[Film] Premutos, de Olaf Ittenbach (1997)


Depuis la nuit des temps, Premutos, le premier ange déchu des cieux, s’efforce de rentre la vie sur terre aussi horrible que possible. Véritable incarnation du mal, Premutos a le pouvoir de ramener les morts à la vie et ainsi aidé par une armée rongée par la pourriture, il fait couler le sang et sème la terreur à travers les siècles… De nos jours, Premutos n’est plus qu’un mauvais souvenir. Toutefois, le jeune Matthias est depuis peu hanté par des visions cauchemardesques qui lui font découvrir la légende sanglante de Premutos. Fasciné par le fruit de sa découverte, il ne réalise pas que Premutos le manipule afin d’organiser son retour d’entre les morts. L’horreur va se déchaîner à son paroxysme entrainant Matthias et son entourage dans un tourbillon de sang où la seule issue possible est la mort !


Avis de John Roch :
Olaf Ittenbach, épisode 3. Cinq ans après The Burning Moon, l’enfant terrible du cinéma allemand revient avec Premutos, que l’on peut considérer comme son Braindead à lui. À noter que pour cette chronique, je me suis basé sur la version director’s cut, qui contient une nouvelle scène d’intro animée (à laquelle je n’ai rien bitté puisqu’elle n’était pas sous titrée, mais si je me fie aux images, ça raconte le combat de plusieurs personnalités historiques contre Premutos), plus de dialogues et plus de gore. En l’état ça ne change rien à l’avis sur le film, car peu importe la version, Premutos est un monument.

Premutos, c’est le tout premier ange déchu, qui tente de temps à autres de se réincarner pour semer la destruction sur Terre avec son armée de morts vivants. De nos jours, c’est Mathias (Olaf Ittenbach) qui va être choisi par l’ange, suite à la découverte par son père Walter d’un journal maudit, sorte d’autobiographie de Premutos, parsemé de personnages qui ont auparavant réussi à empêcher ses précédentes arrivées sur terre. Fasciné par les écrits, il va peu a peu se laisser envahir par Premutos, qui va lever son armée des morts à lui, qui aura affaire face a Walter, qui ne supporte pas que l’enfer sur Terre arrive pendant son anniversaire, son meilleur ami Hugo, accompagné de sa femme castratrice et de Tanja, son amour de jeunesse, et de Christian, qui ne sert à rien.

Malgré un budget toujours aussi faible, Olaf Ittenbach donne le maximum pour que son film ressemble à un film, et il y parvient à moitié. Dans son ensemble, le résultat fait largement moins amateur que ses deux précédents méfaits. La mise en scène est plus que correcte, du moins pour un produit du genre. Mais là où Premutos se détache, c’est dans le jeu des acteurs, visiblement heureux d’être là. Non seulement, à une ou deux exceptions près, on a l’impression de voir des (semi)professionnels à l’écran, les personnages réussissent à devenir attachants, en particulier Hugo (André Stryi, qui après The Burning Moon prouve qu’il aurait pu faire carrière), qui va rapidement passer de souffre douleur à un héros badass, et Walter, un passionné d’armes complètement frappé, qui enchaîne les répliques toutes aussi drôles les unes que les autres. Car on se marre devant Premutos, le script regorge de dialogues savoureux, sublimé par une VF (enregistrée à l’époque à la va vite pour une diffusion sur Canal +) en totale roue libre. On ne peut que tomber d’admiration devant des répliques telles que “le scrotum, c’est la peau des couilles” sorti de nulle part, et un “Je vous jure par tous les saints que je vais vous flinguer, ça va chier” lancé par un curé pas très heureux d’avoir été dérangé pendant sa branlette. Celui-ci confirme d’ailleurs que Ittenbach, sans être aussi provoc qu’avec The Burning Moon, a bien un problème avec l’Église. Si vous comptez visionner Premutos, privilégiez donc sa VF, qui rajoute du charme à l’ensemble.

Mais qu’est ce qui pêche donc dans Premutos ? Le manque de moyens face aux ambitions, une constante chez le réalisateur. La première partie de Premutos se concentre sur Mathias qui revit les précédentes tentatives de l’ange déchu de mettre la main sur le monde. Un récit en flashback donc, mais sans pognon. Des scènes tournées avec rien qui non seulement des moments un rien gênant (batailles épiques entre deux armées, constituées de dix gars dans chaque camp ; scènes de guerre tournées sur un terrain vague) mais qui ralentissent également le rythme. Car instants, Premutos est un brin chiant, Olaf Ittenbach aurait gagné à se concentrer sur la partie contemporaine plutôt que de tenter de réaliser l’irréalisable.

Heureusement, toutes ces scènes, réussies ou non, ont un dénominateur commun : Le gore. Et de ce côté, difficile de reprocher quoi que ce soit au réalisateur qui fait preuve d’une extrême générosité tout du long du métrage, avec comme point d’orgue la dernière demi-heure, un festival de têtes qui explosent, de membres qui volent dans tout les sens, de corps dévorés et de zombies qui ne font pas long feu face à… un tank ! De l’ultra jouissif qui se conclut par un compteur dénombrant 139 morts. Premutos est bel et bien le Braindead de Olaf Ittenbach, et s’il est loin de la qualité du chef d’œuvre de Peter Jackson, côté gore il le talonne.

LES PLUSLES MOINS
♥ Généreux en gore
♥ Un résultat moins amateur que précédemment
♥ Des personnages attachants
♥ La dernière demi heure
♥ La VF, irrésistible
⊗ Le rythme en dents de scie
Bien qu’il ne soit pas parfait, dans le genre Premutos est un incontournable qui fait partie de ces pépites trop méconnues. A voir d’ urgence !

LE SAVIEZ VOUS ?
• André Stryi est acteur, mais également producteur.


Titre : Premutos / Premutos: der gefallene Engel
Année : 1997
Durée : 1h46
Origine : Allemagne
Genre : Deutsche Qualität
Réalisateur : Olaf Ittenbach
Scénario : Olaf Ittenbach

Acteurs : André Stryi, Christopher Stacey, Olaf Ittenbach, Ella Wellman, Anke Fabré, Fidelis Atuma, Heike Münstermann, Ingrid Fischer, Frank Jerome

 Premutos - Der gefallene Engel (1997) on IMDb


John Roch
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Cherycok
Administrateur
5 novembre 2020 15:38

J’avais adoré ce délire gore complètement over the top. C’était le premier film aussi gore que je voyais après que Braindead m’avait donné l’amour des hestolitres de sanquette dans les film. Il y avait eu aussi Violent Shit II d’Andreas Schnaas, sorti en VHS chez Haxan Video à l’epoque et qui était bien gratiné bien que très amateur.Les seuls trucs aussi gore que Braindead et ce cinema un peu underground allemand que j’ai pu voir, c’était dans le cinéma japonais, avec des films tels que Meatball MAchine, Tokyo Gore Police et consort

pti denis
5 novembre 2020 18:12

le seul Ittenbach que j’ai vu, j’ai adoré!
Honnêtement, j’y retrouve le fun des films de zombies Italiens. Oui c’est vrai le rythme est pas toujours ouf (en fait c’est le côté film amateur, certaines scènes anodines pour le récit durent des plombent), mais avec peu, le mec a de l’ambition, enchaînent les séquences gores jusqu’à une dernière partie complétement dingue.
Le démons de Bava des 90’s!

Cherycok
Administrateur
Reply to  pti denis
6 novembre 2020 8:13

Je vois qu’on est finalement pas mal à aimer ce film, je me sens moins seul ^_^

Rick
Administrateur
Reply to  Cherycok
6 novembre 2020 21:30

Non cherche pas quasi tout le monde aime ce film, il y a juste moi. Bon ceci dit je l’ai hein, j’ai promis de lui redonner une chance un jour (ça fait 5 ans que je dis ça).