[Film] Quantum of Solace, de Marc Forster (2008)

James Bond cherche à prendre sa revanche contre ceux qui ont tué sa bien aimée, tandis qu’un sinistre complot mené par un écologiste mystérieux prend place.


Avis de Rick :
Casino Royale avait relancé la saga James Bond de la meilleure manière qui soit. Moins de gadgets voir pas du tout en fait, un sérieux à toute épreuve, plus froid et violent, des cascades impressionnantes et réelles. Qu’est ce qui aurait bien pu mal tourner ? Facile, Quantum of Solace, ou quand on entre en production de manière éclair pour avoir un pseudo squelette de scénario avant la grève des scénaristes et qu’on engage un réalisateur qui n’a jamais fait de films d’action. Si Meurs un Autre Jour est le gros ratage de Pierce Brosnan, Quantum of Solace est le gros ratage de Daniel Craig, mais pas pour les mêmes raisons. Car toujours pas de gadgets ici, ni de cascades improbables, ni de scénario nanar au possible. Juste un film tourné avec les pieds, monté par les orteils en étant bourré, et un scénario peu intéressant doublé d’un méchant peu intéressant malgré le bon acteur derrière. Seul point pour contrebalancer tout ça, 1h46, soit le James Bond le plus court de toute la saga. Car dès la scène d’ouverture, on comprend tout, Quantum of Solace n’est pas un James Bond dans sa mise en image ou même dans les lieux de l’action, mais un Jason Bourne. Et ça fait mal, Marc Forster ne maîtrisant pas la caméra portée comme Paul Greengrass. Disons le même d’emblée, visuellement, c’est souvent à gerber. Ça tremble, ça part dans tous les sens, et avec un montage aussi cut, on ne comprend littéralement que dalle. Dommage car le film nous balance dans le feu de l’action cash avec une impressionnante course poursuite en voiture. Impressionnante dans les faits et les idées de plans, dans sa conception, mais absolument pas dans son assemblage. C’est totalement illisible, fatiguant pour les yeux et le cerveau, et maintenant je comprend pourquoi à l’époque, je n’avais jamais vu le film en entier.

Et comme le film veut être généreux, pas de bol, sur 1h46, on a l’impression d’avoir un scénario de 40 minutes et 1h d’action en mode shaky cam. Le syndrome Demain ne Meurt Jamais, mais en pire car en shaky cam. Aucune maîtrise, rien. Donc quand après une course poursuite en voiture illisible on enchaîne 4 minutes après par une course poursuite à pieds sur des toits avec des sauts dans tous les sens, vous imaginez que la mise en scène ne va pas se calmer. Chaque scène d’action, et elles sont foutrement nombreuses sont filmées et montées n’importe comment. À gerber. Aucun plaisir à visionner ça. Vouloir mettre du rythme par l’action, why not, mais si même l’action est dégueulasse. Bon, voilà, visuellement c’est dit, c’est le pire opus de la saga. Parlons maintenant du fond, à savoir le scénario, les personnages, tout ça tout ça. Malheureusement là aussi, rien de palpitant à se mettre sous les yeux. Le scénario met en avant un nouveau méchant joué par Mathieu Amalric, qui veut prendre possession de l’eau de la Bolivie, tout ça tout ça et… non ce n’est pas franchement intéressant, du tout. Surtout que malgré le bon acteur derrière, on se retrouve là avec un méchant plutôt fade et qui n’a rien de vraiment spécial pour être marquant.

En fait, le pire constat dans Quantum of Solace, c’est que l’action n’est pas bonne, le méchant n’est pas bon, l’intrigue n’est pas intéressante, et c’est en fait les à côtés qui relèvent le niveau, à savoir en gros basiquement ce qui ne concerne absolument pas l’intrigue de base, les restes de Casino Royale, comme la psychologie de Bond après la mort de Vesper, le fait qu’il doute parfois et ne fait pas toujours les bons choix, ou encore le retour furtif de Matthis. Mais c’est bien peu face au reste du métrage, qui ne passionne pas, donne la migraine grâce au montage, enfin, grâce… à cause. Quantum of Solace est clairement l’opus le plus faible de l’ère Daniel Craig, même s’il échappe à certains clichés, ce qu’il propose, il le fait mal. Sa seule vraie qualité sur la durée est sa courte durée qui rend le supplice presque acceptable. Et en fait… ben c’est tout, il n’y a rien à rajouter sur ce film. Il est court mais ne raconte rien véritablement en terme d’histoire. Il est blindé d’action mais aucune scène n’est lisible et donc aucune scène ne laissera un grand souvenir, que ce soit la poursuite en voiture (ignoble), la poursuite sur les toits, la poursuite en avion (sans doute la pire), les fusillades, combats à main nues. Sur les deux Bond Girl, la jolie Gemme Arterton ne sert d’ailleurs à rien si ce n’est être recouverte de pétrole comme si elle était issue du film Goldfinger en mode pétrole.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le film est court
♥ Sur le papier, généreux en action
⊗ Le montage catastrophique et illisible
⊗ Scénario peu passionnant
⊗ Méchant fade
note8
Quantum of Solace, c’est le film produit trop vite, sans scénario intéressant, et filmé avec les pieds.



Titre : Quantum of Solace

Année : 2008
Durée :
1h46
Origine :
Angleterre
Genre :
James Bourne… ou Jason Bond
Réalisation : 
Marc Forster
Scénario : 
Paul Haggis, Neal Purvis et Robert Wade
Avec :
Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric, Judi Dench, Giancarlo Giannini, Gemma Arterton et Jeffrey Wright

 Quantum of Solace (2008) on IMDb


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Cherycok
Administrateur
9 avril 2019 9:06

2.5, ah oui quand même O_O

KARA
Reply to  Rick
9 avril 2019 13:27

Ce film est effectivement un cas d’école en terme de production chaotique. Plusieurs années après la sortie de ce film le réalisateur a témoigné et a raconté les conditions extrêmes de tournage auquel il a dû faire face. Il n’avait que deux mois pour boucler les prises de vue et savait parfaitement que le film était parti pour être un naufrage. Il a donc essayer de faire au mieux avec ce qu’il avait.
Paradoxalement, ce film a utilisé de nombreuses rustines numériques afin de pouvoir être terminé à temps, faisant ainsi de ce James Bond le film possédant le plus d’effets spéciaux de toute la saga. Avec plus d’un millier de plans truqués parfois totalement invisibles, c’est un record la matière. par exemple la course poursuite en voiture au tout début du film, l’acteur principal n’étant absolument pas disponible, il a été décidé de filmer toutes les scènes avec celui-ci sur fond vert et de l’incruster dans le cockpit même de la voiture dans tous les plans où celui-ci devait apparaître. Le résultat est effectivement techniquement totalement invisible, mais toujours aussi illisible….

KARA
Reply to  Rick
9 avril 2019 22:25

De rien.
Effectivement le réalisateur ne manquait pas d’idées pour pimenter le film, dont une poursuite en hors-bords. Mais là encore pas le temps de la mettre au point ni de la filmer. L’argent ne manquait pas, c’était juste le temps qui manquait. Il a fallut composer avec différents sites de tournage comme pour la scène finale ou il était impossible de faire la moindre explosion même fictive (l’hôtel existe vraiment, c’est une résidence pour scientifiques bordant des observatoires). Résultat, il a fallut faire péter les fonds verts pour la moindre flammèche (en extérieur, l’intérieur étant un décor construit en studio, donc no soucis pour tout faire péter).
Le réalisateur se concentra donc sur l’esthétique du film mais savait qu’il allait au casse pipe.
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18656495.html

Ah je savais pas pour Golden Eye, merci. La même chose s’est produit sur la scène d’intro de Tomorow Never Die. Sur la base aérienne (soit disant en Orient, mais en fait dans les Pyrénées ^^), toutes les scènes ou on voit 007 de loin sont en fait jouée par une doublure. Les gros plans ont étés fait bien plus tard avec Pierce dans des décors partiels. Avec la magie du montage, ça passe crème ^^

KARA
Reply to  Rick
10 avril 2019 8:55

Oui la préprod est essentielle. J’applique la méthode Georges Lucas pour mes propres courts : préparation maximale (en même temps, personne n’attends mes vidéos, donc 0 pression ^^). C’est comme ça que Georges s’est préparé 3 ans pour sa prélogie (un record du genre) mais il a réussi à faire des films pour moitié moins cher que ce que d’autre réals aurait fait à sa place. Alors oui niveau spontanéité, c’est un peu rigide mais au moins, c’est carré (ce qui n’empêche pas les imprévus mais bon. Moins que pour d’autres en tous cas ^^)
Pour Tomorow, le réal était un script doctor célèbre à Hollywood, donc habitué à bosser dans l’urgence. Le genre d’artisan peut-être pas très original mais solide et efficace. On lui a même reproché que son JB avait bcp trop d’acion !

KARA
Reply to  Rick
10 avril 2019 22:40

Perso je storyboard tout, même les plan de coupe. Et une fois qu’on a tout filmé, on fait quelques plans improvisé pour le fun, et parfois ça se retrouve dans le montage final. Mais bon tout ça c’est amateur, fauché, à la bonne franquette, etc. rien de bien sérieux quoi ^^
et le le JB, le bateau est chouette… mais ou sa base ???? ^0^

Feroner
Éditeur
9 avril 2019 12:54

2,5/10 heuuu c’est extrêmement bas quand même.

“Le montage catastrophique et illisible” la tout le monde est d’accord avec 1g de coke dans le pif ca doit paraitre normal. la poursuite en caisse est pas si mal.

“Scénario peu passionnant” la c’est subjectif perso pour moi c’est un des meilleur de la saga plus complexe que d’habitude pas mal de retournement est des bon qu’on voit pas venir, la bond girl a un histoire pour une fois.

“Méchant fade” j’ai bien son coté détaché qui prend tout le monde de haut pour qui tout est facile qui a temps d’avance sur tout le monde.

Mètre une note negative dans un film ou il y a Olga Kurylenko c’est pas possible.

Le générique de début est un de mes préféré de la saga.

A part le montage très gênant j’aime bien ce bond moi.

Cherycok
Administrateur
9 avril 2019 13:38

Les gouts et les couleurs hein ^_^

Matt
Matt
9 avril 2019 22:29

Ah la vache ouais !
Bon ben je ne chercherai pas à le voir, ce film^^

Et pour ce qui de Olga machin…mouais…
Elle est surtout abonnée aux films de merde.

Feroner
Éditeur
Reply to  Rick
10 avril 2019 19:12

Attendez elle en a fais des bon Oblivion, code mementum, Dans la brume, 7 psychopates, A perfect day, l’homme qui tua don Quichotte.

Cherycok
Administrateur
Reply to  Feroner
10 avril 2019 20:15

Alors 7 psychopath ok, A perfect Day ok aussi. Pas vu dans la brume et code mementum. Par contre Oblivion, j’avais trouvé ca très moyen, voire un peu nul par moments…

pti denis
10 avril 2019 13:28

Le James Bond le plus faible pour ma part, sa première partie blindée d’action le sauve un peu, la deuxième partie c’est le relâchement complet, plus personne ne semble vouloir faire un bon film, grosse douche froide à l’époque, surtout après l’opus de 2006.

Revu une fois en 2011, jusqu’à la scène de l’opéra, ça me divertit même si l’action lorgne trop sur Jason Bourne, après c’est dur quand même de tenir jusqu’au générique de fin.

Bonbond
Bonbond
22 décembre 2019 18:37

Bonne critique mais un chouia sévère quand même, et, de toute façon, j’ai toujours été surpris du bashing général vis à vis de ce film. D’abord il faut bien comprendre que, étant la suite logique de Casino royale, QOS s’inscrit dans une logique de prolongement narratif et une évolution -extrême- de son personnage principal. A ce sujet, j’ai toujours dit que les 2 films formaient un seul et unique grand film et qu’ils sortaient grandis chacun d’être visionnés à la suite. Ensuite si la scène pré-générique est chaotique en terme de mis en scène, ça ne sera absolument pas le cas de la plupart des suivantes, notamment la longue poursuite à Sienne (pas du tout d’accord donc de ce point de vue) qui est un modèle de découpage et de lisibilité. Par ailleurs, la scène pré-générique shakycam est parfaitement justifiée par l’état d’esprit chaotique dans lequel 007 se trouve, et qui n’a plus qu’une idée en tête : se venger. Ce choix narratif et visuel est donc pour moi véritablement judicieux en ce sens qu’il traduit la colère en même temps que le dilemme moral dans lesquels il se trouve.
L’interprétation de Craig exceptionnelle dans cet opus ; on pourra aussi trouvé couillue l’ambiguïté (belle prise de risque) faite autour du personnage qui visiblement n’en a plus rien à faire “de rien” (il n’hésite pas, par dépit, à laisser un de ses amis mort dans un container, scène qui restera impardonnable aux yeux de beaucoup, ce que l’on peut parfaitement comprendre), et puis il y a la scène de l’opéra, qui est un des grands moments de la saga.
QOS est, finalement, l’histoire d’une vengeance, d’un cheminement moral et d’une rédemption, et qui n’est pas sans rappeler “Permis de tuer”, autre épisode atypique de la série.

Faze
Faze
Reply to  Bonbond
22 décembre 2019 23:15

Comme d’hab je partage l’avis de Rick (bravo , quelle originalité pour une fois Faze !) mais j’avoue que ton requisitoire en faveur de QoS me donne presque envie de lui laisser une seconde chance.

Faudra que je trouve 4 heures de temps libre pour enchainer Casino Royal et QoS et les visionner avec ton point de vue. (mais ça risque d’être tendu pour QoS :p )