[Avis] Le Sens du Devoir, de David Chung (1986)

De retour de vacances au Japon, l’inspectrice Michelle Yip parvient à empêcher le détournement d’un avion par deux criminels Hongkongais. Elle est aidée par un ancien policier Japonais et par Michael, un agent de sécurité. Arrivés à Hong Kong, les ennuis les poursuivent, puisque deux amis des terroristes décédés dans l’avion veulent les venger quoi qu’il arrive.


Avis de Rick :
En 1986, David Chung (dont je n’ai rien vu d’autre de lui) livrait le film Royal Warriors, avec Michelle Yeoh en tête d’affiche et un tout jeune Michael Wong qui cabotinait déjà. Le film devint alors le premier opus de la saga In The Line Of Duty (Le Sens du Devoir donc), rapidement suivit par un second opus, en réalité le film Yes Madam, réalisé l’année précédente par Corey Yuen, déjà avec Michelle Yeoh. C’est à n’y rien comprendre, certes, mais il ne faut pas toujours chercher la logique dans l’industrie cinématographie de Hong Kong. Devenue avec le temps une trop longue saga, que Michelle Yeoh quitta après le second opus, remplacée par Cynthia Khan, ce premier opus s’inscrit clairement dans son époque. Nous sommes en 1986, c’est l’époque des polars sombres mâtinés de kung-fu, de fusillades, mais c’est également l’époque des girls and gun.

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Ce premier opus pose les bases dés les premiers instants, pour nous montrer ce que l’on va pouvoir découvrir : des phases un peu niaises, un Michael Wong qui surjoue pour notre plus grand plaisir (dans le fond, c’est aussi pour ça qu’on l’aime), Michelle Yeoh donnant de grands et méchants coups de tatanes dans la gueule, une intrigue simple et épaisse comme du papier à cigarette, des moments biens violents parfois inattendus, et le tour est dans le sac. Est-ce que ça marche, encore une fois ? OUI, oh grand oui ! Le réalisateur s’amuse tout le long du film en alternant niaiserie, scènes tragiques, scènes très violentes, combats, et le tout avec une simplicité extrême. Dès la scène d’ouverture, le ton est donné : petite musique limite inapproprié pour un polar, Michelle Yeoh prenant des photos au Japon, et sans nous laisser le temps de comprendre, un petit combat d’introduction, pas vraiment utile, mais juste pour bien nous faire comprendre qu’il ne faut pas chercher la petite Michelle. L’instant d’après, le film démarre réellement pour nous dévoiler sa vraie histoire et son trio de héros.

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À peine a-t-on le temps de faire la connaissance de Yamamoto, ancien flic Japonais qui semble avoir une vie de famille plutôt tendue, et de Michael Wong (je vous laisse deviner qui joue le rôle !), agent de la sécurité que l’action débarque à nouveau. Et ce sera ainsi tout le long du film, qui va alterner combats cultes, vifs et souvent violents avec des moments étonnamment plus légers, laissant en général la part belle à Michael Wong. Ainsi, oui, nous pourrons le voir envoyer des fleurs, essayer de séduire Michelle Yeoh en la suivant de son travail jusqu’à la porte de son appartement, faire des grimaces, ou même parler à son poisson rouge. Oui mesdames et messieurs, Michael Wong ne recule devant rien, et c’est tout aussi bien comme ça. Le point de non-retour sera atteint lorsque face au danger, son ennemi lui lancera un « Vous êtes vraiment un mauvais acteur ». Pour autant, malgré tous ces moments que l’on ne pourrait pas vraiment qualifier de « bons », il y a tout le reste, et là, il faut bien avouer qu’à quelques exceptions près (le tank bricolé à l’arrache sur le final), ça envoi du lourd sans rarement s’arrêter.

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Passé un événement tragique, prévisible si vous êtes habitués aux structures de ce genre de films, mais bien amené, le film se transforme en simple chassé croisé, où la violence amène encore et toujours la vengeance. Vengeance envers un frère d’arme, envers sa famille, envers quelqu’un d’aimé, et ça ne s’arrête plus jusque la toute fin. Sur un propos aussi simpliste, le réalisateur (notons d’ailleurs que Johnnie To est réalisateur de seconde équipe) dynamite son métrage de séquences cultes et violentes, où il n’hésite pas à sacrifier ces personnages, tuer un nombre conséquents d’innocents, et à prouver que Michelle Yeoh a bel et bien un magnifique jeu de jambes. La séquence du bar, sans doute d’une des scènes d’action les plus longues, arrivant en plein milieu du métrage, reste dans les mémoires de par sa violence et la qualité de ses chorégraphies. La suite sera du même acabit, parvenant même par moment à instaurer lors de certaines scènes une tension bienvenue et surprenante. Le final sera du même acabit, parvenant à mixer certains éléments kitchs (le gros tank, souvent filmé en accéléré d’ailleurs, cela se voit) et des combats plus nerveux et explosifs (la tronçonneuse) pour le plus grand plaisir de l’amateur de bonne péloche made in HK des années 80. Un très bon premier opus, qui sera malheureusement suivit par un Yes Madam lorgnant plus vers la comédie et au rythme assez mal géré.

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Un excellent premier opus, qui mixe des moments légers avec d’autres beaucoup plus nerveux. Un très bon divertissement.

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Sens du devoir 1Titre : Le Sens du Devoir – In The Line of Duty – Royal Warriors – Wong Ga Jin Si – 皇家戰士

Année : 1986
Durée : 1h29
Origine : Hong Kong
Genre : Policier / Action

Réalisateur : David Chung

Acteurs : Michelle Yeoh, Hiroyuki Sanada, Michael Wong, Pai Ying, Michael Chan, Lam Wai et Kam Hing-Yin


Galerie d’images :

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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

8 Comments

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  1. Un sacré duo de bad guy avec Lam Wai et surtout Pai Ying ! S*laud ! Aucun respect pour les morts.

  2. Ah Lam Wai … encore un qui a sombré dans le coté taiwanais de la force ..

  3. Moi j’adore la mise en scène de David Chung, le mec peaufine la technique et ça se voit. En comparaison avec 90% de la production HK des 80’/90′, ce réal est bien au-dessus du lot. Confirmé avec son travail pour Magnificient Warriors. C’est pas du bâclé.

  4. I.D.: Et quel rire!!!
    Nico: Comme dit je n’ai rien vu d’autre de lui, je me pencherais sur son Magnificient Warriors prochainement.

  5. Oui ça devrais te plaire 😉
    Chung a été chef op’ pour Tsui Hark, Ringo Lam, Johnny To et sur des séries B. Il a réalisé 6 films dont I Love Maria (ou Roboforce) une autre dinguerie produite par Hark.

  6. Roboforce, mais je l’ai… quelque part ensevelit sous des milliers d’autres films… Ouais bon, trop de films à voir, pas assez de temps…

  7. Oui ROBOFORCE et MAGNIFICENT WARRIORS sont vraiment excellents aussi, largement au dessus de la production courante à HK, David Chung était vraiment doué, dommage qu’il ait disparu de la circulation…

  8. Yep le sieur David Chung un super réal à garder dans sa dvdthèque, moi aussi après avoir “presque” loué par curiosité ne connaissant ni michelle Yeoh, ni Michael Wong qui débutait faut dire, mais le SanKuKai extra connu l’acteur japonais, je visionnais ce film…qui m’a fait kiffé grave, ensuite j’ai cherché tous les films du réalisateur, avec Magnificient Warriors ah c’était encore du bon avec la superbe Michelle qui faisait son petit bout de chemin d’actionner woman, qui après quelques années s’arrêta pour revenir avec le maître Jackie Chan dans le super Police Story 3!!!Un must tous les deux stars dans un film teinté de comédie et d’action chorégraphié par l’élastique, cascadeur, réal, acteur et chanteur j’ai nommé le Drunken Master JC!!!!:)
    Pour en revenir à DC, j’ai choppé Roboforce que j’ai aussi aimé…mais trop dommage qu’il n’a pas fait plus!!!! Bref de très bons souvenirs de visionnage de films HK DC!!!

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