[Film] Mi$e à Prix, de Joe Carnahan (2006)


Le boss de la pègre Primo Sparazza a lancé un contrat juteux sur la tête de Buddy “Aces” Israël, un magicien louche qui a décidé de dévoiler au grand jour ce qui se passe dans le milieu de la pègre de Las Vegas. Le FBI, pressentant sa chance d’utiliser cet escroc à la petite semaine pour faire tomber le gros morceau que représente Sparazza, place Aces en détention provisoire. Lorsque le montant de la rançon pour la tête de Aces se diffuse dans la communauté, des escrocs et escrocs en devenir, chasseurs de prime, gangsters, vieilles camées et traîtres du milieu se lancent également à sa poursuite. Les yeux rivés sur Tahoe, cette galerie de voyous tourne en course-poursuite afin de toucher le jackpot et liquider Aces.


Avis de Cherycok :
J’aime beaucoup Joe Carnahan. Je trouve que, à défaut d’être un réalisateur de génie, c’est un excellent faiseur, et il le prouve dès son deuxième film Narc (2002) qui pour beaucoup aura eu l’effet d’une petite claque dans la gueule. Que ce soit L’Agence Tous Risques (2010), Stretch (2014) ou le tout récent Boss Level (2021), tous ont un côté ultra fun permettent de passer un excellent moment. Intéressons-nous aujourd’hui à son troisième long métrage Mi$e à Prix (2006), Smokin’ Aces en VO, dans lequel il va laisser exprimer toute la folie de son cinéma, un cinéma certes pas parfait mais ô combien généreux et efficace. Alors en attendant de me faire le dernier film de sa filmographie qui manque à ma culture cinématographique, Le Territoire des Loups, bienvenue dans le monde bien barré de Mi$e à Prix.

Le scénario du film, écrit par Joe Carnahan lui-même, est au final des plus simples. Buddy Israel, un magicien de Las Vegas reconverti en malfrat, menace l’organisation de Primo Sparazza, un boss de la pègre très puissant. Ce dernier décide de mettre un terme à la petite vie de Buddy et promet de donner 1M$US à quiconque l’enverra ad patres. En toute logique, tout un tas de malfrats et autres psychopathes se jettent sur l’occasion de renflouer leur porte-monnaie de manière significative. Sauf que le FBI ne veut pas qu’on décroche la tête de Buddy Israel du reste de son corps, cet homme sait beaucoup trop de chose sur la pègre et pourrait leur être d’une grande utilité. Ils le confinent dans un hôtel de luxe qu’ils mettent sous haute surveillance. Mais rien ne pourra arrêter l’appel du dollar de tous les tarés du coin et cet hôtel va rapidement devenir le témoin d’un jeu de massacre dans lequel tout le monde va y laisser des plumes. Nous sommes d’accord que Mi$e à Prix ne brille pas par l’originalité de son scénario. Une course d’assassins, ça a déjà été vu, d’autant plus que si on regarde bien les différents protagonistes, eux aussi font dans le cliché. Entre le groupe de néo-nazis, les assassines sexy, le pro du déguisement ou encore le groupe de loosers, on navigue en terrain connu. Pourtant, cette galerie de personnages, c’est aussi ce qui fait la force du film. On a une belle brochette de personnages complètement déjantés, certains tout en retenu, avec une fois de plus ce côté généreux du cinéma de Carnahan qui ressort. Il faut dire que le casting est clairement génial, avec tout une tripotée de têtes connues, aussi bien de la « nouvelle génération » comme Ryan Reynolds (Deadpool, Hitman & Bodyguard), qui trouve peut-être ici son meilleur rôle, Ben Affleck (Argo, Gone Girl) ou encore Chris Pine (Star Trek, Wonder Woman), que de l’ancienne avec Ray Liotta (Les Affranchis, Absolom 2022) et Andy Garcia (Les Incorruptibles, Le Parrain 3). Mais aussi tous les autres qui ne passent pas inaperçus dans ce joyeux bordel que va être Mi$e à Prix.

Il est vrai que le film est relativement long à démarrer. Tous les personnages nous sont présentés un à un, via de long dialogues, aussi bien du côté des « gentils » que de celui des « méchants », l’histoire pourra même paraitre assez confuse dans les premières minutes. Pourtant, cette longue mise en place va être nécessaire à l’explosion finale. On sait que ça va péter à moment donné, on sait que ça va partir dans tous les sens, et cette longue mise en place est là pour faire monter la pression. Un peu comme une cocotte-minute qui se met à siffler nous annonçant que, attention, ça va chier des bulles. L’intrigue avance donc petit à petit, avec son lot de rebondissements, ses dialogues pouvant paraitre anodins mais qui auront un impact par la suite, et déjà là, on sent ce côté déjanté qu’on apprécie dans le cinéma de Carnahan. Et quand enfin le film se décide à sortir la grosse artillerie, on va assister à un festival d’action sacrément burné, en mode destruction massive, avec un gunfight absolument dantesque. La dernière partie de Mi$e à Prix est tout bonnement jouissive, en partie grâce à une mise en scène de haute volée de Carnahan, très inventive, très soignée, qui va nous scotcher à l’écran. Ça part dans tous les sens, c’est survitaminé, souvent déjanté, avec un côté amoral bienvenue, et un twist final plus intelligent qu’il n’y parait. Cette dernière demi-heure est vraiment jouissive, accompagnée d’une bande son qui déménage tout autant que les images. Le score du film est d’ailleurs un de points forts du film. On va de The Prodigy à du Ennio Morricone, en passant par du Motorhead, du Clint Mansell ou The Stooges avec une facilité déconcertante. Il est clair que c’est le genre de film qui va diviser. Il faut adhérer à cette mise en place particulière (qui par certains aspects rappelle le cinéma de Tarantino) et à ce pétage de plomb sous amphétamines et ultra violent qui va en découler. Le film a d’ailleurs reçu à sa sortie des critiques allant souvent dans les extrêmes. Mais si on adhère, c’est le pied total. Et moi j’ai adhéré.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un gunfight d’anthologie
♥ Excellent casting
♥ La mise en scène
♥ Parfois corrosif et amoral
⊗ Une première partie longuette
Note :
S’inspirant du cinéma de Guy Ritchie et de Quentin Tarantino (entre autres), Mi$e à Prix est un film d’action complètement fou, à la fois drôle, violent, jubilatoire et sanglant. Bien que parfois un peu trop bavard, il reste néanmoins un excellent divertissement qui va certes diviser, mais qui ne laisse pas indifférent.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Toutes les conversations des agents Carruthers (Ray Liotta) et Messner (Ryan Reynolds) dans la scène du van de surveillance ont été improvisées.
• La scène avec Ben Affleck dans le bar, où il lance la boule de billard numéro huit et poursuit son monologue, a nécessité plus de vingt prises, principalement parce qu’Affleck n’arrivait pas à faire ce plan. Lorsqu’il l’a finalement réussi, il n’a pas pu dire son texte, car il riait trop fort d’avoir enfin réussi.
• Lors d’une rare prise de parole, le cinéaste Terrence Malick a déclaré que ce film était “très bien réalisé” et qu’il était devenu l’un de ses films préférés de tous les temps.
• Le film met en scène trois acteurs qui sont apparus dans la série Lost – Les disparus (2004) : Matthew Fox (Jack Sheppard dans “Lost”) joue le rôle de Bill le superviseur de la sécurité, Nestor Carbonell (Richard Alpert dans “Lost”) joue le rôle de l’assassin Pasquale Acosta, et Kevin Durand (Martin Keamy dans “Lost”) joue le rôle de Jeeves Tremor.
• Dans l’ultime conversation entre Andy Garcia et Ryan Reynolds, Andy Garcia change d’accent – ressemblant beaucoup à Kevin Costner dans le rôle d’Elliot Ness dans Les Incorruptibles, un autre film sur la morale et l’éthique au sein du FBI. Andy Garcia a également joué dans ce film.


Titre : Mi$e à Prix / Mise à Prix / Smokin’ Aces
Année : 2006
Durée : 1h49
Origine : Angleterre / France / U.S.A
Genre : Réunion de psychopathes
Réalisateur : Joe Carnahan
Scénario : Joe Carnahan

Acteurs : Ryan Reynolds, Ray Liotta, Jeremy Piven, Peter Berg, Ben Affleck, Andy Garcia, Alicia Keys, Common, Chris Pine, Joseph Ruskin, Alex Rocco, Jason Bateman

 Mi$e à prix (2006) on IMDb


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Matt
Matt
7 mai 2021 8:28

Ah voui il est bien sympa celui-là.
Chouette casting, des passages bien WTF, même parmi les passages bavards (le tueur qui rassure la victime dans l’ascenseur…euh ok^^)
je ne me rappelle même plus du début trop long dont tu parles. Faut dire que tout ce qui se passe après éclipse un peu le début.

Matt
Matt
Reply to  Matt
7 mai 2021 12:45

C’est vrai que ça fait penser à du Guy Ritchie. Mais bon Guy Ritchie depuis qu’il fait du blockbuster avec Sherlock Holmes en mode badass cool, j’avoue que ça me gonfle un peu. C’est un peu devenu un yes man. Il a fait Aladdin aussi non ? Euh…voilà quoi.

Matt
Matt
Reply to  Cherycok
7 mai 2021 13:36

Mouais bon en gros tout n’est pas à jeter mais faut trier^^

les Sherlock j’ai vraiment du mal. J’ai eu le sentiment qu’il n’apportait rien, il fait des films d’action bourrins très classiques avec de l’humour de blockbuster très classique aussi, mais avec un perso tiré de la littérature. Ok…
On n’est pas encore au niveau d’un film de Paul WS Anderson avec du bullet time pendant un film de chevaliers, mais tout de même…j’ai pas aimé.
Mais je pense que c’est surtout que j’en attendais autre chose. Quand tu prends un concept différent (à la base des récits d’enquêtes qui ne reposent pas sur l’action), un perso différent (génial mais un peu cinglé), dans une époque différente (angleterre victorienne), tu t’attends pas à voir un film qui ressemble à un truc de super héros avec un perso principal qui est une copie de Tony Stark…

Mais là c’est ce qu’on a. Gros bof !

Feroner
Administrateur
Reply to  Matt
7 mai 2021 15:55

J’aime bien les Sherlock ca casse les codes du film historique et le personnage et finalement assez proche des romans. Super héros !!!??
Le roi Arthur j’ai trouvé ca vraiment nul. Aladin RAF.

Matt
Matt
Reply to  Matt
7 mai 2021 16:00

Bah le coup du mec non seulement super intelligent (comme dans les romans) mais qui en plus fait du kung fu au ralenti…non, ça me fait pas penser aux romans de Conan Doyle^^ ça me fait penser à un super héros.

Feroner
Administrateur
Reply to  Matt
7 mai 2021 16:40

Alors moi a façon dont il ce bat ça m’a fait penser à Dune. Le mec utilise les capacités de son corps au maximum chaque geste est parfait et ultra efficace et pensé.
Les films de super héros c’est plus frontal avec de gros CGI.

Matt
Matt
Reply to  Matt
7 mai 2021 16:02

La série Sherlock de Steven Moffat avec Cumberbatch fait vachement plus penser à Sherlock, même si ça se passe de nos jours.
En tous cas je préfère, parce que ça change un peu du schéma classique du blockbuster.

Casser les codes, ça peut être sympa…mais c’est mieux quand ils les cassent pour nous offrir un truc original plutôt qu’encore un blockbuster d’action plein de punchlines.
Enfin après c’est un ressenti personnel hein^^ Chacun son truc.

Matt
Matt
Reply to  Matt
7 mai 2021 16:10

J’ai pas dit que c’était à chier non plus. Mais pas mon truc. Je préférais Ritchie quand il faisait des films comme Snatch quoi.

Feroner
Administrateur
Reply to  Matt
7 mai 2021 16:35

Alors regarde The Gentleman c’est du pur Guy Ritchie a l’ancienne.

Matt
Matt
Reply to  Feroner
7 mai 2021 17:56

Ok je note, merci^^