[Film] Bullet Head, de Paul Solet (2017)


Après un casse audacieux, trois fugitifs se retrouvent piégés dans un entrepôt. Ils espèrent échapper aux forces de l’ordre, mais aussi et surtout rester en vie. Car ce qu’ils ne savent pas, c’est que cet entrepôt abrite la nuit tombée des combats clandestins de chiens.


Avis de Cherycok :
Il y a de grandes chances que vous n’ayez jamais entendu parler de Bullet Head, un film très mal distribué avec pourtant en têtes d’affiches trois stars de Hollywood. Bon, stars sur le déclin, il est vrai, mais tout de même trois acteurs que tout le monde connait et qui ont tous joué dans des films cultes. Si si, Antonio Banderas (Desperado, Le Masque de Zorro), Adrian Brody (Le Pianiste, The Grand Budapest Hotel) et John Malkovich (Les Ailes de l’Enfer, Les Liaisons Dangereuses), vous connaissez. Trois acteurs qui n’ont aujourd’hui plus rien à prouver mais qui semblent avoir de plus en plus de mal à exister dans le monde impitoyable d’Hollywood, au point de se retrouver depuis quelques années uniquement dans des séries B ou des petites productions dont la plupart resteront dans l’anonymat le plus total. C’est dommage mais c’est ainsi. Et puis, que voulez-vous, il faut bien bouffer et payer ses impôts… Et donc voici Bullet Head, production américano-bulgare sans le sou qui, sans être mauvaise, ne vous procurera pas grand-chose comme émotions. Un film moyennasse en somme…

Adrien Brody, John Malkovich et Rory Culkin (le frère du célèbre Macaulay de Maman J’ai Raté L’Avion) viennent de faire un braquage. Un peu en panique, ils se réfugient dans un entrepôt au fin fond de la ville après que leur quatrième comparse se soit fait descendre lors de leur fuite. Ils appellent un cinquième luron pour leur venir en aide mais ce dernier est dans l’incapacité immédiate de les aider. Les voilà obligés de rester dans cet entrepôt miteux. Antonio Banderas est un mafieux dont le gagne-pain est le combat de chiens d’attaque. On dresse un chien et on le fait combattre jusqu’à la mort. Et quand il perd et meurt, on en dresse un autre, et ainsi de suite. Les lieux des combats sont tenus secrets et changent afin de ne pas éveiller les soupçons des autorités locales. Un soir après un combat, leur nouveau molosse doit être tué car trop blessé pour continuer. Alors que nos trois comparses visitent leur entrepôt de fortune, ils tombent sur un cadavre tout frais, semble-t-il déchiqueté par une bête féroce. A peine ont-ils eu le temps de se retourner qu’ils sont poursuivis par un chien ultra agressif et blessé qui les charge. Leurs chances de survie sont minces tant le molosse semble enragé. Ils trouvent pendant leur fuite une pièce remplie de billets de banque, dans des sacs, prêts à être emportés. Notre Antonio, tout armé qu’il est car il est de bon ton de ne jamais quitter son arme quand on fait des trucs douteux, arrive dans un entrepôt pour récupérer les sacs d’argent des paris du combat de chiens de la veille. Vous voyez où je veux en venir ?

Malgré son titre et les différentes thématiques qu’il aborde, Bullet Head n’est pas un film d’action. Nous sommes ici plus du côté du drame mâtiné d’action. Nous sommes plus ici dans les relations entre les personnages, avec beaucoup de dialogues, d’abord intéressants, puis rapidement bouche-trou, et un temps assez important pour le développement des personnages en question. Peut-être même trop de temps, par rapport à ce que le film raconte. Le réalisateur va faire appel aux classiques flashbacks, qui vont nous raconter ici la relation de chacun avec la race canine, puisque le gros molosse auquel ils auront à faire est peut-être le personnage le plus important du film. C’est d’ailleurs à travers les yeux du bestiau que le film commence. Le film est d’ailleurs une sorte de jeu du chat et de la souris. D’un côté le chien, bien vénère, de l’autre les malfrats qui tentent de se défendre comme ils peuvent.
Malheureusement, la réalisation de Paul Solet n’est pas des plus efficaces. Le montage des quelques rares scènes d’action n’est pas des plus heureux, avec, par exemple lors des courses poursuites, des personnages qui apparaissent comme par magie et un enchainement parfois de scènes étranges. C’est relativement plat, si ce n’est quelques effets pour venir un peu réveiller la rétine. Et encore, lorsque la caméra n’est pas placée n’importe comment. La scène finale arrive malgré tout à être divertissante si on n’est pas trop exigeant, mais dans l’ensemble, Bullet Head reste une bobine bien moyenne.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le casting convaincant
♥ Le final divertissant
⊗ Trop bavard pour ne rien dire
⊗ La mise en scène
⊗ Hormis le final, ennuyeux
Malgré ses trois grosses têtes d’affiche, Bullet Head est un film qui ne vous laissera pas une grande impression. Mou, bavard, creux, sans grand effort de mise en scène pour dynamiser l’ensemble, il se regarde néanmoins sans gros effort de par sa courte durée. Mais aussitôt vu, aussitôt oublié.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le réalisateur a voulu faire ce film dans le but de prévenir et d’alarmer le spectateur sur les conditions des chiens lors des combats illégaux organisés un peu partout dans le pays.
• Trois chiens différents ont été utilisés pour le rôle du chien « De Niro » : Curly, Ademar et Han Solo. Chacun avait une tâche différente.
• Il s’agit du troisième long métrage du réalisateur Paul Solet après Grace (2009) adapté de son court métrage du même nom, et Dark Summer (2015). Il a également réalisé le segment « The Weak and The Wicked » de l’anthologie horrifique Tales of Halloween.


Titre : Bullet Head
Année : 2017
Durée : 1h33
Origine : U.S.A / Bulgarie
Genre : Presque bon, pas tout à fait mauvais
Réalisateur : Paul Solet
Scénario : Paul Solet

Acteurs : Adrien Brody, John Malkovich, Antonio Banderas, Rory Culkin, Ori Pfeffer, Alexandra Dinu, James Robinson, Jay Bogoslovov, Deyan Petrov

 Bullet Head (2017) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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