[Avis] Reign of assassins, de John Woo et Su Zhao Bin

Titre : Reign of Assassins
Année : 2010
Durée : 120 mn
Origine : Chine
Genre : Wu xia pian

Réalisateur : John Woo, Su Zhao Bin

Cast : Michelle Yeoh, Jeong Wu Seong, Wang Xue Qi, Barbie Hsu Hsi Yuan, Kelly Lin, Shawn Yue, …

Synopsis : Un assassin retiré du monde des arts martiaux se retrouve face à son passé à cause de la quête d’un groupe d’assassins, bien décidés à récupérer les restes d’un moine bouddhiste recelant un mystérieux pouvoir…

Avis Best : Au rayon des bonnes surprises, je demande Reign of assassins. Cette co-réalisation de John Woo et Su Zhao Bin aura su faire jaillir en moi un plaisir sincère, et contribué à me faire passer un très bon moment.

Le scénario imbrique plusieurs composantes de qualité pour former une histoire que l’on suit avec attention. Son intérêt réside essentiellement dans les zones d’ombre des personnages principaux, ceux interprétés par Michelle Yeoh et Jeong Wu Seong en tête. Elles se dévoileront au fur et à mesure du récit, et leurs cas personnels évolueront en parallèle du mystère des restes d’un moine bouddhiste, reliques renfermant un étrange pouvoir. Concernant ces dernières, elles sont la cause de nombreuses morts, la faute à un redoutable groupe d’assassins prêts à tout pour mettre la main dessus. Les rebondissements majeurs sont certes attendus, mais tellement bien amenés que l’on n’en voudra à personne. Sur le plan de l’histoire, seul le final m’aura un peu déçu. Non pas qu’il soit raté, mais en deçà de ce à quoi je m’attendais en terme d’intensité et d’émotion.

Autre point à mettre en avant, les combats. Passons dès maintenant sur leur seul petit défaut, quelques ralentis dispensables, comme lorsque l’assassin interprété par Shawn Yue lance ses épines. Ce détail passé, les affrontements sont d’un très bon niveau. Les chorégraphies sont fluides et rythmées, mais surtout d’un esthétisme à couper le souffle. Les envolées des combattants font aussi s’élever notre enthousiasme ; je suis sous le charme. On est loin des combats brouillons et chaotiques de certains films du genre. Évidemment, les armes blanches et plus particulièrement les épées sont de sorties et hantent les mains de leurs propriétaires.

Les acteurs sont pour la plupart au diapason, ou tout au moins sont-ils suffisamment impliqués pour être performants dans leurs rôles respectifs. Michelle Yeoh donne une très belle partition, tout en charisme et en élégance. Ça fait du bien de la trouver dans de telles dispositions ! Jeong Wu Seong n’est pas en reste. Il attire la sympathie et s’en sort lui aussi avec les honneurs. Seule Barbie Hsu Hsi Yuan, l’un des assassins, manque de nuance. Elle se révèle aussi parfois énervante, mais son personnage le demande.

Les couleurs chatoyantes ainsi que la magnifique photo sont pour beaucoup dans la réussite du film. Elles lui donnent une saveur particulière que la réalisation de qualité contribue grandement à maintenir tout en haut. Aussi, un vent de poésie souffle par instants et apporte ses bienfaits. Il en résulte une érosion du plus bel effet. Je m’emballe peu être un peu, certainement beaucoup même, mais il y a des raisons à cela. Et Reign of Assassins vaut à coup sûr le coup d’œil.

8,5/10

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bankai972
bankai972
13 novembre 2010 23:05

Yep,

Y a une petite faute dans le synopsis (t’as mis “moins” au lieu de moine).
Sinon sa donne envie ta critique, je vais essayer de me le procurer, d’autant que j’en entends beaucoup de bien.

yume
14 novembre 2010 3:34

question : quelle est la part de Woo là dedans ? j’ai l’impression qu’il fait prete nom et étendard pour l’autre réal.

Et si Woo est réellement impliqué niveau réalisation, qu’en est t’il de la spatialisation des scenes de combat ? (son point faible)
Oli
14 novembre 2010 10:10

Toi, tu t’es inscrit à la secte nuisible ! 🙂

Martin
Martin
14 novembre 2010 12:33

Le material promo semble bien répondre à la question:
http://1.bp.blogspot.com/_Uzp8dkOBsnc/TGW2BvujRzI/AAAAAAAAAuQ/qRKM3F7-prA/s640/reign-of-assassins.jpg

Me tente bien celui là, mais j’attendrais la version cantonaise pour le bien de mes oreilles 🙂

Xavier
Xavier
14 novembre 2010 14:20

En même temps, Martin, les acteurs parlant réellement mandarin, c’est loin de faire tâche. Les zh, ch, sh sont charmants tu sais, surtout lorsqu’ils ne souffrent pas de l’accent pékinois..!

Sinon, bien contents que l’auteur de l’article ait apprécié le meilleur wu xia post Seven Swords.

Martin
Martin
14 novembre 2010 14:27

Mmmm, si c’est du pur film mandarin à la base, en effet, autant prendre la source. Par contre concernant le qualificatif “charmant”, je pense que  la donzelle en face doit fortement jouer dans l’appréciation des susurrations :p

happy
happy
14 novembre 2010 15:25

D’après Michelle Yeoh, que j’avais longuement interviewé au dernier festival de CAnnes (itvw publiée dans le IMPACT anglais), c’est Su Zhao Bin qui a tout réalisé et J. Woo “supervisé”.

Plissken2013
Plissken2013
15 novembre 2010 9:56

“qu’en est t’il de la spatialisation des scenes de combat ? (son point faible)”

N’importe quoi…

A part ça, Reign of assassins est le plus beau wu xia pian de la décennie.

MEREJ
MEREJ
15 novembre 2010 13:38

Bon film !

La réalisation même si elle est bonne, n’a rien à voir avec du John Woo.

Et sinon, la “spatialisation” des scènes de combat c’est justement LE point fort de Woo …

Donc bon …

MEREJ

Martin
Martin
15 novembre 2010 14:24

Tu tombes bien tiens .. Il y a un sujet ici, avec des brides de reflexions interressantes, des voies supplémentaires feront pas de mal, tu pourras nous exposer ton point de vue
http://insecte-nuisible.com/le-syndicat-du-crime-2-john-woo-1987/ 🙂

Epikt
15 novembre 2010 18:38

Ça trolle ici 😀
Mais Xav-chan a raison, le mandarin c’est infiniment plus sexy que le cantonnais.

Martin
Martin
15 novembre 2010 19:07

Je préfère le mandarin au coréen ceci dit  :p (j’ai vraiment un pb avec cette langue, surtout prononcée par les bonhommes .. pour les gonzesses on peut tjs s’arranger)

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 0:48

“Il y a notamment dans cette mise en scène aucune appréhension de l’espace. Prenons le raccord à 3’05″ de la vidéo liée supra : quand bien même la scène aurait été filmée (ou pas) dans un espace cohérent, il n’y a pas de lien spatial entre le premier plan et le second, difficile de comprendre comment d’un grand espace on tombe direct dans un petit couloir entouré de portes !”

Faudrait dire à l’auteur de ce texte de s’acheter des yeux, car en l’occurrence, le raccord dont il parle est situé exactement au même ( et donc au bon ) endroit !

Bref, des barres.

Sinon, j’en ai profité pour re-re-re-maté ce gunfight et c’est justement pour moi un modèle de spatialisation.

On comprend tout et tout de suite : le chemin dehors, le jardin devant, le hall, le premier étage, l’escalier, le deuxième étage, le balcon … C’est formidable.

Bref, des yeux les amis, faut acheter des yeux.

MEREJ

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 1:17

“On l’a vu, les films de Woo tendent tous, à divers degrés, vers des chansons de geste visuelles, des récits de chevalerie. Pour ce grand sentimental de la violence dont les débuts furent chapeautés par le vétéran du wuxia pian Chang Cheh (La Rage du tigre), les idéaux les plus nobles – et les plus surannés – trouvent leur expression dans un paroxysme physique où le lyrisme emporte tout sur son passage, fût-ce au mépris de la vraisemblance (surtout dans sa période hongkongaise, avant la bride des standards hollywoodiens). Chorégraphies martiales frénétiques qui semblent mues par le seul instinct au lieu de la maîtrise artistique habituellement requise pour ces exercices, volées de balles ininterrompues et multidirectionnelles, jaillissements de sang. À ce bouillonnement permanent exposé à la menace du brouillon, la mise en scène, constamment consciente de l’espace et du rythme quitte à y sacrifier la perfection technique (désynchronisations image/son), donne toute sa lisibilité et son ampleur cinétique.”

MEREJ

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 1:33

Ceci dit MARTIN, merci pour le lien.

MEREJ

Epikt
16 novembre 2010 12:39

Très cher Merej,
(c’est moi l’auteur de ce texte qui doit s’acheter des yeux)
j’ai peur de ne pas te comprendre : ton argument est-t-il fondé sur le fait que le raccord est bien situé à 3’05” de la vidéo ? et donc qu’il serait “au même endroit” ? O_o’ Tout ce que tu montres là, et je t’en remercie, c’est que je sais indiquer quand se trouve le raccord dont je veux parler, pas que Woo le place au bon endroit (si “placer un raccord au bon endroit” c’est “le mettre à l’endroit où Epikt le décrira 30 ans plus tard”, je me découvre une influence insoupçonnée).
De toute façon le “bon endroit” n’est pas le sujet du débat autour de ce raccord – il aurait pu se faire deux secondes avant ou après que ça n’aurait rien changé à ma remarque – pas plus qu’il ne s’agit de l’étudier du point de vue du rythme (y aurait à dire, au moins un peu). Le problème que je pointe,  c’est l’absence de corrélation spatiale entre les deux plans. J’aurais aussi pu détailler le fait que la manière avec laquelle les personnages redescendent du 1er étage au rdc est particulièrement illisible.

PS : ça vient d’où le texte que tu cites ? Aux guillemets et au style je me doute que c’est pas de toi, mais quand on utilise un argument d’autorité en générale on le source (en passant, c’est contre ce genre d’envolées lyriques que j’ai écrit ce texte, en m’appuyant sur le film de Woo le plus foireux que j’ai vu)

Supavince
Supavince
16 novembre 2010 12:59

Vos discussions c’est “beau” et “intéressant” à la fois mais ça donne mal au crâne!!! °_0

Cherycok
Administrateur
16 novembre 2010 14:37

Perso ce genre de chose, je m’en contre fout en général, j’apprécie juste le gros spectacle que propose le final du syndicat du Crime 2

michael
16 novembre 2010 15:20

“J’aurais aussi pu détailler le fait que la manière avec laquelle les personnages redescendent du 1er étage au rdc est particulièrement illisible.”

Il est évident qu’à la même époque, McTiernan entretient un rapport plus complexe avec le cinéma d’action qu’avec un John Woo. Déjà, parce qu’il pense sa mise en scène en trois dimensions pour mieux disposer d’un espace clair qui <<sert de terrain à l’action>> – il l’explique lui-même dans le commentaire audio du DVD de Piège de Cristal.

Quand à la même époque, l’action d’un John Woo explore plus l’aspect spectaculaire. Normalement, chacun de nous ici s’est déjà amusé à plonger dans les airs en imitant Chow Yun Fat. C’est-à-dire <<explorer l’espace autour de nous>>, ne pas rester statique. C’était le gimmick wooien par excellence. Ce qui n’enlève rien à l’efficacité de sa mise en scène (cf. précédents commentaires).

Maintenant, enfermer John Woo dans un concept abstrait mal-maîtrisé tout en persévérant dans une analyse ignorant la moindre trace d’émotion, ça me semble tout aussi maladroit que d’écrire ce “genre d’envolées lyriques“.

michael
16 novembre 2010 15:21

“J’aurais aussi pu détailler le fait que la manière avec laquelle les personnages redescendent du 1er étage au rdc est particulièrement illisible.”
Il est évident qu’à la même époque, McTiernan entretient un rapport plus complexe avec le cinéma d’action qu’avec un John Woo. Déjà, parce qu’il pense sa mise en scène en trois dimensions pour mieux disposer d’un espace clair qui <<sert de terrain à l’action>> – il l’explique lui-même dans le commentaire audio du DVD de Piège de Cristal.
Quand à la même époque, l’action d’un John Woo explore plus l’aspect spectaculaire. Normalement, chacun de nous ici s’est déjà amusé à plonger dans les airs en imitant Chow Yun Fat. C’est-à-dire <<explorer l’espace autour de nous>>, ne pas rester statique. C’était le gimmick wooien par excellence. Ce qui n’enlève rien à l’efficacité de sa mise en scène (cf. précédents commentaires).
Maintenant, enfermer John Woo dans un concept abstrait mal-maîtrisé tout en persévérant dans une analyse ignorant la moindre trace d’émotion, ça me semble tout aussi maladroit que d’écrire ce “genre d’envolées lyriques“.

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 15:41

“J’ai peur de ne pas te comprendre : ton argument est-t-il fondé sur le fait que le raccord est bien situé à 3′05″ de la vidéo ?”

Pas du tout non.

Dans le premier plan, les deux héros arrivent de la droite du cadre et se dirige vers le fond du cadre, soit le “petit couloir” comme tu dis … on va dire que l’œil du spectateur est situé au sud ( dans une représentation de cet espace vu de haut ).

Dans le deuxième plan, le raccord commence derrière la porte gauche de ce même “petit couloir”  et place donc le spectateur à l’ouest ( toujours si on regarde d’en haut ).

C’est le même couloir, le même endroit et ça marche parfaitement.

Et je le prouve, puisque à 3 minutes 08 en haut à gauche du cadre, tu peux apercevoir la même moulure sur le mur que celle du plan précèdent à 3 m 02.

C’est le même endroit filmé dans les deux plans.

MEREJ

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 15:45

De toutes façons, dire que Woo ne maitrise pas l’espace alors que c’est justement le meilleur dans le domaine, c’est comme dire que Tony Scott ne sait pas faire de raccord dans l’axe …

C’est complètement absurde.

MEREJ

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 15:54

Ah oui !

Le texte viens du site  http://www.critikat.com/

Très bon site d’ailleurs.

MEREJ

Cherycok
Administrateur
16 novembre 2010 17:30

Vous vous prenez la tête pour des trucs, ça fait peur… qu’est-ce qu’on s’en fout de tout ça ? C’est pas l’émotion, les sensations que procure la scène qui est important ? Quand y’a des faux raccords, les siganler, je veux bien, pourquoi pas, mais en faire un flan dessus, c’est “absurde” pour moi pour reprendre ton mot MEREJ

Martin
Martin
16 novembre 2010 17:47

En relisant la phrase (“quand bien même la scène aurait été filmée (ou pas) dans un espace cohérent, il n’y a pas de lien spatial entre le premier plan et le second, difficile de comprendre comment d’un grand espace on tombe direct dans un petit couloir entouré de portes !” ) ce n’est finalement pas tant la cohérence de l’espace qui semble être remise en question, mais plutot le pointage sur la non-intuitivité dans la figuration du lien spatial liant ces deux plans  (une “accroche” amoindrissant temporairement l’emotion de la scène, ici une irruption fluide et puissante dans la baraque)

Martin
Martin
16 novembre 2010 17:50

>C’est pas l’émotion, les sensations que procure la scène qui est important ?
Mais bien sur! Mais ça n’empeche pas de poser une autre regard sur ce materiau, des images, du mouvement, une histoire. Et c’est pas forcement être psycho-rigide ou tordu que poser ce genre de regard, c’est avant tout poser un regard sur le monde qui nous entoure, qlq chose qui enrichit. Au même titre que boire une bonne binouze ou tirer un coup.

Cherycok
Administrateur
16 novembre 2010 17:57

Pas ma vision du cinéma. Ne cherchant que le fun et le divertissement, je ne m’attarde que peu sur ce genre de détails, et au pire, si raccord foireux y’a, ca me fait marrer et ca va pas plus loin ^^

Martin
Martin
16 novembre 2010 18:10

On ne s’arrête pas non plus à ça, on savoure le film d’abord, tout comme on écoute une musique (avant éventuellement la décortiquer).  Mais être conscient des enjeux narratifs et formels mis en oeuvre (ou non) est aussi une manière d’encore plus l’apprecier.  Et c’est pas ça qui empeche de se matter et aimer des cheapies HK tournés en thailande ou autre ghost-kung comedy radines en tatanes et en fumigènes (j’ai un comment en cours de modo :p).

Supavince
Supavince
16 novembre 2010 18:25

Effectivement ça peut-être intéressant dans parler 5min mais avouez que c’est un peu de la branlette intellectuelle…ou de l’enc*#lage de mouche… Enfin moi j’dis ça, j’dis rien! ^^

Martin
Martin
16 novembre 2010 18:58

Faut aussi arrêter de croire que l’exercice de réflexion est forcement chiant et improductif. L’encu.lage de  mouche sur woo s’inscrit dans une perspective bien plus large, pas pour le plaisir de discuter des moulures sur le mur ^^

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 21:09

“Effectivement ça peut-être intéressant dans parler 5min mais avouez que c’est un peu de la branlette intellectuelle…”

Pas pour moi.

Je trouve ça passionnant au contraire !

La grammaire filmique, c’est ce que je préfère au monde.

Un film, avant le scénario, avant les acteurs, avant le son, c’est avant tout 24 images par secondes.

C’est un cadre.

On peut raconter une histoire sans paroles, juste avec des cadres et des mouvements de caméra précis ( refaites-vous un Melville tiens ).

Hitchcock était le maître en la matière et De Palma le suit de près.

Pour apprécier les subtilités de la grammaire cinématographique il faut savoir étudier le cinéma de près …
Avec des profs ça aide, mais ce n’est pas forcement nécessaire, ça peut aussi être inné.

Bref, c’est justement grâce à la maitrise de cette grammaire que les émotions passent ou non chez le spectateur.

Donc dire que c’est de la “branlette” c’est faux. C’est capital au contraire.

MEREJ

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 21:14

Et si réfléchir ça veut dire “enculer les mouches” alors je veux bien me farcir la rondelle de centaines de milliers d’insectes !

MEREJ

Cherycok
Administrateur
16 novembre 2010 21:19

JE suis comme Supavince, je m’en carre un peu l’oignon ^^ J4aime le cinéma pour le divertissement qu’il procure, pas parce qu’il est fait comme ci, comme ci et comme ça

MEREJ
MEREJ
16 novembre 2010 21:44

Mais c’est faux CHERYCOCK !

Tu crois que tu t’en fou !

Mais tes yeux et ton esprit ressentent, eux, très bien toutes les différences de filmages entre, je ne sais pas moi, “SPEED” et  “SPEED 2”.

Bref, c’est comme la nourriture … Tu peux t’en carrer l’oignon des recettes de cuisines, mais quand tu manges, tu sens tout de suite la différence entre de la merde et de la qualité.

Le bon et le mauvais cinéma sont en fait comparable au Nutella et la pate à tartiner Leader Price … La recette tu peux t’en foutre, mais qu’est ce que c’est meilleur le “vrai” Nutella …

MEREJ

Epikt
16 novembre 2010 21:59

Michael > je fais une différence entre d’une part des personnages qui exploitent l’espace et d’autre part une mise en scène qui explore l’espace. Ses personnages ont beau sauter dans tous les sens, la mise en scène de Woo me semble usurper sa réputation spatiale.
Après, je n’ai jamais discuté l’aspect spectaculaire de sa mise en scène (même ce raccord boiteux fait son petit effet), et j’aurais apprécié le film s’il n’avait été que du bourrinage classe, même branque, et s’il n’avait pas été chiant pendant 1h20.
Oui pour le peu de prise en compte de l’émotion dans tout ce que je raconte, je te l’ai de toute façon déjà concédé. Cela dit, avec Guillaume on a abordé le fait que les personnages sont au centre des scènes d’actions de Woo, que ce soit par les ralentis sur leurs expressions que par le jeu de champ-contrechamp qui les fait “dialoguer”, ce qui au moins peut donner des pistes “mécaniques” quand au support de cette émotion dans les scènes d’action. Ensuite, ses films ne me parlant absolument pas au delà du plaisir primaire des explosions, je ne suis pas le mieux placé pour parler de l’émotion chez Woo au delà de ses caractéristiques pachidermiques (déjà évoquées)

Merci pour la source de la citation.

Merej > ok, j’ai compris ce que tu voulais dire.
Oui, le raccord est “dans le bon sens”. Mais il y a un grossier problème d’espace, ne serait-ce la forme du couloir, simple renfoncement dans le premier plan, plus long et en forme de L dans le second (un beau dessin valant mieux qu’un long discours : dessin, dessin). Je vois pas trop ta moulure, mais ça peut bien en être une autre, autre part dans la maison. Par contre ça m’étonnerait qu’ils se soient amusés à changer les plinthes entre les deux plans : elles sont en effet pas de la même couleur d’un plan sur l’autre, ce qui montre bien que c’est pas le même endroit. Et que ce sont deux actions disparates qui ont été liés après coup lors du montage, en jouant sur un raccord de direction pour fluidifier un peu.
Encore une fois, petit dessin (en rouge, la situation que tu décris, la plus intuitive ; en vert, une seconde, juste pour tester).

Sinon, non, Woo n’est pas le meilleur dans la maitrise de l’espace (on pourrait de toute façon avoir plusieurs approches du sujet, donc plusieurs “meilleurs”). Là où, quand il fait l’effort, il se débrouille le mieux, c’est dans la mise en place de l’environnement, sa présentation au spectateur (cf mon découpage de The Killer), mais par exemple à ce petit jeu John McTiernan (puisque Michael l’a cité) est cent fois meilleur que Woo.

Cherycok > Je ne pense pas à ce genre de chose quand je regarde un film (ce qui explique qu’au sujet de nombreux films je n’ai rien à dire de plus que “ouais, pas mal”, “tout pourrite” ou “ça déboite sa chatte !”).
Ce qui n’empêche pas de sentir que quelque chose bloque (ou le contraire). Alors je revois la scène, je la regarde au ralenti, j’essaye de voir ce qui se passe. Parfois d’ailleurs c’est juste moi qui déconne et plus rien ne coince à la deuxième vision. D’autres fois je mets le doigt sur quelque chose. D’une manière générale, c’est dans cette direction que j’aimerais tendre quand j’écris sur un film : j’essaye de comprendre pourquoi j’ai éprouvé ça ou ça lors de sa vision.
D’une manière générale, je ne pense pas que se prendre le chou soit une mauvaise chose, au contraire, d’autant plus quand c’est sur la manière avec laquelle on voit le monde (et accessoirement le cinéma).

Supavince
Supavince
16 novembre 2010 22:27

J’ai compris grâce à l’histoire du Nutella! ^^

Bon, Chery nous on se comprend!! 😉

Ceci dit je vous trouve très intéressant quand même, mais c’est qu’on doit être plus terre à terre et moins se poser de questions. Je me fais plus de réflexion sur l’instant d’une scène en me disant tiens, il a pris le parti pris de faire cette scène comme ça, à choisir tel ou tel angle de caméra mais ça s’arrête là.
Après en connaissant un peu plus le cinéma d’un côté technique, pourquoi pas je veux bien concevoir que ça vous branche, mais moi (et Cherycok je pense) je le prends comme un pur divertissement et moment de détente, point.

Bon et on va arrêter de vous relancer car on ne vous arrêtera jamais sinon!! On est pas sur le forum!! ^^
Sinon vous créer un sujet là dessus et ma fois j’irai y faire un tour de temps à autre…

Cherycok
Administrateur
16 novembre 2010 23:23

Bah  navré de t’annoncer MEREJ que j’achète la pate à tartiner LEader Price et que je la trouve très bonne ^^ A vrai dire, c’est celle de la marque repere Leclerc que je prefere, plus que le Nutella ^^

Et non, je m’en fous complet, mon oeil ne me dit rien du tout lol. Si un film me divertit, qu’il soit bourré de defaut ou nul à chier,; ben je vais l’aimer. C’est pour ca que je suis un grand amateur de nanar et que j’ai eu une grosse periode kung fu bis pourri de chez à chier ^^

Pareil pour la bouffe pour en revenir à ton exemple, je suis le genre de mec que même si c’est moyen, qui va finir son assiette et apprécier, j’aime manger. Je prefere certes quand c’est meilleur, mais si c’est juste bon parce que c’est un peu trop cuit, un peu trop sec, je vais lme manger quand même avec plaisir.

Pour le cinéma c’est pareil, ce film a plein de defauts, mais j’ai passé 1h30 vraiment divertissantes, bah voilà un film qui m’ira à 100%.

Sur ce, j’arrête ici ce débat car je sais que avec MEREJ ca sert à rien de continuer ^^

MEREJ
MEREJ
17 novembre 2010 0:28

On atteins de sommets de mauvaise fois là, non ?

M’enfin, libre à toi de manger de la crotte !

Moi, je suis fin gourmet.

MEREJ

Martin
Martin
17 novembre 2010 0:35

Le Meca-cola cerise est pas mauvais ceci dit!

yume
17 novembre 2010 0:49

ah bah merde, je pensais pas que ma petite phrase allait déclencher une discussion (enfin si, un peu quand meme car je l’aime bien cette discussion rethorique et théorique sur la mise en scene de Woo. Dommage que certains arguments se voient systematiquement opposer des liens par certains avec qui on aimerait discuter.)

Sur le fond de la discussion, je suis en parfait accord avec Epikt.
Et je suis ravi de me voir confirmer que Woo n’a que seulement superviser ce neo wu xia pian. D’un coup, là, j’ai envie de me le faire
Epikt
17 novembre 2010 1:10

Monsieur modo (Cherycok ? yume ?) : peux-tu s’il te plait éditer mon commentaire pour que les liens fonctionnent ? Merci et gros poupou !

michael
17 novembre 2010 3:37

Plus ça avance, plus j’essaye de comprendre le rapport entre certaines affirmations dans cette phrase ;

“[…] presque du cinoche en 2D (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit ; qui a dit « Tony Scott » ?) dans un environnement en 3D (ce qui commence à faire bizarre) : à cause de ce manque de conscience spatiale, […] la séquence se résumant au final à une juxtaposition […]” (article ABT2)

Pourquoi Epikt, tu pars sur l’affirmation l’espace = figure géométrique chez John Woo pour mieux expliquer depuis 2 semaines, à quel point c’est faux ? Pour conclure ici que “la mise en scène de Woo semble usurper sa réputation spatiale“.

Alors, en quoi une mise en scène non-2D3D annihile de facto l’espace ?

Cherycok
Administrateur
17 novembre 2010 9:25

Epikt, les liens sont corrigés, je sais pas pourquoi sont pas passés.

Sinon Epikt, quand tu dis
“Cherycok > Je ne pense pas à ce genre de chose quand je regarde un film (ce qui explique qu’au sujet de nombreux films je n’ai rien à dire de plus que “ouais, pas mal”, “tout pourrite” ou “ça déboite sa chatte !”).
Ce qui n’empêche pas de sentir que quelque chose bloque (ou le contraire). Alors je revois la scène, je la regarde au ralenti”

Reregarder une scène au ralenti, c’est le genre de chose que je fais jamais ^^

I.D.
17 novembre 2010 13:51

Wouah… sur ce, bien le bonjour.

Epikt
17 novembre 2010 22:35

@Michael

> en quoi une mise en scène non-2D3D annihile de facto l’espace ?

Rien n’est induit “de facto”, j’observe des cas particuliers et ça peut très bien se passer autrement ailleurs.
Cela dit, t’as parfaitement raison de questionner cette phrase, car elle est très conne !
L’histoire 2D/3D c’est une remarque que je m’étais faite à propos de The Killer (et de ses fréquents champs-contrechamps) : finalement je ne sais pas trop si c’est pertinent ou pas, mais en tout cas ça s’applique pas à ABT2. Je sais pas trop pourquoi ça s’est retrouvé dans le texte (j’ai ma petite idée mais c’est pas très intéressant), au lieu de creuser le foutrac qu’est cette scène (il y a du matos pourtant) dans l’idée de la dernière phrase, qui elle reste valable : juxtaposition de scènes déconnectées les unes des autres.

> tu pars sur l’affirmation l’espace = figure géométrique chez John Woo pour mieux expliquer depuis 2 semaines, à quel point c’est faux ? Pour conclure ici que “la mise en scène de Woo semble usurper sa réputation spatiale“.

Quand je dis que l’espace est géométrique chez Woo, c’est parce qu’il me semble que c’est ce qu’il fait le mieux. Ensuite, j’explique qu’il y a des ratés (les exemples abondent dans la dernière scène du syndicat 2) et que cet espace est peu investi esthétiquement (et parfois symboliquement par la même occasion).

A moins qu’il ne faille prendre le problème par l’autre bout, histoire d’être plus clair :
J’aperçois de bonnes idées au début du gunfight du Syndicat 2. J’aime beaucoup les trois travellings avant : ce sont des plans puissants et spectaculaires, et aussi emprunt d’une dimension spatiale et volumique porteuse de sens. Dans la même idée, la montée d’escalier (ceux de l’extérieur) est un beau plan. Il y aurait matière à tisser autour de ces motifs, imaginant une mise en scène qui non seulement serait “pénétrante” mais également structurée sur la figure de l’ascension. Voilà il me semble une mise en scène qui ferait un vrai travail spatial, symboliquement fort qui plus est.
Malheureusement Woo ne mobilise pas ces figures, et utilise une mise en scène “de base” à partir de l’entrée dans la maison – en quelque sorte, il abandonne le travail de l’espace esthétique (et symbolique) pour celui de l’espace géométrique (quoique les deux soient pas incompatibles).
Malheureusement encore, Woo échoue à cette reconstitution géométrique, à cause de raccords boiteux et de transitions peu claires – en particulier dans les passage d’un étage à l’autre, assassinant une fois pour toute la figure ascensionnelle.
(ce qui relativise la faculté de woo à théoriser sa mise en scène – de la même manière on a vu que dans The Killer une mise en scène construite laissait finalement la place à quelque chose de nettement plus branlant)

PS : merci Cherycok ^^

MEREJ
MEREJ
17 novembre 2010 23:05

Houla …

“Une mise en scène de base à partir de l’entrée dans la maison” ???

Mouahahahaha …

Je vais passer mon tour là.

MEREJ

yume
17 novembre 2010 23:11

si tu n’as pas d’arguments plus convaincants et ouverts à la discussion que ton “Mouahahahaha” condescendant, tu fais bien de passer ton tour, parce qu’ici on essaie de discuter. Merci.

Martin
Martin
18 novembre 2010 1:38

“Pour apprécier les subtilités de la grammaire cinématographique il faut savoir étudier le cinéma de près …
Avec des profs ça aide, mais ce n’est pas forcement nécessaire, ça peut aussi être inné”

Les élements exposés ne mérite pas la grâce de tes lumières ? Dommage pour l’échange d’idées, il y a des pistes interressantes exposées la dedans  (à creuser, nuancer, ou contredire .. peu importe).

PS: http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillemet

MEREJ
MEREJ
18 novembre 2010 2:42

Mais vous pouvez toujours discuter sans moi les amis …

Je passe mon tour si je veux.

En plus, discuter avec qui ?

Avec CHERYCOCK qui se fiche de la technique cinématographique ?
Avec MARTIN apparemment jamais revenu de mes précédents propos qui joue sa mouche dans le lait ?
Avec YUME  qui utilise des mots qu’il ne maitrise apparemment pas ?
Ou bien encore EPIKT qui écrit des critiques dont certains ( moi y compris ) ne comprennent pas le sens ? ( en même temps il dit lui même que c’est mal écrit )

Nan, à vrai dire, il n’y a guère que MICHAEL qui m’intéresse.

Donc, non ! Mes “lumières” je me les garde si je veux et je rigole si je veux de bêtises plus grosses que leurs auteurs.

Vous passez votre temps à critiquer ( parfois méchamment ) des artistes qui se cassent le cul à essayer de vous divertir, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas vous critiquer vous.

Et si certains sont choqués par mes propos je m’en tamponne le coquillard.
Il vaut mieux s’en foutre.

Mouhahahahhahhaha donc.

MEREJ