[Film] Souvenirs de l’Au-Delà, de Brett Leonard (1995)

Apres un accident d’automobile, Hatch Harrison, tombé dans un coma, est ranimé au bout de deux heures grâce aux soins d’une équipe chirurgicale hors pair. Seulement il ne revient pas seul de l’au-delà et la menace de ce double plane sur sa propre fille.


Avis de Rick :
Si le cinéma de genre a encore de très beaux restes dans les années 90, l’arrivée des nouvelles technologies n’aura pas apporté que du bon. James Cameron aura livré en 1991 Terminator 2, et c’est le choc. Tout le monde veut alors se lancer dans les CGI, pour un résultat plutôt… discutable. Anthony Hickox par exemple ne pourra s’empêcher d’en mettre partout dès Warlock 2. Et avec cette petite intro, nous arrivons au cinéma de Brett Leonard. Un réalisateur qui débuta à la fin des années 80 avec The Dead Pitt, renommé en France… Re-Animator Hospital. Un petit métrage fauché sympathique. Après ce premier essai, le voilà à la tête d’une production un peu plus fortunée, à savoir Le Cobaye en 1992. Et là, vous comprenez l’importance de mon introduction. Le Cobaye, ces effets tout pourris partout, ça en aura marqué plus d’un. Et bien trois ans plus tard, Brett Leonard se décide à se calmer avec Souvenirs de l’Au-Delà. Enfin, la plupart du temps, puisque justement, par moment, on sent des bribes revenir et c’est là que Souvenirs de l’au-delà se plante intégralement. Adaptant un roman de Dean Koontz, peu présent encore au cinéma (exception faite de la saga Watchers produite par Roger Corman), mais qui allait connaître un petit sursaut d’intérêt lors de ces années, Souvenirs de l’au-delà commence mal. Très mal. On nous présente dés l’introduction le grand méchant, qui tue sa mère, sa sœur, puis se suicide en offrande au diable. Forcément, il est très méchant, donc il s’habille en noir, porte des lunettes de soleil, et il écoute de la musique qui fait beaucoup de bruit. Et comme il meurt, il se retrouve dans l’univers tout numérique de l’au-delà. Comme introduction, on a connu mieux non ? Heureusement après, le film se calme en gros délire et opère un virage.

Un virage vers un film certes peu subtil et surtout très classique, qui peut se résumer à un gentil papa traque un tueur, mais qui se regarde. Surtout que le casting n’est pas dégueu. Jeff Goldblum joue comme à son habitude (donc il le fait bien) et campe un père de famille bien propre sur lui, Christine Lahti est convaincante dans le rôle de sa femme, la craquante Alicia Silvestone n’a pas un rôle bien développé à part celle de la fille qu’il faut protéger mais le fait bien. On notera également dans des seconds rôles la présence de Alfred Molina bien avant son rôle dans Spider-Man 2 ou de Rae Dawn Chong (Darkside) en voyante. Bref, une histoire hyper classique, des clichés en pagaille, mais un film plus ou moins rythmé, parsemé de quelques bonnes scènes, qui donne au métrage un certain capital sympathie. Rien ne viendra jamais rehausser réellement le niveau, tant on navigue d’un cliché à l’autre, d’un élément que les années 90 considéraient comme cool à un autre. Regina (Alicia Silvestone) forcément n’écoutera pas ses parents, ira dans un club, et là paf, super méchant avec ses lunettes de soleil. Super papa alias Jeff Goldblum a des visions du tueur depuis qu’il a été dans l’au-delà, mais c’est à double tranchant, puisque notre tueur verra aussi ce que super papa verra. Une course contre la montre se lance alors, plutôt classique dans sa narration et ses rebondissements prévisibles. Je ne sais pas comment est le roman de Dean Koontz, mais je suis persuadé qu’il reste plus développé. D’ailleurs pour l’anecdote, le film était produit par la boite de Dennis Quaid, qui en voyant le résultat final, a retiré son nom du film. Et ce n’est pas le seul, puisque devant le résultat, Dean Koontz demanda également à la production de retirer son nom du générique d’ouverture.

Mais malgré son côté classique, le métrage prend des airs de thriller plutôt sympathique, et même par moment plutôt solide pour que l’attention du spectateur ne se relâche pas. Mais ça, c’est pendant une heure de métrage (introduction mise à part bien entendu), puisque lors de son final, le film ouvre la porte à tous les clichés irritants et bien entendu à tous les CGI rebutants qui soient. Entre des révélations que l’on a vu venir depuis une heure, des acteurs qui en font des tonnes, des moments où l’on voudra frapper tel ou tel personnage pour ses mauvaises décisions, les flics finalement totalement inutiles de l’intrigue tellement ils ne servent à rien, puis vint le moment qui doit en mettre plein la vue, le duel entre super tueur et super papa. Pas de bol, le film, en pensant que cela donnera de l’ampleur à l’ensemble, change ce duel pour sauver une famille en duel entre le bien et le mal. Et comment manifester le bien et le mal ? Pas une boule orange pleine d’âme en CGI affrontant un chevalier tout dégueulasse et bleu en CGI. Merci film ! En plus d’être classique et cliché dans sa mise en image, le film fait le choix du sensationnel qui a hyper vieillit pour ouvrir et fermer son film, histoire de nous faire commencer dans la peur et de nous achever en gardant un mauvais souvenir de celui-ci. Difficile de conseiller donc le métrage, pas si mauvais que ça, mais bancal à tous les niveaux, et se plantant dés qu’il veut en mettre plein la vue.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un casting plutôt intéressant
♥ Classique mais souvent divertissant
⊗ Simpliste et beaucoup trop classique
⊗ Les clichés
⊗ Les CGI immondes
note8
Produit typique des années 90, avec l’usage des nouvelles techniques encore bancales (les CGI), Souvenirs de l’au-delà souffre de beaucoup de défauts, en plus d’être très classique et cliché. Mais l’ensemble reste regardable malgré tout la plupart du temps.



Titre : Souvenirs de l’au-delà – Hideaway

Année : 1995
Durée :
1h46
Origine :
U.S.A.
Genre :
Fantastique
Réalisation : 
Brett Leonard
Scénario : 
Andrew Kevin Walker et Neal Jimenez d’après Dean Koontz
Avec :
Jeff Goldblum, Christine Lahti, Alicia Silvestone, Jeremy Sisto, Alfred Molina et Rae Dawn Chong

 Hideaway (1995) on IMDb


Galerie d’images :

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

14 Comments

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  1. Ah les CGI … Les CGI ont beau avoir évolué et être moins flagrant, ils gâchent toujours autant l’immersion.

    Il suffit de regarder la trilogie du seigneur des anneaux puis celle du hobbit pour comprendre qu’il n’y a pas photo : les effets spéciaux “à l’ancienne” sont supérieurs en plus de couter moins cher.

  2. (Sorry pour le double post 🙂

    Pour le hobbit, je pense en particulier à ce passage là du film (dégueulasse au possible) : https://www.youtube.com/watch?v=T6JvWQFUwso

    Comme quoi, on se plaint des CGI des films HK mais les CGI des films “hollywood” ne sont guère mieux.

    Mais, ce qui semble le plus étrange c’est que le grand public ne se rend même pas compte que les CGI sont catastrophiques
    En même temps, c’est le même grand publique qui se régale de marvel, star wars 7-8-9, films comiques français et GOT donc, au final, rien d’étonnant.

  3. Et bien Carlos … je te trouve un poil aigri , même si dans le fond tu n’as pas tout à fait tort.
    Mais le vrai problème ne sont pas les cgi mais l’utilisation et l’abus qui en est fait.
    Car un film comme Zodiac de Fincher par exemple , est bourré de cgi mais dans un cadre de reconstitution et non pas juste là pour l’effet m’a s tu vu … où même un Forest Gump avec ses presques 25 ans , a pourtant très bien vieilli niveau visuel.

    Après je te rejoins tout à fait sur le fait que Hollywood en abuse pour la moindre raison … et je suis même pas sûr qu’une voiture qui explose soit moins chère à produire en cgi qu’en dur.

    Bref pour ma part je préconise plutôt des effets à l’ancienne quand les cgi sont pas nécessaire ou quand le budget l’exige.

    1. @Faze : Je suis aucunement aigri l’ami, j’ai juste une opinion divergente 😉 Perso, les CGI je ne posent pas de problèmes vu que je regarde plus aucun films mainstreams moderne –> les années 70/80/90 ont fournis tellement de bons films qu’il y a largement de quoi palier les daubes dont s’abreuve la masse.

      @Rick : En effet, les CGI sont utiles pour corriger certains défauts et par petites touches (ou dans de rares cas comme les space opéras). Mais c’est bel et bien leur utilisation moderne qui pose problème –> bientôt certains films seront tournés intégralement sur fond verts (c’est moins fatiguant pour les acteurs millionaires et ça créé de l’emploi pour les studios de la silicon valley 🙂

      1. En fait, même moi dans mes petits films, j’ai du utiliser des CGI pour corriger certains défauts involontaires : une ombre sur un mur que je n’aimais pas, un petit élément au coin de l’image qui n’était pas prévu et que personne n’avait vu.
        Après même niveau gros film, bon même si pas blockbuster, il y a le cas Blade Runner 2049, avec beaucoup de CGI mais pour agrandir les lieux ou des choses du genre. Et le résultat est beau (bon, avoir Roger Deakins en directeur de la photo ça aide aussi 😀 )

      2. Ok pas aigri alors , divergeant … hum je note mr Carlos.
        Juste que par écrit tu avais l’air d’un extrémiste anti-cgi.

        Après comme beaucoup ici le cinéma des années 70 à 90 c’est clairement mon préféré.
        Donc on pourra toujours se faire un petit Carpenter après s’être étripé sur la nécessité des cgi dans le cinéma hollywoodien !

  4. Ah oui et le film dans tout ça ???
    Vu sur canal+ a l’époque et aucun souvenir particulier , ni en bien ni en mal , ce qui en soit est encore plus triste qu’un mauvais souvenir.

  5. Au final pas mal de films utilisent des CGI pour effacer des éléments dans l’image, des petits défauts, ou pour agrandir un élément déjà présents ou le modifier.
    Comme dit Faze oui c’est l’utilisation abusive qui en est faite qui rend le tout souvent dommage, et qui fait que dans beaucoup de cas, on les remarque immédiatement.
    Après il y a aussi certains films qui requièrent leur utilisation pour des raisons X ou Y (euh, je sais pas, on va dire de mémoire comme ça – et au réveil, donc hard – Scott Pilgrim).

    Mais oui je suis aussi pour l’utilisation d’effets à l’ancienne. Je ne suis pas totalement contre les CGI, mais souvent on en fait n’importe quoi.

    Ah Faze, je l’avais aussi découvert sur Canal +, puis quand j’ai eu mon premier job et me faisait ma collection de DVD à l’époque, j’étais tombé dessus pas cher, donc hop. Mais oui, ni bon ni mauvais, juste la moyenne. Ça se voit et ça s’oublie.

    1. Premier job … collection dvd … tu parles de toi ou de moi ??
      Haha

      Et sinon c’est quoi cette histoire ? Tu es réa à tes heures perdues ? Un petit article ou une petite chronique sur les déboires et aléas du métier pourrait être sympa , ayant moi même assisté mes deux meilleurs amis sur pas mal de court métrage semi pro mais clairement fauché !

      1. Ahaha, des deux? 😉

        Je suis réal dés que le porte monnaie le permet, et j’espère bien y repartir cet été 😉 (c’est bien parti pour, je ne me casse pas le cul sur un job de merde bien payé pour rien)
        Sinon ben, il y a un article sur mon dernier film ici même : https://www.darksidereviews.com/film-aggression-de-rick-jacquet-2017/
        Pour les déboires, je crois que j’en parle furtivement dans les commentaires, mais je ne m’étale pas. Il y a eu des soucis, mais l’équipe est restée pour la plupart pro jusqu’au bout donc je ne me plaint pas ^^

        1. Merci , un peu surchargé jusqu’à la fin du week end mais je n’hésiterai pas à regarder celà d’ici lundi.

          1. Pas de soucis, un peu la même pour moi tu sais, je réponds là avant le taf, a 4h du mat quoi…

  6. J’arrive après 1 semaine de vacances et donc je rattrape tous mes comm de retard.
    J’ai moi aussi de plus en plus de mal (et ce deja depuis pas mal d’années) avec l’abus de CGI et les bouillies de pixels qu’on nous balance à la gueule.
    Bientot des films intégralement en fond vert ? C’est quasiment deja le cas quand on voit les derniers Avengers… Et punaise ce que ca me pique les yeux… Y’a des scènes, les acteurs sont paumés, et c’est tout bonnement dégueulasse visuellement (punaise mais Thor Ragnarok…). Et comme c’est dit au dessus, quand je sonde les gens autour de moi, ils ne s’en rendent même pas compte et ils adorent ça. Ils vont même parfois au cinéma juste pour ça, pour de l’image de synthèse dans les films, en salle IMAX 4K dolby surround digital de la mort qui tue de la vie et des places à 17€. Chacun fait ce qu’il veut hein, mais moi ce n’est plus mon délire.
    Là ou je me suis presque énervé, c’est dans Avengers 3 première partie (je n’aime pas les marvels mais c’était une sortie entre potes, donc j’ai suivi). Il y a une scène, entièrement sur fond vert donc, ou Iron Man discute avec Spiderman. Et je trouvais bizarre que, parfois, l’un s’adresse à l’autre en le regardant mais en fait, son regard est à coté de la plaque. Et j’apprends après coup que, en fait, les acteurs ne se sont jamais croisés durant tout le tournage, alors que les personnages passent 30 minutes du film ensembles ! Mais c’est quoi ce cinéma ? Qu’est-ce qu’il est en train de devenir…

  7. Haha il en a gros le Chery !
    J’espère que les vacances furent bonnes et que la famille va bien.

    Sinon pour le sujet , je me rappelle d’un making of sur Star wars 2 , ou le pauvre Ewan Mc Gregor totalement perdu et dépité , donnant la réplique à une caméra sur fond vert … on pouvait voir dans son regard que son âme d’enfant fan de star wars s’était envolée vers l’infinie et au-delà .
    Mais je maintiens que les cgi bien dosé ou servant le scénar peuvent nous offrir des choses tellement dingue que je me vois mal craché dessus.

    Mais sinon j’ai beaucoup aimé Tbor Ragnarok , une chouette comédie sci-fi rafraîchissante … Après j’ai jamais le personnage de Thor , ceci expliquant celà sans doute .

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