[Avis] Idol Bomb, de Koshizaka Yasushi

Airi, une jeune idole faisant partie d’un groupe, se retrouve avec une bombe attachée sur sa poitrine. Elle ne peut l’enlever sous peine d’exploser, ni s’endormir, et sera enfermée dans un bunker de la police. Suivie par les médias, elle va rapidement devoir franchir diverses épreuves envoyées sur son téléphone par son agresseur pour survivre.

Avis de Rick :

Koshizaka Yasushi est un réalisateur peu connu, et qui ne le sera sans doute jamais, mais qui enchaîne les films à la vitesse de l’éclair. Livrant mi 2010 le très bon Man Hunting, la suite de sa carrière ne sera malheureusement pas du même acabit. Après les minables Missing 44 et sa suite Missing 44 Final Stage, le réalisateur continue dans la voie du métrage totalement fauché et tourné avec les pieds en signant Idol Bomb. Idol Bomb part d’un bon concept, un concept accrocheur attirant la curiosité du public avide d’étrangeté venant du Japon. Là bas, les idoles sont nombreuses et passent leur temps à se faire photographier ou filmer. Les dvd d’une durée d’une heure seulement nous montrant ces idoles nous parler de la vie de tous les jours ou marcher de longues minutes le long de la plage en sous vêtements sur une musique désagréable se vendent comme des petits pains à des prix souvent monstres (entre 2500 et 3800 yens parfois, soit entre 25 et 38 euros). Après quelques années, ces idoles ont plusieurs choix: se tourner vers la musique (souvent des groupes de J-pop) ou bien se tourner vers le V-Cinéma avec des métrages souvent horrifiques ou un brin érotiques. Et si la chance leur sourit vraiment, des métrages de cinéma (et à l’opposé, si elles ont la poisse, le cinéma pour adultes).

Elle a de l’argument!

Bref, un métier qui marche un temps et puis on se débarrasse des moins bonnes (sans sous entendus… ou avec). Idol Bomb pourrait être vu comme une critique de cette façon de faire… s’il avait été réalisé avec sérieux! Ce qui n’est absolument pas le cas, bien entendu. Et c’est là que le film blesse, c’est que ses premiers instants donnent franchement envie. Soyons clair, quand le film débute, on se rend directement compte que le film est filmé avec les pieds, que le caméraman est un incompétent. L’ensemble des scènes sont tournées en plans séquences, la caméra tremble, filme les personnages les uns après les autres pendant les dialogues, et c’est rapidement inepte. Seulement dans les premiers instants, le montage parvient tout de même à faire son effet, en nous présentant son idole enfermée dans un bunker, bombe accrochée sur la poitrine. Les scènes s’enchaînent rapidement, sont courtes, le propos est excellent. Après le générique, le film continue sur cette lancée, entre sa réalisation imbuvable et ses bonnes idées. Notre idole recevra la visite de ses proches et de sa famille, qui font comme si de rien n’était.

Ces passages s’avèrent franchement drôle, avec le décalage entre la situation et la réaction de ses personnages. La jeune fille a une bombe sur elle, pas grave, et si on lui apportait un déssert pour lui faire plaisir. Malheureusement, ça ne dure pas, puisque le film va alors stagner et nous fournir un tas de dialogues assez inutiles, ne faisant jamais avancer l’intrigue, et qui plus est, ne sont pas forcément convaincants à l’écran. Le temps commence à être long, et on n’est pas au bout de nos peines, le film durant tout de même 1h45… Oui, 1h45, soit environ 50 minutes de trop. Quelques bonnes idées referont leur apparition par ci par là, et le film redécollera un peu lorsque notre idole commencera à recevoir sur son téléphone portable des indications de la part de son agresseur. Elle devra en effet, sans avoir le temps pour se reposer, franchir différentes épreuves, allant du plus débile au plus osé. Mais jamais le film n’exploitera clairement son concept, l’oubliant en cours de route en préférant nous fournir le Die Hard 3 du pauvre.

Les épreuves seront simples, et se déroulement au départ en intérieur. Nous avons droit par exemple à notre idole devant se rendre chez une amie à elle, puis devoir chanter devant la caméra, ou réciter du texte, ou se filmer en train de faire pipi. Et oui, car notre idole sera suivie 24 heures sur 24 par un journaliste et son caméraman. Des épreuves simples, et n’attendez rien de choquant, nous ne verrons strictement rien. Le film ne va pas s’arranger lorsque notre idole devra faire ses épreuves dans la rue, bien au contraire, le film va devenir répétitif, et c’est là que la comparaison avec Die Hard 3 va devenir encore plus flagrante. Aller le plus vite possible d’un endroit à un autre, prendre une photo devant tel ou tel endroit, avec une personne étrangère, ou tout simplement une photo la prenant sur le vif lors d’un vol de sac à main. S’il y a de l’idée par moment, l’ensemble sera toujours filmé avec les pieds et rendra la vision globale du métrage désagréable, longue et lassante.

A chaque épreuve, une photo, puis Airi notre idole devra la poster sur son blog et attendre le message de son agresseur lui confirmant que la mission est accomplie. Et cela va durer environ une heure, sans la moindre progression, et sans la moindre tension. Ne vous fiez absolument pas à la sympathique pochette, vous ne verrez pas Tokyo en feu, ni même la tour de Tokyo s’effondrer. On pourrait croire que l’ensemble va décoller lors de son splendide final, mais ce ne sera point le cas, le même genre de scènes va se répéter jusqu’à plus soif sur toute la durée, et notre courage sera mit à rude épreuve. Ne parlons même pas du final, comme le reste, assez ridicule et mal foutu, jusqu’à un plan final relançant quelque peu l’intérêt, mais qui, espérons le, ne mènera jamais à un Idol Bomb 2 (après tout, le réalisateur aime bien faire des suites de ces films, Idol Bomb étant pour le moment l’exception à la règle). On ne retiendra du film que son concept de base et quelques moments bien trouvés, le reste étant carrément traité comme si tout le monde s’en foutait. 2011 est une année bien triste pour de nombreux metteurs en scène, qui ne font que tourner des métrages dans l’urgence totale, des métrages dénués de substance, de sérieux, d’argent, mais surtout, le pire, de talent. Même à regarder entre potes pour rire, Idol Bomb ne tient pas ses promesses et la comparaison avec d’autres métrages du genre. Pris avec sérieux, il devient même un film totalement imbuvable sur lequel il est difficile de tenir d’un bout à l’autre.

 

Koshizaka continue de chuter après Missing 44. Idol Bomb ne tient jamais ses promesses et est vraiment filmé n’importe comment. Avec le même budget ridicule, n’importe qui pourra faire mieux avec un minimum d’idée.

 

Titre : Idol Bomb – アイドル爆弾
Année : 2011
Durée : 1h45
Origine : Japon
Genre : Action si on en croit la pochette

Réalisateur : Koshizaka Yasushi

Acteurs : Anzai Kana, Nakata Hiromi, Okuhara Kunihiko, Morozawa Akari et Kimishima Rina


Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

2 Comments

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  1. Encore cette énigme de faire des films fauchés d’1h45 !

    1h45 ! J’imagine la soirée entre potes avec le film et tout le monde qui roupille en attendant la fin du supplice ^^

     

  2. Elle est même pas jolie en plus !

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