[Film] Shin Godzilla, de Anno Hideaki et Higushi Shinji (2016)

Un incident dans la baie de Tokyo inquiète le gouvernement. Une créature vivante semble être dans les profondeurs. Une cellule de crise est mise en place, mais rapidement, une créature émerge et se déplace vers Tokyo. Après quelques moments, la créature commence à muter pour se mouvoir sur ses pattes arrières…


Avis de Rick :
Godzilla, le vrai, l’unique, cela faisait plus de 10 ans qu’on ne l’avait pas revu. Au Japon oui, le dernier Godzilla datait de Godzilla Final War, de Kitamura Ryuhei en 2004, opus pour les 50 ans de la franchise Opus très décrié puisque oui, Kitamura avait fait des choix dirons nous… étranges. Mixer le film de Godzilla traditionnel, le tout avec une vingtaine d’autres monstres, et avec en plus des aliens habillés en cuirs, des combats et des courses poursuites… Oui, Kitamura était, est et restera un sale gosse. Mais son opus m’avait malgré tout plutôt diverti. Mais nous sommes en 2016, et la Toho décide de ressusciter Godzilla deux ans après la seconde tentative Américaine. Pourquoi pas, je n’attendais que ça ! Malheureusement les choix de la Toho ne vont pas être forcément des plus glorieux ou logiques. Mettre Anno Hideaki, réalisateur d’Evangelion ou de la série animée Re : Cutie Honey (et du film) à la mise en scène, pourquoi pas, mais le faire aider par Higuchi Shinji, réalisateur ces dernières années de Attack on Titan, les deux parties, c’est déjà plus discutable. Qu’importe, Godzilla est de retour, et malgré tout ça, le film est plein de bonnes intentions. Car oui, le film réutilise pas mal de fameuses musiques emblématiques de la saga, nous ressort un Godzilla souvent à l’ancienne (et parfois aussi fait en 3D), nous offre de la destruction de maquette, et puis il m’avait manqué moi Godzilla ! Le métrage se permet même quelques nouveautés plutôt bienvenues au final, et surtout, arrive à un moment plutôt logique.

Oui, car Godzilla, à la base, en 1954, représentait la peur du nucléaire, de la bombe atomique. C’était le traumatisme de la guerre, d’Hiroshima. Faire réapparaître Godzilla aujourd’hui à une toute autre signification, puisque oui, le Japon d’aujourd’hui a son dernier traumatisme : Fukushima. Et même si la catastrophe n’est que vaguement évoquée, on sent son poids sur tout le film. Bien vu Shin Godzilla. Mais ça donc, c’est sur le papier, car à l’écran, ce nouvel opus fait parfois des choix étranges, si bien que l’on pourrait résumer ce film par « Godzilla contre la politique du Japon ». Oui, sur plus de la moitié du film, on passera notre temps à regarder des discussions entre politiciens, écologistes, scientifiques et militaires. Comment le Japon réagit en cas de situation de crise semble être la priorité des créateurs du film. Et il faut avouer que la plupart du temps d’ailleurs, ça fonctionne, le métrage mettant pas mal d’humour dans le métrage pour se moquer ouvertement de tout ça. Et pour jouer tous ces personnages, mais mon dieu quel casting. Un casting énorme, tellement énorme que tous les citer est impossible (ou me prendrait un paragraphe entier). Du bien grand monde, même si parfois juste pour de très très courtes apparitions. Si bien qu’à part véritablement deux ou trois personnages en avant, le reste est très limité, on les voit, ils parlent un peu, puis les voilà déjà hors du film.

Mais oui, Shin Godzilla prend véritablement son temps, et ses discussions, aussi amusantes (et sans doute réalistes) soit-elles sont par moment bien trop présentes. Car dans un film sur Gozilla, nous voulons avant tout voir, et bien… Godzilla. Innovation d’ailleurs, lorsque notre monstre préféré apparaît, il n’a pas encore la forme qu’on lui connaît, loin de là, se déplaçant à 4 pattes, les yeux énormes et bien ronds. Godzilla va en effet muter plusieurs fois le long du film jusqu’à atteindre sa forme finale, malgré tout plutôt différente de sa forme habituelle, notamment lorsqu’il lance un rayon avec sa gueule, puisque celle-ci semble s’ouvrir en… trois. Mais son look a plutôt la classe et passe vraiment bien. Le monstre ne sera pas aussi présent que dans certains anciens métrages de la fameuse saga, et les scènes de destruction ne seront pas si nombreuses que ça au final, le monstre n’apparaissant que pour environ 4 scènes, avant de disparaître pendant la moitié du film pour revenir pour le final, ou l’armée tente le tout pour le tout pour se débarrasser de la créature. Alors oui, dans un sens, ce nouveau Godzilla est une déception. Mais dans le fond, il s’avère beaucoup plus proche d’un vrai (et donc d’un bon opus) de Godzilla que beaucoup d’autres métrages. Les humains sont certes un peu trop en avant, mais c’était déjà le cas dans d’autres opus (de mémoire par exemple, le Godzilla 2000). Shin Godzilla parvient a souvent bien jouer sur la fibre nostalgique, tout en évitant certains (mais pas tous) pièges, notamment en laissant de côté toute une partie de la mythologie, notamment les autres monstres. Oui, on nous aura épargnés le fils de Godzilla. Mais mon cœur ira toujours vers Godzilla VS Mothra pour voir ce mélange de destruction, de combats de monstres et de naïveté poétique.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un nouveau design sympa pour Godzilla
♥ Pas mal d’humour
♥ Pas mal de touches nostalgiques
♥ Un casting énorme
⊗ Beaucoup trop de personnages
⊗ Trop centrés sur ses personnages humains
note8
Un retour plutôt mitigé. Beaucoup de bonnes choses, et d’autres beaucoup moins bonnes. Le divertissement est intéressant malgré tout et souvent plein de nostalgie.



Titre : Shin Gojira – Godzilla Resurgence – シン・ゴジラ

Année : 2016
Durée :
2h
Origine :
Japon
Genre :
Godzilla contre les politiciens
Réalisation : 
Anno Hideaki et Higushi Shinji
Scénario : 
Anno Hideaki
Avec :
Hasegawa Hiroki, Takenouchi Yutaka, Ishihara Satomi, Kora Kengo, Osugi Ren, Emoto Akira, Yo Kimiko, Kunimura Jun, Ichikawa Mikako, Taki Pierre, Saito Takumi, Koide Keisuke et Furuta Arata

 Shin Godzilla (2016) on IMDb


Galerie d’images :

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

4 Comments

Add a Comment
  1. Aerosniff Someglue

    Le meilleur avec le 1er et le Kaneko. Nettement.

  2. J’avais eu ce sentiment de trop plein de personnages aussi. Et de trop plein de parlottes dans 50 ministères différents avec constamment des sous-titres pour indiquer ou on se trouve, etc.
    Mais je crois que c’est un truc bien japonais ça de montrer le fonctionnement et l’effort collectif.
    Mais du coup il n’y a pas vraiment de persos principaux et pour un spectateur occidental, ça manque un peu.

    Mais ça reste un film sympa.
    Et la scène ou Godzilla crache son feu dans les rues est juste énorme^^

    https://www.youtube.com/watch?v=wpGK-H8tiaM

    Hideaki Anno à la réal ? Celui des animes Nadia le secret de l’eau bleue et Evangelion ? Ah ben ça ne m’étonne plus pour l’utilisation des chœurs dans cette fameuse scène.

  3. Ah ça c’est sûr, surtout en tant que fan de Kaiju, il y a des scènes monstrueuses dedans, des moments qui font frémir. D’autres moins convaincants aussi certes. Faudrait que je le revois d’ailleurs, moi qui ai fais le marathon d’absolument tous les opus (mêmes les Américains c’est dire), j’ai pas revu ce dernier !

    Oui oui, ce même Anno là. Heureusement qu’il est là hein car comme dit, l’autre réal, c’est les adaptations live ratées de L’Attaque des Titans, que j’ai pu voir en début d’année, et c’était vraiment pas fameux même si on sentait également l’optique “monstres géants”.

    1. Shinki Higuchi a aussi fait le film Loreilei, la sorcière du pacifique.
      Aucune idée si c’est bon ou pas bon par contre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *