[Film] Le Bonhomme de Neige, de Tomas Alfredson (2017)

Le détective de la police d’Oslo Harry Hole n’est plus que l’ombre de lui-même. Alcoolique, il cherche un but à sa carrière. C’est alors qu’il rencontre une nouvelle recrue, Katrine Bratt, fraichement mutée de Bergen. Elle enquête sur la disparition d’une femme mariée et mère d’une petite fille, dont l’écharpe est trouvée enveloppée autour d’un bonhomme de neige sinistre. Harry Hole, qui a par ailleurs reçu une mystérieuse lettre ornée d’un bonhomme de neige, s’intéresse aux investigations de Katrine. Katrine et Harry vont alors découvrir que plusieurs femmes ont disparu dans des circonstances similaires.


Avis de Rick :
The Snowman, renommé Le Bonhomme de Neige pour sa sortie française, a été un flop, et aura récolté un nombre incalculable de critiques virulentes, autant par la presse que par le public. Au départ prévu dés 2011 avec Martin Scorsese en tant que réalisateur, il quitte la production en 2013. Tomas Alfredson arriva à bord en 2014, et le casting commença en 2015, pour un tournage en 2016, de Janvier à Avril. Sauf que la production fut chaotique, le script jamais achevé, le temps de tournage alloué trop court si bien que 15% du scénario ne fut même pas tourné. Ironique, vu que la production aurait donc débutée en 2011, de voir un film lancé en tournage sans scénario terminé et avec un temps trop court pour ce qu’il faut tourner. Le tout se solda par un rapide retournage durant le Printemps 2017. Le réalisateur lui-même l’admet, la production a été catastrophique, tout n’a pas été tourné, et le tournage en lui-même a été précipité. J’ai envie de dire, pas étonnant quand on voit que tout a commencé en 2011, et quand on voit le nombre de producteurs (et donc d’exécutifs) derrière le projet. Et à l’arrivée, oui, The Snowman est bien bancal, et souffre de cette production oh combien chaotique. Et pourtant, je n’ai pas envie de le détester ce film, car s’il est bourré de défauts, on peut encore voir ci et là son potentiel.

Sur le papier donc, The Snowman est l’adaptation d’un roman à succès (que je n’ai pas lu), mettant en scène Harry Hole. Et ce n’est même pas le premier roman le mettant en scène. Du coup forcément, la plupart des personnages sont déjà établis dans le roman, et le film ne prend pas le temps de nous les présenter, ce qui est bien dommage il faut l’avouer. Sur le papier donc toujours, c’est une histoire policière classique comme on en voit tant, avec un flic alcoolo en retrait, une enquête, un tueur en série. À l’écran par contre, c’est un peu plus complexe. Car Tomas Alfredson, ce n’est pas le réalisateur qui va nous livrer un polar à suspense ultra rythmé, mais c’est un réalisateur souvent posé, comme le prouve ces deux métrages les plus connus, à savoir le génial Morse, et La Taupe qu’il faudra que je me décide à voir un de ces jours. Et d’ailleurs, on reconnaît sa patte par moment. Certains plans sont absolument sublimes, le récit a une certaine lenteur générale, qu’il essaye néanmoins de dynamiser avec de nombreux trajets en voiture. Beaucoup auront critiqués le rythme général du film, mais c’est aller voir le film sans savoir qui en est l’auteur dans ce cas. Par contre, il faut bien avouer qu’au niveau du montage pur et dur, ça coince un peu plus. Le fait que le métrage alterne volontairement des scènes passées et des scènes du présent, ça ne me dérange pas, mais la manière dont certaines scènes s’insèrent dans le récit, débarquent, puis partent subitement, ça montre bien le chaos du tournage. Une sensation de voir des scènes mal organisées ou pensées débarque assez rapidement dans le récit. Et encore une fois, je trouve ça dommage pour ma part.

Dommage car Alfredson livre en soit une mise en scène plutôt élégante, les décors sont souvent sublimes, et le casting sur le papier plus qu’alléchant. Michael Fassbender, malgré des choix catastrophiques récemment (Alien Covenant, Assassin’s Creed) est tout à fait correct dans le rôle, Rebecca Ferguson crédible en femme flic même si peu développée, et à leurs côtés, Charlotte Gainsbourg, J.K. Simmons et même Val Kilmer sont plutôt bons. Alors c’est sûr, certains ne pardonneront pas les défauts du film (et ça s’est vu lors de la réception catastrophique du film), mais moi j’ai eu envie de presque lui pardonner. Le film ne m’aura pas non plus ennuyé, quelques moments étaient clairement au-dessus des autres. Par contre, le final, aussi beau soit-il visuellement, c’est un peu du foutage de gueule, en mode « je te torche ça en 3 secondes », ne prenant donc pas le temps de faire monter une quelconque tension, et se terminant aussi vite que les révélations ont commencées. The Snowman me laisse sur une sensation clairement d’inachevé, comme si les nombreux producteurs en avaient marre de voir le projet stagner et se sont dit tout à coup « ok on tourne le mois prochain », quitte à livrer une œuvre boiteuse. Ça se ressent, dans l’histoire, dans le montage, dans certains moments qui semblent moins inspirer Alfredson. De là à traiter le film de pire film de 2017 ou pire film policier, il y a malgré tout un gros écart que je ne franchirais jamais.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un bon casting
♥ Quelques très beaux plans bien élégants
♥ Le rythme lent ne m’a pas dérangé
⊗ Un montage chaotique
⊗ L’histoire et les personnages brouillons
⊗ Le final expéditif
note8
The Snowman, c’est un des vilains petits canards de 2017 aux côtés de Amityville the Awakening, Leatherface et quelques autres. Et encore une fois, je ne suis pas d’accord. Alors oui, le film est bancal, souffre de soucis à pas mal de niveaux, mais honnêtement, il y a tellement eu pire qu’à ce stade, c’est surtout s’acharner sur une cible facile.



Titre : Le Bonhomme de Neige – The Snowman

Année : 2017
Durée :
1h59
Origine :
Angleterre / Etats Unis / Suède
Genre :
Policier
Réalisation : 
Tomas Alfredson
Scénario : 
Peter Straughan, Hossein Amini et Søren Sveistrup d’après le roman de Jo Nesbø
Avec :
Michael Fassbender, Rebecca Ferguson, Charlotte Gainsbourg, Jonas Karisson, Michael Yates, Ronan Vibert, J.K. Simmons, Val Kilmer et Toby Jones

 The Snowman (2017) on IMDb


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A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

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