[Avis] Why Don’t You Play in Hell?, De Sono Sion (2013)

Depuis plus de 10 ans, Muto et Ikegami sont deux Yakuza qui se font la guerre.  Alors qu’il n’est pas chez lui, Ikegami débarque avec ses hommes, et Shizue, la femme de Muto, tue les hommes de main au couteau. Tout ceci va compromette l’avenir de leur fille, Mitsuko, qui veut devenir actrice. À cette époque là, Kôji, un apprenti réalisateur, fait la rencontre d’un petit voyou, qu’il va emmener sur ses tournages pour le faire devenir son Bruce Lee. Dix ans plus tard, alors que Shizue va sortir de prison, Muto se met en tête de faire un film avec sa fille dans le rôle principal pour faire plaisir à sa femme. Tout se complique lorsque sa fille s’enfuit, et qu’elle va tomber sur Kôji et son équipe. L’association entre apprentis cinéastes et Yakuzas va-t-elle donner un chef d’œuvre du septième art ?


Avis de Rick :
Sono Sion aurait eu l’idée de ce film il y a plus de 15 ans. Et en voyant les thèmes du film, on a bien envie de le croire. Mettant en scène un apprenti cinéaste passionné qui rêve de faire un film, et ayant pour thème, outre l’amour du cinéma, l’amour du 35mm, le film nous ramène à une époque où le numérique n’était pas encore à la mode. Sono Sion découpe d’ailleurs son métrage en deux parties. La première, plaçant tous les personnages, se déroule un peu plus de 10 ans en arrière. Occasion de mettre en image deux univers distincts, mais tous les deux aussi fous l’un que l’autre. Se voulant bien plus divertissant et dans le fond, commercial que ses films précédents, Sono Sion s’amuse donc ici, sans pour autant retirer tout ce qui fait son cinéma. Il suffit pour cela de regarder les premières minutes pour s’en rendre compte. S’ouvrant sur une fausse pub ramenant aux enfants qui chantent de Suicide Club avant de nous présenter une impressionnante galerie de personnages en passant avec son talent habituel de l’un à l’autre et en passant d’un style et d’un genre à l’autre, Sono Sion brosse son fan dans le sens du poil. Car finalement, dans le fond comme dans la forme, Why Don’t You Play in Hell ? est un film hystérique, varié, partant dans tous les sens et n’ayant peur de rien. La galerie de personnages le prouve bien.

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Entre une équipe de tournage prête à tout pour faire le film ultime, le petit voyou qui va devenir le Bruce Lee Japonais (joué par Sakaguchi Tak), deux Yakuza aussi fou l’un que l’autre, une fille folle qui n’en fait qu’à sa tête, on a de quoi faire. Et si Sono Sion réutilise des tics, sons, musiques et des images qui rappellent clairement tous ses anciens films (outre la fausse pub rappelant Suicide Club, voir une enfant rentrer dans une pièce rouge car baignant dans le sang ramène à Strange Circus, l’auteur réutilise également des musiques provenant de Love Exposure et Cold Fish), il le fait avec sa maîtrise habituelle, faisant passer le tout comme une lettre à la poste. Une énergie totalement folle se dégage de son métrage. On passe d’un personnage à l’autre, d’un cri à un autre, entre meurtre violent au couteau, fusillades et autres moments surréalistes. Son métrage devient aisément son plus hystérique, à défaut d’être son plus passionnant. Car s’il se veut plus divertissant qu’autrefois, le fond de l’histoire se fait donc moins travaillé, et le métrage ne plaira pas à tout le monde. Mais le fan (ce que je suis) ou l’amateur de cinéma décalé (ce que je suis également) prendra lui un plaisir immense devant le film. Comme les acteurs qui ont du se faire bien plaisir sur le tournage, notamment Kunimura Jun en roue libre.

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Car s’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher au métrage, c’est sa générosité. Partant dans tous les sens, le film surprend, fait rire de par ses situations et ses personnages qui semblent totalement venir d’une autre planète. Et quand on croit que le film ne pourra pas aller plus loin, il le fera, en témoigne son énorme scène finale, qui ne reculera devant aucun délire (à l’image de ce pauvre personnage shooté à la cocaïne), où tout le monde se fou sur la gueule dans un joyeux délire gore, aux giclées de sang parfois numériques mais que le spectateur accepte de par le concept même du métrage : celle du tournage d’un film. Si on aurait pu attendre tellement plus d’un auteur comme Sono Sion, il faut bien avouer qu’il s’est fait plaisir avant tout, et retourne à la source de son cinéma, en le boostant aux acides, alors que son précédent métrage, Land of Hope, se voulait plus classique, dans le fond comme dans la forme. Métrage imprévisible, mais également épuisant et savoureux, probablement avant tout réservé au fan, Why Don’t You Play in Hell ?, ou tout simplement Jigoku De Naze Warui ne va pas plaire à tout le monde.

Le dernier Sono Sion se fait plus fou et hystérique que jamais et ne va pas faire l’unanimité, mais reste savoureux et maîtrisé.

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Why dont you play in hellTitre : Why Don’t You Play in Hell? – Jigoku De Naze Warui – 地獄でなぜ悪い
Année : 2013
Durée : 2h09
Origine : Japon
Genre : Ça tourne et… ACTION!
Réalisateur : Sono Sion

Acteurs : Kunimura Jun, Nikaido Fumi, Tomohika, Hasegawa Hiroki, Hoshino Gen, Tsutsumi Shinichi et Sakaguchi Tak


Galerie d’images :

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Guillaume
25 mars 2014 22:46

Un film avec de jolies images, un sens certain du cadre, de rares bonnes idées, une actrice fabuleuse. Mais un film chiant. Vraiment chiant. Qui tire à l’hystérie pour l’hystérie.

Oli
Reply to  Guillaume
26 mars 2014 5:12

Je te rejoins. Cette hystérie est éreintante. En plus, c’est pas vraiment drôle. La folie finale sauve le tout.

Taguchi
26 mars 2014 21:46

Le problème c’est que quasiment toutes les images du film sont accompagnées de musique. Il aurait fallu “des plages silencieux”, là c’est abrutissant.
Par contre, ça fait plaisir de retrouver des personnages de femmes fortes, ça change des personnages cruches de dramas gonflés pour le cinéma.

pacboy
30 mai 2014 9:15

Personnellement j’ai adoré, et je trouve même qu’il est plus accessible qu’un love exposure par exemple. Même si je préfère love exposure, mais l’humour japonais est particulier, et pas tout le monde l’appréciera. Pour ma part, je fut conquis, et surtout par ce final hystérique mais maitrisé avec des putains d’idées toutes les deux secondes.

On ressent bien sur de l’inspiration sur son cinéma, mais aussi sur le cinéma en règle général, c’est une magnifique déclaration d’amour à ce qu’il aime et c’est pour ça que c’est si prenant, on dirait un fanboy qui crie son amour comme un fou ! Un peu comme nous, et ce réalisateur dans ce plan final. ^^

Feroner
Éditeur
1 septembre 2016 18:38

Je continue mon exploration de la filmo de Sono Sion donc après “Tokyo Tribe” catastrophique pas terrible pour commencer ensuita TAG qui démarre très fort mais perd son intérêt petit a petit, en suite le chef d’œuvre love exposure voici “Why don’t you play in hell ?”.
Alors oui c’est creux gratuit mais que c’est fun et imprévisible j’étais plié en deux sur certaines scène comme quand le chef Yakuza dit

“Allez on va remettre des kimonos toi vire tes lunettes de soleil va mettre un truc Japonais a la place, et on va aller vivre dans un château”

Kunimura Jun cabotine a mort pour mon plus grand plaisir, Nikaido Fumi est super hot et redoutable.
Par contre c’est un peut longuet vu le rythme de malade et la conclusion c’est un peut facile SPOILER SPOILER de tuer tout le monde sans raison pour en finir.

Matt
Matt
17 juillet 2018 17:16

Bon…le cinéma de Sion Sono, j’ai essayé…
Mais j’ai trouvé why don’t you play in hell trop hystérique et épuisant pour moi, Suicide Club incompréhensible et Exte…euh…rigolo, mais bancal (pourquoi ça devient un cartoon délirant à la fin ?)
ça semble clairement être un cinéaste atypique façon Miike…mais faut entrer dans la délire, quoi. Pour l’instant…c’est pas ma came.
c’est quoi ses films les plus “accessibles” et les moins tarés ?^^

Matt
Matt
Reply to  Rick
17 juillet 2018 23:07

Ok merci. J’avais hésité à voir Love Exposure. ça semblait pas mal, mais la durée m’avait étonné. Mais ça doit pouvoir se faire.
Cold Fish c’est un peu l’équivalent masculin de Guilty of romance non ? C’est ce que j’ai entendu. Et que les deux films étaient durs psychologiquement.