[Film] China O’Brien 2, de Robert Clouse (1990)


Un trafiquant de drogue s’est évadé de prison et entreprend de se venger de tous ceux qui l’ont fait condamner. Sa route l’amène jusqu’à la ville du shérif China O’Brien, dure à cuire et spécialiste en arts martiaux…


Avis de Cherycok :
En janvier 2021, je découvrais China O’Brien, bobine martiale US de 1990 coproduite par la Golden Harvest de Raymond Chow qui valait le coup d’œil pour ses combats qui s’inspiraient fortement du cinéma de Hong Kong. Alors que je m’étais dit que je me ferais la suite rapidement, ce n’est donc qu’un an et demi après que je me suis lancé dans China O’Brien deuxième du nom, sa suite directe, qui à elles deux représentent la transition Hong Kong / U.S.A. dans la carrière de Cynthia Rothrock. Même production, même casting, même formule, mais un résultat clairement en deçà tant ce deuxième opus semble avoir été fait dans la précipitation, à la va-vite, sans doute pour essayer de surfer sur le succès du premier dans les vidéoclubs. Le résultat est donc très moyen, mais est sauvé du naufrage par des combats sympathiques.

Pour ce deuxième film, les producteurs rassemblent donc la même petite équipe. Robert Clause (Operation Dragon, Le Chinois) revient à la réalisation, tout comme Cynthia Rothrock, Richard Norton et Keith Cooke. Mais ce n’est pas tout puisque tout un tas de seconds rôles et quasi figurants du premier film sont également là, souvent dans des rôles différents. Ouais, on ne change pas une équipe qui gagne il parait. Le programme est donc le même que pour le premier film : des bastons, en nombre, qui tentent de mimer le style de Hong Kong. Et puis entre les scènes d’action, on met du remplissage plus ou moins utile, plus ou moins intéressant. Sauf que la recette s’épuise dès ce second opus. Il a beau ressembler au premier China O’Brien, ça reste le même mais en moins bien. Commençons par le principal dans ce genre de films : les scènes d’action. Je finissais ma chronique du premier film par cette phrase : « Cynthia Rothrock lève bien la gambette, Richard Norton semble toujours aussi cool, et Keith Cooke se prend pour Donnie Yen », et c’est toujours le cas ici. Les scènes d’action sont dynamiques, plutôt nerveuses, avec des artistes martiaux en pleine possession de leurs moyens. Le problème de ces combats, et c’était déjà un peu pareil pour le premier film, c’est qu’il n’y a pas de réel méchant martial. Ce sont juste des sbires qui se font péter les dents en 2/3 coups (et qui en plus semblent attendre que les coups les atteignent), bien qu’ils tentent de réparer ce petit problème lors du final avec la présence dans le rôle de sbires « de luxe » de deux artistes martiaux en la présence de Billy Blanks et Toshishiro Obata et des combats un poil plus longs, mais toujours pas suffisamment pour être marquants. Une fois de plus, Cynthia Rothrock est souvent doublée, et une fois de plus, Keith Cooke vole la vedette à ses deux comparses avec ses coups de pieds ultra rapides. On regrette malgré tout, comme pour le premier film, que la Golden Harvest n’ait pas fait appel à un vrai chorégraphe de la trempe de Corey Yuen pour les combats.

Malheureusement, ces combats sont moins intéressants que dans le premier film qui jouait la carte « Jackie Chan » avec une utilisation intelligente de l’environnement. Ici, bien qu’au-dessus des autres bobines martiales US de l’époque, on sent qu’il y a moins de travail de chorégraphie, bien qu’en termes de montage de ces scènes de combat, ce soit toujours bien lisible et malgré tout agréable à suivre. Entre ces scènes d’action, du remplissage pur jus avec des moments qui peinent réellement à intéresser. Passées les 15 premières minutes avec des moments funs comme la stripteaseuse tueuse ou le tour de magie de la boite, on passe son temps à attendre la prochaine scène de tatane. Personne n’a réellement un jeu convaincant, à commencer par Cynthia qui est plus habile pour balancer des bastos que pour faire ressentir les émotions. On a constamment cette sensation de téléfilm, avec en plus une réalisation très plan-plan, assez plate, de Robert Clouse qui n’est pas ce qu’on appelle un réalisateur talentueux. La mise en scène est fainéante, et le scénario complètement passe-partout. Du coup, malgré la très courte durée du film, 1h23 générique compris, le temps nous semble parfois un peu long et le bouton avance rapide pour aller jusqu’à la prochaine scène de fight nous fait rapidement de l’œil.

LES PLUSLES MOINS
♥ Les combats, pour un film US
♥ Le trio Rothrock / Norton / Cooke
⊗ Entre les scènes d’action
⊗ Ça manque d’un vrai combat final
⊗ Le jeu des acteurs

China O’Brien 2 est un divertissement de bas étage qui n’intéressera que les amateurs de séries B martiales et/ou de Cynthia Rothrock qui savent dans quoi ils s’embarquent. Mais même là, le film peine à amuser. Le résultat est très moyen.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Billy Blanks, qui lui aussi aura sa petite heure de gloire dans les DTV martiaux, fait une petite apparition en fin de film dans un magnifique pantalon zébré. Il n’est d’ailleurs pas crédité au générique.

• Certaines des scènes d’action ont été tournées après le tournage initial, afin de s’assurer que le film serait suffisamment long. Parmi ces scènes figure le combat entre Keith Cooke et Billy Blanks, ce dernier ayant été engagé au pied levé pour cette scène.



Titre : China O’Brien 2 / China O’Brien II
Année : 1990
Durée : 1h23
Origine : U.S.A
Genre : Le même, en moins bien
Réalisateur : Robert Clouse
Scénario : Robert Clouse, Craig Clyde, James Hennessy

Acteurs : Cynthia Rothrock, Richard Norton, Keith Cooke, Frank Magner, Harlow Marks, Tiffany Soter, Tricia Quai, Donré Sampson, Gary A. Rogers, Douglas Caputo

 China O'Brien II (1990) on IMDb


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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