[Film] Tennessee Buck, de David Keith (1988)

Ken Manchester, un riche Américain, décide d’emmener sa toute nouvelle épouse Barbara en Afrique pour un safari. Lorsque leur guide disparaît, la providence met sur leur chemin un homme qui s’est toujours moqué du danger, le légendaire Buck Malone. Toujours à la recherche d’aventures et d’émotions fortes, Ken lui demande de les conduire sur les traces du tigre blanc… Mais au cœur de la jungle infestée de cannibales, le petit groupe est capturé par des indigènes affamés et va devoir affronter son plus grand défi…


Avis de Cherycok :
Les films cultes lancent souvent une mode et donnent naissance à tout un tas de copies plus ou moins réussies, souvent fauchées, pour le plus grand plaisir de l’amateur de bisseries qui sommeille chez certains d’entre nous. Bien entendu, on pourra citer Mad Max 2 de Georges Miller ou encore le Zombie de Georges Romero, New York 1997 de Carpenter dans une moindre mesure, ou même Star Wars qui a enfanté de quelques Starcrash et autres Ice Pirates. Mais s’il y a un cinéma d’exploitation dont on parle moins, c’est celui qui est né avec la saga Indiana Jones de Steven Spielberg. Certes, vous êtes peut-être déjà tombés sur une diffusion télé sur une chaine de la TNT d’un Allan Quatterman avec Richard Chamberlain ou Le Temple d’Or avec Chuck Norris, mais là je vous parle de bobines bien plus obscures. Vous savez, ce genre de films à la jaquette reprenant la typographie et le style de celles de Indiana Jones, histoire de tromper le spectateur un peu trop crédule mais qui se rendra compte de la supercherie très rapidement, dès les premières secondes, mais ah ah, c’est trop tard, tu as acheté ton dvd à 1€ dans un bac à solde ! The Further Adventures of Tennessee Buck fait partie de ces films, un des nombreux avatars indianajonesques qui ont cru qu’un héros avec un chapeau, une jolie pépète, une jungle et des cannibales suffiraient à faire illusion. Tennessee Buck, ce n’est pas bon, et même en le regardant d’un œil amusé, il peine à basculer dans le nanar.

Tourné au Sri Lanka pour un budget sans doute très réduit, avec toute une tripotée d’acteurs plus ou moins locaux, ou plutôt de locaux plus ou moins acteurs, Tennessee Buck est l’œuvre d’un certain David Keith, acteur à la filmographie impressionnante (pas moins de 116 rôles à son actif) vu dans U-571 (2000) ou encore dans Brubaker (1980) s’étant essayé ici à la réalisation. Pourquoi un film d’aventure façon Indiana Jones quand on n’a pas de pognon tant l’exercice est casse-gueule, c’est la grande question mais bon, le bougre avait peut-être envie de se payer des vacances dans un pays exotique après tout. Mais bon, bref, pourquoi pas après tout.
Le film commence et donc, dès les premières secondes, la confirmation est là : on n’est loin d’Indiana Jones. Mais hey, reviens gamin, regarde, je te colle dans le générique une demoiselle très courtement vêtue avec une musique façon téléfilm érotique du samedi soir. Oui, on savait planter le décor à l’époque. Puis le héros arrive. Une sorte de déchet humain, alcoolique, sale, cynique, obsédé, qui fait du commerce de peau de crocodile et, soi-disant, meilleur chasseur de la planète. C’est à ce moment-là que le scénario du film est égaré. Oui, le film va tout miser sur son héros et ne développer aucune trame. C’est très exactement à la 42ème minute que je m’en suis aperçu. Ça cause, ça organise un safari, mais pas l’ombre d’une relique quelconque à aller récupérer, pas l’ombre d’en temple enfoui quelque part depuis des millénaires, ni même un animal sacré qu’il faudrait capturer, rien. Non, juste, au bout d’un moment, ils vont se faire capturer par des cannibales et voilà, bisous. En fait, on a l’impression que ce Tennessee Buck est plus une parodie, sorte de croisement entre Indiana Jones et un film de Bud Spencer et Terence Hill, le tout saupoudré de scènes érotiques bas de gamme. Mais aucun moyen de savoir si c’était l’intention de départ ou non…

On va donc assister, sans réellement ressentir quoi que ce soit, aux errances dans la jungle de notre héros, son assistant local et le couple (dont la bombasse du générique) s’étant payé un safari au pays des cannibales et autres réducteurs de tête. Soyons d’accord que quand on n’a pas de budget pour un film d’aventure, il faut donc miser sur l’humour. Ici, les gags sont souvent débiles, et surtout vus et revus, dont un semblant allègrement pompé sur Salut l’Ami Adieu le Trésor avec Bud Spencer et Terence Fill, autre film avec confrontation civilisation / indigènes sorti sept ans plus tôt. Notre Buck Malone va passer son temps à reluquer les donzelles dès qu’elles agitent un peu la fesse gauche, et picoler jusqu’à plus soif. Les dialogues, aussi quelconques qu’ils soient au demeurant, savent se faire parfois savoureux comme ce magnifique échange :

– « Comment peut-on tirer aussi bien (au pistolet) quand on a bu comme un trou ? »
– « Question d’entrainement, 4 à 5 heures par jour, 7 jours par semaine »
– « Vous vous entrainez au tir à ce point-là ? »
– « Non, je bois à ce point-là »

Magnifique. Ajoutez à cela des locaux qui jouent comme des pieds, une Kathy Shower (L.A. Goddess, Commando Squad) semblant se demander ce qu’elle fout là et qui manque de partir en fou rire à plusieurs reprises, une mise en scène fauchée pleine de faux raccords (un tournage sans doute à la va-vite), et un film qui tente de se la jouer épique par moment alors qu’il ne l’est aucunement, avec une fâcheuse tendance à tomber dans le ridicule. Ah ça, pour dégommer de l’éléphant d’un coup de fusil pour sauver une blondinette, il est balèze le Tennessee Buck, mais pour essayer de rendre le film en son honneur intéressant, il repassera !

LES PLUSLES MOINS
♥ Quelques dialogues croustillants
♥ Le personnage de Buck Tennessee
⊗ Aucun scénario
⊗ Un casting en roue libre
⊗ Aucune ambition
⊗ Court mais ennuyeux
The Further Adventures Of Tennessee Buck est un sous Indiana Jones bas de gamme, le genre de bobines que tu espères au moins voir tomber dans le nanar, mais qui ne s’y vautre réellement jamais. En résulte un divertissement sincèrement pas terrible…



Titre : Tennessee Buck / The Further Adventures Of Tennessee Buck
Année : 1988
Durée : 1h30
Origine : U.S.A / Sri Lanka
Genre : Indy du pauvre
Réalisateur : David Keith
Scénario : Paul Mason, Barry Jacobs

Acteurs : David Keith, Kathy Shower, Brant von Hoffman, Sydney Lassick, Stephen Davis, Sillaiyoor Selvarajan, Pearl Vasudevi, Sumita Mudannayaka

 The Further Adventures of Tennessee Buck (1988) on IMDb




















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Feroner
Administrateur
23 juin 2017 13:54

“avec toute une tripotée d’acteurs plus ou moins locaux, ou plutôt de locaux plus ou moins acteurs” joli.
Etcelui-la tu le connaît un sous terminator avec la même blonde
https://www.youtube.com/watch?v=OIjY2V5L76s
https://www.youtube.com/watch?v=tK4W3S7BCFA
Du nanar du vrai.