[Film] Kaine le Mercenaire (1984)


Dans un monde où la barbarie fait office de loi, Kaine le mercenaire arrive dans un petit village, unique point d’eau à des lieues à la ronde. Il va alors découvrir une rivalité entre deux clans: celui du cruel Zeg et celui du perfide Bal Caz. Zeg détient prisonnière Naja la magicienne car il espère qu’elle va lui fabriquer une épée magique pouvant faire la différence. Kaine va alors dresser les deux clans l’un contre l’autre afin de libérer la population du village…


Avis de Cherycok :
Oyé Oyé braves gens ! Bienvenue dans le sous-genre cinématographique Sword & Sorcery, lui-même sous-genre cinématographique de l’heroic fantasy, qui a eu sa petite heure de gloire dans les années 80 après le succès mondial de Conan le Barbare. Ses artisans les plus actifs se prénomment Fred Olen Ray, Jim Wynorski, Antonio Margheriti, Albert Pyun, Joe D’Amato, Ruggero Deodato ou encore Hector Olivera. Ses films les plus emblématiques répondent à des titres tels que L’Epée Sauvage, Les Barbarians, Dar l’Invincible, Deathstalker, Barbarian Queen, Hundra, Voltan, Sorceress, Ator, Gor, Yor, Thor (tout ce qui peut finir en « or »), Conquest ou encore Sangraal. Il y est en général question de sword, de sorcery, mais aussi (et surtout) de boobs. Et plus on tombe dans la production lowcost, plus il y a de boobs. Parce que oui, on n’a pas de pognon mais on a de la demoiselle pas farouche, et c’est ce qu’il fallait pour attirer l’ado boutonneux, ou l’amateur de nanar, dans les vidéoclubs. Après Deathstalker 1, 2, 3 et même 4… Après Sorceress… Après Barbarians… Parlons aujourd’hui de Kaine le Mercenaire (1984). C’est presque comme Conan le Barbare, mais pas tout à fait. Pas du tout en fait. Mais y a des mecs qui se battent avec des épées. Et des boobs aussi. Et pour l’amateur de nanar, les boobs c’est la vie.
Mais avant toute chose, intéressons-nous à la jaquette de la VHS française d’époque que voici, car à elle toute seule, c’est déjà tout un programme :

David Carradine écrit en gros, normal c’est le héros. Un corps musclé, huilé, un slip moulant avec bretelles croisées façon Musclor, badass ! Une épée ensanglantée, un gros serpent mort, badaaassssss ! A ses pieds, une femme allongée, tenant une baguette de sorcière, très peu vêtue et OMFG !!! Un double soutif !!! *se frotte les yeux* 1, 2, 3, 4… Non, c’est bien ça, je ne rêve pas, 4 nibards ! Soit le graphiste de l’époque s’est méchamment gaufré ou est parti dans un délire, soit c’est vrai et là il n’y avait plus d’hésitation possible, je devais voir ce film ! Mais continuons notre exploration jaquettistique. « IL EST LE GUERRIER QU’ELLE ATTENDAIT… ELLE EST LA SORCIÈRE QUI PEUT L’AIDER… ILS VONT RECONQUÉRIR CE MONDE REDEVENU SAUVAGE… » … Ça claque ! Bon, c’est sans doute très exagéré voire mensonger mais ça claque !
Regardons maintenant côté équipe technique… Roger Corman à la production. Jusque-là, vu le genre, rien de choquant. Produit également par Hector Olivera qui avait réalisé Barbarian Queen, un autre fleuron du genre, why not, on a au moins la certitude qu’il y aura du boobs car entre hommes de (mauvais) goût, il y a des chances qu’ils se comprennent. John C. Broderick à la réalisation, connu pour… bah pour pas grand-chose. Ah si, il a co-produit Dans les Griffes du Dragon Rouge (1991) avec notre ami Dolph Lundgren. Ah bah oui, il n’a pas une filmographie glorieuse le Broderick. Et puis l’actrice principale, Maria Socas, vue les boobs à l’air dans Deathstalker 2 (1987) et Les Magiciens du Royaume Perdu (1985). Bon, trêve de palabres futiles, et lançons-nous dans le vif du sujet : Kaine le Mercenaire.

Dès la première scène, la première chose qui frappe, c’est qu’en plus de Conan Le Barbare, le réalisateur a décidé que ça serait sympa de plagier Star Wars. Ah bah oui, on n’est plus à ça près dans le cinéma d’exploitation. Deux soleils, des mecs habillés comme des hommes des sables, des décors arides, … Ne serait-on pas sur Tatooine ? Alors qu’on s’attend à voir débarquer des Jawa dans leur Sandcrawler, on a droit à du nichon furtif. Nous voilà rassuré. C’est plutôt sage mais au moins c’est là. Petite musique western parce que… Ah oui, il faut préciser que Kaine le Mercenaire est en fait un remake de Pour une Poignée de Dollars (1964) de Sergio Leone, qui est lui-même une relecture du Yojimbo (1961) de Akira Kurosawa, où David Carradine reprend donc le rôle de Toshiro Mifune/Clint Eastwood. Eh oui, ce n’est pas parce qu’on est une production sans le sou qu’on n’a pas le droit de s’amuser à massacrer des œuvres cultes. Ce n’est pas réservé aux remakes d’aujourd’hui (cette version 2014 de Robocop m’aura laissé des séquelles irréversibles).
L’autre chose qui frappe dès les premières minutes, c’est l’esthétique visuelle dégueulasse du film. Les décors en papier sacrément mâché, les costumes fabriqués au dernier moment avec ce qu’on a pu trouver à l’Emmaüs du coin, les éclairages et la photographie qui donnent tout son sens au terme « mauvais goût », qu’est-ce que c’est moche !

Le film avance petit à petit et… mais ils sont où les boobs !?! Le cahier des charges n’est pas respecté, ça fait 10min de film et à peine une paire de boobs timide au loin ! Et la femme aux quatre boobs de la jaquette, elle est où hein ? Elle est où ? Toujours pas vue, serait-ce du flan ? Ça sent l’arnaque à plein nez, déjà que Carradine ressemble plus à un jedi qu’au musclor vendu par la jaquette.
Mais là tout à coup, sans crier gare, les plans nichon commencent à s’accélérer. 1, 2, 3, 8, 15, il ne se passe pas deux minutes sans qu’une paire de ces fameux attributs féminins qui font frémir la Terre entière n’apparaisse à l’écran. Même quand notre magicienne (celle du scénar, suivez un peu) n’est plus captive, elle continue à se promener les boobies à l’air. La chaleur sans doute. Oui, deux soleils dans le ciel, ça doit cogner. Et puis de la fesse aussi, parce que sinon ce n’est pas drôle. Toutes sortes de fesses, des jolies, des moches, comme ça il y en a pour tous les goûts. En fait, Kaine le Mercenaire, c’est ce genre de film où la femme est réduite au simple état de bout de viande qu’on exhibe et qu’on fait se trémousser, si possible la tétine à l’air. Et pour se dédouaner de ça, on colle quand même des torses huilés et même un pénis furtif. Sauf que non, on vous a cramé bande de gros fétichistes des seins !

Qui dit heroic fantasy lowcost dit personnages improbables hauts-en-couleurs et autres créatures étranges. On a un animatronic de monstre tout en dents et en tentacules. On a un familier lézard qui est tout simplement une marionnette en chaussette dans lequel un mec a glissé son bras. On a des jumeaux au faciès ingrats où maquillage dégueulasse et prothèse en latex se mélangent sans vergogne. On a un gros monsieur chauve en couche culotte de tissu et en haut brodé par mamie qui parle au familier lézard cité précédemment et qui se fait nourrir par une femme à moitié à poil pendant qu’il est avachi sur plein de coussins. De là à y avoir une référence grossière à Jabba le Hutt de Star Wars, il n’y a qu’un pas et, merde ouais, j’ose le franchir ! Non mais les gars, ça commence à se voir là. Et ça là, au niveau de la musique, ça ne serait pas des samples de la musique des films Star Wars que vous avez détournés en toute illégalité bien sûr ? Rah là là, quelle honte de piller sans vergogne comme ça, de bouffer à tous les râteliers, uniquement pour faire plaisir aux amateurs de nanars en puissance qui, 35 ans après, continueront encore et toujours à regarder vos bobines pourries pour l’amour de la blague. C’est du propre ça. Heureusement qu’il y a des boobs.

Et puis, alors qu’on l’avait finalement oubliée, occupé à admirer ces magnifiques décors, sans doute en plus recyclés d’autres films du genre, à essayer de faire un classement des costumes les plus moches mention spéciale à ceux dans leur gros sac de jute avec juste des trous pour les yeux, elle arrive, elle est là, la femme qui aurait besoin d’un homme à quatre mains. On ne nous a pas menti. Enfin un peu, car elle était en gros sur la jaquette et elle n’apparait que 1 minute et des poussières. Musique psychédélique, chorégraphie façon ballet de danse contemporaine sur Arte à 3h du matin, et donc quatre nibards. Saurez-vous trouver lesquels sont les vrais ? Total Recall avant l’heure mes amis ! C’est nanar, c’est beau.

C’est ce personnage ô combien pittoresque qui a fait surgir dans ma petite tête une question que je me pose à chaque fois que je regarde un bousin du genre. Est-ce que tous ces gens étaient conscients du film dans lequel ils tournaient ? Est-ce qu’on leur mettait de la drogue dans les repas à la cantine sur le tournage pour qu’ils ne se rendent compte de rien ? Car autant certains semblent en être conscients et font preuve d’un magnifique jemenfoutisme, par exemple David Carradine qui fournit le strict minimum, autant d’autres sont complètement à fond. Certains semblent se dire : « putain, c’est le rôle de ma vie, il faut que je donne mon maximum pour devenir une star de Hollywood ! ». Bah oui mais mon petit bonhomme, tu te bats comme un pachyderme sous Lexomil qui aurait une sciatique doublée d’un lumbago, ça va te permettre de payer tes impôts mais pas plus. Allez, si tu es sage, tu auras le droit de jouer dans d’autres productions du genre, c’est classe ou bien ? Alors fait ton maximum avec tes petits camarades figurants, il faut que le final de notre film soit intense, spectaculaire, épique. Raté, mais le plagiat de la musique morriconienne est pas mal lui, un bon point ! Kaine a sauvé la population, quel justicier quand même. Et alors que la jolie magicienne s’offrait à lui, tout en téton qui pointe, Kaine préfère s’en aller, tel un « poor lonesome cowboy » qui a un « long long way from home », « over mountains and over praries », « from dawn «’til day is gone ». Et là, c’est le film qui est gone, et je peux affirmer sans trembler (si si, regardez ma main), même si ça vous en balance une sans toucher l’autre, que Kaine le Mercenaire n’est pas le nanar du siècle, mais qu’il reste malgré tout sympathique grâce à, il faut l’avouer, la donzelle chez qui l’expression « Il y a du monde au balcon » prend tout son sens.

LES PLUSLES MOINS
♥ La femme aux 4 seins
♥ Summum de ringardise
♥ Les fulgurances nanars
♥ Beaucoup de boobs
⊗ Quand même sacrément cheap
⊗ On rigole mais pas tant que ça
Note :
Note Nanar :
Malgré ses moments bien gratinés et sa fameuse demoiselle à quatre seins, Kaine le Mercenaire n’arrive pas à se hisser dans le top of the pop des nanars d’heroic fantasy. Il n’en demeure pas moins sympathique et générateur de quelques beaux fous rires nerveux.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Dans Le Roi Scorpion (2002), le méchant s’exclame « The Assassin and the Sorceress. How romantic ! ». Cette réplique est un clin d’œil à Kaine Le Mercenaire dont le titre original est « The Warrior and the Sorceress ».
• David Carradine s’est cassé le bras droit trois jours avant le tournage, d’où l’énorme gant noir qu’il se trimballe tout le long pour cacher le plâtre.
• Luke Askew, qui interprète le méchant du film, tiendra également le rôle de l’antagoniste quelques années plus tard dans Dune Warriors, également avec David Carradine.
• Le réalisateur quitta le film en plein montage après une dispute avec le producteur Roger Corman. Le montage a été terminé par deux équipes différentes dans deux pays différents.
• Si Maria Socas passe tout le film la poitrine à l’air, c’est parce que le réalisateur était obsédé par son corps.


Titre : Kaine Le Mercenaire / The Warrior and the Sorceress
Année : 1984
Durée : 1h21
Origine : U.S.A / Argentine
Genre : Trop de seins
Réalisateur : John C. Broderick
Scénario : John C. Broderick

Acteurs : David Carradine, Luke Askew, Maria Socas, Anthony De Longis, Harry Townes, Guillermo Marin, Armando Capo, Daniel March, John Overby

 Kaine le mercenaire (1984) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

1 Comment

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  1. Et bien je ne connaissais, comme toujours, pas du tout.
    Par contre, gamin j’aimais beaucoup Dar l’Invincible ! (de ce bon vieux Don Coscarelli)

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