[Film] Gravy, de James Roday (2015)


Le soir d’Halloween, un trio de psychopathes kidnappe le personnel d’un restaurant mexicain à l’heure de la fermeture. Après avoir soudé les portes afin d’empêcher ses occupants de s’enfuir, notre trio vont faire subir à leurs victimes tout une batterie de jeux plus ou moins étranges. Et pour ne rien arranger, les psychopathes sont cannibales…


Avis de Cherycok :
Avec son trailer lui donnant l’air de petit film indé pas prétentieux aux allures de bobine complètement barrée, Gravy (2015) était forcément un film qui allait me faire de l’œil. Et en plus, l’hémoglobine semblait y coller à flot, il me fallait donc ce film. Quelques recherches plus tard et le précieux était mien. Mais comme à peu près 95% des films qui m’intéressent et que je stocke, ils finissent par être oubliés, tout tristes dans leur petit coin, pensant être abandonnés. Jusqu’au jour où ma petite femme me dit « Regarde ce que tu veux ce soir, moi je vais lire. ». Entendant ça, tous ces petits films se mettent à trépigner de joie : « Ça va être notre tour, ça va être notre tour ! ». Et ce soir-là, ce fût au tour de Gravy. Et le petit Gravy, il m’a laissé cette sensation très étrange qui arrive parfois, celle de pas savoir si c’était bien ou pas, celle de ne pas savoir si on a aimé ou pas.

Seul et unique long métrage (pour le moment) de James Roday, qui a à son actif quelques épisodes de séries (Psych, Rush Hour, Blood Drive), Gravy nous narre l’histoire d’un petit restaurant de cuisine mexicaine qui va être la cible de trois étranges personnages accessoirement psychopathes et cannibales. Un choix de restaurant mûrement réfléchi puisque ce dernier ne possède aucune fenêtre et que, une fois les portes solidement soudées, il n’y a plus d’échappatoire pour les pauvres victimes à l’intérieur si ce n’est de servir de mets de luxe à trois hurluberlus anthropophages. Mais en tant que rituel annuel pour nos trois amateurs de chair humaine, il faut que cela soit fait dans les règles de l’art, et ils ont donc préparé tout un tas d’activités diverses et variées qui impliqueront forcément quelques petits « légers » désagréments aux différents participants.
Pour le point de départ, Gravy est un huis clos assez classique, avec ses nombreux personnages tous bloqués au même endroit, des personnages bien entendu tous très différents et très stéréotypés car il faut arriver à parler à toutes les communautés. La bimbo, la bagarreuse, l’hispanique qui a fait de la prison, l’afro-américaine très en chair, le cuisinier français très maniéré ou encore le gentil patron qui, parce qu’il est trop gentil, va forcément décéder en premier. Et puis parce que lui aussi est d’origine étrangère mais ça ça ne compte pas dans le ciné ricain. Mais le casting de manière générale s’en sort avec les honneurs, cabotinant un poil pour certains, surjouant les émotions pour d’autres. Non, là n’est pas le réel problème de Gravy.

Le vrai gros problème de Gravy, c’est qu’absolument tout, du jeu des acteurs au choix des musiques en passant par les dialogues, a été étudié pour donner un coté complètement barré au film, pour ne pas dire WTF. En soi, pourquoi pas, certains l’ont déjà fait, avec plus ou moins de succès. Sauf que là, le rendu à l’écran fait très forcé et sonne souvent faux. Ça veut trop en faire, ça a tellement envie d’être fun qu’au final ça ne l’est pas. Ce n’est pas mauvais pour autant, ça nous laisse juste cette impression de pétard mouillé. Les gags, pour la plupart, ne sont pas nuls mais ne font pas forcément rire pour autant. Le film part dans des situations complètement improbables, outrageusement sarcastiques, avec des idées qui fusent non-stop, mais la sauce n’arrive jamais à prendre parce qu’au final c’est le ridicule qui l’emporte. Même chose en ce qui concerne les scènes sanglantes. Le film joue sur le côté grotesque et grand-guignol de certaines situations mais l’aspect cheap du gore (OMFG, c’est quoi ces pieds en latex dégueulasses !?!) a un effet qui n’est pas celui escompté.
Du coup, on regarde Gravy un peu le cul entre deux chaises. Car le casting est plutôt bon, la mise en scène tient la route, mais le spectacle Over the Top qui nous est proposé ne prend pas. Et ça a un côté assez frustrant.

LES PLUSLES MOINS
♥ Certains personnages
♥ Le WTF ambiant
♥ La bande son
⊗ Certains personnages
⊗ Le WTF ambiant
⊗ Les dialogues
Difficile de savoir quoi penser de Gravy tant ce film nous laisse cette impression de ne pas savoir si on a aimé ou pas. Certaines choses sont réussies sans vraiment l’être. D’autres sont ratées sans vraiment l’être. Sensation étrange qui persiste plusieurs jours après le visionnage. Bizarre



Titre : Gravy
Année : 2015
Durée : 1h38
Origine : U.S.A
Genre : Les 3 petits psychopathes
Réalisateur : James Roday
Scénario : James Roday, Todd Harthan

Acteurs : Michael Weston, Jimmi Simpson, Sutton Foster, Lily Cole, Molly Ephraim, Paul Rodriguez, Lothaire Bluteau, Ethan Sandler, Gabourey Sidibe

 Gravy (2015) on IMDb













Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

2 Comments

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  1. Ça a l’air en effet bien space, et Lily Cole a un toujours un visage que je trouve étrange 😀

  2. Vrai qu’elle a un visage avec quelque chose qui cloche, du coup il en devient marquant. Le film, ce n’est pas qu’il est space, c’est plus que, je ne sais pas, c’est inexplicable, c’est bien sans être bien, c’est fun sans etre fun,c ‘est rigolo sans être rigolo. Bref, cest space ouais ^_^

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