[JV] Blair Witch (2019 – Playstation 4)

1996. L’ancien flic Ellis Lynch rejoint un groupe pour retrouver la trace d’un garçon disparu dans la forêt de Black Hills.


Avis de Rick :
Bien que créé en 2010, le studio Bloober Team aura du attendre quelques années pour se faire connaître du grand public, et surtout se trouver un genre de prédilection, qu’il n’aura pas quitté depuis. Ce genre, c’est l’horreur psychologique, avec un bon paquet de gimmicks dont le joueur n’a plus trop le choix que de les enfiler depuis des années. En vrac, une vue subjective, des jumpscares, des moments scriptés, et un jeu tenant plus du Walking Simulator. Mais il faut croire que le public adore ça, puisque Layers of Fear en 2016, premier essai du studio dans le genre, a été adoré de tous. Tous oui, sauf quelques youtubeurs que j’apprécie, et moi. Pour un jeu horrifique à tendance psychologique, il faut bien avouer que lorsque l’on rigole lorsque le jeu veut nous faire frissonner d’effroi, et bien le pari est tout simplement raté. Si bien que je n’aurais jamais testé leur essai Observer, se déroulant dans un univers cyber punk, et je suis sûr que c’est dommage, car ça promet déjà d’être plus intéressant sur le papier. Et en 2019, le studio revient à la charge, non pas avec un, mais deux jeux. Le premier, qui nous intéresse aujourd’hui, jeu à licence qui a donc toutes les cartes en mains, c’est Blair Witch. Le second, qui est une suite et a donc aussi toutes les cartes en mains, c’est Layers of Fear 2. Qui sera plutôt passé inaperçu. Les gens en auraient-ils marre du style walking simulator / jumpscare simulator ? Ou le jeu est-il vraiment mauvais comme j’ai pu le lire à divers endroits ? Peu m’importe, il ne m’intéresse pas, et aujourd’hui je vais vous parler de Blair Witch. Étrange d’ailleurs que je me lance dans cette aventure, n’aimant déjà pas les films, mais bon, parfois, il faut se forcer, de bonnes surprises peuvent se cacher là où on ne les attend pas. Et ça tombe bien, car sans être exceptionnel, ni renversant, ni génial, et bien Blair Witch cuvée 2019, à ne pas confondre avec la trilogie de jeux sur PC de 2000, et bien c’était sympathique.

J’irais même jusqu’à dire que c’était mieux que les films. Bon, après lorsque l’on est allergique au genre du found footage, et que les rares tics repris dans le jeu venant des films fonctionnent plutôt bien justement grâce à l’interactivité du joueur avec son environnement grâce à la manette, forcément, ce n’est pas dur. Dans Blair Witch, le jeu donc, l’on joue un ancien policier qui rejoint une équipe pour fouiller la forêt de Black Hills où un garçon a disparu. Les événements se déroulent deux ans après le premier film, en 1996 donc, puisque Le Projet Blair Witch se déroulait en 1994 (mais datait de 1999, vous suivez ?). Déjà, malgré le gimmick du « walking simulator en vue subjective », saluons l’effort du studio pour tenter de camoufler déjà un peu plus tous ces gimmicks. Contrairement à Layers of Fear justement, où le joueur ne pouvait qu’ouvrir des portes et marcher. Ici, le joueur aura plusieurs accessoires dont il pourra se servir, comme un téléphone portable, un appareil photo ou très important, une lampe torche. Et nous ne sommes pas perdu cash dans une forêt de nuit et seul, puisque le jeu commence de jour, et que nous sommes accompagné de Bullet, un chien. Qui ne sert finalement à rien, mais il a le mérite d’être là, c’est tout. Un chien qui va nous suivre, que l’on peut envoyer faire des recherches, lui donner des objets à renifler pour trouver des traces, ou envoyer bêtement dans des lieux exigus dans la forêt pour risquer sa vie plutôt que la notre, tout ça pour qu’il nous ramène un objet peu utile, le petit bat…. Je veux dire le petit ange ! Bien entendu, si Bullet est sage, nous pourrons le récompenser avec une papouille, une croquette. Ou le gronder s’il fait de la merde. Canin Simulator !

Blair Witch nous propose donc d’explorer la forêt. La nuit va forcément tomber, les communications avec le reste du groupe sera coupée, et des événements et créatures étranges vont faire leur apparition. Et si dans les faits, Blair Witch tient totalement du walking simulator avec sa série de scripts à enclencher pour pouvoir avancer, il faut souligner qu’il parvient assez efficacement à le camoufler. Alors parfois, c’est énorme, mais camouflé. On a souvent l’impression de vraiment se perdre dans une immense forêt, alors que la map ne doit pas être si énorme que ça. Il faut dire que tout se ressemble, et que notre sens de l’orientation est ultra rapidement mis à rude épreuve. La découverte d’un passage secret ou tout simplement du bon chemin apparaît alors comme une délivrance qui vient nous récompenser, alors qu’en réalité, il s’agissait bien de l’unique chemin disponible, mais bien camouflé. L’illusion est présente au début, même si elle atteint aussi rapidement ses limites, avec ses murs invisibles un peu partout, qui viennent nous bloquer, alors que parfois, l’on enverra notre chien courir après une odeur, et lui il le traversera ce mur invisible de m… Le défaut de sa qualité donc en terme de design. Sans être une claque, le jeu reste plutôt plaisant visuellement, et devrait faire son petit effet sur les joueurs peu habitués du genre, encore plus en réalité virtuelle, vu qu’il est apparemment jouable ainsi.

Niveau sonore par contre, c’est du tout bon, et si vous jouez sur une bonne installation ou au casque, l’ambiance est parfaite et parfois extrêmement flippante. Le bruit du vent, des feuilles, les bruits de pas derrière nous, ou des bruits indéfinis cachés dans l’obscurité. De l’excellent travail, et sans aucun doute un des gros points forts du titre. Là où par contre Blair Witch divise, c’est dans son histoire, avec son personnage traumatisé par la guerre, et dont le trauma tient une place très importante dans le déroulement général, et donc, à l’écran. Pas une mauvaise idée en soit pourtant, le concept même de Blair Witch restant dans le fond assez limité, et surtout, en l’espace de trois films (même si je n’ai jamais vu le second), tout a été dit. Trois films et les trois précédents jeux si on décide de les prendre en compte. Mais l’histoire est plutôt intéressante, bien que prévisible. Là où le bat blesse, et malgré le fait que le développeur semble plutôt bien s’en sortir dans le design général des différents chapitres, c’est qu’à force de nous faire errer dans le noir, dans une forêt, avec notre fidèle canin, et bien, on a souvent l’impression de tourner en rond, et de ne pas avancer tant que ça. Certains moments seront alors un peu plus laborieux, et on se dit assez vite que le jeu a déjà tiré toutes ces cartouches. Il faut en réalité attendre le dernier acte, hautement prévisible, dans la maison, pour voir enfin le gameplay se renouveler. Nous voilà enfin seul, dans une maison délabrée, avec le mal tout autour de nous, et une ambiance parfois bien tendue. Mieux, si jusque là le jeu nous faisait surtout utiliser notre téléphone portable ou une lampe torche, il amène avec lui une nouvelle mécanique issue directement du (ou des, je ne sais plus) film(s).

Et cette mécanique, manette en mains, est proprement excellente et parvient à énormément faire monter la tension. Une ombre au tableau ? Oh oui. Si jusque là, le jeu était limite trop facile, avec ces checkpoints un peu partout, ce dernier chapitre monte la difficulté d’un cran, si bien que pendant bien 30 ou 40 minutes, la moindre erreur pourra être fatale, le jeu nous forçant alors à explorer notre environnement d’une traite, sans aucun checkpoint. Et mourir bêtement peu avant le fameux checkpoint, là il faut bien avouer que ça fait rager. Il fallait bien une grosse ombre au tableau, peu importe que ce soit dans la première ou dernière partie du titre. En tout cas, malgré ce gros défaut là, et ces quelques longueurs du à un environnement assez répétitif dans la première partie, et des mécaniques qui peinent à se renouveler, Blair Witch finalement parvient à être sympathique, d’autant plus qu’il ne s’étire pas, l’aventure pouvant être bouclée en 6h avec un peu de jugeote. Sans doute plus si l’on souhaite obtenir la meilleure fin, comme souvent. Un titre donc loin d’être exceptionnel, qui ne restera pas dans les mémoires, mais qui se parcourt facilement avec plaisir. En soit, déjà un miracle pour la saga non ?


GRAPHISMES
Loin d’être le plus beau jeu du monde, l’ensemble tient malgré tout plutôt bien la route, grâce à quelques détails, et surtout son ambiance sombre qui vient donner vie à ces décors (ou camoufler les défauts, au choix).
JOUABILITÉ
Rien de bien compliqué, le jeu tenant plus du Walking Simulator. Alors oui, on peut mourir, il faut parfois fuir, savoir se servir de sa torche, mais l’ensemble est limité et se prend donc très vite en main.
DURÉE DE VIE
Deux fins, pas mal de collectibles optionnels, pour un premier run qui se boucle en 6h, voir un peu plus si l’on fouille, ou se perds, ou meurt bêtement comme moi pile avant le checkpoint lors du final.
BANDE SON
Le point fort du titre, l’ambiance sonore, que ce soit en terme de bruitages ou de musique est excellente. Voilà qui nous immerge dans l’ambiance.
CONCLUSION
Blair Witch, c’est une plutôt bonne surprise, venant de la saga et d’un tel studio. Pas exceptionnel, avec son lot de défauts, mais assez court et avec une bonne ambiance, ce qui permet de parcourir le titre avec plaisir.

note65



Titre : Blair Witch
Année : 2019
Studio : Bloober Team
Editeur : Lionsgate Games
Genre : Walking Forest Witch Simulator

Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One, PC et Nintendo Switch
Support : un disque


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