[Film] Counterattack, de Chiu Man-Cheuk (2021)


L’expert en sécurité Lu Zi Ming est engagé pour travailler sur un projet d’usine pétrolière et gazière. Cependant, il est piégé par plusieurs des parties impliquées et se retrouve recherché. Afin de prouver son innocence, Zi Ming doit maintenant concevoir la contre-attaque ultime. Il sera aidé par une journaliste qui détient la preuve de son innocence.


Avis de Cherycok :
On continue notre exploration de films chinois taillés pour une exploitation exclusivement sur le web via des plateformes de SVOD. Et ce coup-ci, nous allons nous intéresser à un actionner histoire de changer un peu des tonnes de wu xia pian qu’on trouve en grosse masse sur ce genre de plateformes. Du coup, pourquoi ne pas jeter un œil à la première réalisation de Vincent Zhao, alias Chiu Man-Cheuk (The Blade, Il Etait une fois en Chine 4 et 5, Fong Sai Yuk), qui en plus d’être à la mise en scène, d’écrire le scénario, s’octroie le rôle principal ? Il est clair que ce superbe artiste martial n’a pas eu la carrière qu’il méritait, l’obligeant à s’exiler régulièrement à la télévision dans des séries TV, qu’est-ce qu’il vaut en termes de réalisateur ? Bon, il faut avouer que, dès la bande annonce, son Counterattack, également connu sous le titre Strike Back, ça ne sentait pas très bon. Eh bien c’est le cas, ce n’est pas bon. Par contre, qu’est-ce que c’était marrant ! On a l’impression d’être revenu dans les 90’s, au bon vieux temps des actionner bourrins au scénario tenant sur un post-it mais qu’on regarde parce que ça castagne et que ça fait boum boum.

Le nawak commence dès 1min41, avec notre héros super badass Lu Ziming, en train de voler dans une sorte de wingsuit avec des ailes dans le dos. De là-haut, il canarde des mecs en bateau plus bas avec un fusil sniper, parce qu’on sait tous qu’il n’y a pas besoin d’être bien calé, posé, au calme, pour tirer avec un fusil de précision. Ça fait donc bang bang boum, avec des effets spéciaux bien foireux et des explosions moches comme ça faisait longtemps qu’on en avait jamais vus. Clairement, on sent le petit budget. Il est tout seul et il touche tout le monde, avec un simple pistolet dont les balles en ont rien à faire des gilets pare-balles. En face ils sont trente, avec des kalash, mais ils ne touchent jamais. Voilà, ça ne fait même pas dix minutes que c’est commencé et le maitre mot semble être : OSEF la cohérence ! Ça va continuer comme ça 1h27 durant. Des personnages semblent se téléporter. Un coup ils sont à un endroit, le plan suivant à un autre endroit alors qu’il s’est à peine écoulé 5 secondes. Le héros est poursuivi par des dangereux terroristes, mais il ne prend pas l’arme du mec qu’il désarme. Il est touché par balle à côté du cœur, mais il galope comme une gazelle. Il construit des pièges encore plus vite que MacGuyver. Il attache quelqu’un pour la détacher 30 secondes plus tard. En pleine jungle, nos deux héros trouvent une baraque abandonnée mais y’a une putain de radio high tech qui fonctionne dedans. Ils arrivent dans une ville qu’ils ne connaissent pas, mais ils trouvent 250000$ comme ça, et des moyens de communication sophistiqués. OSEF la cohérence je vous dis ! C’est vrai, ça sert à quoi, les gens ce qu’ils veulent voir, c’est de la baston, c’est des mecs qui se tirent dessus, comme à la bonne vieille époque des Don « The Dragon » Wilson, Gary Daniels et autres Roddy Pipper. Si en plus, faut que ce qu’on met en scène ait du sens, on ne s’en sort plus… Puis vous êtes tatillons vous aussi, vous voulez quoi aussi, un scénario sophistiqué ? Des dialogues recherchés ?

Non non, ici on est dans un actionner tout ce qu’il y a de plus basique, avec un scénario écrit en trois minutes sur un coin de table. Notre héros est un super soldat, des gens vont le trahir, à commencer par son pote d’enfance. Il va devoir prouver son innocence, accompagné d’un sidekick, va péter leur grosse gueule à tous ces méchants pas beaux qui lui veulent du mal, et point barre, bisou, au revoir. Certains dialogues sont à mourir de rire tellement ils sont improbables. Le « Son of a bitch » que Chiu Man-Cheuk balance avec un vieil accent pourrave vaut son pesant de cacahuètes. Le délire de faire parler les personnages en mandarin, puis en anglais, puis en mandarin de nouveau, parfois dans le même dialogue est tout bonnement incompréhensible, surtout qu’aucun (à part les gweilos) ne semblent à l’aise avec la langue de Shakespeare. Les acteurs sont ce qu’ils sont, en mode cabotinage, avec un méchant très très méchant, qui a un alligator comme en animal de compagnie, c’est dire s’il est méchant ! Chiu Man-Cheuk, avec son rôle de héros beau, badass, malin, futé même, n’est clairement pas le meilleur quand il faut jouer des émotions autres que celles impliquant du déchaussage de dents à grands coups de pieds. Clairement, c’est du n’importe quoi ce film. Il tente le coup du rebondissement final façon « ah ah, en fait je n’étais pas mort ! Comment ça tu t’en doutais ? », sauf qu’on rejoint ma petite partie « OSEF la cohérence » si on reprend ce qu’on a vu du film jusqu’à présent à propos de ce personnage. Heureusement, Counterattack ne se prend pas toujours au sérieux. Et même si on se moque de lui, certaines scènes sont volontairement drôles et ça fonctionne (le poulet qui fait pouet). Le must de nawak over the top est atteint lors du plan final, absolument ridicule, qui finit par mettre complètement le film dans la catégorie nanar. Mais l’amateur d’action en aura malgré tout pour son argent. Les scènes d’action sont plutôt nombreuses. On est plus dans de la course poursuite ou des gunfights plutôt que des combats martiaux. Dommage quand on connait les capacités martiales du bonhomme. Mais il y en a malgré tout, deux, et elles sont plutôt sympathiques avec des chorégraphies pas trop mauvaises. Dommage qu’elles soient si courtes et qu’elles abusent parfois de la shaky cam.

LES PLUS LES MOINS
♥ On rigole bien
♥ Les scènes d’action sont sympas
⊗ Une incohérence à la minute
⊗ Jeu d’acteur aux fraises
Un scéna quoi ?
Note :
Note nanar :
Pour sa première réalisation, Chiu Man-Cheuk signe avec Counterattack une série B d’action aux forts relents des 90’s. Malheureusement (ou heureusement pour les amateurs), le film lorgne plus du côté du nanar que du vrai bon film. Rigolo mais clairement pas bon.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Une suite est sous-entendue dans l’épilogue. Croisons les doigts pour qu’elle soit meilleure.
• En parallèle de sa carrière au cinéma, Chiu Man-Cheuk a pas mal œuvré dans les séries télé, aussi bien HK que chinoises puisqu’on le retrouve dans pas moins de 23 séries telles que Seven Swordsmen, The Master of Tai Chi, Wong Fei Hung Series, Hua Mulan, ou encore Invincible Knights-Errant.


Titre : Counterattack / Strike Back / 反击
Année : 2021
Durée : 1h27
Origine : Chine
Genre : Back to the 90’s
Réalisateur : Chiu Man-Cheuk
Scénario : Chiu Man-Cheuk

Acteurs : Chiu Man-Cheuk, Jiang Yiyi, Lu Peng, Song Hanhuan, Diego Dati, Myra Mala, Pa Li, Zhan Yuxuan, Luo Xue, Yin Chunxiong, Yu Hongbo, Amy Zhou

 Counterattack (2021) on IMDb


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Magiclapinou
Magiclapinou
8 mars 2021 3:03

Argh, dommage, Chiu Man Cheuk a toujours eu ma sympathie mais il est resté au second rang des artistes martiaux de sa génération… J’en viens à penser que c’est une figure objectivement limitée qui fut élevée par sa collaboration avec Tsui Hark (qui apparemment le voulait plus lâché dans The blade, mais le comédien ne se sentait pas à l’aise sur ce registre) mais comment en vouloir au gars qui a accompagné Anita Mui dans ses derniers moments…

Feroner
Administrateur
Reply to  Cherycok
9 mars 2021 10:53

Oui c’est elle qui l’a présenté à Tsui Hark. C’est pour ca qu’il a commencé directement par il etait une fois en Chine.
Blacksheep c’est pas mal du tout il a quand même fait quelques film après sa période Tsui Hark.
Wu Dang
True legend
God of war
J’ai revu first power l’autre jour et c’est bien nul malgré les combats correct.

Feroner
Administrateur
Reply to  Cherycok
9 mars 2021 11:52

Ils étaient en couple j’ai du lire ca dans le magazine HK vidéo.