[Film] Cercle, de Aaron Hann et Mario Miscione (2015)


Organisé en cercle, cinquante personnes se retrouvent piégées dans une immense pièce. Ils ne se souviennent de rien et ne peuvent pas bouger. Tout ce qu’ils savent, c’est que toutes les deux minutes, l’un d’entre eux sera exécuté par une mystérieuse machine située au centre du cercle humain. Jusqu’à ce qu’il en reste plus qu’un.


Avis de Rick :
Circle me faisait de l’œil sur Netflix depuis quelques mois puisque le métrage semblait être un huis clos d’ambiance plutôt radical, dans le sens où en guise de lieu, nous avons une pièce noire, avec des cercles ronds au sol pour y mettre cinquante personnages, et une boule au milieu, une machine, qui toutes les deux minutes, se met en marche pour éliminer un personnage. Ils sont 50, à la fin, il n’en restera qu’un seul. Décors épurés, pitch simple et tenant sur un kleenex, et forcément, avec 1h27 au compteur et 50 personnages, pas forcément énormément de développement. Le but n’est d’ailleurs pas là, le but au final, est-ce que ce ne serait pas de nous montrer (encore une fois) que l’être humain, quand sa vie est en danger, cherchera par tous les moyens à sauver sa peau en sacrifiant les autres ? Je ne vois rien d’autre tant le métrage se fait minimaliste à tous les niveaux. Les décors, on en a déjà parlé, il n’y en a pas vraiment, à l’exception de petits cercles rouges au sol où sont situés les personnages, et de petites flèches indiquant la prochaine victime. Les personnages n’ont pas le temps d’être développés, puisqu’ils sont tout de même 50, et qu’un d’eux doit mourir toutes les deux minutes, moins si l’un d’eux sort du cercle au sol, ce qui est fatal. Au lieu de tenter de se connaître, les personnages vont plutôt tenter de comprendre comment la prochaine victime est choisie, comment ne pas être la prochaine victime donc par la même occasion, et pourquoi ils sont là, voir le lien entre eux.

La mise en scène ne s’embarrasse pas d’effets de styles, et ne le peut pas de toute façon, puisque le film est statique. Une pièce, pas de mur, 50 acteurs mais qui doivent rester debout et immobiles durant tout le film, ça n’aide pas. Mais ça a surtout le mérite de ne pas s’éparpiller, ni de venir parasiter une histoire simple avec des effets de styles. Et pendant 1h20, ça fonctionne. C’est bien simple, avec ce pitch simple et ce lieu minimaliste au possible, les deux réalisateurs également scénaristes d’ailleurs trouvent une idée qui leur permet d’accrocher le spectateur et permet au rythme de ne jamais redescendre. Les personnages essayent de réfléchir, de trouver une solution, mais le temps joue contre eux vu qu’ils n’ont que deux minutes avant la mort fatidique de quelqu’un. On assiste donc impuissant à un jeu de massacre sobre dans tous les sens du terme, où l’on essaye de savoir à l’avance qui va mourir, et qui va survivre. Ce qui n’est certes en soit pas très compliqué, chaque personnage représentant un cliché, un stéréotype. Mais là ce n’est pas forcément un défaut, puisque c’est bien ce que les réalisateurs veulent nous montrer, les différents stéréotypes que l’humanité représente. Celui qui bat sa petite amie, l’immigré clandestin, le flic raciste, le noir qui s’en sert comme une excuse, le papy religieux, la lesbienne mal vue par beaucoup, l’enfant, et même la femme enceinte que beaucoup veulent sauver.

Les acteurs, forcément nombreux, font en général du bon boulot pour nous faire croire à ces stéréotypes malgré parfois un temps de présence très limité. Ils arrivent à nous faire croire à ce concentré de notre société actuelle dans une seule petite pièce. Et parfois, ça fait peur, ça énerve, mais oui, c’est nous, les humains, ça nous ressemble. Mais donc, je vous disais que ça marchait pendant 1h20. Sur 1h27. Car oui, le métrage déçoit dans ses derniers instants, où on nous offre une scène finale qui vient nous dire « voilà, c’est ça qu’il se passe », mais sans nous en dire plus. Une fin étrange qui dans un sens en dit trop (c’est ça et tais toi) et pas assez (Pourquoi ? Comment ? Où ?) Si bien que l’on se demande une fois arrivé à la fin si l’on aurait aimé en savoir plus, ou que la scène ne soit tout simplement pas présente dans le montage pour laisser notre imagination faire intégralement le boulot sans venir nous aiguiller dans cette direction. Un peu dommage donc que cette fin nous soit imposée, car Circle (ou Cercle comme on a voulu le renommer chez nous, pour sans doute ne pas confondre avec The Circle, ou Cirkeln déjà renommé Cercle en fait, donc non) est en soit un petit huis clos sympathique, qui ne révolutionne rien, mais nous offre un spectacle rythmé, et on pourrait presque dire également une satire de notre société actuelle. Un Koh Lanta mortel donc en quelque sorte.

LES PLUSLES MOINS
♥ Ultra rythmé
♥ Les personnages représentent notre société
♥ Épuré mais ça fonctionne
⊗ Le final
Petit film plutôt intéressant, Circle tient la route la plupart du temps. Si certains moments sont bien prévisibles, on se prend au jeu malgré tout.



Titre : Cercle / Circle
Année : 2015
Durée : 1h2
Origine : U.S.A
Genre : Huis Clos Fatal
Réalisateur : Aaron Hann, Mario Miscione
Scénario : Aaron Hann, Mario Miscione

Acteurs : Allegra Masters, Aimee McKay, Ashley Key, Bill Lewis, Cameron Connerty, Carter Jenkins, Coley Speaks

 Cercle (2015) on IMDb














A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

3 Comments

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  1. Celui là m’a fait de l’oeil depuis sa sortie. Depuis Cube que j’avais adoré au cinéma, j’aime bien ces films aux décors minimalistes, ou tu essaies de comprendre ce qui se passe autant que les personnages. Je jetterai un oeil à l’occaz.

  2. Il est excellent celui-là, gros coup de cœur pour ma part car à aucun moment je ne me suis ennuyé, c’est hyper fluide et vu le nombre de personnages, c’était pas gagné.
    Du tout bon!

  3. C’est marrant que Cherycok évoque Cube !
    J’y ai justement pensé en lisant la chronique…le côté minimaliste, le huis-clos..forcément ça évoque le film de Vincenzo Natali ! (pour ceux qui le connaissent bien sûr !)
    Ce Circle me semble pas mal du tout, je tenterais l’aventure à l’occasion !

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