[Film] Children of the Corn Runaway, de John Gulager (2018)


Enceinte, Ruth s’échappe d’un mystérieux culte d’enfants tueurs d’une petite ville des Etats Unis. Elle passe les années suivantes à vivre anonymement pour épargner à son fils les horreurs qu’elle a vécue enfant. Elle arrive dans la petite ville d’Oklahoma, mais quelque chose les suit.


Avis de Rick :
De tout le catalogue de Dimension Films, deux sagas sont des incohérences à elles seules. Deux sagas récupérées par le studio au début des années 90. Deux sagas qui existent toujours aujourd’hui dans le seul but de faire perdurer les droits d’auteurs, alors que les producteurs se foutent royalement des films. Il y a Hellraiser, dont le dernier opus fauché, Hellraiser Judgment, fut au final une sympathique surprise, et il y a les Children of the Corn. Soit la saga aussi longue que la précédente, qui a un nouvel opus tous les 5 ans pour les mêmes raisons, et qui pourtant, n’a aucune raison d’en arriver là, vu que soyons honnête, ce n’était pas terrible dés le premier film en 1984. Et depuis 2001, soit l’épisode 7, Revelation (que je n’avais pas trouvé si mauvais, ça changeait au moins), on trouve Joel Soisson aux commandes. D’abord comme producteur, puis réalisateur sur l’opus Genesis, et ici scénariste. Le budget est toujours bas, et c’est à John Gulager que la réalisation échoue. Un réalisateur qui avait amusé avec son premier film Feast, avant de démontrer qu’en fait, non, il n’avait aucun talent. Car Feast 2 et 3 c’était mauvais, et Piranha 3DD, bon c’était amusant, mais pas bon non plus. Alors un scénariste homme à tout faire chez Dimension, un réalisateur pas forcément talentueux, et une saga bancale dés le départ… ça donne quoi ce neuvième (dixième si on compte le remake made in Syfy de 2009) opus ? Et bien il surprend là où on ne l’attendait pas, déçoit pour le reste, mais au final, ne reste que le film attendu. Donc, ce n’est pas bon.

Le principal souci de Children of the Corn Runaway, c’est déjà que c’est chiant à mourir. Le début intrigue malgré le fait que la première phrase de dialogue aura fait remonter de nombreux traumatismes à la surface (« Cause he is the one who walks behind the rows » aaaaaaaaaaaaah), se montre généreux, et montre quelques qualités. Car si on a bien là un DTV avec un budget ultra réduit et que Dimension Films est bien plus intéressé par la garde des droits que de faire du vrai cinéma, autant dire que niveau mise en scène, ça reste malgré tout carré. C’est filmé proprement, la photographie est très agréable à l’œil. Mieux, le film nous balance de temps en temps des effets gores à l’ancienne plutôt bienvenues, surtout dans une saga à l’origine plutôt soft. Et puis, aucune surprise, il y a des gamins qui font peur (un gamin, c’est terrifiant dés le départ non ?), et il y a du satané maïs partout. Sauf que oui, faire gicler le sang et soigner ses plans, ça ne suffit pas, et derrière, il faut raconter une histoire, installer une ambiance et travailler un rythme convaincant. Et c’est tout simplement là que le métrage échoue lamentablement. Car après un début intriguant, on se dit que le film va avancer vers un mystère (pas si fouillé que ça mais quand même), que le film va savoir gérer tout ça pour être un petit DTV divertissant, mais à la place, le rythme se pose, et décide de nous endormir. Tout ce qu’on aura, ce sera un petit effet gore sympathique pour nous réveiller toutes les 20 minutes, et voilà. Rien d’autre à se mettre sous la dent.

C’est longuet, lent, chiant. Et puis c’est bourré de clichés. Car si Marci Miller, jouant le rôle principal, Ruth donc qui fuit dés le début avec son enfant, joue plutôt bien et est convaincante, le reste à côté n’est pas convaincant, et surtout bourré de clichés. Entre le noir gentil mais en fait pas tant que ça, les enfants inquiétants, les bouseux dans la ville, les scènes qui veulent nous rappeler les anciens films (forcément, des gosses dans un dinner, on pense à l’ouverture du premier film), mais rien n’avance au final. Rien ne surprend, rien ne passionne, c’est le calme plat durant toute la première heure. Et sur un film de seulement 1h22, ça fait quand même pas mal. Et c’est bien là que l’on voit les origines du film, à savoir une production inutile juste là pour garder les droits sans se fouler, et donc, avec un scénario bancal (merci Joel Soisson), peu de décors, peu de personnages, peu d’événements pour réduire tous les coûts, mais un réalisateur qui malgré son passé peu glorieux, veut au moins bien faire et donc nous offre une technique plutôt solide malgré quelques CGI approximatifs par moment. Là où Hellraiser Judgment, produit pour les mêmes raisons, a au moins un réalisateur et scénariste pas forcément doué mais avec de la volonté, Children of the Corn a une équipe un peu plus appliquée, mais la passion elle est totalement absente. Un opus en soit donc banal pour la saga, mais au moins, pas le pire.

LES PLUSLES MOINS
♥ Techniquement pas si mauvais
♥ Un peu de gore
⊗ Beaucoup de clichés
⊗ Ça ne va nulle part
⊗ Mais qu’est ce que c’est leeeeeeeent
Personne ne le voulait, personne ne l’attendait, mais le voilà, le nouveau Children of the Corn. Et sans surprise, il ne vient pas relever le niveau de la saga, malgré quelques qualités techniques.



Titre : Children of the Corn Runaway
Année : 2018
Durée : 1h22
Origine : U.S.A
Genre : Horreur
Réalisateur : John Gulager
Scénario : Joel Soisson

Acteurs : Marci Miller, Lynn Andrews III, Mary Kathryn Bryant, Daria Balling, Sidney Flack et Clu Gulagher

 Children of the Corn: Runaway (2018) on IMDb


Galerie d’images :

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

15 Comments

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  1. aucun regret (ou presque) , comme tu le dis en debut de critique, contrairement a Hellraiser avec deux premiers films tres bons , cette saga est miserable des le premier épisode ,même dans les années 80 il faisait deja vieux ce film ,avec une Linda Hamilton qui a pas changer de vetements ni de jeu entre ce film et Terminator :p ,j’ai vu que les 3 premiers et j’estime avoir assez souffert pour pas voir les suites ^^…seul regret , pas avoir une belle adaptation d’une nouvelle de Stephen King qui je pense a été fortement marqué par le film Les révoltés de l’an 2000 tant le pitch est proche au moment d’écrire ses quelques pages ^^

  2. Moi c’est le titre qui m’a toujours empêché de voir ce film. Ca ne m’était pas vendeur du tout. Et quand je vois le dossier de Rick sur la saga ou la critique de cet opus, j me dis que je n’ai pas raté grand chose…

  3. Comment ça, trois opus tout juste passables sur 9 ou 10 films ça vous tente pas???
    Non mais oui, passez votre chemin en effet. Même si niveau saga pas top, y en a d’autres.

  4. mdr Rick !!! le pire c’est comme c’est 1er degré ,on peut même pas passer une paire de films en mode nanar ,c’est juste du “navet” ,enfin on reste dans le domaine du légume avec “le maïs” comme ca tiens ^^

    Cherycock ,c’est pour ca que le titre anglais est le plus mis en avant ,car dans les années 80 les Demons du maïs ca evoquer + le geant vert ,qu’autre chose 😀

  5. Une saga sur laquelle je ne me suis jamais penché et qui semble vivoter et patauger bon an mal an depuis ses débuts…
    C’est vrai que le titre n’est pas super vendeur..moi ça me fait penser aux Corn Flakes du ptit dej’ !

    Cet opus, réalisé par john Gulager aurai pu être sympa (son “Feast” en 2006 était un petit croque-en-bouche saignant bien sympatoche ! Dommage que les 2 suites soient des étrons dégueulasses !)

    On se demande maintenant jusqu’où va aller la saga Children of the Corn…

    Sinon, un film que j’aime bien et qui met en scène des enfants inquiétants, c’est “The Children” de Tom Shankland, sorti en 2010 si je ne m’abuse…
    Assez flippant et malsain dans le genre !

    1. J’avais bien aimé Feast 2 (moins le 3), mais c’était un autre genre que le très bon premier opus.

      1. Le 3 a été une vaine torture pour moi, j’ai lutté pour arriver au bout alors que je crois qu’il ne dure que 1h10. Je n’ai absolument rien trouvé à sauver dans le film…

  6. Scott, il y avait la fin du 3 qui partait en mode gros nanar, avec un monstre géant animé image par image. Et ça n’allait au final pas du tout avec le reste du film qui se voulait sérieux 😀

    Paganizer, je crois qu’en fait, le petit Gulager a eu de la chance avec Feast, qui est bien sympa, mais tout le reste….. Feast 2 était bien mauvais sauf la fin qui rattrapait un peu le coup, le 3 était en effet une purge immonde, Piranhas 3DD était parfois amusant mais finalement surtout assez bancal. Il a justement fait l’acteur récemment dans le dernier Hellraiser, chez Dimension aussi et tourné pour la même raison (garder les droits). Donc pour les deux sagas, on peut attendre encore un retour dans genre 5 ou 6 ans…

    The Children était bien sympathique en effet, un ami me l’avait montré et j’avais acheté le Blu-Ray par la suite. Pas extra (quelques moments qui arrivaient de manière étrange), mais efficace et assez troublant.

  7. ha oui Rick ? je m’en rappelle même plus , j’ai des souvenirs diffus de ce trois, peut etre que j’ai pas été au bout ,ce qui est bête car ca aurait pu etre marrant a voir (même si avant ca donne envie de pleurer ^^)

  8. Voilà un monstre tout pas beau : https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2012/10/vlcsnap-2012-10-10-14h51m00s206.jpg

    Oui, c’est la fin du 3… Tout à coup, un monstre géant qui bute tout le monde. Le 4 était du même niveau, pas top, parfois con, mais parfois sanglant et divertissant. Passé le 4 par contre le vide.

  9. ha mais punaise j’ai louper ca ??? soit je dormais soit j’avais arreter le film avant ^^ ho ho qu’elle incrustation pourri, si en plus tu me dis que c’est de l’image par image 😀 ca sent l’équipe du film qui s’est tirer avant de tourner la fin et on fait un peu ce qu’on peut pour combler le vide ,on dirait deux films différent, peut etre un essais de “deux en un” horrifique ? Godfrey Ho passait peut etre par la ^^

  10. Et oui, tu as loupé ce grand moment en total décalage avec le reste. Rien que pour ça (et quelques meurtres gore), le trois je trouve il passe (ou alors le fait que j’avais enchaîné la saga en quelques jours et que le pathétique 2 était juste avant m’a rendu clément).
    Mais oui, ça fait genre “bon on a fait le film, mais on a pas de final, que faire?” et voilà, 10 minutes finales improvisées (avec un des premiers rôles, malheureusement muet, de Charlize Theron).

  11. c’est vrai que passer apres le 2 soit ca coupe les pattes tellement c’etait nul soit ca augmente la limite de tolérance pour regarder les suite , moi j’etais degouter par ce 2 j’avais l’occasion de voir un acteur que j’adorais au petit ecran ,Terence Knox , qui etait un des heros de la serie sur la guerre du Vietnam L’enfer du devoir ,et punaise ,le pauvre ..

    ha oui Charlize <3 on compte plus les acteurs tres connus maintenant qui ont commencer dans un film d'horreur (souvent suite ) complétement louper ,comme quoi une carrière se rattrape bien quand on veut ,Di Caprio a commencer au ciné avec Critters 3 apres tout ^^

  12. Oui j’avais fais un dossier sur les premiers films plutôt honteux des acteurs. DiCaprio avec Critters 3 bien entendu, et pas mal d’acteurs pour les Enfants du Maïs (Charlize Theron dans le 3, Naomi Watts pour le 4, Eva Mendes dans le 5.

    1. oui je me rappelle ,j’aime bien ce genre de dossier en plus ,un petit devoir de mémoire dans le genre “que s’ont il devenue ?” a l’envers “voila ce qu’ils etaient ” ^^ remarque pour les roles feminins des Children ,autant je me doute qu’elles avaient pas des roles ecrit par un dieu mais les casteurs avaient du pif 😮 a moins que ce soit parce que c’est toute des avions de chasses … 😀

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