[Jeu Vidéo] Bomb on Pixel City (2011 / iPhone)

Aux commandes d’un avion de guerre, vous devez bombarder des bâtiments ennemis tout en évitant d’arroser les habitations civiles et autres hôpitaux situés aux alentours. En fonction de l’ordre dans lequel vous toucherez vos cibles, vous gagnerez plus ou moins de points. Oui, dans BOMB ON PIXEL CITY, le scoring est au gameplay ce que le pixel est aux jeux vidéo !

Avis de Oli :
BOMB ON PIXEL CITY est le premier jeu développé par Gamopat, un site/blog dédié au retrogaming. Un site de qualité, qui est hélas souvent visité par des trolls assoiffés de débats stériles sur la current-gen. Enfin bref, je ne partage pas la ligne éditoriale « current-gen » de Gamopat, mais personne n’est parfait, comme on dit…

Vous le savez peut-être, pour moi l’iPhone (et ses dérivés) c’est le support de Satan, quand il s’agit de jouer aux jeux vidéo. La maniabilité tactile n’est quasiment jamais adaptée, et pourtant beaucoup de joueurs et d’éditeurs semblent s’y retrouver (tu m’étonnes vus les coups de production). En gros, parce que les jeux ne sont pas chers (voire parfois gratuits), les joueurs leur pardonnent souvent leur manque de profondeur, de maniabilité ou de finition. Si on proposait à ces mêmes personnes de bouffer du MacDo tous les jours gratuitement, ils accepteraient certainement pour éviter de mettre la main à la poche et ainsi profiter d’un vrai repas équilibré. L’iPhone c’est donc un peu tout ça à la fois : le fastfood du jeu vidéo, le cheap gaming de l’écran tactile. Sur moi cette sauce grasse n’a pas pris : si jouer à un jeu gratuit soulage en effet le portefeuille de temps à autres, il n’épargne pas pour autant ce que j’ai de plus précieux : mon temps libre. Et il est hors de question que je perde une poignée d’heures (voire même quelques minutes) sur un jeu moyen au prétexte qu’il est bradé ou gratuit.

C’est donc avec un brin d’appréhension que j’ai acheté BOMB ON PIXEL CITY…mais mes doutes furent rapidement balayés d’un revers de pixel. Le jeu produit par Gamopat Studio, vibrant hommage aux machines d’antan (et en particulier l’Atari 2600), cumule en effet deux qualités rares pour un titre développé sur Smartphone : il a vraiment été pensé pour le support tactile en simplifiant les commandes à l’extrême, tout en enrobant le tout d’une réelle profondeur dans le gameplay. Simplicité et efficacité.

Vous êtes ainsi prétendument aux commandes d’un avion devant bombarder les installations ennemies. Je dis bien « prétendument » car en fait vous ne le contrôlez pas vraiment : votre zingue navigue automatiquement de la droite vers la gauche suivant une vitesse préréglée (sur un écran fixe), et si vous touchez le bas de l’écran l’avion lâche une bombe (vous ne pouvez pas mitrailler, les bombes tombent une à la fois), si vous touchez le haut de l’écran l’appareil pousse une petite accélération. C’est tout. Et c’est largement suffisant ! Il vous faudra donc jouer sur le timing pour toucher vos cibles en évitant bien évidemment les dommages collatéraux (maisons, hôpitaux) qui vous pénaliseront de quelques dizaines de points. Et perdre des points n’est pas si anecdotique que cela quand on sait que tout le jeu est axé autour du scoring, à l’ancienne j’ai envie de dire : vous pouvez ainsi réaliser des combos en bombardant plusieurs fois de suite le même bâtiment (et donc bénéficier de multiplicateurs de points) ou encore shooter des cibles mouvantes (rares) comme des ovnis pour toucher le jackpot. Là où la tâche se complique, c’est que vous n’êtes pas seul : des batteries anti-aériennes vont faire leur apparition à mesure que vous progresserez dans le jeu, et il vous faudra donc bien connaître leur cadence de tir pour éviter de finir en feux d’artifice (en gros cela revient à apprendre par cœur leurs semblants de pattern, à l’ancienne je vous dis !).

Autre détail important qui apporte beaucoup à ce gameplay ancestral (copyright Gamopat) : le fuel, ou plutôt sa rareté ! Votre avion ne dispose en effet que de réserves limitées : il démarre ainsi son bombardement tout en haut du ciel, mais se rapproche petit à petit très dangereusement du plancher des vaches. Prenez garde, donc, car à la fin votre avion n’atari pas : il s’écrase ! S’il ne s’agit pas d’un problème insurmontable au début, l’absence de fuel vous placera rapidement au beau milieu de situations inextricables où vous devrez faire des choix très graves en l’espace de quelques secondes (en particulier après le dixième niveau) : abandonner le bombardement d’un même bâtiment (et donc dire au revoir aux combos) pour vous attaquer à un autre immeuble duquel vous vous rapprochez irrémédiablement, voire même prendre la décision sadique de lâcher quelques bombes sur un hôpital pour éviter de vous encastrer dedans (oui les gars de Gamopat Studio vous poussent à flinguer quelques civils pour sauver votre peau : à quand un ZELDA avec Link utilisant la Princesse comme bouclier humain ?!).

Aussi incroyable que cela puisse paraître, BOMB ON PIXEL CITY propose donc un gameplay vraiment sympa malgré sa simplicité apparente : les semblants de pattern des batteries anti-aériennes et surtout des ovnis-bonus à connaître quasiment par cœur (le « semblant » est important, car les réflexes et l’anticipation sont finalement plus importants, c’est presque une affaire de rythme !), un zeste de stratégie avec le choix des cibles qui devient de plus en plus critique à mesure que votre avion se rapproche du sol, et en tout et pour tout uniquement trois vies à disposition pour ajouter un peu de stress à l’ensemble : BOMB ON PIXEL CITY n’a, en effet, rien d’un soft pour casual gamers. Des casual gamers qui ne comprendraient pas, de toute manière, pourquoi le jeu tourne en boucle après le dixième niveau (mais il accélère aaargh !) et pourquoi il n’a donc (sans doute) pas de fin. Au contraire, ça ne dérangera pas les adeptes du scoring qui ont commencé à jouer dans les années 80, et qui pourront ici viser la tête du classement en ligne. Les graphismes aux gros pixels (lisses, c’est pas du tube cathodique, hein) en hommage à nos vieilles machines avec de superbes gros pâtés de couleurs chatoyantes, alliés à des sons super mignons et à une musique atariste (signée StaxX) absolument géniale (elle tourne en rond mais ne prend jamais la tête : quasiment hypnotique), donnent à BOMB ON PIXEL CITY un arrière goût de drogue douce (car elle fait du bien) mais qui frappe dur (puisqu’on ne peut pas en décrocher).

Pour moi il s’agit tout simplement du meilleur titre sorti sur iPhone depuis le très dépouillé BUBBLE BALL. Typiquement le genre de jeu, où le scoring est le nerd de la guerre, qu’il convient de ne pas emporter avec soi aux toilettes, en particulier si vous souhaitez devenir le Roi du classement online ; vous risqueriez en effet de ne pas décoller de votre trône !


Conclusion :
Des pixels, une musique (presque) d’époque, des parties essentiellement axées autour du scoring, une difficulté réelle malgré une apparente simplicité, des stages bonus, des petits tableaux fixes à connaître sur le bout des doigts (c’est le cas de le dire avec un écran tactile), des clins d’œil aux anciens (pas de pause sur ce jeu car il n’y avait pas de pause sur Atari 2600 !) : oui BOMB ON PIXEL CITY constitue, pour moi, la grosse sensation du moment sur iPhone. Voici, enfin, un jeu vraiment jouable sur la petite machine d’Apple. Et un jeu qui ne prend pas ses joueurs pour des cons puisque dans BOMB ON PIXEL CITY vous ne serez aucunement assistés, et il vous faudra donc maitriser pas mal de paramètres différents pour vraiment progresser dans le classement en ligne : oui BOMB ON PIXEL CITY dispose d’un gameplay propre…le jeu a une âme (renforcée par ses graphismes et sa musique). Mon seul petit regret étant le faible nombre de niveaux à disposition : dix, puis le jeu recommence avec une difficulté plus élevée car votre avion va plus vite (et est-ce que j’ai trop bu ou alors j’ai bien entraperçu Superman ?! – extra life et démultiplicateurs de points à la clé). Tout cela n’est pas très grave, cependant : BOMB ON PIXEL CITY demeure un must-have absolu pour tous les gamers avides de scoring à l’ancienne. Comme le dirait Gamopat : un véritable cadeau à tous les vieux barbus des années 80 !

Titre : Bomb on Pixel City
Année : 2011
Studio : Gamopat Studio
Editeur : Gamopat Studio
Genre : pix-hell

Joué et testé sur : iPhone
Support : AppStore


Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège).

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