[Film] Mama (2013)

Après un terrible incident, deux petites filles vont être recueillies par leur oncle, qui vit actuellement avec une jeune femme qui semble davantage préoccupée par son groupe de rock que par l’état mental des intéressées – visiblement profondément traumatisées. Les deux sœurs paraissent en effet communiquer avec une mystérieuse « maman »…simple fruit de leur imagination distordue ?


Avis de Oli :
Pour la petite histoire, lorsque ce soir-là j’ai enfourché mon vélo pour me rendre au vidéoclub, j’étais parti dans l’idée de louer un DVD de la saison 2 de GAME OF THRONES (pour ma femme, moi malgré la nuit, j’étais à jour). Mais…caramba…encore raté : c’était la deuxième fois de la semaine qu’un obscur fan de la série (obscur car en retard, comme ma femme) avait l’outrecuidance de me brûler la politesse. Plus aucun DVD de ladite saison sur les étagères… Par esprit de revanche (ou de mauvais perdant ?), je jetais alors mon dévolu sur le film MAMA…dont le rôle masculin principal est tenu par un certain Nikolaj Coster-Waldau – Jaime Lannister dans GAME OF THRONES, même si je suppose que cette petite piqûre électrique de rappel n’est pas nécessaire, puisque vous devez être au courant…

MAMA est un film d’horreur qui commence mal pour les personnages du film – donc bien pour les spectateurs. Très bien même, puisque l’intro m’a vraiment surpris. Inattendue, noire et bien fichue techniquement parlant, elle nous plonge directement dans le vif du sujet : le spectateur est happé, concerné. Il est « dans » le film – ce qui n’arrive pas très souvent dans les prod’ récentes de ce genre-là. Pour un INSIDIOUS ou un ESTHER, combien de longs métrages horrifiques sacrifiés sur l’autel du je-m’en-foutisme ou du remake usagé, le plus souvent dans l’intérêt du teenager boutonneux ou de la ménagère de moins de 50 ans ?

Le film fonctionne donc : on ne sait pas vraiment de quoi il retourne, l’ambiance est lourde avec un ou deux jumpscares à la clé, la créature (monstre, fantôme, projection d’un esprit fragile ?) inquiète et les personnages sont plutôt réussis. Les deux gamines semblent cacher un terrible secret (la plus jeune, aux portes de la folie, effraierait presque) et Annabel, la copine de l’oncle des filles qui doit s’improviser maman pour la première fois, possède sans doute le profil le plus intéressant du film. Et puis on ne s’ennuie pas : tant que le mystère plane, que la menace suinte subrepticement des murs, et bien l’intérêt du spectateur ne s’érode pas.

Et il y a donc la « créature ». On va l’appeler Mama. D’ailleurs c’est son nom, ça tombe bien. Ses premières apparitions sont bien fichues – un peu à la manière d’un Jacques Tourneur et de sa FELINE, le réalisateur Andrés Muschietti ne nous en montre que des ombres, quelques courbes décharnées, un œil qui scintille tristement dans le noir. La suggestion, lorsqu’elle est bien utilisée, peut être une arme de séduction massive. Hélas…MAMA tombe alors rapidement dans les travers de nombreux films du même genre : le réalisateur, fier de sa création, veut tout à coup en montrer trop et la magie ténébreuse de la mystérieuse menace s’évapore alors comme par (dés)enchantement. Le scénario, pourtant si bon au départ, s’y met également, en abusant de ficelles usagées : l’enquête, la tentative de mise à mort de la malédiction, le flashback explicatif…rien de bien mirobolant, au final. MAMA demeure malgré tout clairement au dessus du lot de bien des titres horrifiques occidentaux récents qui fleurissent (j’ai envie de dire « qui fanent ») trop souvent sans faire le moindre effort – ce n’est sans doute pas un hasard si Guillermo del Toro est le producteur exécutif de ce long métrage.

La créature, pour conclure, m’a vraiment interpellé. Son design a vraiment quelque chose de particulier –même si comme je l’ai déjà dit, on finit par trop la voir, certaines imperfections sautant alors aux yeux. S’agit-il de CGI, de maquillage ? J’ai parfois eu un petit doute…et suis donc parti en quête de l’acteur qui l’incarnait (oui, c’est un homme !). J’ai trouvé son nom très facilement après une courte recherche sur Internet – parce qu’il a la goo-gueule de l’emploi ? Il s’agit donc d’un homme, oui. Javier Botet, qui avait auparavant immortalisé le monstre final du premier REC – vous aussi, la terrifiante Niña Medeiros vous a traumatisés à l’époque ?! J’ai alors découvert son (triste) secret ; l’intéressé est en réalité atteint d’une maladie rare, le Syndrome de Marfan.

Javier Botet est-il parti pour faire une belle petite carrière dans le cinéma de genre, à la Michael Berryman, Robert Englund ou Tony Todd ? La question est posée. Sans aucune connotation péjorative de ma part – c’est même tout le contraire.


Titre : Mama
Année : 2013
Durée : 1h40
Origine : U.S.A
Genre : La mère de tous les maux ?
Réalisateur : Andrés Muschietti

Acteurs : Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nélisse, Daniel Kash, Javier Botet, Jane Moffat, Morgan McGarry, David Fox

 Mama (2013) on IMDb


Galerie d’images :


  • 0 0 vote
    Article Rating
  • S’abonner
    Notifier de
    guest
    0 Commentaires
    Inline Feedbacks
    View all comments
    Mugenjin
    Mugenjin
    3 octobre 2014 18:04

    Très intéressante conclusion au sujet de l’acteur Javier Botet. 7h de maquillage pour Rec. Truc de ouf!!!

    c clair
    c clair
    4 octobre 2014 20:26

    je l’ai regarde ya 2 semaines , la nuit , et vraiment , pas du tout mal , flippant meme . les gamins sont tres bons dans leur role ,

    spider-man
    spider-man
    10 octobre 2014 12:45

    Ce n’est pas le film d’horreur le plus effrayant (il tient plus du conte d’enfant à la poésie macabre que du film d’horreur/épouvante) , ni le plus réussi, accumulant tous les poncifs et lieux communs du genre (fantome décharné à la mode japonaise the grudge entre autres)et quelques situations invraisemblables baclées.
    Mais là où il tire son épingle du jeu et l’emporte finalement, c’est sur le versant de l’affectif et des sentiments. C’est un film qui à la manière du dark water d’hideo nakata (sans en atteindre non plus la puissance émotionelle), parvient à nous émouvoir et nous interroge.