[Film] The Toxic Avenger, de Michael Hertz et Lloyd Kaufman (1984)


Melvin Ferd, technicien de surface dans une piscine, est le souffre-douleur de la bande à Bozo, psychopathe dont le passe-temps consiste à écraser des enfants avec sa voiture. Tombé dans une embuscade destinée à l’humilier publiquement, Melvin prend la fuite, se défenestre et tombe dans un fût radioactif transporté par un camion arrêté à cet endroit, ce qui le transformera en un monstre hideux et surpuissant. Il deviendra justicier sous le surnom de Toxic Avenger. Mais le maire de la ville, parrain d’une mafia locale, voit d’un très mauvais œil l’arrivée de ce super-héros.


Avis de John Roch :
Fondée en 1974 par Michael Hertz et Lloyd Kaufman, la Troma était à la base spécialisée dans les comédies à l’humour bien gras à destination des adolescents. Ce n’est qu’en 1984 que la firme la plus folle de la planète va trouver les ingrédients qui feront ” l’esprit Troma”, à savoir du gore, du cul, un doigt d’honneur au politiquement correct et une critique de la société américaine sous toutes ses formes, le tout avec un budget restreint qui ne cesse de fondre comme neige au soleil depuis plus de trente-cinq ans, avec The Toxic Avenger, le premier super héros du New Jersey, rien que ça. Et comme tout premier film sur un super héros au cinéma, The Toxic Avenger est une origin story.

Celle du chétif et pas très beau Melvin, technicien de surface d’une salle de sport. Victime d’une mauvaise blague d’un gang de psychopathes qui reprennent les règles de la course à la mort de l’an 2000 lors de leurs virées en bagnole, il se retrouve la tête la première dans un fût de déchets radioactifs, et se transforme en Toxic Avenger, ce qui lui amène une force surhumaine, mais le rend encore plus moche, plus efficace que monsieur propre, et plus dangereux que le fisc (dixit l’affiche Française d’époque !). Entre deux parties de jambes en l’air avec Sarah, sa petite amie aveugle, armé de son balai serpillière, il va nettoyer Tromaville de ses criminels et mettre un terme aux agissements du maire corrompu de la ville, tout en se vengeant des responsables de sa mutation.

Amis du politiquement correct, passez votre chemin. The Toxic Avenger donne dans la comédie bien débile, voire limite cartoonesque, avec ses figurants surjouant au-delà du raisonnable, et une galerie de personnages pittoresques. Car à Tromaville, on trouve des travelos adeptes de la tatane, des gangsters adeptes de la torture à base de cigares, un chef de la police visiblement descendant du troisième Reich, et les petites vieilles en apparence bien sous tous rapport sont en vérité des pontes de la mafia ! Et puisque cela ne suffit pas, le film est gore à outrance : têtes écrasées, membres divers et variés arrachés, énucléation, et d’autres joyeusetés sont au programme, le tout avec des effets impeccables pour une petite production, orchestrés par Jennifer Aspinall, petite princesse des SFX dans les années 80 (on la retrouve au générique d’autres perles comme Street Trash, Psychos in Love, ou Spookies) dont la carrière prendra un autre tournant quand elle sera embauchée par le Saturday Night Live.

Malgré son budget restreint (on parle de 500.000 dollars), Lloyd Kaufman blinde son film de scènes d’actions et de cascades spectaculaires, dont une poursuite automobile (en accéléré) et diverses bastons dont une dans un restaurant étonnamment bien chorégraphiée et mise en scène. Certes on est loin des Sammo Hung et Yuen Woo-Ping de la grande époque, mais l’effort est considérable et mérite d’être souligné.

Si dans la forme, le film tient de la perfection (l’auteur de ses lignes assume ces propos), et que le film va parfois loin dans le trash (les enfants, tout comme les chiens ne sont pas épargnés, ce qui est pour ces derniers un genre de blasphème cinématographique aux States, on touche pas aux toutous !), on regrettera tout juste que Lloyd Kaufman n’aille pas au bout de ses idées. En effet, si un discours écologique plane tout au long du film, on sent qu’il avait quelque chose à dire sur cette Amérique dans laquelle le culte du corps et de la beauté était roi, sans pour autant arriver à l’exprimer.

LES PLUSLES MOINS
♥ La naissance de l’esprit Troma
♥ Un film généreux, au vu des limites budgétaires
♥ Le mélange humour/gore qui fonctionne à merveille
⊗ Un discours sur la société d’alors en retrait
Premier gros succès de la Troma, The Toxic Avenger fut un mini phénomène et a engendré un dessin animé, un jeu vidéo, une série de comic books chez Marvel, mais aussi trois suites sur lesquelles nous reviendrons bientôt, en attendant le remake à gros budget qui tient désormais de l’arlésienne, auquel fut un temps rattaché Arnold Schwarzenegger. Voir John Matrix aux côtés du vengeur toxique, voilà une idée qui fait rêver…

LE SAVIEZ VOUS ?
• Pendant le tournage, un clochard a volé une arme factice dans une caravane et a menacé l’équipe.
• Larry Sulton, qui joue Franck, n’avait qu’un bras. Lors de la scène du restaurant, son bras droit est une prothèse, on ne le voit jamais la bouger ou l’utiliser.
• Le mouton que doit embrasser Mark Trogl était infesté par des poux, ce qu’il n’a découvert qu’à la fin du tournage de la scène.
• Patrick Kilpatrick, qui joue Leroy, a quitté le tournage après avoir eu à braquer une petite fille avec un fusil à pompe.


Titre : The Toxic Avenger / Toxic
Année : 1984
Durée : 1h22
Origine : U.S.A
Genre : The first avenger
Réalisateur : Michael Hertz, Lloyd Kaufman
Scénario : Lloyd Kaufman, Joe Ritter

Acteurs : Mark Torgl, Mitch Cohen, Pat Ryan, Andree Maranda, Robert Prichard, Jennifer Babtist, Gary Schneider, Cindy Manion, Cindy Manion, Dick Martinsen

 Toxic (1984) on IMDb


John Roch
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Cherycok
Administrateur
24 septembre 2020 8:15

Je souhaite la bienvenue à notre nouveau chroniqueur John Roch qui nous prouve avec sa première chronique qu’il est un homme de goût. Il faut s’attendre à voir les 4 opus de Toxic Avenger si je comprends bien. Même si j’aime moins le 2 et le 3 (j’adore le 4), ca reste une saga de films que j’adore. C’est complètement con, irrévérencieux, politiquement incorrect, et j’adore ce côté fait avec les moyens du bord.

Merci pour cette première chronique en tout cas !

Rick
Administrateur
Reply to  Cherycok
24 septembre 2020 8:29

Rah malédiction, moi qui comptais écrire sur les 4 avec la sortie du coffret Blu-Ray 😀 Trêve de plaisanteries, bienvenue à toi John Roch 😉 Et bon choix pour ta première review ici.
Bon, par contre, moi ce n’est pas que j’aime moins les 2 et 3, c’est que j’aime moins le 2 et avait totalement détesté le 3 que je n’ai du coup pas revu depuis bien 10 ans, et ne compte pas le revoir. J’adore le 1, j’adore le 4, j’aime bien le 2, mais le 3, rien à faire, ça n’est jamais passé. Pas les meilleurs Troma même si sans doute parmi les plus cultes, je préfère Tromeo & Juliet ou Terror Firmer ^^

Cherycok
Administrateur
Reply to  Rick
24 septembre 2020 9:09

Tromeo et Juliette est excellent. Après je suis un grand amateur de Poultrygeist également, ou encore de Sgt Kabukiman. Bon, et bien d’autres. Redneck Zombies m’avait fait délirer, Beware children at play également. Par contre, jamais vu Terror Firmer. Je l’ai chopé y’a pas longtemps pour me le faire car je n’ai jamais eu l’occaz de le voir.

Rick
Administrateur
Reply to  Cherycok
24 septembre 2020 9:25

Tromeo, tout comme Poultrygest, j’avais pris les Blu-Ray zone 0 il y a un bail, j’adore ces deux films. Sgt Kabukiman j’aime bien aussi, c’est plus léger, ça reste sympathique. Terror Firmer pfiou, ça doit bien faire 15 ans que j’ai le dvd US.

Rick
Administrateur
Reply to  John Roch
25 septembre 2020 10:49

Je te pardonne et te laisse tous les Toxic Avenger alors haha. Mais démonte le 3 comme il faut !

Feroner
Administrateur
24 septembre 2020 12:56

Bienvenue John Roch.
Jamais entendu parler de ces films. Ca m’a l’air plutôt cool.

Cherycok
Administrateur
Reply to  Feroner
24 septembre 2020 13:13

C’est le “super heros” emblématique de la firme Troma. Après, Troma, si tu ne connais pas, c’est super particulier hein. Mais si on adhère au délire, c’est excellent.

Iris
Administrateur
25 septembre 2020 10:43

Bienvenue John Roch et merci pour cette première critique. Heureusement qu’il reste des gens pour parler de ces chefs d’œuvre du septième art trop souvent ignorés 😉

Cherycok
Administrateur
Reply to  Iris
25 septembre 2020 10:53

Roh, ma femme qui fait des blagues sur un genre de cinéma que j’apprécie, c’est moche ça ^_^

Iris
Administrateur
Reply to  Cherycok
25 septembre 2020 11:00

Du tout, du tout! c’est grâce à ça que je découvre des films apparemment cultes que je n’aurais jamais soupçonnés. J’ai toute une culture à découvrir.

pti denis
28 septembre 2020 18:40

Bienvenue John Roch et bravo pour ta chronique 😉
Le 1er Toxic est mon Troma préféré. J’aime pas le 2&3 mais le 4 est vraiment sympa.

Mais le 1 est trop trop bon, un délire trop fun (le rythme est hyper bien géré) et bien musclé ^^

Cherycok
Administrateur
Reply to  pti denis
29 septembre 2020 8:56

Tu l’as vu Poultrygeist ? Car il vaut son pesant de cacahuètes aussi ^_^

pti denis
Reply to  Cherycok
29 septembre 2020 19:03

Oui vu, très gore mais tout comme Atomic college, ça ne vaut pas le 1er Toxic (qui est sûrement moins gore mais tellement plus fun). De toute façon je ne suis globalement pas fan de Troma. J’ai souvent le même problème avec leurs films : c’est gore et marrant oui, mais le rythme est souvent à la ramasse, du coup je m’ennuie bien vite devant leurs délires. Toxic 1 & 4 sont les exceptions.

Faze
Faze
Reply to  pti denis
30 septembre 2020 1:16

Bienvue à toi John !

Comme Denis , pas spécialement fan des Troma même si j’avoue avoir apprécié Kabuki Man (gentillement crétin et innofensif) et ce Toxic Avengers ici présent , qui sent bon les années 80 et le plutonium.
Le problème des Troma , c’est qu’il ont souvent des titres et des pitchs délirants (Surfers nazi must die … rien que ce titre me fait rêver mais quel film mou au final) mais un scénar sur lequel ils brodent et font du remplissage ,un humour pataud et lourdingue pas toujours maitrisé (n’est pas Dumb and Dumber qui veut !), quand l’intrigue n’est tout simplement pas décousue et bancale …

Reste donc ce Toxic Avengers , qui tient malgré tout la route , surtout grâce à un anti-héro neuneu et attachant et sa douce moitié gauche et maladroite comme pas permis.
Sans oublié l’inévitable bande de punks et le maire bien dégueulasse juste comme il faut. (qui à crié “Pléonasme” ?)
Ses effets spéciaux bien craspecs qui tiennent encore bien la route malgré les budgets souvent dérisoires chez Troma et sa bonne humeur communicative.

Bref , si je suis pas un grand fan des productions Troma , je comprend sans problème que cette bobine soit devenue culte.

Rick
Administrateur
Reply to  pti denis
30 septembre 2020 21:42

Alors, en général, j’adhère beaucoup à l’esprit Troma. Poultrygeist, Tromeo & Juliet, les Toxic, Terror Firmer, j’aime beaucoup. Mais j’ai vu les deux derniers métrages de Kaufman, les deux volumes de Return to Nuke’em High, et c’est moins passé. Je sais pas, trop de gore, de sexe, moins de choses nouvelles, ça fonctionne moins sur la durée.