[Film] V, de Kenneth Johnson (1983)


Cinquante vaisseaux, de 5 kilomètres de large chacun, planent au-dessus des principales capitales de la Terre. Les Visiteurs qui en sortent sont humains en apparence et tendent une main fraternelle. Les ressources de notre planète sont justes celles dont ces extra-terrestres ont besoin pour survivre. Et pour sa future survie, l’humanité peu soupçonneuse aura besoin…d’un miracle ! Un groupe de résistants composé d’hommes et de femmes de tout milieu et de toute origine va se soulever face à la volonté d’extermination des extraterrestres.


Avis de Rick :
Dans les années 80, V, les deux mini séries, puis la série télévisée (malgré sa qualité plutôt discutable et l’arrêt de la série avant la fin de l’histoire, sur un gros cliffhanger), auront l’effet d’un choc sur le public lors de ses diffusions sur M6, provoquant l’engouement du public et un fort taux d’audience. Encore aujourd’hui, cette saga de science fiction reste une référence pour beaucoup et reste d’un haut niveau malgré quelques effets datés, notamment les incrustations. Mais V, il faut le rappeler, même si son budget était à l’époque le plus élevé pour une mini série à la télé, reste un produit de télévision, avec un budget moindre qu’un film de cinéma, et un temps de production plus court (Kenneth Johnson parle de seulement deux semaine de préproduction, si bien que le casting continuait le soir après les journées de tournage). La raison d’un tel succès est simple pourtant. D’un côté, pour l’époque, V était un gros budget de science fiction tourné pour la télévision, et donnait aux spectateurs ce qu’ils souhaitaient voir. Car au début des années 80, après la sortie de Star Wars quelques années avant, la science fiction explose et est en vogue. Des vaisseaux spatiaux, des poursuites improbables, une invasion extra-terrestre, de l’action.

Le tout avec des trucages allant du très bon au passable (ayant tout de même vieilli), mais au-delà de son aspect visuel, V avait tout autre chose à proposer aux spectateurs attentifs : des personnages variés et intéressants permettant une identification rapide et sincère, tout en donnant à chacun son heure de gloire, et bien que l’histoire baigne dans le domaine de la science fiction (et donc, est vouée à prendre un coup de vieux), son traitement restera toujours d’actualité grâce au talent de son créateur, traitant de cette nouvelle guerre comme d’une nouvelle guerre mondiale, et mettant ainsi en image tout ce que cela implique, avec les résistants se cachant et commençant à former des groupes, les affiches de propagandes dans les rues, les envahisseurs, les traités au sein des deux camps, les héros de guerre, la manipulation de la jeunesse, le contrôle des médias et de l’information… La parallèle entre la seconde guerre mondiale, avec les états fascistes, la manipulation du peuple et tant d’autres choses et cette invasion venant de l’espace est troublante, et cela fait toute la force de V. Une œuvre qui ne sera jamais vraiment dépassée dans ses propos.

Tout commence lorsqu’une série de vaisseaux spatiaux arrivent au-dessus des plus grandes villes de la planète : Los Angeles, New York, Paris, Rome… Aucun pays ne sera épargné. Emmerich se serait-il inspiré de V pour son premier Independence Day et l’apparition des vaisseaux ? Possible. Dans un premier temps, ces visiteurs nous apparaissent comme des êtres sympathiques, ayant notre apparence, venant en paix afin d’échanger certaines de nos ressources contre des avancées technologiques, notamment dans le domaine médical. Les hauts dirigeants ne peuvent rester de marbre face à de telles déclarations de paix et une amitié entre deux peuples si éloignés. La population sera, elle, un peu moins dupe, comme c’est souvent le cas, et cette première mini série, en deux parties d’une heure trente chacune va se permettre de détailler toute une galerie de personnages, tous très divers, venant d’horizons différents, apportant beaucoup de variété, et surtout, empêchant V d’avoir un seul et unique personnage principal, et les autres autour. Ici, il s’agît bel et bien d’un groupe, ou chacun aura son importance et sera développé comme il se doit.

Aujourd’hui, tout le monde connaît Mike Donovan (Marc Singer, vu dans Dar l’invincible), le journaliste ayant découvert la véritable identité des visiteurs, ou Juliet Parish (Faye Grant), étudiante en médecine, qui va rapidement devenir, malgré elle, une meneuse d’hommes, la chef des résistants. Car très rapidement, les visiteurs vont s’imposer sur notre planète, contrôlant nos forces de l’ordre, les médias, le prix des produits de consommation va augmenter. Deux choix vont alors s’imposer aux habitants de la terre : se battre pour défendre leur vie et leurs idéaux ou capituler avec l’ennemi, n’hésitant pas une seule seconde à trahir des proches et à les livrer à l’ennemi. Et la qualité générale d’écriture fait le boulot, on aime certains personnages, et on aime en détester d’autres. Diana par exemple reste une méchant inoubliable, alors qu’elle n’a que très peu de dialogues durant les trois heures. Quelques lignes, tout au plus, mais une présence à l’écran qui marque les esprits. Pareil pour Daniel, ce jeune humain qui va se laisser manipuler par les aliens, et devenir un homme de main qui n’hésitera pas à livrer sa propre famille à l’envahisseur afin d’assouvir ses propres envies.

Pendant près de trois heures, le rythme restera soutenu, et le récit restera passionnant et structuré de manière intelligente. A aucun moment l’ennui ne viendra guetter. Les personnages sont tous intéressants, soit touchants comme Juliet Parish devenant du jour au lendemain une meneuse, soutenue par le reste du groupe, Donovan à la recherche de son fils, ou même Willie, le gentil visiteur un peu niais joué par Robert Englund avant qu’il ne devienne le tueur de Elm Street dans la saga des Freddy ou Robin, jeune adolescente tombant amoureuse d’un visiteur (rôle qui devait être au départ tenu par Dominique Dunne, actrice vue dans Poltergeist, malheureusement décédée peu après le début du tournage…), soit détestables au possible. Quand on pense à V, on pense à l’héroïsme de la résistance, mais également à leur ennemi, et donc, bien entendu, à Diana, encore peu présente dans la première mini série (mais prenant du grade dans la seconde et encore plus dans la série télévisée), mais marquant les esprits par la froideur de son personnage et par sa simple présence à l’écran. Oui je sais, je l’ai déjà dit, mais que voulez-vous, il y a des personnages qui marquent les esprits. Bien entendu, V n’est pas parfait pour autant, et ces effets spéciaux, notamment lors des scènes de poursuite en vaisseaux, accusent le poids des années, même si cela donne un certain charme à l’oeuvre. Mais en ce qui concerne le reste, à savoir les décors intérieurs, les effets de maquillages, le look des visiteurs, et même certains arrières plans, et bien ça a toujours de la gueule. Et moi, je regarde toujours V après tant d’années avec le même plaisir. Sauf la série car là c’est plus possible vraiment…

LES PLUSLES MOINS
♥ Un récit de 3h rythmé
♥ Scénario intéressant
♥ Une vision intéressante
♥ Très bon casting
⊗ Quelques incrustations bien ratées aujourd’hui
Une œuvre culte des années 80, ayant un peu vieillie visuellement, mais conservant tout son charme grâce à une distribution parfaite, une mise en scène fluide et surtout un scénario en béton. L’invasion extra-terrestre façon dictature fasciste.



Titre : V – V La Mini Série Originale
Année : 1983
Durée : 3h19
Origine : U.S.A
Genre : Science Fiction
Réalisateur : Kenneth Johnson
Scénario : Kenneth Johnson

Acteurs : Jane Badler, Michael Durell, Faye Grant, David Packer, Marc Singer, Blair Tefkin, Michael Wright, Frank Ashmore et Robert Englund

 V (1983) on IMDb


Galerie d’images :

A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

11 Comments

Add a Comment
  1. halala que de souvenirs, ,c’etait une belle claque quand même ,surtout pour un produit TV ! j’ai trouver ca bien malin d’en faire un parallèle avec la seconde guerre ,la nazisme est remplacer par les extra terrestres (comme ca,ca froisse aucun pays ) d’ailleurs le fameux V etait taguer sur les affiches de propagande allemandes sous l’occupation,comme il l’est dans la mini serie ,c’est tres symbolique …et même si le perso du jeune trou de c*l facho est franchement detestable ,il est utile pour montrer le devoir de mémoire ,le fait de voir le dégât que fait sa collaboration au sein de sa propre famille est assez incroyable (tain le papy ,ce role !je l’oublierais jamais …) toujours se souvenir d’ou on vient, ce que nos ancêtres ont traverser et pas répéter les même erreur ,j’avais trouver ce message tres juste .
    mdr pour Emerich et ID4 ,moi quand j’ai vu independance day , j’ai penser a V ,vaisseaux méres au dessus de chaque capitales et grandes ville du mondes ,c’est un peu gros pour pas avoir pomper ^^ toute façon si il la pas fait sur V ,il a pomper sur los angeles futur immédiat qui a le même genre de scène (film qui est a l’origine d’une serie et plusieurs telefilms Alien Nation,ou tout signé par Kenneth Johnson le mec a l’origine de V ,la boucle est bouclé 😀 )
    sinon une scène tres marquante , l’incident a l’usine , le mec gelé qui s’eclate le bras en morceau sur la barrière .la revelation sur les vrais besoin des envahisseurs .sale temps pour les perruches et autres petits rongeurs^^ de l’attendrissant avec Robert Englund et ses soucis de syntaxe .un bon heros et persos secondaire et de l’émotion car je suis tomber amoureux de Faye Grant, on aurait dit une poupée <3

  2. Scott, dans mes bras!!!!!!
    C’est clair que pour de la TV, c’est super bien foutu, une vraie mise en scène, une vraie reflexion derrière les scènes, un propos. Tellement de personnages forts. Alien Nation justement je crois en avoir vu, mais aucun souvenir, il faudrait que je recherche ça.
    Tu n’es pas le seul pour Faye Grant…. j’ai même été jusqu’à me faire La Malédiction 4 car elle a le rôle principal.

    1. mdr !!!
      oui j’avais été epatter ,même par Marc Singer (ni avant ni apres ni apres je l’ai trouver si bon et naturel ),sa petite excusrion avec son collègue qui tourne mal est aussi tres bien  mis en place et en scène ,il y a plein de petite pointe comme ca qui parseme le telefilm qui fait que c’est tres tres agreable ,les revelations (oui on veut de l’eau mais si on peut avoir a manger aussi c’est bien ^^)  
      Alien Nation , j’au vu qu’un telefilm je crois mais c’etait helas pas tres brillant ,le film quant a lui ,j’adore ,c’est une parabolle envers l’integration et la ghettoïsation,le racisme  (ce que fait un peu le papa Black dans V qui juge tout les visiteurs sur leurs differences ,la aussi il y  a un mémoire de souvenir )
      haha , ha oui tout de même ,bon maintenant que je le sais , je suis pas l’abri de faire comme toi pour revoir Faye ^^

  3. Belle critique Rick ! On sent le fan !
    Pour ma part, je ne connais que peu la série..
    Je me souviens que mes amis en parlaient quand j’étais minot, mais je n’ai jamais vu la série !
    (juste des extraits plus tard dans des émissions retrospectives sur les programmes TV des 80’s.)
    Dans un genre proche, je regardais plutôt Les Envahisseurs (même si les 2 séries ont une approche très différente !)
    En tout cas Rick, cette chouette critique m’a donné envie de découvrir plus avant le phénomène « V » !
    Le parallèle avec le IIIe Reich est bien trouvé !

  4. Rick trouve la serie naze mais aime les 2 telefilms

  5. Oui les téléfilms V et V : La Bataille Finale (en 2 et 3 parties) sont pour moi excellentes. La Série… ben j’avais le coffret zone 1 et…. ouais, voilà, on sent que passé quelques épisodes, l’argent manquait, et ça fait vraiment produit fauché qui essaye tant bien que mal de survivre (en prenant des plans des téléfilms pour les effets spéciaux, en disant tant pis à la continuité parfois – genre il y a deux épisodes 4 ou un truc du genre). Bref oui, Paganizer, je ne peux que te conseiller les deux téléfilms, ça respire bon les années 80, c’est super intéressant et attachant. Même le second qui en soit est un peu moins bon, il y a un thème musical entêtant (que j’écoute là), Michael Ironside, pleins de bonnes choses.

  6. je rejoins Rick pour la serie, c’est insoutenable ,incohérent quand on regarde la deuxieme mini serie et la toxine rouge ,puis l’enfant stellaire pfiou a chaque fois j’avais envie d’envoyer mon chausson dans sa face , fallait deja se farcir les connerie de sa mère avant mais plus gonflante on meurt ,autant ca passait quand elle etait petite mais quand elle grandit d’un coup(tiens ca rappelle la mutante tout ca non ?) l’actrice est nul et l’histoire perd son interet ,moi j’ai suivi la serie seulement parcqu’il y avait Michael Ironside qui revenait et j’ai trouver tres peu d’interet , si ils faisaient mourir ou amocher tout le monde a se demander si la serie avait pas été arrêter au bout de 19 épisodes qui aurait été present pour l’épisode 26 😀 ha oui et dans mes souvenirs par rapport aux deux telefilms ,en vf (surement en vo pareil ) les aliens n’avaient plus cette deformation dans le timbre de voix ,ce qui est assez etrange o_O

    pareil Paga je te conseil les deux téléfilms ,les vaisseaux,ca pique un peu mais le reste doit bien tenir la route 😉

  7. Oui la série oublie tout ce qui faisait l’intérêt des téléfilms.
    Ils ont zappés la déformation de voix pour se permettre des éléments scénaristiques (si la voix n’est plus différente, ils peuvent s’infiltrer chez les humains), mais non, rien ne marche.
    On en apprenait plus sur le personnage de Michael Ironside, et c’était au final le seul point positif de la série.

  8. j’ai penser a ca pour la deformation de la voix , pour l’infiltration, mais ce qui est ridicule c’est que si mes souvenirs sont bons ,les humains se sont servis une ou deux fois de déformateur vocal pour justement passer pour des visiteurs dans les téléfilms ,du coup la ca fait un peu con .un peu du gâchis car sinon c’est la même équipe , même gars en showrunner mais ca sentait vraiment le manque d’idée ,même Elias avait perdu de sa saveur alors que j’aimais bien le perso de la petite frappe qui se trouve un but en combattant un ennemis commun (puis bon je spoil pas, mais sont sort est risible )

  9. Exact, les humains se servent du déformateur de voix dans La Bataille Finale, le gadget est donné par Michael Ironside. Bon après, c’est vraiment très furtif dans le téléfilm, mais c’est présent malgré tout.

    1. c’est bien ce qu’il me semblait que c’etait Ham qui a ramener ca ^^ il surprend les resistants avec cette vois si je me rappelle bien . fin pour moi , la voix ,ca va avec la sensibilité a la lumière et donc les lunettes des aliens (même ca j’ai quelques souvenirs de Visiteurs qui les portent plus dans la serie, mais je suis pas sur …) c’est leurs particularités.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dark Side Reviews © 2017