[Film] 47 Meters Down, de Johannes Roberts (2017)

Après la rupture de Lisa, sa sœur Kate l’embarque en vacances au Mexique pour lui changer les idées. Avides d’aventures, elles se mettent au défi de plonger parmi les requins blancs, protégées par une cage. Une fois dans l’eau, le spectacle est incroyable… Mais subitement, le câble qui retient la cage au bateau cède, et les deux sœurs se retrouvent plongées au fond de l’océan, à 47 mètres de profondeur.


Avis de Rick :
Tourné pour 5 millions environ et prévu au départ pour une sortie en VOD durant le printemps 2016 en étant renommé In The Deep, 47 Meters Down est finalement racheté in extremis par Byron Allen’s Entertainment Studio, retrouve son titre original, et débarque au cinéma durant l’été 2017 dans pas mal de pays. Un retournement de situation qui annoncerait donc la bonne qualité générale de la bobine ? Plutôt au final, car 47 Meters Down est une bonne surprise, même si le réalisateur ne mettait pas forcément en confiance. Car Johannes Roberts, c’est quelques films fauchés et pas fameux au début des années 2000 (Sanitarium, Hellbreeder, Darkhunters, Forest of the Damned), puis un passage éclair chez Syfy (Roadkill et ses créatures volantes), avant de livrer un Storage 24 qui bénéficiait de plus de sérieux et de bons effets spéciaux, mais souffrait d’un scénario qui lui donnait un rythme mollasson. Alors forcément, quand on voit le monsieur se lancer dans un film à suspense avec des requins, on peut lever un sourcil et se demander s’il a vraiment pu réussir son film. Sans doute qu’à force de persévérance, Johannes Roberts est enfin parvenu à livrer quelque chose qui tient la route. Sur le papier pourtant c’est très simple, comme souvent dans le genre. Deux sœurs en vacances au Mexique, l’une des deux qui est triste suite à une rupture, et de la plongée dans une cage pour être entouré d’un monde merveilleux pour se changer les idées. Et comme bien entendu, rien ne se passe comme prévu, voilà que le cable lâche et que la cage tombe à 47 mètres de profondeur, avec des grands requins blancs dans les environs qui ne sont pas forcément décidés à se barrer avec tant de bruits dans les environs.

Oui, un pitch ultra simple comme 99,9% des métrages mettant en avant des requins, mais 47 Meters Down, un peu comme le récent Instinct de Survie (The Shallows) ou encore The Reef, joue avant tout la carte du survival en milieu hostile, et non pas de l’esbroufe visuelle ou, comme c’est le cas dans plus de 60% des cas, de la connerie assumée. Si le film fait du bien, c’est de par son traitement sérieux et réaliste de son sujet. Enfin, réaliste, une fois que l’on accepte sa grosse liberté envers la réalité pour rendre le métrage possible. Deux jeunes sœurs, à 47 mètres de profondeur, qui ne peuvent pas remonter car les requins rodent, et n’ont qu’une bouteille d’oxygène chacune. D’après ce que j’ai pu lire, à une telle profondeur, leur durée de survie serait tout simplement de 12 minutes. Le film fait 1h30, donc facilement 1h10 se déroulant à 47 mètres de profondeur. Mais passé cette petite déformation de la réalité rendant le film possible et nous rappelant avant tout que c’est du cinéma, 47 Meters Down fait bien les choses ! Pas de requin en CGI qui va attaquer 50 fois histoire de montrer sa trogne et rendre l’équipe des effets spéciaux fière, pas de plans ultra spectaculaires où l’on verra le ou les requins aussi clairement que dans l’eau de ma baignoire, aucun acte super héroïque et de personnages à la puissance de Rambo. Non, le réalisateur a clairement fait le choix du survival plutôt réaliste. On est au fond de l’eau, on ne voit rien à 2 mètres, paniquer consomme trop d’oxygène, on essaye de rester un max dans la cage pour être en sécurité, et surtout la caméra essaye de rester souvent au plus proche des personnages pour nous faire ressentir leur stress.

Et c’est là la grande réussite du métrage. Il n’invente rien, il ne raconte au final pas grand-chose et ne parle que de la survie de deux sœurs, mais il le fait bien, il est rythmé, il nous plonge dans un suspense quasi constant (moi et ma peur phobique de l’eau vu que je ne sais pas nager, je vous assure que ça fonctionne), et le réalisateur gère parfaitement l’environnement qu’il met en image. Les gros plans sur les actrices fonctionnent et savent faire monter la tension, et le réalisateur sait quand nous fournir une scène qui va un tant soit peu renouveler le métrage. Oui, je parle de la scène de la fosse, assez stressante au final et arrivant pile au bon moment. Même lorsque le métrage tente lors d’une scène de se faire plus spectaculaire, il parvient à se justifier l’instinct d’après pour que ça fonctionne. Alors bien entendu, tout n’est pas parfait comme toujours, on pourra trouver certaines situations faciles, et même dire que les requins parfois disparaissent sans raison pendant quelques minutes pour permettre à l’intrigue d’évoluer. Mais rares sont les films de requins qui savent rester sérieux tout le long et rester fidèle à leur ambition de départ. 47 Meters Down, un peu comme The Reef, ça veut jouer avant tout sur le suspense et l’attente, et ça y parvient parfaitement. Contrairement à The Shallows, il se refuse même le sensationnel à la fin, et ça le rend plus réaliste, et plus prenant. Très bonne surprise donc.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un bon suspense
♥ Quelques scènes fortes
♥ On passe 1h10 sous l’eau
⊗ Quelques facilités
note8
47 Meters Down est un bon, voir très bon survival dans les profondeurs. Un film sérieux au suspense qui fonctionne.



Titre : 47 Meters Down

Année : 2017
Durée :
1h29
Origine :
Etats Unis / Angleterre / République Dominicaine
Genre :
Survie en profondeur
Réalisation : 
Johannes Roberts
Scénario : 
Johannes Roberts et Ernest Riera
Avec :
Mandy Moore, Claire Holt, Chris Johnson, Yani Gellman, Matthew Modine et Santiago Segura

 47 Meters Down (2017) on IMDb


Galerie d’images :

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

9 Comments

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  1. J’aimerais bien le voir. Je croyais qu’il était dispo sur Netflix mais non ? C’est sorti en salles, en fait ?

  2. Aucune idée si sorti en salle mais c’est sorti en DVD / BR chez nous il me semble

  3. DVD en France chez Wild Side, sortie en salles dans pas mal d’autres pays. On n’a pas été chanceux, ils ont du juger le film peu “spectaculaire” pour tenter une sortie salles.

  4. OK. Du coup comme il n’est pas sur Netflix ni à la loc’ chez moi, hier soir on a regardé JAWS 4. Ah, ah, ah ! Je l’avais jamais vu je crois. Quel étron ! Y’a quand même Michael Caine qui relève un peu le niveau.

  5. Ah oui, le jour et la nuit là ! Je ne l’ai jamais vu JAWS 4, mais j’avoue ne pas être tenté :p

  6. Loué ce soir. Sympa, sans plus. Bon film de requins, du niveau d’un SHALLOWS – je crois que je préfère quand même ce dernier. Mais un bon film de requins, c’est déjà un petit tour de force^^. Content de l’avoir vu.

  7. Exactement le même avis que toi Oli.
    Un bon film de requin, je suis preneur.

    Le réalisateur prépare la suite, 48 Meters down. Je l’attends plus que le Meg avec Statham.

  8. Mmmm une suite je suis pas trop pour, faut toujours en faire plus dans les suites. M’enfin dans le fond, mieux vaut un 48 Meters Down qu’un Peur Bleue 2… 😀

  9. Moi ce qui m’intéresse du coup c’est plutôt The Reef, puisque je viens de voir que c’est du même réal Andrew Traucki que Black Water, qui est certainement mon film de croco préféré qui n’en fait vraiment pas trop et qui n’a pas recours à un croco en CGI qui fait n’importe quoi.

    J’ai récemment vu “solitaire” (ou “en eaux troubles”…bref “Rogue” en VO) de Greg Mclean. Sorti la même année que Black Water et avec un pitch assez identique qui se déroule en Australie aussi (curieuse coïncidence…)

    Et bref…non. Même ça, c’est too much pour moi en ce qui concerne les films avec des animaux réels. Toute la première partie de Rogue est cool, jusqu’au moment où tous les passagers du bateau arrivent à s’enfuir. Mais quand il ne reste plus que le grand héros qui doit aller sauver la demoiselle en détresse dans une grotte et se confronter d’homme à reptile à un croco en CGI qui fait des roulades et qui est très moche…j’ai décroché, ça m’a gonflé.

    Avant ça, le film ne montrait pas trop le croco justement, c’était la nuit et ça marchait mieux. Mais la fin dans la grotte est complètement naze…

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