[JV] Mutant Year Zero (2018, PC)

Le monde a pris fin. Ce n’était qu’une question de temps, entre les changements climatiques extrêmes, une crise économique mondiale, une pandémie meurtrière et des tensions toujours plus vives entre anciennes et nouvelles superpuissances. Pour la première fois depuis 1945, des armes nucléaires ont été utilisées au cours d’un conflit. Maintenant, tout est terminé et le calme est revenu. La nature a envahi les villes en ruine. Le vent balaie les rues désertes transformées en cimetières. Les humains ne sont plus, et les êtres qui fouillent les vestiges de la civilisation sont des mutants, humanoïdes et animaux difformes qui cherchent désespérément leur salut, ou juste quelque chose à manger. Pour survivre, vos compagnons et vous allez devoir sortir pour explorer la Zone. Un jour, peut-être découvrirez-vous l’Eden des légendes, le havre de paix des anciens au beau milieu de l’enfer. S’il faut en croire les mythes, c’est là que la vérité attend les plus courageux. Peut-être y trouverez-vous les réponses à vos questions.


Test de Cherycok :
J’ai de plus en plus de mal avec une certaine presse soi-disant spécialisée. Cette presse, capable de donner à un jeu AAA une note proche de la perfection alors que le titre est farci de défauts évidents mais qu’ils occultent arbitrairement car vous comprenez, on a reçu un petit chèque du développeur. Cette même presse qui se montre bien moins indulgente avec certains « petits » jeux, développés dans l’ombre par des studios bien plus modestes, bien moins connus, et qui pourtant valent qu’on s’y intéresse, qu’on les teste, surtout quand on en a ras le bol d’un énième Assassin’s Creed, d’un énième Call of Duty, qui ressemble comme deux gouttes d’eau au précédent. Que certains aiment ces jeux ne pose aucun problème en soi, mais d’autres jeux moins grand public arrivent à procurer bien plus d’émotions, bien plus de plaisir, bien plus de réflexion. Je vais vous parler aujourd’hui de Mutant Year Zero : Road to Eden. Sous ce titre à rallonge se cache un RPG tactique au tour par tour qui lorgne du côté de la saga X-Com, mais qui développe son univers bien à lui. Un jeu certes imparfait mais ô combien attachant et surtout bien plus subtil qu’il n’y parait.

Mutant Year Zero : Road to Eden est une libre adaptation du jeu de rôle papier suédois Mutant : Année Zéro, créé par Tomas Härenstam et sorti en 1984. Le jeu, sorti fin 2018 est développé par le studio suédois The Bearded Ladies composé, entre autres, d’anciens concepteurs de Hitman et le cocréateur de la saga Payday. Il s’agit du premier jeu du jeune studio et ils ont opté pour un jeu d’aventure tactique au tour par tour mêlant exploration, furtivité, et affrontement dans des décors post-apo ravagés par la guerre et où la nature a petit à petit repris ses droits.
Vous incarnez un groupe de mutants, deux au début du jeu, qui seront rejoints par d’autres personnages. Bormin, un humanoïde à tête de sanglier adepte des armes à feu de proximité, et Dux, un humanoïde à tête de canard, plus spécialisé dans les armes à longue distance façon sniper. Tous deux sont doués de parole et évoluent dans un monde dangereux, dévasté, où une poignée d’humains et de mutants a trouvé refuge dans ce qu’on appelle L’Arche, un lieu de paix protégé des créatures hostiles des environs : dangereux robots livrés à eux-mêmes, bêtes féroces cherchant à se remplir la panse, peuple agressif appelé “goules”, … Votre but ? Essayer de comprendre ce qu’il s’est passé. Essayer de comprendre pourquoi vous, votre compagnon d’armes, et peut-être quelques autres êtres sont devenus des mutants. Que s’est-il réellement passé… Il y a forcément une explication…

L’univers de Mutant Year Zero est extrêmement soigné. La direction artistique du jeu fait clairement partie de ses points forts, appuyée par une excellente musique. C’est joli, très joli même, et on prend un énorme plaisir à fouiller chaque recoin de chaque lieu à la recherche du moindre bout de ferraille et coffre caché. Le parti-pris en ce qui concerne les personnages (corps humain, tête d’animal) pourra peut-être en rebuter certains, mais pourtant très vite ils deviennent extrêmement attachants, chacun ayant son caractère bien trempé et balançant des lignes de dialogues très travaillées, souvent humoristiques, sur lesquelles on notera un réel effort de traduction pour rester fidèle à l’esprit et à l’ambiance du jeu.
La partie exploration est très importante dans le jeu. De nombreux lieux sont à explorer, disponibles via une carte générale qui s’étoffera au fur et à mesure de votre aventure. Il vous faudra donc fouiller le moindre recoin, accompagné de votre lampe torche, et récupérer un maximum de ferraille et de pièces d’armes qui vous serviront de monnaie d’échange à l’Arche afin d’améliorer vos armes (dégâts, portée, critiques, …) et d’acheter de quoi vous aider à survivre (grenades, trousses de soin, …). Vous découvrirez également au cours du jeu de nombreux artefacts anciens, des vestiges de notre monde à nous (ipod, glacière, distributeur de bière, …) qui vous donneront des points à dépenser dans un arbre de talent « général », c’est-à-dire qui influera sur tous vos personnages en même temps. Bien entendu, chacun de vos personnages possède également son arbre de talent qui lui est propre, sur lequel vous dépenserez des points d’expérience acquis en passant des niveaux afin d’apporter de nouvelles mutations, actives ou passives, à vos héros. Du classique de chez classique pour un RPG, même si on pourra reprocher que, au final, certaines de ces améliorations ne sont pas réellement utiles.

Cette exploration sera vite « perturbée » par les ennemis dans les zones qui lanceront les combats dès qu’ils vous auront repérés. Autant vous le dire tout de suite, y aller comme un bourrin sera synonyme d’une mort certaine car la difficulté de Mutant Year Zero est assez corsée. Vous serez obligé d’y aller en mode furtif, de progresser en éteignant vos torches afin que passer inaperçus, et surtout d’essayer d’éliminer les ennemis les plus isolés afin que, lorsque vous attaquerez le gros du groupe, ceux-là ne viennent pas se mêler à la fête. Bien entendu, utiliser des armes silencieuses est un plus, et si vous n’en avez pas, il vous faudra étudier le terrain le plus possible afin que les ennemis les plus éloignés n’entendent pas les coups de feu et se ramènent alors que vous étiez déjà dans une posture peu avantageuse.
Les combats sont tout ce qu’il y a de plus classique dans le genre mais font preuve d’une réelle efficacité. Il faudra utiliser au mieux le terrain, les différentes possibilités de couverture, de hauteur, tout en prenant en compte que tout peut être détruit dès qu’il y a une explosion, une arme un peu puissante. Ne vous sentez pas trop en sécurité car vous avez posté votre sniper en hauteur, un coup de grenade bien placé et c’est le bâtiment tout entier qui va s’effondrer, engendrant de lourds dégâts à votre personnage. Il vous faudra être malin, parfois refaire plusieurs fois le début d’un combat (pensez à souvent sauvegarder) car vous risquez d’en chier des ronds de chapeau. D’autant plus que, lorsqu’un personnage tombe à zéro point de vie, vous n’avez que 5 tours pour le remettre sur pied sinon c’est mort définitive.

Mutant Year Zero : Road to Eden fera plaisir aux amateurs de Tactical RPG au tour par tour. On se prend très vite au jeu et l’univers qui y est dépeint colle parfaitement au genre. Certains tests sur la toile ont souligné des baisses de framerate, mais je ne l’ai pas constaté. J’ai testé le jeu sur PC, détails tout à fond, et aucun souci de ralentissement. Peut-être que les versions console ont des soucis, je ne saurais dire. Une chose est sûre, c’est que graphiquement, le jeu est beau et que les animations des personnages ne sont pas en reste. On regrettera peut-être l’impossibilité de sprinter, provoquant parfois des allers retours un peu longs sur la map (surtout lorsqu’on contrôle le sanglier) mais rien de folichon malgré tout. Certains ont reproché au jeu d’avantager les ennemis au détriment des héros en matière de pourcentage de visée lors des phases de combat. Une fois de plus, pour moi qui suis un habitué du genre, je n’ai que très rarement constaté ce problème. Il suffit d’arriver à trouver un juste équilibre entre risque à prendre et distance de sécurité et tout se passe comme sur des roulettes. Même chose au niveau de l’ergonomie. Alors que le combo clavier / souris des PC se prête parfaitement au genre et ne pose aucun souci de gameplay, certains ont remonté que la manette semble bien moins intuitive pour naviguer dans les différents menus du jeu. Le seul vrai problème du jeu est sa durée de vie relativement courte. Certes, le jeu est proposé à bas prix (une trentaine d’euros sur consoles, bien moins sur PC via les sites de clés CD puisqu’on l’y trouve à 8.44€), mais l’histoire principale est pliée en une 15aine d’heures, qui montent à une 20aine lorsqu’on explore toutes les zones de la carte. Et pour un tactical, c’est relativement court (souvenez-vous Divinity Original Sin 2 et ses 120h, Wasteland et ses 70h, …). Espérons qu’une suite voie le jour car le jeu donne envie de continuer les aventures de Bormin le sanglier et Dux le canard !


GRAPHISMES
Direction artistique très soignée, environnements détaillés qui fourmillent de détails, animations fluides, Mutant Year Zero est visuellement très réussi. A noter des baisses de framerate sur certaines configurations.
JOUABILITÉ
Classique pour du tactical, avec des commandes simples et concises. Les habitués du genre seront en terrain connu.
DURÉE DE VIE
Le point faible du jeu. L’histoire principale se finit vite (environ 15h) et il y a peu de quêtes annexes. Les plus acharnés pourront essayer de trouver toutes les notes et les artefacts cachés, et les succès qui vont avec, rallongeant ainsi le temps de jeu.
BANDE SON
Aussi réussie que le graphisme est soigné. L’ambiance post-apo du titre est très bien retranscrite à ce niveau-là également.
CONCLUSION
Parfois décrié par une certaine presse spécialisée, Mutant Year Zero est pourtant un très bon tactical RPG au tour par tour qui ravira les fans du genre. C’est également une bonne entrée en la matière pour les néophytes qui désireraient découvrir le genre.



Titre : Mutant Year Zero : Road to Eden
Année : 2018
Studio : The Bearded Ladies
Editeur : Funcom
Genre : Quelle tête de cochon !

Joué et testé sur : PC
Existe sur : PC, PS4, Xbox One, Nintendo Switch
Support : Dématérialisé, Bluray, Cartouche

 


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

20 Comments

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  1. Je n’ai perso pas touché au jeu, d’ailleurs je n’ai pas franchement vu de gameplay ou images, juste furtivement vu la vidéo de Mr Toc dessus, et qu’il est toujours agréable de l’entendre parler d’un peu de tout avec humour. Je le vois souvent passer du coup sur le store en promo mais n’en sait pas plus.
    Par contre l’intro, on dirait que c’est moi qui parle 😀 Même si je fais quelques AAA, je m’éclate bien plus sur des petits jeux, et à l’inverse de la presse spécialisée, je suis bien plus clément envers les petits jeux que les gros (rien que l’année dernière, Fear Effect Sedna, Bring to Light, Agony, j’ai été gentil avec eux malgré des bugs et défauts évidents).
    En fait récemment, j’ai remarqué que les gros jeux AAA sur les sites spécialisés ont des notes de fous, mais quand tu regardes les plus et les moins, il y a énormément de moins. Du coup tu te dis “mais pourquoi si haut la note si il y a tout ça comme défauts, qui sont parfois bien gênants ?”

    Par contre dans le genre, j’ai adoré X-Com 2, même si sur PS4, il a de gros ralentissements par moment, et de longs temps de chargements, mais j’ai lu que sur PC, il y avait exactement les mêmes soucis, donc on est tous logés à la même étoile pour lui.

    1. Bah oui, on pense à peu près pareil sur les jeux AAA et la scène indé, ou du moins moins gros budget. Sur PC, à part WOW, je ne joue à aucun jeu AAA depuis bien longtemps. Et quand je me lance dedans, c’est souvent un jeu qui a deja quelques années. J’ai bien chopé World War Z là (qui à priori est bancal), mais c’est plus de la curiosité car y’a des zombies et que ca me rappelle Left 4 Dead 2 que j’avais adoré.

      X-Com 2, j’ai vu un pote y jouer, pas trouvé les temps de chargements si longs que ça… Y4a peut-être eu des patchs pour améliorer ce point là remarque…

  2. Je teste de temps en temps des AAA, mais soit quand ils sont en promo pas bien cher (genre max 20 euros, comme récemment pour Far Cry 5), soit quand ils me tentent vraiment (en Juin, y a The SInking City inspiré de Lovectaft qui sort, et Judgment par l’équipe des Yakuza, bon après, ce sont vraiment des AAA, ou plutôt des AA? lol). En terme de zombies, y a l’exclu PS4 Days Gone qui peut-être sympa bien qu’étant générique au possible, j’attendrais pareil une grosse promo a 20 boules pour tenter l’aventure.

    X-Com 2 j’avais trouvé les temps un peu longs dans les vaisseau quand tu pars en mission, enfin sur la fin, car au début je trouvais la musique épique du coup j’étais à fond 😀 Mais oui peut-être des patchs depuis. Par contre je te le conseille vivement ce jeu. Impitoyable, mais génial.

  3. Days Gone, j’ai lu pas mal de trucs négatifs dessus. Donc zombies ou pas, je vais faire l’impasse. En termes de zombies, j’ai plusieurs trucs qui m’attendent… En plus exclu PS4 lol. X-Com 2, ce qui me rebute en fait, c’est l’univers. Les tacticals que je fais ont souvent un univers bien particulier, là par exemple celui là avec des mutants dans un monde post-apo. X-Com, j’ai l’impression que à part les combats, qui ont certes l’air bien, y’a pas grand chose autour…

    1. Il divise pas mal, mais apparemment, il est pas si mauvais que ça hein. Juste assez générique et n’inventant rien, mais plutôt sympa. Donc en promo, why not.
      X-Com 2 pourtant a pas mal de choses à proposer, pas mal de thèmes intéressants abordés dans son histoire, et aussi la gestion de la base, le temps limite pour la construction du projet de nos ennemis. Enfin, j’ai un test de côté, je mettrais ça bientôt.

      1. je verrais si jamais je ne trouve plus de tacticals à mon gout ^_^

      2. Alors moi Days Gone, outre le fait que je me fous des zombies, ça ne m’attire pas pour le côté “monde ouvert”.
        ça a beau être un argument de vente aujourd’hui, je préfre largement un jeu couloir bien fichu, prenant, avec une bonne histoire, qu’un jeu “ouvert” ou tu ne fais que flaner et tuer des trucs comme dans un bac à sable.
        Je me fais chier très vite dans ce genre de jeux.

        1. Ah ça je le disais dans ma critique de Generation Zero, faire un bon monde ouvert, vivant, c’est ultra difficile. Il y en a des très bons, des vivants, des mondes ouverts où il se passe des choses sans que tu sois agressé en permanence, mais c’st limite plus difficile à faire qu’un jeu couloir. Un jeu couloir, comme ton intrigue et tout le reste est assez resserré, dans les lieux, propos et tout, ce que les dev veulent faire ne s’éparpillent pas. Un monde ouvert, ben comme il faut faire toujours plus grand, ça s’étire, ça devient souvent vide. Pour ça que ça ne me dérange pas, mais que bon, Days Gone, ce sera en promo pour pas cher.
          J’ai vu une vidéo très intéressante l’autre jour qui comparait les mondes ouverts aux mondes fermés et dits couloirs, et ils soulignaient via le remake de Resident Evil 2 un point très intéressant : le jeu est fermé, on évolue longtemps dans le commissariat, ce qui permets aux développeurs de soigner le design et de mettre de la vie dans les décors, de les rendre réalistes dans ce que les pièces contiennent, et ça permet aussi au joueur à force d’y évoluer de retenir la géographie et de se sentir presque “chez lui”. Et c’est un excellent point pour ce genre de jeux en effet. La connaissance de la map à force d’y évoluer.

          1. Je crois hélas que la technique du monde ouvert c’est aussi une façon artificielle de rallonger la durée de vue. Le temps que tu passes à parcourir les maps trop grandes…pour arriver à un endroit ou il faut tuer 3 mecs, et hop on continue à parcourir la map pour vider des campements de vilains…
            Mais quel ennui !

  4. A propos de jeux indé, quelqu’un a testé Battle chef brigade ?

    1. Pas du tout le genre de jeu qui m’attire ^^

    2. Ah bon ? Il y a un peu de gestion/puzzle pourtant.
      Et une jolie direction artistique à base de dessins pour les décors.
      ça semble marrant.

      1. Je ne suis pas super fan des puzzles façon match3 à vrai dire…

        1. Ok.
          Je me demande si Rick connait. Il a testé Metropolis qui utilise ce genre de puzzles.
          Et là il y a des phases de bastons pour récupérer la bouffe aussi.

          1. Je n’en ai jamais entendu parler, je vais aller y jeter un oeil (après un petit café car le réveil par le chat là fut brutal)

            1. Ah toi aussi t’as un chat qui te réveille…

              1. Ouais, il adore d’ailleurs le faire hyper tôt les jours où je commence le taf hyper tard, ce qui fait que je commence à bosser déjà crevé (je commençais à 15h aujourd’hui…). mais ça reste mon chachat d’amour 😀

              2. On leur pardonne tout à ces saligauds qui se croient les rois^^

                T’as jeté un oeil au jeu alors ?

  5. Je viens de jeter (avec 3 jours de retard, mais j’étais assez occupé au taf, je devais former quelqu’un pour me remplacer, et ça ne l’a pas fait…).
    Ça a l’air sympa en terme de gameplay, après pas sûr qu’en terme d’intrigue ça me botte vraiment, mais ça peut se tenter un jour, surtout qu’il doit pas coûter bien cher. Par contre là j’ai profité des promos sur le PS Store sur les jeux Japonais pour me prendre quelques JRPG, car quoi de mieux que de prendre des jeux mégas longs quand on a peu de temps 😀

    1. Bon bah moi je l’ai pris^^ C’est tout mignon, l’intrigue semble même travaillée pour ce type de jeu. Histoire d’épidémie dans un monde ou les guerriers cuistots chassent des monstres, tout ça.

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