[Avis] The White Storm, de Benny Chan (2013)

Tim est un ambitieux inspecteur-chef de la brigade des stupéfiants qui privilégie sa carrière avant tout. Chao plonge en tant que flic infiltré dans le circuit du trafic de drogue à Hong Kong et n’arrive plus à se reconnaître. Wai est le fidèle bras droit de Tim et cherche à gagner le respect des autres pour son travail. Ils sont tous les trois des amis de longue date qui risqueraient leur vie l’un pour l’autre. Mais leur nouvelle mission mettra leur lien à rude épreuve.


Avis de Cherycok :
Benny Chan a depuis longtemps fait ses preuves question films d’actions qui déménagent malgré quelques faux pas évidents dans sa filmographie, et chacune de ses nouvelles réalisations est attendue de pied ferme par une poignée de fans qui croient en lui pour dynamiser le ciné HK qui n’est pas au top de sa forme malgré un sursaut depuis quelques années. C’est donc avec un grand plaisir qu’on se lance dans le visionnage de The White Storm dont la bande annonce annonçait quelque chose de très excitant. Mais comme on le sait tous, il faut se méfier des bandes annonces…

Avec son casting composé de trois valeurs sûres du ciné HK en la présence de Louis Koo, Nick Cheung et Lau Ching-Wan (se faisant dorénavant appeler Sean Lau si on en croit l’affiche du film), mais également de quelques têtes qu’on a toujours plaisir à retrouver comme Ben Lam ou Ken Lo, The White Storm va nous raconter le parcours de trois amis d’enfance devenus policiers, mais surtout des rudes épreuves auxquelles ils vont être confrontés lorsqu’ils vont être mis sur le démentellement du plus gros trafic de drogue d’Asie du Sud Est. Sur la façon dont la chose est mise en scène, on va clairement penser au Bullet in the Head de John Woo, avec ces histoires d’amitié, de trahison, de culpabilité, de vengeance… Et il est vrai que ce que Benny chan nous raconte est assez fort même si on reprochera clairement un côté parfois un peu trop larmoyant à certaines de ces scènes, frisant parfois le ridicule.
Le jeu des acteurs n’est clairement pas à mettre en cause, notre trio est tout simplement impeccable, mais le fait de vouloir pousser à l’extrême la « gravité » de certaines situations rend l’ensemble un peu too much et assez indigeste. J’en veux pour preuve cette scène à l’hôpital avec la mère du personnage de Nick Cheung, qui prête plus à rire qu’à être ému. De l’aveu même de son réalisateur, il s’agit de son film le plus sombre, et effectivement quand on voit le résultat, on peut le confirmer sans aucun problème, mais autant cela peut être à la fois une qualité, autant cela peut donc avoir des effets néfastes si cela n’est pas mis en scène correctement. Je n’étais peut-être pas dans un bon jour, qui sait…

Niveau action par contre, Benny Chan sait ce qu’il fait et comme souvent avec lui, on est dans du haut de gamme. Même si certaines scènes manquent clairement d’originalité, comme s’il n’arrivait pas à y insuffler un style bien à lui (c’est flagrant dans le final), force est de constater que ça défouraille tout de même sévère. La scène de l’échange en Thaïlande avec les hélicos et leurs sulfateuses est d’une intensité ahurissante. On en prend plein la gueule, on reste les yeux scotchés à notre écran, passant d’un gunfight à une course poursuite pour finir sur une scène d’une grande puissance au bord d’une falaise, le tout avec une facilité déconcertante. Décoiffant ! Par contre, pourquoi se sentir obligé, comme lors du final, d’accompagner ces moments de testostérone pure d’une musique cantopop absolument indigeste alors qu’une track épique style Hans Zimmer aurait été bien plus approprié ? J’avoue être assez hermétique à la chose, mais quand ça ne colle pas à ce qu’il y a à l’image, ça donne vraiment cette impression d’être à coté de la plaque…

The White Storm est loin, très loin même d’être parfait, essayant de nous surprendre avec des twists qu’on voit venir à des kilomètres et de nous faire croire à des scènes parfois assez invraisemblables. Le pari de Benny Chan n’est clairement pas réussi à 100%. Pourtant, l’ensemble se tient plutôt bien dans son genre et se regarde même sans aucun problème malgré la durée du film (2h16 tout de même). Petite déception mais tout de même un bon moment.

 


Titre : The White Storm / Metamorphosis / The Cartel War / 掃毒
Année : 2013
Durée : 2h16
Origine : Hong Kong
Genre : Policier / Action
Réalisateur : Benny Chan

Acteurs : Louis Koo, Lau Ching-Wan, Nick Cheung, Yolanda Yuan, Ben Lam, Ken Lo, Lo Hoi-Pang, Elanne Kong, Hou Yong, Berg Ng, wang Zhi-Fei, Vittaya Pansingram, Treechada Petcharat, Helena Law, Xing Yu


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5 février 2014 1:04

c’est dans ce film ou Rigor Mortis qu’il y a la scene des hélico?

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Realisateur
Reply to  Cherycok
5 février 2014 9:16

bon je viens de voir le trailer de ce Rigor Mortis qui est pas un actionner, merci de me prendre pour une truffe.

Beleg
Beleg
5 février 2014 11:07

Les hélicos : a 00h57 dans la bande annonce de cette page 😉
Scène qui s’annonce épique, mémorable, du genre à rester dans les annales, bref qui troue le c**.

Taguchi
11 février 2014 9:57

Je viens de voir (enfin de moitier!) Police Story 2013 et je peux vous dire que je regrette l’absence du père Benny à la réalisation. Là, on voit bien la différence entre un bon faiseur décomplexé de films d’action et un tâcheron qui veut se la jouer arty. Le film est une véritable catastrophe, si on devait le comparer à une autre saga d’action, on pourrait parler de “Die Hard 5” Chinois, c’est dire!

Déjà l’idée de proposer un “nouveau nouveau reboot” (nouveau personnage principal, déplacement de l’action en Chine) avait quelque chose d’insultant par rapport au travail de rafraichissement effectué précédemment par Benny, en plus d’y voir bien sur une “facilité” commerciale (la mode américaine des reboots à tout va), le film se permet de pomper honteusement Die Hard 1: la boîte de nuit remplaçant la tour de cristal.

La réalisation tout en gros plans stady cam rend l’action totalement illisible car on a aucun repère spatial. Les flash-backs sont lourdingues car mal amenés et réellement “hypocrites”, en effet, on veut nous faire croire qu’on va apprendre des choses sur le passé traumatique du personnage de Jacky mais c’est en fait une excuse pour nous montrer des scènes d’actions en plein air qui nous sortent du 8 clos de la boîte de nuit.

Et ne parlons même pas des honteux placements de produits par-ci par-là et de la vision totalement bling bling de la Chine. Le Hong Kong bordélique mélangeant tradition et modernité avait quand même bien plus de charme pour un polar.
La plus grosse erreur commise par ce film est d’avoir enfermé ces personnages dans “une boîte de conserve” en oubliant contrairement aux autres volets, un personnage crucial du récit: la ville…

I.D.
12 février 2014 12:25

Je discutais justement de ce “Police Story 2013” avec des HKphiles chevronnés. Grosse déception comme la tienne Taguchi. Apparemment, le film a cartonné en Chine mais pas à HK. Cela me rassure. Je me dis qu’à HK le public (aussi minime qu’il soit) veut autre chose. Et il semblerait que le Benny ait bien marché donc…

Taguchi
13 février 2014 17:03

Arf, malheureusement si le film à cartonné en Chine continentale, ça veut dire qu’ils ont du très largement rentabilisé leur mise et qu’on peut s’attendre à d’autres bouses du genre…

Il me fait bien envie ce White Storm, ne serait-ce déjà que pour son casting énorme.
Perso, je trouve que ce qu’il manque au cinéma chinois actuel c’est des bonnes gueules comme seul le cinéma HK nous en a toujours proposé…
En même temps dans l’histoire les acteurs HK qui tournent en Chine sont pas perdants car on ne retient qu’eux à l’écran, étant entouré généralement d’un casting de seconds rôles chinois au charisme pauvre.

Taguchi
13 février 2014 17:05

Aoutch les fautes de la première phrase!

I.D.
13 février 2014 19:47

Sur les acteurs HK et mainlanders, j’ai tendance à plus ou moins penser la même. Après, je ne sais si c’est aussi dû au fait que nous sommes habitués à certaines tronches hongkongaises, plus que les stars locales de Chine continentale.
Le problème que l’on rencontre chez ces derniers c’est qu’ils tentent constamment de faire percer la dernière tronche plus ou moins à la mode, ou qu’ils voudraient justement à la mode. Au dépend d’une carrière durable. Ils lancent tout ces “jeunes” acteurs qui deviennent alors des produits de l’acting en mode fast food et qui se retrouvent dans pas mal de co-prod HK/Chine. Et de ceux-là, très peu percerons au final. Mais ce constat on peut également le faire avec la gen-X HK. Ça se renouvelle pas des masses et ils ont pas forcément plus de charisme ou talent. Alors, forcément à côté d’acteurs HK implantés et qui pour certains ont bossé leur charisme, ils s’avèrent bien fades ces acteurs mainlanders. N’empêche à côté, il y a des chinois du continent comme Jiang Wen, Zhang Fengyi, Zhao Benshan, Sun Honglei ou encore comme Guo Tao et Wang Baoqiang qui ont un vrai talent et marque la peloche (même numérique) de leur emprunte. Du coup… la balance s’équilibre (presque).