[Film] Goal of the Dead (2014)

Pour l’Olympique de Paris, aller disputer ce match amical à Capelongue aurait dû être une simple corvée de fin de saison. Personne n’aurait pu anticiper qu’une infection très semblable à la rage allait se propager, et transformer les habitants du petit village en créatures ultra-violentes et hautement contagieuses. Pour Samuel – l’ancienne gloire près de la retraite, Idriss – le prodige arrogant, Coubert – l’entraineur dépressif, ou Solène – la journaliste ambitieuse, c’est l’heure de l’affrontement le plus important de leur vie.


Avis de Cherycok :
1 match / 2 mi-temps / 2 Films / 2 Réalisateurs / 22 joueurs. 1 ballon et 1 village entier de supporters enragés. Voilà ce que nous promets l’accroche sur le bluray de ce Goal of the Dead dont les premières images en avaient fait baver plus d’un sur le web, s’autoproclamant même de Shaun of the Dead national. Oui, parce que c’est une production made in France s’il vous plait ! Sauf qu’en grand amateur de péloches zombies que je suis, j’ai déjà vu cette accroche des dizaines de fois, les producteurs en abusant sans vergogne lorsque le film se veut un mélange de comédie et de zombies. Du coup, et sans le vouloir, je pars forcément avec des à priori, toujours un peu méfiant mais sans complètement être sur la réserve parce qu’un film indé frenchy qui sort un peu de la masse des comédies imbuvables qui sortent chez nous chaque année, avec en plus du zombard, ça m’intéresse forcément un minimum !

Deux réalisateurs donc, un pour chaque “mi-temps” du film, mais néanmoins deux films qui se complètent bien et qui ne forment au final qu’une seule et unique histoire bien barrée et con à souhait. Ce genre de projet n’est pas forcément ce qu’il y a de plus simple à monter. Difficile de trouver des producteurs en France lorsqu’on parle de zombies. Néanmoins, et malgré de nombreux problèmes de tournage et de prod (de l’aveux même des réalisateurs), le film est né. Alors que les choses soient claires tout de suite, Goal of the Dead est bancal voire raté sur bien des points, mais il s’en dégage une telle bonne humeur et énergie qu’on sent tout de suite que derrière tout ça se cache une belle bande de passionnés qui ont essayé de faire leur boulot du mieux qu’ils ont pu avec le faible budget qui leur était alloué. Ca commande par le casting tout simplement excellent pour qui s’intéresse un peu à la nouvelle vague française. On y retrouve par exemple le toujours génial Alban Lenoir (Hero Corp) qui pour l’occasion retrouve ses deux comparses de la non moins géniale série The Lazy Company, à savoir Alexandre Philip et Benoit Moret, mais également bon nombre de jeunes acteurs aperçus ci et là dans des séries (En Famille, Alice Never), ou de gueules du cinéma français, souvent cantonnées à du second rôle mais pourtant néanmoins toujours reconnaissables par leur cabines charismatiques tels que Patrick Ligardes (Enfermés Dehors), Philippe du Janerand (Nikita) ou encore, dans une moindre mesure, Bruno Salomone (Kaamelott, Brice de Nice). Tout ce beau monde s’éclate comme des petits fous, cabotinant parfois comme des dingues, et leur bonne humeur se ressent à chaque instant. Cela n’est certes pas suffisant à rendre le film bon, mais mieux vaut ca qu’un casting semblant se foutre éperdument de ce qu’il est en train de faire…

Cette bonne humeur s’en ressent dans les scènes de comédie. Elles sont loin d’être toutes réussies, quelques gags pas très heureux étaient clairement dispensables, et certains running gags (le coup des trois coréens) finissent pas ne plus vraiment amuser. Mais au contraire d’autres réussiront à provoquer un éclat de rire soudain tant certains dialogues s’avèrent succulents. C’est également le cas de certaines situations, complètement improbables mais qui, dans la façon dont elles sont mises en scène, touchent à tous les coups et permettent souvent de très bien accompagner des scènes d’action énergiques et survitaminées au possible.
Mais n’oublions pas qu’on se trouve avant tout dans un film de zombies, et les deux réalisateurs ne sont pas avares en la matière. Point ici de zombies lents façon Romero, on est plus proche ici des infectés de 28 jours plus tard. Ils sont moches, ils vont nombreux, et ils ont faim, très faim ! Mais malgré tout, si on enlève tous les effets de gerbi blanchâtre qui transmettent le virus et qui deviennent à force un peu lassant (ca passe son temps à se vomir dessus), force est de constater que l’ensemble n’est pas si gore que ça. Par contre, on peut saluer l’effort fourni au niveau des effets sanguinolents et des effets spéciaux de manière générale qui malgré le numérique, pour la plus part d’entre eux, s’incrustent parfaitement bien à l’image.
Je vous conseille par ailleurs le court documentaire de 8 minutes présent dans les bonus qui permet de vraiment se faire une idée du gros travail fourni à ce niveau là.

Avec son rythme parfois en dent de scie, ses nombreuses maladresses de montage ou l’invraisemblance de certaines scènes, Goal of the Dead est loin d’être la claque ultra jouissive que tous les fans de zombie attendaient. Pourtant, il se dégage un petit quelque chose qui le rend tout de suite sympathique et attachant. Energique, fun et ne se prenant jamais au sérieux, un divertissement parfait pour un samedi soir paisible chez soi accompagné de potes dans le même délire, le tout arrosé de bières et de pizzas.


Titre : Goal of the Dead
Année : 2014
Durée : 2h20
Origine : France
Genre : Zombies vs Football
Réalisateur : Benjamin Rocher, Thierry Poiraud

Acteurs : Alban Lenoir, Charlie Bruneau, Tiphaine Daviot, Ahmed Sylla, Alexandre Philip, Vincent Debost, Benoît Moret, Renaud Rutten, Patrick Ligardes, Philippe du Janerand, Bruno Salomone

 Goal of the Dead (2014) on IMDb


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    Rick
    Administrateur
    20 juillet 2014 11:42

    Il a l’air sympa comme tout, puis un film de genre français c’est toujours une curiosité, même si ma dernière excursion m’était restée au travers de la gorge (Lady Blood…).
    Et forcément, une chronique de Chery, ça donne du zombie 😀