[Film] 28 Semaines Plus Tard, de Juan Carlos Fresnadillo (2007)

6 mois après la pandémie mondiale du virus de la rage, l’armée tente de créer un havre de paix à Londres, mais les choses ne tournent pas comme prévu.


Avis de Rick :
En 2002, après avoir touché au polar à de nombreuses reprises, mais également à la comédie et quelques autres genres, Danny Boyle s’essaye au genre horrifique pour la première fois avec 28 Jours Plus Tard. 8 millions de budget, un tournage en DV volontairement un peu crade, le tout sur un scénario de Alex Garland, fidèle collaborateur de Boyle (La Plage, 28 Jours, Sunshine, mais également l’excellent Dredd sans Boyle), et le succès surprise fut au rendez-vous. Il faut dire qu’au même moment sortait un film de zombies qui en aura déçu plus d’un (Resident Evil), et même si 28 Jours Plus Tard parlait d’infectés et non de zombies, le résultat faisait plaisir. Il aura fallut attendre 5 ans pour voir une suite débarquer. Danny Boyle et Alex Garland ne sont que producteurs (et réalisateur de seconde équipe pour Boyle), John Murphy revient à la musique (il livre une splendide OST d’ailleurs), et nous voilà 28 semaines après la fin du premier film à suivre de nouveaux personnages. Après une scène d’introduction venant nous rassurer sur la qualité du film, et nous indiquer les choix du nouveau réalisateur, Juan Carlos Fresnadillo. Car si le style de Boyle utilise souvent des effets de styles et autres, Fresnadillo lui filme en mode guérilla, caméra à l’épaule, façon documentaire. Et ben que souvent réfractaire à ce style, ici ça fonctionne bien. La première scène toute en tension fonctionne, la réutilisation du thème le plus connu du premier film fonctionne, tout fonctionne en fait. 28 Semaines Plus Tard est entre de bonnes mains, et en plus, il essaye d’éviter la redite.

Si 28 Jours Plus Tard commençait comme un simple film d’infectés avant de verser dans une seconde partie plus humaine et psychologique (et donc plus forte), 28 Semaines Plus Tard décide de se découper lui aussi en deux parties mais sans reprendre ce qui faisait la force du premier film. On comparera plutôt le métrage à tous ces films catastrophes, avec la mise en place des personnages pour s’y attacher à un minimum, avant l’arrivée de la catastrophe en elle-même et le suivi d’un petit groupe qui va tenter de survivre à cette catastrophe. Plus classique dans le fond, plus horrifique également que le premier film, mais réussie et dans un sens tout aussi sombre. Car la force du métrage est de nous présenter dans la première partie des personnages auxquels on peut s’attacher, même si certains restent classiques, et ne pas hésiter à les faire souffrir et à les tuer dans la seconde partie. Oui, on aura deux enfants (dont la très belle Imogen Poots), leur père (Robert Carlyle), une scientifique de l’armée qui accueille les nouveaux occupants de Londres (Rose Byrne), quelques militaires (Jeremy Renner en sniper, Idris Elba en gradé). Certains sont classiques, d’autres plus attachants, mais pas de vraies fausses notes. La vie à Londres, contrôlée par l’armée, semble suivre son cours. Jusqu’au retour fatidique de l’épidémie, et le code rouge. En un instant, l’armée, si sûre d’elle, perd tous ses moyens, et pour éviter le pire, n’a qu’un seul recours : la violence, tuer tout ce qui bouge, sans distinction entre infectés et humains.

Une première scène donc plutôt glaçante, où la mise en scène de Fresnadillo porte ses fruits, tout comme le retour du fameux thème. Et en un instant, la lueur d’espoir disparaît, et la noirceur se retrouve au cœur du récit. Les personnages sont conscients que beaucoup d’entre eux ne s’en sortiront pas, qu’il faudra faire des sacrifices. Fresnadillo retourne à une forme d’horreur plus simple, mais plus dure et dans un sens plus « pure », sans espoir véritable, violent, surprenant par moment même. Bien entendu, tout n’est pas parfait ici, le choix de tout tourner caméra à l’épaule n’est pas franchement utile dans certaines scènes plus posées, certains personnages sont en deçà des autres et leur présentation tardive ne cache en rien le fait que leurs chances de survie sont faibles. Mais Fresnadillo et son équipe, en s’éloignant volontairement de l’original pour aller dans une forme d’horreur plus sombre, ont fait le bon choix, donnant un cachet réussi à leur film. Souvent intense, gardant malgré tout le même état d’esprit que le premier film mais en choisissait d’être plus classique, 28 Semaines Plus Tard est une excellente suite, contenant quelques scènes forts réussies malgré quelques facilités. Gore, violent, noir.

LES PLUSLES MOINS
♥ Pas une redite du premier film
♥ Un film sombre
♥ Certaines séquences intenses
♥ Le score de John Murphy
⊗ La caméra à l’épaule, inutile dans certaines scènes
⊗ Quelques personnages moins intéressants
note8
Suite plus classique pour le genre horrifique, 28 Semaines Plus Tard reste malgré tout réussi, nous offrant quelques scènes très prenantes, et passionnant du début à la fin malgré quelques rares faux pas.



Titre : 28 Semaines Plus Tard – 28 Weeks Later

Année : 2007
Durée :
1h40
Origine :
Angleterre / Espagne
Genre :
Zombies
Réalisation : 
Juan Carlos Fresnadillo
Scénario : 
Rowan Joffe, Juan Carlos Fresnadillo, Enrique Lopez Lavigne et Jesus Olmo
Avec :
Robert Carlyle, Rose Byrne, Jeremy Renner, Harold Perrineau, Catherine McCormack, Imogen Poots et Idris Elba

 28 Weeks Later (2007) on IMDb


Galerie d’images :

A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

6 Comments

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  1. j’adore le premier et j’ai beaucoup aimer celui aussi ! petit bemol comme dit dans l’article, la camera a l’épaule des fois nuit un peu , au ciné y a des scènes carrément illisibles (au debut et vision nocturne ) ,apres le depart tambour battant ,comme tu dis nous sommes rassurer ,puis le développement des persos est quand même tres bien posé , pour moi a cette époque , j’etais deja fan de Carlyle et Byrne mais ma decouverte c’est Jeremy Renner ,je l’ai trouver tres juste et touchant (surtout ben LA scène de la voiture quoi ,ou j’ai été profondément choqué :o),je l’avais decouvert dans SWAT ou il ecrasait le casting des gentils en entier a lui seul mais 28 semaines plus tard a été revelateur (si il est le heros de Demineurs un an apres , c’est pas un hasard ) .apres dur de parler de l’histoire en elle même ,tant ca peut etre riche en spoiler , mais les rebondissements sont bien senti ,comme dans le 1er tout le monde peut y passer et l’ost est toujours aussi magnifique (un vrai plus pour ce genre de film qui se laisse aller a la contemplation parfois ,autant avoir une belle musique a ce moment 🙂 ) Imogen Poots est une jolie surprise aussi avec sa jolie frimousse et ses faux airs de Scarlett Johansson ,par contre je me suis pas du tout attaché au gamin :/ tres bonne suite en tout cas ,j’espère toujours un 28 mois plus tard, un jour …

  2. Alors moi je n’ai pas trop aimé ce 2ème opus. J’ai par contre adoré le premier, j’ai préféré l’ambiance et le côté moins gros spectacle.

  3. Merci pour ton com bien détaillé Scott, ça fait plaisir.
    Un peu pareil par contre oui pour le gamin, mais en y regardant bien, malgré ce qu’il représente du point de vue de l’histoire, j’ai l’impression que le réal accorde beaucoup plus d’importance à tous les autres qui l’entoure. Il développe bien plus le reste de sa famille. Choix donc un peu étrange, mais en soit, ça ne m’a pas vraiment dérangé.
    Après tant d’années, tant d’annonces pour finalement rien, je ne l’attends plus vraiment le 28 Mois Plus Tard…

  4. Cherycock c’est sur que les deux films c’est le jour et la nuit ,le premier est tout en introspection et suit l’évolution psychologique des humains,l’éloignement des zones civiliser ,le deux c’est quand même bien porter action et baser sur la reconstruction et le repeuplement surveiller ,moi j’ai trouver les deux points de vues intéressant ,même si le 1er est un chef d’oeuvre(rien que le debut le createur de walking dead peu lui dire merci 🙂 ) ca je le nierais pas ,en plus formidable Cillian Murphy !

    Rick c’est toujours un plaisir 🙂 tout a fait d’accord , mais j’ai vue sur l’imdb que le gamin c’est son seul et unique role , il avait peut etre un manque flagrant d’experience pour que le film soit trop centrer sur lui seul,et comme quand il est avec d’autres acteurs ,ceux la ,sont assez charismatiques ,il se fait a chaque fois piquer la vedette .sinon comme pour toi ca ma pas deranger plus que ca …

    vi apres mon comm ,j’ai été regarder sur le net et j’ai trouver pareil que Chery pour 28 mois ,c’est vraiment dommage 🙁 ,c’est le haut du panier comme films de contamination, quand on sait qu’il y eu 6 resident evil ..

  5. Quand je lis ta critique je me rend compte que l’horreur c’est vraiment pas mon truc car j’ai pas aimé du tout j’ai trouvé que le scénar et les situations étaient juste des prétextes pour qui il ait toujours plus de mort et de sang (le gros regroupement par exemple) Alors que dans d’autre genre comme l’action ou le Kung-Fu ca ne me gène pas.
    Comme Scott j’ai découvert Jeremy Renner dans ce film c’est déjà ca.
    Le premier par contre j’ai adoré le début est génial et puis ca ne s’écroule pas.

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