions pas puisque la version sortie en Allemagne est amputée de 5 minutes, la purgeant de tous ses plans trop gores / violents.


Titre : Demolition Man
Année : 1993
Durée : 1h55
Origine : U.S.A
Genre : La punchline, c’est la vie
Réalisateur : Marco Brambilla
Scénario : Peter M. Lenkov, Robert Reneau

Acteurs : Sylvester Stallone, Wesley Snipes, Sandra Bullock, Nigle Hawthorne, Benjamin Bratt, Bob Gunton, Glenn Shadix, Denis Leary, Grand L. Bush

 Demolition Man (1993) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

3 Comments

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  1. Mais ouais il est cool ce film. Je l’ai toujours aimé, même s’il se fait taper dessus souvent.
    Et même ton “surtout ne pas réfléchir” n’est pas complètement vrai. Le film est typé années 90 certes, mais au final avec sa description d’un futur de midinettes où il ne faut plus rien dire de choquant, il est presque visionnaire^^
    Après certes le film ne se prend pas au sérieux, mais justement c’est cool parce qu’avec son air de ne pas y toucher, sans faire la leçon ni rien, ben il tacle un peu des trucs d’actualité quand même.

  2. Du fun , du fun , un rat burger et beaucoup de fun !

    Comme Matt et toi , je l’aime beaucoup ce film.
    Les échanges de répliques tirées du film fusaient au lycée … et ont se demande également comme fonctionnent ces foutus coquillages de puis presque 25 ans.

    Et Wesley déchaîné comme jamais ! Yabon chef !!

  3. Et ben comme vous trois, j’adore ce film. Et sous ces aspects de blockbusters fun comme le dit Matt, il est bien plus profond qu’il n’en a l’air. Ce qui fait que souvent sur certaines scènes, on peut se demander par contre où s’arrête le sérieux et où s’arrête l’auto dérision. Mais oui, ça reste dans tous les cas fun, bien troussés, les punchlines sont cool, Snipes est en roue libre totale, Stallone passe le film à gueuler Phoenix, et sacrés coquillages !!!!

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