[Film] Wolfen, de Michael Wadleigh (1981)

New York. Un riche promoteur immobilier, Van der Veer, s’apprête à démolir un vieux quartier du South Bronx, transformé en décharge publique, pour y construire un complexe immobilier. Depuis ce terrain vague, des “ombres” silencieuses se déplacent dans toute la ville et tuent des gens aux organes malades. Van der Veer et sa femme sont retrouvés sauvagement assassinés. L’inspecteur Dewey Wilson mène l’enquête avec l’aide de Rebecca Neff, une psychologue. Des poils mettent les deux enquêteurs sur la piste d’un loup. Wilson soupçonne une communauté d’ouvriers indiens de savoir la vérité…


Avis de Rick :
Wolfen, voilà un autre film culte des années 80, 1981 pour être exact, mais qui soufra d’un plutôt mauvais choix marketing. Car oui, 1981, c’était l’année des loups-garous, avec Hurlements et Le Loup-Garou de Londres notamment. Et Wolfen fut alors vendu comme tel. Alors que ce n’est pas vraiment ce qu’il est. Oui, ici, il y a des hommes et des loups, mais pas franchement de loups-garous. En adaptant le roman de Whitley Strieber, Michael Wadleigh, dont c’est le seul long métrage (le monsieur est plutôt habitué aux films documentaires) nous propose plutôt une critique sociale et dans un sens politique, les loups symbolisant les Indiens d’Amériques qui furent exterminés. Voilà qui est nouveau donc, et donne un fond totalement différent au film. Bien entendu, si le film est inconnu de beaucoup voir tombé pour beaucoup dans l’oubli, le métrage fut tout de même un petit succès à sa sortie et devint culte. Sans aucun doute pour ces choix, ces thèmes, mais également une mise en scène classe et qui inspirera beaucoup d’autres réalisateurs par la suite. Mais pourtant, Wolfen est aussi bancal, et un peu trop long. On sent souvent d’ailleurs quelques facilités dans le scénario, quelques trous… s’expliquant par un premier montage de 4h30 (tout de même). Nous suivons donc pendant presque deux heures l’inspecteur Dewey Wilson, qui avec une psychologue, va enquêter sur une série de meurtres ayant lieu à New York. La scène d’ouverture met dans le bain, et nous rappelle beaucoup le cinéma underground nous montrant un New York crade, délabré, mal famé, un peu comme chez Ferrara par exemple, ou dans Frères de Sang l’année suivante. Sauf qu’ici, nous savons que nous sommes dans un film fantastique.

Mais pour ne pas avoir à montrer trop de loups, le réalisateur utilise le plus souvent, du moins dans la première partie, un artifice qui sera repris par la suite par McTiernan dans Predator, à savoir la vue subjective aux couleurs bien déformées. Mais ironiquement, le ton emprunté par Wolfen, du moins dans sa version définitive (donc le montage de 1h55) est également sa faiblesse, le métrage semblant hésiter constamment sur ce qu’il doit être. Un documentaire sur New York et ses quartiers mal famés, un film fantastique avec des loups, ou bien une métaphore de la conquête de l’Amérique et de la destruction causée par un peuple pour s’emparer d’un territoire ? Et bien Wolfen choisit d’être les trois à la fois. La première heure laisse quasi intégralement le fantastique de côté, malgré la présence d’une vue subjective menaçante et la présence de morts, fatalement, puisqu’amenant l’enquête du métrage. Mais la façon documentaire de filmer New York ainsi que les différents éléments peuplant l’intrigue séduisent. Du moins au début, car Wolfen ne cache pas ses défauts. Oui, le rythme est étrange, en dents de scie, et le film se fait même très bavard. Trop bavard !

La seconde heure, pourtant moins intéressante puisque délaissant un moment son aspect critique pour s’encrer dans le fantastique pur et dur, parvient à relancer le rythme. Les attaques sont présentes, certains éléments faciles, les loups sont alors filmés et montrés (des plans très impressionnants pour certains), quelques furtifs effets sanglants viennent même s’inviter au récit. Le métrage revient dans ces derniers instants à un aspect plus politique. Mais oui, Wolfen est un métrage intéressant, un métrage qui déborde d’idées, mais qui parfois, malgré une mise en scène qui vient flatter l’œil, peine à trouver le bon rythme pour nous raconter son histoire. Pour les connaisseurs d’ailleurs, on trouvera beaucoup de similitudes dans le score musical, notamment vers la fin, composé par James Horner, qui réutilisera beaucoup éléments sans même le camoufler pour Aliens en 1986. Bref, Wolfen, c’est entre la critique sociale et politique, le thriller, le film donc à suspense, le film de genre, mais sans chercher toujours à en choisir un, mais plutôt en voulant tout être à la fois. L’intention est louable, à l’écran, c’est parfois bancal mais intéressant.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un film intéressant
♥ Des choix osés
♥ Les loups sont beaux
⊗ Un rythme pas parfait
⊗ Des facilités
note8
Wolfen n’est pas un grand film. Il est intéressant et mélange de manière curieuse les genres, mais souffre d’un rythme parfois bien trop lent.



Titre : Wolfen

Année : 1981
Durée :
1h55
Origine :
U.S.A.
Genre :
Fantastique
Réalisation : 
Michael Wadleigh
Scénario : 
David Eyre et Michael Wadleigh d’après le roman de Whitley Strieber
Avec :
Albert Finney, Diane Wenora, Edward James Olmos, Gregory Hines, Tom Noonan et Dick O’Neill

 Wolfen (1981) on IMDb


Galerie d’images :

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

7 Comments

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  1. c’est un de mes films culte , peut etre parce que je l’ai vu tres petit pour la premiere fois ,j’avoue qu’apres ,vision apres vision on peut trouver un poil long mais il y a des moments qui rehaussent le tout a chaque fois …petit , la vue subjective des loups (ou loups garou comme peut le laisser penser la 1ere partie du film et la scène hallucinante avec Edaward James Olmos ) m’avait fasciné ,la première scène est d’ailleurs d’une violence assez rare pour l’époque ,du moins pour ma courte experience de film de genre a mon age ^^ le duo avec Gregory Hines fonctionne bien ,Gregory releve un peu le flegme de Albert Finney avec sa bonhommie et style homme de la rue , le Grand Tom Noonan dans un role qui nous eclaire bien sur la situation(ca lui coute un peu d’ailleurs ^^ ), la scène de l’église , avec ses deux yeux brillant en haut des marches ,la mission commando dans les ruines , la fin dans le bureau ,dans la rue, la beauté de la course a la fin .tain en fait c’est comme la compagnie des loups ,hurlements, j’ai conscience d’y voir des temps faible mais impossible d’en dire un mot de travers, tant ils ont été important pour le genre (et le sont encore de mon avis ) et pour moi dans mon enfance .en plus quand on le revoit , la critique social reste malgré tout de triste actualité ,pas grand chose s’est arranger, ca c’est même empirer ,surtout avec les States post subprimes …

  2. À mes yeux il partage quelques défauts, notamment dans son rythme, avec Hurlements justement. Je leur préfère de loin Le Loup-Garou de Londres et La Compagnie des Loups, qui sont deux bijoux à mes yeux.
    Le fait que tu l’ai vu jeune dois aider oui, alors que je l’ai découvert ultra tardivement. Je connaissais sa réputation, j’avais vu des images dans des magazines ou autres, quelques articles, mais l’occasion de le voir ne s’était jamais présentée avant récemment.
    Mais la vision de ce Wolfen reste très intéressante, sur pas mal de niveaux (la critique sociale derrière, les idées de mise en scène précurseur, ou tout simplement le thème musical de James Horner).

  3. j’ai oublier de citer le Loup garou de Londres dans mes classiques d’enfances -__-
    oui d’ailleurs je vais peut etre disputer mes parents qui me laissaient regarder des films comme ca si jeune ^^ non au contraire , ils ont été top, même si ma mère me cachait les yeux a chaque fois qu’il se passait des trucs intéressant … et c’est clair que ca joue , j’ai du mal a trouver que tel film a vieilli voir mal vieilli pour moi c’etait des chocs (on peu rajouter soleil vert,la planete des singes, Rollerball ,la féline etc l’époque “dossier de l’ecran” et la 5 de berlusconi ) ca ma marquer car on voyait rien d’autre dans le genre,c’etait a chaque fois des evenements,comme a la 3 quand on nous mettait le carré blanc, c’etait a la limite du fantasme ,normale d’enjolivé quand j’y repense^^ . c’est vrai qu’il y a le même soucis de rythme que Hurlements ,dans le film de Dante l’arrivée au camps est tres longuette , dans Wolfen c’est lancinant mais il y a toujours un petit truc qui nous fait croire a une attaque imminente ,comme la vision du loup devant l’appart de la femme pour donner lieu a une scène “c’est ce con de chat ” 😀 par contre l’amourette j’ai toujours trouver ca un peu en trop ,je peux pas dire pire ^^

  4. Que ce soit Le Loup-Garou de Londres ou Hurlements, je les avais vu très jeune en VHS, merci maman Rick (qui elle avait vu Hurlements au cinéma d’ailleurs, et en avais fait des cauchemars).
    Après, je dis que ça a vieillit, c’est aussi sans doute car ce genre de films, une fois que l’on connait les scènes clés et les différents twists, perdent de leur impact (en partie hein), et du coup forcément, tout ce qui est exposition paraît beaucoup plus long à la revision.

  5. on a eu une bonne education 🙂 moi je me souviens ma mère est pas copine avec le debut de Hurlements ,la petite rencontre avec le type treeeees bizarre l’a bien marqué 😀
    oui je suis d’accord, ,moi perso j’attend vraiment un labs de temps certain pour les revoir, pour retrouver un peu d’élément de surprises , ce qui est bien c’est quand tu les vois entre 10 et 13 ans , tu peux les revoir a 20 ans , y a beaucoup de choses qu’on a oublier (ou transformer dans nos souvenirs ) …apres je sais que c’est beaucoup de nostalgie pour moi qui joue beaucoup ,mais on peut tout de même dire que pour beaucoup ,tout les films qu’on cite sont encore des references du genres et surtout y a pas de bête en image de synthèse ,qui sont tres souvent louper (on en causer y a peu sur une autre critique ) je vais me refaire une petite retrospective je pense dans pas longtemps ,j’ai tout ca en dvd .

  6. Ah oui, les bêtes numériques, on en avait parlés sur Underworld il me semble. Ils gagnent du temps mais à côté le resultat est tellement bancal.
    Ça reste des oeuvres cultes, des oeuvres importantes à avoir vu, mais je revois plus souvent Le Loup-Garou de Londres (non pas celui de Paris svp ahah) que Hurlements, même si j’ai les blu-Ray dans les deux cas ^^

  7. oui tout a fait ! il y avait même un membre (désoler me rappelle plus le pseudo ) qui avait dit que les plus reussis de loups garous en image de synthèse ,c’etait ceux du loups garou de paris lol vrai que c’est le fond du panier, dieu qu’elle ma fait mal cette suite -_-

    mdr j’avais pas lu le reste et effectivement tu parle aussi du loup garou de paris ,le premier nous a traumatiser dans le tres bon sens ,la suite dans le tres mauvais pfff vu qu’une fois ,le loup garou de Londres vu une bonne vingtaine !!par contre j’ai jamais vu le film en dvd (que je possède pourtant ) le film avait tellement un beau cachet en vhs ,comme pour la plupart des films d’horreur d’ailleurs ..

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