[Film] Godzilla II : Roi des Monstres, de Michael Dougherty (2019)


L’agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d’éclater.


Avis de Rick :
Godzilla en 2014, c’était à la fois bien et très décevant. C’était bien car ça faisait plaisir de voir un film Godzilla réalisé en Amérique et qui respectait le mythe, notre lézard radioactif, savait faire monter la tension et les enjeux. Mais à côté, c’était quand même un film très frustrant de voir toute cette montée en puissance être très souvent désamorcée par un hors champ, l’insertion au montage d’une autre scène et j’en passe. Pour voir Godzilla péter des trucs et foutre sur la gueule à des monstres, il fallait au final attendre la toute dernière partie. Godzilla 2 allait avoir la lourde tâche de faire suite au film et d’en corriger les défauts pour faire plaisir aux fans du lézard, sans pour autant trahir l’univers créé. L’arrivée de Michael Dougherty à la mise en scène mais également au scénario était une bonne chose. Le bonhomme avait surprit son monde avec Krampus. Bien qu’imparfait, le film était un hommage aux séries B familiales des années 80, et le réalisateur montrait son amour pour les créatures de son film. Qu’est ce que ça allait donner en le mettant à la tête de Godzilla 2, blockbuster au budget estimé à 170 millions de dollars, devant à la fois faire suite au premier film, et faire le lien avec le suivant, le versus entre Godzilla et King Kong, prévu pour 2020 et dont le réalisateur fait immédiatement plus peur (Adam Wingard, réalisateur sur les deux VHS, du Death Note pour Netflix, du dernier Blair Witch, et d’un remake déjà annoncé pour J’ai Rencontré le Diable). Et bien, malgré des défauts encore présents dont certains qu’il partage avec son ainé, c’était pas mal du tout, et ça envois même parfois du pâté quand il le faut pour donner aux fans de Kaiju quelques frissons dans le dos. De toute façon, il ne fallait pas qu’ils se plantent, en mettant Godzilla, Mothra, King Ghidorah et Rodan dans leur film. Mais oui, ce n’est toujours pas parfait.

Car si Godzilla 2 fait grandement plaisir, et m’aura apporté quelques frissons, pour son visuel, ses monstres et ses combats grandioses, il faut également avouer que niveau personnages humains, ce n’est pas toujours la joie. C’était déjà le cas dans le précédent, qui voulait à tout prix s’axer sur les humains, qui pourtant ne servent à rien dans des combats à une telle échelle. Pratique pour le drame humain par contre, mais ça ne fonctionnait pas vraiment. Même cas de figure dans cette suite, avec la mise en avant de la famille Russell, brisée depuis les événements du précédent film. Mark s’est retiré loin de tout, Emma travaille pour Monarch, la société qui surveille les monstres, délaissant tous les deux leur fille Madison. On aura donc notre lot de famille déchirée, se cherchant, de rédemption, de sacrifices, et même de décisions stupides ou maladroites. Ce qui est dommage vu le solide casting (Kyle Chandler et Vera Farmiga jouent les parents). Mais à côté, pas forcément mieux, notamment avec l’humain méchant pas du tout gentil, joué par ce bon vieux Charles Dance, mais qui au final, fait plus de la figuration qu’autre chose, autant par son temps de présence à l’écran que par ses actes ne changeant pas grand-chose, le scénario ayant décidé que ce seraient la famille au centre de tout, et c’est tout. Niveau humain, ce n’est pas encore ça donc, même si face à la générosité du reste, on peut dire qu’il y a du mieux comparé au premier opus. Et donc, à côté, il y a ce qu’on était venu chercher dans un tel blockbuster. De la destruction de tous les côtés, du Godzilla en veux tu en voilà, du Mothra, du Rodan, du King Ghidorah, d’autres monstres peu intéressants bien en arrière plan, des plans iconiques, des idées (stupides parfois, mais belles à l’écran). Limite par moment, on se dit que Dougherty en fait un peu trop.

Car oui, chaque apparition de monstre, chaque plan, chaque scène, tout semble être fait pour mettre en avant les créatures, pour iconiser l’ensemble. Donc on a des monstres, mais à côté, des ouragans magnétiques, des tornades, des volcans en éruptions, de la pluie. Ça a de la gueule, peut-être même trop il est vrai. Mais parfois, ça fait clairement mouche. La scène de Rodan au Mexique est par exemple magnifique et fonctionne très bien. Idem pour la scène où Godzilla est caché au fond des eaux, magnifique scène. En ce sens, il est très difficile d’en vouloir à Dougherty, il se fait plaisir avec les gros moyens qu’on lui donne, et il essaye de nous faire plaisir par tous les moyens le plus souvent possible, quitte à se planter sur quelques scènes. Mais au fond, Godzilla, il est majestueux, cela fait plaisir de revoir Mothra (elle me manquait), même si son design lors des gros plans ne m’a pas complètement convaincu, Rodan revient de loin, et King Ghidorah est majestueux en plus d’avoir quelques idées intéressantes dans son design. Même niveau musique, le film reprend pas mal d’éléments de la saga made in Japan, avec le thème de Godzilla, quelques notes du thème de Mothra, en plus de reprendre des éléments de la mythologie que le connaisseur validera. C’est de ce côté là que Godzilla 2 est une grande réussite, bien qu’au final un film parfois bien bancal. Si le premier Godzilla rendait hommage au premier film de la saga, cette suite rend hommage à tout ce qui a suivi.

LES PLUSLES MOINS
♥ Des scènes qui ont de la gueule
♥ Des Kaijus, et bien présents à l’écran
♥ Quelques sublimes plans iconiques
♥ Des idées intéressantes
⊗ Des incohérences et facilités
⊗ Le drame humain, facile et prévisible
⊗ Peut-être par moment un peu trop d’esbroufe visuelle
Godzilla revient, avec Mothra, Rodan et King Ghidorah, pour un spectacle visuel qui en met plein la vue, malgré des défauts certains dans l’écriture. Mais on passe un bon moment.



Titre : Godzilla II : Roi des Monstres – Godzilla: King of the Monsters
Année : 2019
Durée : 2h12
Origine : Etats Unis / Japon
Genre : Kaiju Eiga
Réalisateur : Michael Dougherty
Scénario : Michael Dougherty et Zach Shields

Acteurs : Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown, Watanabe Ken, Ziyi Zhang, Bradley Whitford et Charles Dance

 Godzilla: King of the Monsters (2019) on IMDb


Galerie d’images :

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

6 Comments

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  1. Toi , le grand fan du lézard géant japonais , oui toi Rick , ce qui me saoul régulièrement sur les rares films que j’ai vu de la saga , c’est justement ce facteur humain que je trouve trop prédominant.
    Donc ma question est la suivante : quels films de la saga me conseilles tu , en sachant que je veux avant tout voir du gros monstre qui défonce de la maquette , mais si possible que cela reste 1er degré et bien rythmé.

  2. Moi j’ai bien aimé.

  3. Ca donne envie tout ca déjà un film avec plein d’image de synthèse qui a une bonne critique sur Darside c’est assez rare et en plus t’es un fan de l’original.

  4. Alors Faze, la question est difficile, j’aime beaucoup d’opus, même si il y en a, l’humain est malgré tout assez au centre. Donc pour éviter le pavé qui ferait thèse de 120 pages, je vais commencer doucement par te demander ce que tu as vu déjà?
    Et sinon, j’adore l’original de 54 forcément, GODZILLA VS MOTHRA (les deux versions, de 64 et 92), GODZILLA VS DESTOROYAH en 95 est bien cool. Et dans ceux post années 2000, le GMK de Kaneko, ainsi que GODZILLA X MECHAGOZILLA et le TOKYO SOS.

    Et oui Feroner, j’avais dis que je surprendrais les gens avec mes blockbusters. Comme dit, je n’ai jamais été totalement rétractaire, faut soit que ce soit bien utile, soit que ce soit dans un genre qui me plait et le demande.

    1. Rick : de mémoire et de façon sûr j’ai vu Godzilla 1954 un classique du ciné japonais, Godzilla vs Mechagodzilla 1993 plus trop de souvenirs, le fils de godzilla et son duo de gamins inssuportablement nanar et Godzilla Final Wars que j’avais trouvé rigolo même si il a du rebuter pas mal de fans originaux.

      Voila , évidemment on rajoute à celà le Godzilla us de 1998 que je n’ai jamais vraiment aimé malgré quelques piques de Emmerich bien senties envers les ricains (mon côté beauf anti impérialiste 😀 ) et celui de 2014 , qui comme beaucoup m’a frustré malgré de jolies fulgurances iconiques.

      Bref j’ai pratiquement rien vu quand on sait le nombre d’opus que compte cette saga …

      Ps : j’ai rien contre les thèses de 120 pages.

      1. Je l’aime bien le Godzi contre Mechagodzilla de 1993. Pas le meilleur, mais ça passe car le fils de Godzilla a un design que je trouve beaucoup moins risible que celui des anciens. Tu peux tenter le DESTOROYAH, qui peut-être vu comme une suite directe d’ailleurs (je déteste l’opus entre les deux, SPACEGODZILLA). FINAL WARS, pour moi, c’est clairement le film qui perds un point à chaque vision, et sur lequel je somnole durant la première heure. Pas du tout ce que j’attends d’un film de la saga.

        Le GODZI 98 ahahaha ! Je l’avais vu au cinéma à l’époque….Je m’en suis remis depuis, mais bon, quand même. Les humains qui arrivent à tuer Godzilla avec des pauvres missiles… L’opus 2014 a je crois frustré quasi tout le monde, même si le film est loin d’être mauvais.
        En tout cas, évite la trilogie d’animation Japonaise dispo sur netflix (faut que je poste ces chroniques raaaaah, elles attendent). Le premier est sympa, le second décevant, la conclusion du gros foutage de gueule, intégralement. Du coup comme c’est juste une longue histoire coupée en trois films, ça n’a pas beaucoup d’intérêt.

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