[Film] Lukas, de Julien Leclercq (2018)


Un ancien garde du corps qui enchaine les petits boulots de sécurité dans des boites de nuit pour élever sa fille de 8 ans se retrouve contraint de collaborer avec la police. Sa mission : infiltrer l’organisation d’un dangereux chef de gang flamand.


Avis de Cherycok :
Même si je ne suis pas fan de Jean-Claude Van Damme, je suis toujours curieux quand un nouveau film se rajoute à la carrière du bonhomme. Il a été tellement moqué, raillé, descendu en flèche que, je ne sais pourquoi, j’éprouve une certaine sympathie pour lui. Alors je ne regarde pas tous ses films, loin de là, mais lorsqu’il change de registre, qu’il s’autoparodie, ou qu’il est à contre-emploi, j’avoue que ça a tendance à m’intriguer. De son dernier film en date, Lukas (2018), je ne savais pas grand-chose, si ce n’est qu’il s’agissait d’une co-production franco-belge, qu’elle était réalisée par le français à l’origine de L’Assaut (2010), Gibraltar (2013) et Braqueurs (2015), trois bobines plutôt bien fichues, et qu’il ne s’agissait pas ici d’un énième film martial. Grand bien m’a pris de m’y intéresser car Lukas est un très sympathique polar qui mérite le coup d’œil.

Clairement, Lukas est un film bien différent du reste de la filmographie de l’acteur. Nous sommes ici dans un film noir, à mi-chemin entre le drame et le polar, et on s’en rend compte dès les premières secondes. L’histoire d’un ancien garde du corps, détruit par la mort de sa femme. Un père de famille usé, désabusé, à la gueule cassée, à la limite de la dépression, prêt à tout pour subvenir aux besoins financiers de sa fille, quitte à être pris dans un étau, devant à la fois rouler pour la Police et pour le dangereux gang dans lequel il se retrouve. Au moindre faux-pas, il se fera avoir, soit par l’un, soit par l’autre.
D’entrée de jeu, l’esthétique du film semble très soignée. Ça sera d’ailleurs le cas tout le long. Julien Leclercq peaufine ses plans, met en place un jeu très réussi d’ombres et de lumières, et donne une jolie patte graphique à certaines scènes en début de film via l’utilisation de néons (ce qui fera plaisir à Rick). Le réalisateur sait ce qu’il fait et il le fait très bien, comme par exemple lors d’un plan séquence très impressionnant commençant par un Van Damme à l’extérieur d’une maison, l’inspection de la maison, le kidnapping d’une personne assorti d’un gunfight, puis la sortie de la maison et la fuite en voiture. Une scène très puissante d’autant plus qu’elle est quasiment silencieuse, ce qui permet de se rendre compte que, dès qu’il n’y a pas ou peu de son, on est beaucoup plus attentif à ce qu’il se passe à l’écran. Et ça, le réalisateur l’a très bien compris. Les silences sont pesants, surtout lorsque l’histoire qu’on nous raconte est sombre, dramatique, et pour appuyer ces silences, un gros travail a été effectué au niveau de la musique.

Lukas est un film au rythme assez lent. Le réalisateur fait monter la pression tout doucement. Les scènes d’action sont par ailleurs peu nombreuses (trois en tout et pour tout) mais très travaillées. Point ici de chorégraphies martiales, on est plus dans le combat de rue, avec des coups très bruts, réalistes, et il faut avouer que le résultat est assez percutant. On sent bien qu’à l’approche de ses 60 ans, Jean-Claude Van Damme n’a plus les capacités de la jeunesse (souvenez-vous Bloodsport, Kickboxer, …), et du coup c’est dans des rôles comme celui qu’il a ici qu’on a envie de le voir. Car, même s’il n’est pas toujours très à l’aise dans sa diction en français (il l’est bien plus en anglais), il est néanmoins très touchant. Les scènes qu’il a en tête à tête avec la jeune Alice Verset, qui interprète sa fille dans le film, fonctionnent à merveille et il y a clairement une alchimie entre eux deux. Ils sont aidés par des dialogues très bien écrits, bien que peu nombreux (souvenez-vous, plein de scènes silencieuses), permettant à cette histoire qui nous est racontée, au demeurant toute simple, de nous accrocher immédiatement malgré l’absence totale d’humour et le ton parfois cru et sinistre du film.

LES PLUSLES MOINS
♥ Belle mise en scène
♥ Ambiance noire
♥ Tension qui monte crescendo
⊗ Certains seconds rôles en deçà
Lukas est un polar noir à la mise en scène maitrisée, sèche, brutale et efficace. Quel plaisir de voir Jean-Claude Van Damme dans autre chose qu’un film de tatanes bas du front. Quel plaisir de voir que dans des rôles plus dramatiques et sobres, il s’en sort avec les honneurs. Une bonne série B !



Titre : Lukas / The Bouncer
Année : 2018
Durée : 1h22
Origine : France / Belgique
Genre : Lukas-rément Pas Mal
Réalisateur : Julien Leclercq
Scénario : Jérémie Guez

Acteurs : Jean-Claude Van Damme, Sveva Altivi, Sami Bouajila, Sam Louwyck, Kaaris, Kevin Janssens, Alive Verset, Dimitri ‘Vegas’ Thivaios, Carlos Schram

 Lukas (2018) on IMDb

















A propos de Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

7 Comments

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  1. Je me souviens qu’à l’époque de sa sortie, je voyais dans les gares RER les affiches en grand partout, puis après, plus jamais entendu parler jusqu’à aujourd’hui.
    Ça a l’air intéressant tout ça en tout cas ^^

  2. Je ne suis aps sur que le film ait très bien marché. Il n’a pas du rester plus d’une semaine. Les gros fans de Van Damme risquent d’être déçus devant l’absence d’arts martiaux dans le film et la lenteur relative de ce dernier, et les non fans de Van Damme ne sont juste pas allé voir le film. Et c’est dommage car pour moi il vaut vraiment le détour.

  3. Je tente de me le faire bientôt et je te dirais ça en tout cas 😉 Juste encore quelques films de cette année que j’aimerais voir assez vite, puis je met ce Lukas dans les priorités.
    Moi je trouve ça cool en tout cas qu’il s’essaye à d’autres choses. On vieillit tous, et on peut pas tenter de faire éternellement la même chose, c’est plus crédible. Même si je sais que t’es pas fan de Kickboxer et de Bloodsport 😛

  4. Non, JCVD n’a jamais été ma tasse de thé. A l’epoque Kickboxer / Bloodsport, j’étais déja élevé par mon père à la sauce Bruce Lee / Jackie Chan / Shaw Brothers d’un coté, et Bud Spencer / Terence Hill de l’autre. Le style de fight de JCVD n’était pas ma tasse de thé même si je les ai à peu près tous vu période 80/90 car ma grand mère était fan du bonhomme ^^

  5. Kickboxer / Bloodsport un peut comme Cherycok vu trop tard mais vraiment trop tard genre maintenant et c’est vraiment pas impressionnant et du coup je me suis fait un peut chié même si les films sont tout a fais correct.
    Celui-là me tente bien vu que j’ai bien aimé Gibraltar et carrément adoré braqueur.

  6. Bon après attention hein j’aime pas tout, il a fait de sacrés mauvais trucs, et oui il n’est pas hyper impressionnant, mais certains titres, comme Bloodsport, ont leur charme.

  7. C’est surtout qu’à bientôt la soixantaine, les scènes de fight ne sont plus du tout la locomotive de ses films.
    Van Damme fait partie de mon éducation au même titre que Bruce Lee et Jackie Chan. Mais clairement, même si j’aime sa carrière jusqu’à la fin des années 90, il n’a jamais eu chez moi le même retentissement que les 2 autres acteurs.
    Poutant Bloodsport pour moi c’est quelque chose. Mais ça ne comptera jamais autant qu’Opération dragon ou le Marin des mers de Chine.

    Disons que si on compare aux tenors de la savate occidentale des 80’s et 90’s, Van Damme est bien au dessus des autres chez moi.
    Mais après Replicant, ouch, In hell est assez surestimé, L’empreinte de la mort encore plus, je ne garde que les suites d’Universal soldier et sa participation à Expendables 2 (à la limite le remake de Kickboxer et sa suite, mais bon, je suis gentil).

    Mais Lukas, je l’attends de pied ferme, il me fait très envie, Van Damme a l’air top dedans.
    Mais clairement, les fights de Van Damme ce n’est plus ce qu’on attend (en même temps ça n’a jamais été du niveau d’un Donnie Yen ou d’un Jackie Chan).

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