[Film] Les Fous du Stade, de Claude Zidi (1972)


Dans un village provençal, un commerçant fait appel à quatre jeunes campeurs pour l’aider à préparer l’inauguration d’une statue pour le passage de la flamme Olympique des premiers jeux internationaux. De fil en aiguille, nos quatre jeunes hommes vont se retrouver embarquer dans diverses épreuves sportives et feront appel à des techniques pas toujours très catholiques…


Avis de Cherycok :
Ça devait arriver un jour, c’était inévitable, après Bud Spencer /Terence Hill et Jackie Chan, il fallait que j’initie ma famille à un de mes autres amours de jeunesse : les films des Charlots. Je vous ai déjà expliqué mon amour pour ces bons bougres sur mes chroniques de Les Bidasses en Folie et Les Charlots font l’Espagne je vais donc vous éviter une nouvelle redite. J’y allais craintif, tant l’humour souvent complètement non sensique de leurs films pouvait laisser le spectateur sceptique, voire ébaubi devant tant de crétinerie à la seconde. C’est qu’il y avait quatre personnes à convaincre, ma femme et nos trois enfants. Du coup, je me suis équipé de ma meilleure arme, Les Fous du Stade, leur meilleur film, j’ai croisé les dents et serré les doigts, ou l’inverse, je ne savais plus, le stress m’envahissait, et j’ai lancé la galette. Et là, à la surprise générale, c’est le jackpot, le carton plein comme on dit chez les amateurs de lotos. Les larmes envahissent mes yeux et je me dis intérieurement : « c’est bon, la relève est assurée ».

Pour remettre le film dans son contexte, après Les Bidasses en Folie de Claude Zidi en 1971, le deuxième film des Charlots, et ses 7.5M d’entrées, il était logique que le duo Zidi / Charlots rempile. C’est donc l’année suivante, en 1972 qu’arrive Les Fous du Stade, et une fois de plus, le public se rue en masse dans les salles de cinéma. 5.7M d’entrées en France, beaucoup plus à travers le monde puisqu’il aurait totalisé plus de 50M d’entrées uniquement en Inde. Bref, tout ça pour vous dire que Les Charlots étaient au sommet de leur popularité cinématographique et les rois du box-office de l’époque. Mais revenons aux Fous du Stade dans lequel nos quatre comparses vont se retrouver à participer à des épreuves sportives internationales pour retrouver la petite amie de l’un d’eux qui s’est éprise des beaux yeux d’un sportif qui y participe. Il ne faut pas chercher plus loin que ça, le scénario est comme souvent avec eux relégué au second plan, il n’est plus qu’accessoire et on a plus l’impression d’assister à une succession de gags, à une succession de saynètes. Même chose pour les qualités cinématographiques de la bobine qui sont aux abonnés absents tant là n’est pas le principal. Car oui, en cette année 1972 où les Jeux Olympiques de Munich eurent droit à une attaque terroriste, Les Fous du Stade tombait à pic pour adoucir cette période un peu morose pour le sport. Oui, comme son titre l’indique, il va être ici question d’épreuves sportives, mais à la sauce des Charlots, c’est-à-dire avec une dérision qui leur est propre, un humour tantôt loufoque, tantôt burlesque, la plupart du temps absurde, mais toujours bon enfant. On a souvent l’impression d’être dans un cartoon live.

Nos Charlots sont toujours de bons gros tire-au-flanc dont le passe-temps favoris est d’en faire le moins possible. Chacun des 4 personnages retrouve les traits de caractères qu’ils ont développé au film précédent et qu’ils vont garder durant toute leur carrière. Gérard est un dragueur invétéré, le baratineur de la bande ; Jean est le rigolo de service, pas avare en mimiques improbables ; Phil est le maladroit de la bande, celui à qui il va toujours arriver des couilles ; Jean-Guy est le discret, celui qui parle peu mais qui a une force étonnante. Ils s’amusent plus qu’ils ne jouent, ne se prenant jamais au sérieux, profitant de ce succès pour encore plus faire les cons. Leurs personnages sont stupides, balancent des répliques stupides à des seconds rôles tout aussi stupides, et c’est pour ça qu’on se marre. Les seconds rôles sont d’ailleurs également bien pittoresques. On a droit à un Paul Préboist on fire, un Gérard Croce qui va en prendre plein la tête tout le long, un Jacques Seiler qui a du mal à se défaire de son rôle du sergent Bellec des Bidasses en Folie (et qu’il reprendra pour la suite en 1974), et des cameos du chanteur Antoine (les Charlots ont été ses musiciens par le passé), de l’accordéoniste Aimable et du présentateur télé phare de l’époque, Guy Lux. Alors oui, Les Fous du Stade est un film qui a vieilli, beaucoup vieilli, mais ça fonctionne toujours autant grâce à une avalanche de gags. Et le mot « avalanche » est faible. Il s’agit de leur film qui en contient le plus. C’est du rarement vu, à part peut-être dans certains Stephen Chow les plus fous. Le film accumule les gags comme jamais, le burlesque et le non sensique sont poussés à leur paroxysme. Ça n’a souvent aucun sens, c’est rarement crédible, mais qu’est-ce qu’on se marre. Et que dire de cette excellente bande son, bien ancrée dans son époque, composée par les Charlots eux-mêmes, et qui reste en tête longtemps, très longtemps.

LES PLUSLES MOINS
♥ Des gags comme s’il en pleuvait
♥ Le plaisir de retrouver les Charlots
♥ La bonne humeur ambiante
⊗ Il faut aimer les Charlots…
Les Fous du Stade est sans conteste le meilleur film des Charlots. C’est un plaisir complètement régressif, façon madeleine de Proust, pour qui a grandi avec ces 4 délurés qui n’avaient pour but que de divertir les foules. Mission hautement réussie.

LE SAVIEZ VOUS ?
• La chanson du Balai, qu’Aimable interprète à l’accordéon dans le film, est une reprise de Paulette La Reine des Paupiettes, chanson des Charlots de 1967.

• Gérard Filippelli et Jean Sarrus ont joué dans l’intégralité des films des Charlots. Gérard Rinaldi a joué dans tous les films des Charlots, sauf dans le dernier, Le Retour des Charlots, où il est remplacé par Richard Bonnot. Jean-Guy Fechner a joué dans neuf films des Charlots, de La Grande Java à Bons Baisers de Hong Kong. Luis Rego a joué dans quatre films des Charlots : La Grande Java, Les Bidasses en folie, Le Retour des bidasses en folie et Le Retour des Charlots.

• Le film comporte deux clins d’œil aux Bidasses en folie : Les Charlots précisent au légionnaire qui les prend en stop qu’ils ont fait l’armée et même « un peu de taule » ; L’entraîneur de l’équipe nationale, interprété par Jacques Seiler, se conduit un peu comme un sergent (qui n’est pas sans rappeler le sergent Bellec, joué par le même Jacques Seiler) afin de motiver les Charlots pour d’autres épreuves sportives.



Titre : Les Fous du Stade
Année : 1972
Durée : 1h25
Origine : France
Genre : La crème de la crème
Réalisateur : Claude Zidi
Scénario : Claude Zidi

Acteurs : Gérard Rinaldi, Jean Sarrus, Gérard Filipelli, Jean-Guy Fechner, Paul Préboist, Martine Kelly, Gérard Croce, Jacques Seiler, François Cadet, Patrick Gille

 Les Fous du stade (1972) on IMDb


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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pti denis
4 janvier 2022 12:04

Excellente critique, c’est vraiment leur meilleur film.
C’est carrément dans mon top 3 de mes comédies préférés avec Les bronzés font du ski et Les Sous-Doués.

J’adore Zidi jusqu’au milieu des années 80. Il y a parfois des rendez-vous un peu manqués (avec Belmondo ou Pierre Richard notamment) mais il a aligné un paquet de bonnes comédies populaires.

Outre le côté cartoon live-BD, j’ai compris ce qui me plaisait autant dans Les Fous du stade et Les Sous-Doués : les deux films montrent des jeunes s’amuser sans se poser de questions (sur leur avenir entre autre), sans s’imposer de limites. Ce n’est jamais méchant, c’est de la blague de potache, c’est l’insouciance, la liberté.
J’adore cette ambiance, on a envie d’être potes avec les Charlots comme on a envie d’être dans la classe avec Les Sous-Doués à faire le con.

Puis, les deux films ont en commun (tout comme Les Bronzés font du ski) une particularité pas si fréquente pour des comédies : avoir un dernier acte qui renouvelle la narration, qui fait que le film enclenche la seconde : les JO pour Les Fous du stade, l’épreuve du BAC pour Les Sous-Doués et l’excursion de ski pour le film de Leconte. Les 3 films sont déjà blindés de gags quand d’un coup, on passe à la vitesse supérieure pour atteindre un point de non-retour dans le genre (en ce qui me concerne).

En tout cas, si les gens ne doivent voir qu’un film des Charlots, c’est impérativement Les fous du stade!

Oli
4 janvier 2022 14:19

Toute mon enfance… Et Paul Préboist !