[Film] Timebomb, de Avi Nesher (1991)

Le Colonel Taylor charge des tueurs de retrouver Eddie Kay, que la CIA croyait mort au Vietnam. Mais Kay, qui découvre qu’on essaie de l’assassiner, a peu à peu des hallucinations. Aidé par une psychothérapeute, il se rend compte qu’il a été victime de manipulations psychiques.


Avis de Rick :
Timebomb, c’était, comme Krull, un lointain souvenir de jeunesse. Mais, comme le film précité, un excellent souvenir de jeunesse, et je me disais bien qu’un jour, je le reverrais, avec grand plaisir, et tant pis si le poids des années n’est pas tendre avec lui. Et bien je l’ai revu, et c’était bien sympa. Et avec, forcément, quasi 30 ans de culture cinématographique en plus dans les dents, on peut même dire que Timebomb était précurseur d’une grande, enfin, d’une saga inégale mais bien sympathique, à savoir les Jason Bourne. Oui il sera question ici d’un ancien agent, amnésique, pourchassé par des tueurs de l’organisation, et qui se surprend souvent à savoir faire des arts martiaux, se servir d’armes à feu et à se sortir de situations folles. Le tout avec violence et générosité puisque Timebomb n’est pas un blockbuster, mais une série B d’action au budget de seulement 6 millions de dollars, et qui aura eu à l’époque le grand prix au festival d’Avoriaz en 1992, rien que ça. Il faut dire que le film est le bébé de Avi Nesher, réalisateur Israélien, récemment adulé par les critiques pour des films d’auteurs, mais qui avait commencé dans les années 90 à tourner des séries B en Amérique. Bon, on lui doit aussi le nanar She en 1984, mais dans les années 90, on lui doit surtout ce Timebomb, Doppelganger (Le Double Maléfique) avec Drew Barrymore nue et couverte de sang, ou encore Savage pour rester dans la série B d’action. Et ici, avec Timebomb, et malgré un budget plus que serré vu le scénario et ses nombreuses fusillades, il se fait clairement plaisir, donne dans le R-Rated, et s’entoure d’un casting de bonne gueule avec dans les rôles principaux Michael Biehn (Terminator, Aliens), qui garda d’ailleurs son rôle en réduisant son salaire, les producteurs voulant Chuck Norris ou Jean-Claude Van Damme pour le rôle, et Patsy Kensit (L’Arme Fatale 2).

Alors dans les faits, Timebomb n’a rien d’un grand film. C’est un actionner un brin bourrin comme le début des années 90 nous en donnait. Un homme, seul, surentraîné et qui ne comprend pas ce qui lui arrive, pourchassé par un groupe de tueurs qui rate à chaque fois sa cible pour une raison X ou Y, et parfois même des raisons stupides mais il faut bien que le film dure 1h30. Pendant 1h36, ça ne s’arrête pas une seconde, ça commence dans un immeuble, puis on a une fusillade dans un parking, des tentatives d’assassinat dans la rue, des combats rapides, de nouvelles fusillades. Et même, clou du spectacle, une fusillade plutôt violente et radicale dans un cinéma diffusant un film X. Ah ça, on ne verra plus ça dans un film de cinéma en 2020 ! Timebomb, c’est une généreuse course poursuite sur toute la durée, avec un scénario qui certes ne va parfois pas plus loin, mais en y regardant de plus près, c’est un peu le cas ensuite avec les Jason Bourne, bien qu’au fur et à mesure des épisodes, on y ajoute des vengeances ou autres complots. Timebomb, c’est juste un homme cherchant à survivre tout en comprenant son passé. Passé qui ramène encore à Jason Bourne d’ailleurs, avec son entrainement pour faire des missions pour le gouvernement, l’effacement de son identité et donc de son existence, un lavage de cerveau, et ce jusqu’à son amnésie. Et malgré son budget plus que limité, l’ensemble tient plutôt bien la route et à de la gueule, le réalisateur faisant le choix le plus souvent du réalisme pour marquer plutôt que de la scène d’action choc, bad-ass mais totalement impossible.

En réalité, le seul gros souci de cette modeste production de série B, c’est le décalage entre certaines situations et son côté qui se veut réaliste. Le groupe de tueur envoyé après notre pauvre Michael Biehn sont parfois vraiment, mais vraiment peu doués. Ils ont beau s’y prendre à plusieurs dans un parking en étant armés de fusils à pompe, ils tirent à côté. Ils le renversent lors d’un trajet en vélo, mais s’en vont avant de vérifier si l’homme est vraiment mort ou juste, ben, renversé. Du coup, avec le recul, il faut bien avouer que certaines situations peuvent prêter à sourire. Ce qui n’est pas le but du film bien entendu. On peut mettre ça sur le petit budget du film, ou tout simplement sur son statut de série B, ou sur une certaine naïveté générale dans le ton. Il est également plutôt difficile de croire à la relation entre Michael Biehn et Patsy Kensit, jouant une psy, et qui se retrouvera bien malgré elle poursuivie par les tueurs, et qu’il faudra, du coup, sauver à plusieurs reprises, comme le veut le cliché de l’époque. Et qui du coup, aura forcément une scène assez chaude avec son sauveur, scène d’ailleurs qui, d’après certains dires, n’était pas dans le scénario mais fut ajouté à la demande des deux acteurs qui y voyaient là un développement de la relation explosive entre les deux personnages. Mais au final, ce petit côté naïf et série B donne un charme certain au film, qui demeure un très bon divertissement pour peu que l’on ne réfléchisse pas trop. Rythmé, violent, précurseur dans un sens. Parfois maladroit, mais divertissant.

LES PLUS LES MOINS
♥ Michael Biehn en héros bad-ass
♥ Un film violent qui se veut réaliste
♥ Rythmé et plein d’idées
♥ Patsy Kensit, mignonne comme tout
⊗ Des tueurs parfois pas vraiment doués
⊗ Quelques petits moments moins crédibles
note2
Timebomb, c’est Jason Bourne 10 ans avant Jason Bourne. Plus fauché, mais également plus réaliste dans son approche de l’action, il demeure une très honnête série B malgré quelques petits défauts ci et là.



Titre : Timebomb

Année : 1991
Durée :
1h36
Origine :
U.S.A.
Genre :
Action
Réalisation : 
Avi Nesher
Scénario : 
Avi Nesher
Avec :
Michael Biehn, Patsy Kensit, Tracy Scoggins, Robert Culp, Richard Jordan, Raymond St. Jacques et Billy Blanks

 Timebomb (1991) on IMDb


Galerie d’images :

5 1 vote
Article Rating

Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
S’abonner
Notifier de
guest

16 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Inline Feedbacks
View all comments