[Avis] My Sassy Girl, de Kwak Kae-Yong (2001)

Kyun-woo, jeune étudiant, rencontre un soir dans le métro une jeune femme passablement saoule. Sous les regards offusqués des usagers du métro qui croient qu’elle est sa petite amie, il l’accompagne dans un hôtel afin qu’elle puisse se reposer. Kyun-woo la revoit finalement dans de meilleures circonstances, découvrant ainsi une jeune femme espiègle et impertinente qui n’a pas sa langue dans sa poche. Petit à petit, Kyun-woo s’attache à elle, malgré les misères qu’elle lui fait subir.


Avis de Rick :
Les comédies romantiques, ce n’est pas mon truc. Une fois de temps en temps, il m’arrive de me plonger par hasard (ou par accident) dans un film du genre. Pour My Sassy girl, vu il y a des années en version longue, puis en version un peu plus courte de 2h03 via la collection Asian Star en DVD, ce fut de la curiosité pour un des meilleur succès au box office Coréen de l’année 2001. Un film qui avait tout pour me déplaire. Un homme un peu glandeur rencontre par hasard une jeune femme grande gueule qui sort de l’ordinaire, de par ses caprices, son manque de gênes et autre, et va finir par tomber amoureuse d’elle. Classique, prévisible, MAIS, car il y a un toujours un mais, seulement cette fois-ci il est positif, le réalisateur également scénariste soigne plusieurs aspects de son métrage pour permettre à My Sassy Girl de divertir tout en offrant un spectacle finalement prenant et rafraichissant. Pourtant, outre son pitch classique et vu des milliers de fois et une réalisation loin d’être exceptionnelle, le pari n’était pas gagné, surtout que le métrage dépasse les 2h. La première grande qualité du métrage est sa qualité d’écriture. Le point de départ du film l’éloigne des classiques comédies romantiques, puisque Kyun-Woo, notre jeune homme un peu glandeur, rencontre la femme de ses rêves dans un train, alors que celle-ci a abusée de l’alcool et va finir par vomir sur un vieillir assit là. D’un côté, le scénario va développer ses deux personnages principaux de manière à les rendre totalement attachants, mais va dynamiter l’ensemble d’un humour bienvenu, parfois un peu fou, ce qui nous offrira des scènes juste jouissives.

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Voir à l’écran tous les caprices de la jeune femme s’enchaîner, donnant un festival de baffes, de cris, de scènes improbables à base de danse ou d’échanges de chaussures fait immédiatement sourire, et surtout, rend le film différent de ce que l’on n’attendait de lui. Le réalisateur se lâche encore plus avec l’une des caractérisations de la fille, puisqu’elle écrit des histoires, que le réalisateur va s’amuser à mettre en image. Et là, on aura de quoi faire, avec un hommage appuyé à John Woo pour le style (fusillades, ralentis, explosions) et à Terminator pour le fond (robot, retour dans le passé), ou encore un hommage au chanbara avec des samurais et des combats au sabre, autant dire que My Sassy Girl fait fort. L’humour est un des gros points forts du métrage, et de nombreux moments resteront en tête. Pour nous faire croire à cette histoire improbable et à ses nombreux délires, et pour donner vie à ses personnages, le réalisateur ne s’est pas trompé au casting, en choisissant pour la fille Jun Ji-Hyeon (Apparition, Blood the Last Vampire, The Thieves), juste superbe dans son rôle d’hystérique, et Cha Tae-Hyun pour jouer Kyun-Woo. Ils sont tous les deux parfaits et à l’écran, leur alchimie fonctionne à merveille. Ils se retrouveront d’ailleurs 4 ans plus tard pour une vraie fausse préquelle : Windstruck.

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Humour rafraîchissant et casting aux petits oignons, qu’en est-il de la partie dramatique du métrage ? Car il ne faut pas oublier malgré tout que My Sassy Girl est une comédie romantique. Bon point, la romance arrive assez tardivement ici, et le métrage est découpé en trois parties indiquées à l’écran. Le réalisateur prend son temps (peut-être un peu trop par moment il est vrai) et développe ses personnages et leurs caractéristiques, si bien que la romance naissante met du temps à fleurir, et qu’une fois l’attachement aux personnages réussis, les scènes plus romantiques fonctionnent. Comment ne pas sourire en étant content du résultat face à une scène totalement casse-gueule lorsque Kyun-Woo doit venir en cours apporter une rose à sa « bien aimée », avec en fond sonore le Canon de Pachelbel. La scène fonctionne à merveille. Le final évitera également d’en faire trop dans l’aspect dramatique ou romantique, et fonctionnera de la même manière, grâce au bon développement qui précédait. Alors oui, My Sassy Girl est loin d’être parfait, il est un poil trop long et sa mise en scène est assez classique, voir par moment assez bancale, mais le cocktail proposé fonctionne, les acteurs s’en donnant à cœur joie dans ce chassé croisé comique et romantique du plus bel effet.

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My Sassy Girl réussit grâce à ses personnages et son humour décalé à nous impliquer dans cette histoire romantique peu banale.

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SassygirlTitre : My Sassy Girl – Yeopgijeogin – 엽기적인 그녀
Année : 2001
Durée : 2h03
Origine : Corée du Sud
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Kwak Kae-Yong

Acteurs : Avec Jun Ji-Hyeon, Cha Tae-Hyun, Kim In-Mun, Song Ok-Sook et Han Jin-Hee


Galerie d’images :

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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

2 Comments

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  1. “My Sassy Girl réussit grâce à ses personnages et son humour décalé à nous impliquer dans cette histoire romantique peu banale.”

    Perso je rajouterais “mais aussi pas ses moments sérieux”…

  2. j’ai pas trop aimé ce film peut etre parce-que ca fait 10 ans que tout le monde me dit qu’il est génial, autant je trouve l’actrice principale très bonne, touchante et belle (ca gache rien ) autant l’acteur principal est inexpressif au possible. Quasiment aucun gag ne m’a fait rire, la scène dans le parc d’atraction je l’ai carrément zappé, heureusement la partie romance est plus réussie le passage ou elle le cherche dans le metro, le passage avec l’œuf sous l’arbre, le passage ou elle prend le train en route pour le rejoindre au moment ou il en saute pour la meme raison, la fin dramatique… mais non tout est gaché par un happy end complètement improbable.
    Franchement je lui met la moyenne tout juste, et dans ce genre plutôt rare de mélodrame comique il y a “King of comedy” de Stephen Chow bien supérieur plus émouvant plus drole, mieux interpreté une vraie perle.

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