[Avis] The sparrow, de Johnnie To

Titre : The sparrow / Man Jeuk / 1 moineau et 4 pickpockets / Wen Que / 文雀
Année : 2008
Durée : 1h27
Origine : Hong-Kong
Genre : Romance
Réalisateur : Johnnie To

Acteurs : Simon Yam, Kelly Lin, Law Wing Cheong, Lam Ka Tung, Lam Suet, Kenneth Cheung…

Synopsis : A Hong Kong, un Sparrow est un pickpocket. Kei est le plus habile de tous. Entre deux vols de portefeuilles avec les membres de son gang, il aime arpenter la ville à vélo, et prendre des photos.
Un jour, une femme ravissante, Chun Lei apparaît dans son viseur. Il est ensorcelé.
Chaque membre du gang va tomber sous le charme de cette femme qui ne les a pas croisés par hasard…





Avis de Jang Gerald : Il aura fallut pas moins de 3 ans pour que Johnnie To finisse ce Sparrow, débuté en 2005, le tournage s’est en effet étalé sur plusieurs années, faute à des emplois du temps d’acteurs difficilement gérables. Le réalisateur a dù se dépêcher de mettre en boîte son nouveau bébé pour qu’il soit présenté au 58ème festival de Berlin, où il fut très attendu, et…très apprécié à en croire les critiques très élogieuses de l’époque.

Sparrow est à prendre comme une petite récréation (attention, rien de péjoratif), à l’instar du banal mais hautement sympathique Yesterday once more, où le couple Andy Lau et Sammi Cheng (épatants!) refait son apparition après plusieurs éssais fructueux avec le même réalisateur, à l’époque où il méttait en boîte des comédies qui cartonnaient au box office locale, mais manquant cruellement d’inspiration artistique. Mais bon, le bonhomme s’amusait en enchaînant ce genre de productions afin de pouvoir financer des projets plus personnels. Ce n’est un secret pour personne.
Sauf qu’aujourd’hui, de l’eau a couler sous les ponts, le monsieur est devenu le nouveau nabab du cinéma hong kongais, les festivals du monde entier attendent ses nouveaux films avec une certaine excitation. Pour se détendre, monsieur To ne fait plus dans la comédie au casting de luxe pour s’assurer le jackpot, non, il se contente de faire ce qui lui plait, ce qui lui passe par la tête.
Sparrow en fait donc parti.
Avec une nonchalance déconcertante, il filme une histoire de pickpockets amoureux, renvoyant à celle du couple de voleurs Andy Lau / Sammi Cheng cité plus haut, c’est beau, c’est glamour, c’est léger, sauf que Sparrow s’impose comme une oeuvre iconoclaste, servie par une narration explosée.

C’est simple, sans connaître en détail le scénario, la première demi heure est totalement folle, on ne sait pas trop ce qui se passe, le personnage de Kelly Lin est énigmatique, nos 4 pickpockets plutôt naïfs finalement. Ce n’est qu’après que l’histoire devient classique, mais seulement dans son déroulement, car Johnnie To ne cesse de se renouveler niveau mise en scène.

Sa caméra pourrait être LE moineau du film, tant elle se faufile n’importe où et arpente de bien belle manière les somptueuses rues de Hong-Kong (on comprendra pourquoi certains clament que son film est un hymne d’amour à sa ville natale!), nous gratifiant de plans inédits sur des lieus pourtant vus je ne sais combien de fois. Rien que le début est à tomber, où Simon Yam roule à vélo en prenant des photos avec une tendresse toute palpable! C’est beau, comme ces morceaux de bravoures inouïes (pourtant ce n’est pas un film d’action), celui dans l’ascenseur particulièrement, d’une inventivité et d’un humour dont seul To en a le secret, sans compter le final sous la pluie, avec les parapluies, je vous laisse imaginer, un vrai ballet, ésthètiquement ébourriffant, le tout orchéstré par une musique originale absolument exquise, signée Xavier Jamaux, qui collabora notamment sur Mad detective du même réalisateur.

Au casting, Johnnie To s’entoure d’une équipe bien connue, avec et toujours Simon Yam, plus irrésistible que jamais, Lam Ka Tung, Lam Suet (petit rôle cependant), en offrant même un rôle à son monteur Law Wing Cheong, qui réalisera plus tard un des téléfilms reprenant l’histoire de PTU, pour les besoins de Tactical Unit : The code, mais aussi Tactical Unit : Comrades in arms, présenté comme étant PTU 2, qui est quant à lui un long métrage cinéma.On connaît la Milkyway, une vraie famille, où l’équipe technique se retrouve à jouer les seconds couteaux, pour devenir ensuite des figures emblématiques du cinéma de Johnnie To. Law Wing Cheong, pour son premier rôle, s’en sort vraiment bien, même s’il aligne peu de dialogues, sa mine patibulaire et son embonpoint en font un personnage attachant, comme Hui Siu-Hung, il aura même droit à une scène de métamorphose assez bluffante lors d’une scène clé du film, à vous de la découvrir!

Vous l’aurez bien compris, ce Sparrow est une oeuvre légère, virevoltante, touchante, emmenée par des acteurs au diapason, dont Johnnie To, en véritable chef d’orchestre qu’il est, ne fait que sublimer par une histoire faussement compliqué mais savoureuse de bout en bout, on regrettera seulement que les personnages n’aient pas été assez approfondis, mais je pense que ce n’était pas le but, loin de là, surtout avec moins d’1h20 de métrage (sans le générique de fin).
A voir donc pour avoir le sourire, comme les protagonistes l’ont en nous laissant, une vraie bouffée d’air frais, ça ne se refuse pas!

Note : 8/10

Jang Gerald

Fan de Jackie Chan depuis son plus jeune âge, mais aussi de John Woo où « action non-stop » prenait pour moi un vrai sens. The Blade de Tsui Hark fut un choc viscéral comme jamais. Rapidement tourné vers l'import, cette véritable passion n’a jamais cessée de s’accroître...

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15 Comments

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  1. Un film d’une fraîcheur salutaire pour un réalisateur qui m’agace généralement de films en films et qui se sclérose en puissance. The Sparrow est réellement captivant de par sa construction sur une longue période et pour son résultat au final homogène. Du grand Art !

  2. Faut vraiment que je me le mate celui là, il traine chez moi depuis quelques temps deja

  3. pas encore vu…j’ai stoppé un peu Johnnie To après ses (quelques) films masturbatoires

    ça fait quand même envie ce petit SPARROW finalement, comme quoi faut pas se fier aux apparences (l’habit ne fait pas le moineau !)

  4. Ah bah c est toi qui parlait de masturbation visuel Oli! lol!

  5. Je suis en règle générale assez réceptif aux films qui prennent le temps de vivre et sur lesquels il suffit de se laisser happer par l’atmosphère, mais là, à l’image de Yesterday Once more, je n’accroche pas du tout. Rien à faire. Au contraire de Exiled par exemple où le plaisir était au rendez-vous.

  6. Film vraiment decevant beaucoup trop mou

  7. c super pourer se film de merde

  8. les acteur son pourable

  9. Alors 1, faut apprendre à écrire
    Alors 2, sans dec, c’est des vrais messages ça ? lol

  10. Mille merci à Arte qui encore une fois se défonce pour proposer aux telespectateurs une version française concoctée par leur soin (absente du dvd français donc).
    D’accord la VF est pourrie, d’accord il faut privilégier la VO, mais je trouve que c’est une humble initiative.
    En tout cas je me suis bien amusé encore une fois devant ce film frais et leger !

    Ah et j’oubliais, Huet, les acteurs ne sont pas du tout pourables, au contraire, ils sont juste extraordinables !

  11. c’est passé en VF?! Cette lose 🙁

  12. je me demande s’il était pas en multilangue sur canal sat et numericable, à vérifier

  13. Non, Arte c’est en multilangue voyons !

  14. Possible, j’ai violemment balancé ma TV dans un fossé voici 10 ans .. je suis plus trop au courant de tout ça!

  15. Merci à Huet pour le revival de la discussion sur Sparrow! :p

    ‘tain! Mon doigt a fourché… je lui est mis 8 sans le vouloir à The Sparrow… Tant pis…

    Edit: Ah non c’est bon. Bug… :S

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