[Film] Black Past, de Olaf Ittenbach (1989)


Tommy, un jeune lycéen, vient d’emménager avec sa famille dans une nouvelle demeure. Lors d’une visite approfondie du grenier, le jeune homme aperçoit un vieux coffre mystérieusement fermé par une chaîne. Pris de curiosité, Tommy décide de l’ouvrir et découvre à l’intérieur un étrange miroir qu’il accroche aussitôt dans sa chambre. Un geste qui aura d’horribles conséquences car le miroir possède un pouvoir maléfique qui va entraîner la mort et le chaos au sein de la demeure familiale. Possédé par l’esprit démoniaque du miroir, le jeune Tommy se transforme en une créature monstrueuse et sanguinaire qui va massacrer avec une violence inouïe tous les habitants de la maison. Dépeçage à la tronçonneuse, castration, éventrations et mutilations s’enchaînent alors à un rythme effréné transformant la charmante demeure en un lieu où règnent les pires atrocités. Qui survivra à cette nuit de terreur pour raconter l’horrible vérité ?


Avis de John Roch :
Prothésiste dentaire de métier, Olaf Ittenbach appartient à cette génération de cinéastes, aux cotés de Andreas Schnass (la saga Violent Shit) et Jörg Buttgereit (le poétique Nekromantik, si si), à avoir initié l’ultra gore allemand, un genre en totale contradiction avec un pays où la censure est parmi les plus sévères d’ Europe. Aussi dégueulasse que la Schwarzwurst, le coté révulsant de ces œuvres mettent k.o les moins endurcis comme un bon vieux Schnaps. Aujourd’hui, revenons sur le premier méfait de Olaf Ittenbach : Black Past, pas le plus gore de sa filmographie, mais certainement le plus dur à regarder car le plus amateur.

Thommy, joué par Olaf Ittenbach himself, est un homme tout ce qu’il y a de plus normal. Il découvre un jour dans son grenier un miroir et un journal intime du précédent occupant des lieux. Dans ses écrits, celui-ci décrit sa possession par le miroir doté de pouvoirs maléfiques. Thommy n’en croit pas un mot et l’accroche dans sa chambre. Petra, sa petite copine sera la première à en faire les frais : sous l’emprise du miroir, elle se jette sous les roues d’une voiture. Sombrant peu à peu dans la folie, hanté par le fantôme de Petra, Thommy à son tour se retrouve sous l’ emprise du miroir, jusqu’à se transformer en démon et massacrer sa famille.

Pour son entrée sur la scène underground teutonne, inspiré par Sam Raimi, Peter Jackson et le gore Transalpin (le final d’Anthropophagous de Joe D’ Amato est ici repris) Olaf Ittenbach frappe fort dès les premières minutes, où une fillette se fait fendre le crane en deux par un hachoir. La suite est cependant moins glorieuse, puisqu’il faut subir trois bons quarts d’heure de vide, où les limites de Ittenbach en tant que scénariste se font sentir, l’amateurisme ambiant n’aidant aucunement à s’intéresser au semblant d’histoire qu’il propose, bien que certaines idées sont à saluer à l’image des séquences oniriques, de plus en plus violentes, qui renforcent l’emprise du miroir sur Thommy. Mais dès que ça repart, les choses sérieuses reprennent, et coté gore on est servis : découpage à la tronçonneuse, auto-mutilation au rasoir, coup de couteau dans les parties intimes féminines, découpage de membres divers et variés à la machette…

À retenir également une scène où Ittenbach nous refait le match Ash/Linda des Evil Dead à sa façon, et une descente aux enfers où les pires supplices attendent Thommy : éviscération, découpage, clou dans le chibre, … Bref, un bien beau catalogue gore étalé à la face du spectateur. Les effets spéciaux vont du correct à l’excellent, certains d’entre eux sont saisissants de réalisme, en particulier des sévices dentaires (monsieur est du métier, ceci expliquant cela), tandis que d’autres sont faisables avec trois fois rien. Des effets home made qui prouvent que n’ importe qui peut réaliser un film gore chez lui avec un peu de débrouillardise et d’idées. Tiens, en regardant Black Past, je mangeais une palette à la diable. J’ai récupéré la crépine, j’ y ai mis deux petits morceaux de viande, et hop j’avais une paire de couilles. Une certaine définition du cinéma d’ Olaf Ittenbach : ça charcle, ça donne envie de refaire les effets à la maison, c’est la magie du cinéma.

LES PLUSLES MOINS
♥ Du gore
♥ Du gore encore
♥ Quelques bonnes idées
⊗ Quand il n’y a pas de gore, il n’ y a rien
⊗ Le coté amateur qui en rebutera plus d’un
Pour son entrée dans le genre, Olaf Ittenbach frappe fort. Si l’on omet le caractère amateur du film, son manque de scénario, et le peu d’intérêt en dehors des scènes gores, celles-ci sont assez nombreuses, dégueulasses, et bien foutues pour faire passer la pilule.

LE SAVIEZ VOUS ?
• André Stryi joue également dans The Burning Moon et Premutos, deux autres films du réalisateur.


Titre : Black Past
Année : 1989
Durée : 1h23
Origine : Allemagne
Genre : Barbaque et tripaille
Réalisateur : Olaf Ittenbach
Scénario : Olaf Ittenbach

Acteurs : Olaf Ittenbach, André Stryi, Andrea Arbter, Alfons Sigllechner, Susanne Nebbe, Sonja Berg, Ivo Tischler, Rudolf Wimmer, Anette Arbter

 Guyver : La Sentinelle de l'ombre (1994) on IMDb


John Roch
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Faze
Faze
30 octobre 2020 4:20

J’ai su que c’était pas pour moi dés que j’ai lu “Andreas Schnass” …
Trop amateur (surtout niveau éclairage et jeu d’acteurs pour les Schnass que j’ai vu / subis) et 1er degré pour moi mais je tenais à signaler que le pénis cloué m’a quand même légèrement démangé l’entrejambe !!

Cherycok
Administrateur
Reply to  Faze
30 octobre 2020 8:54

Les violent Shit ne sont pas tant premier degré que ca, du moins les vieux. Ou alors j’en ai un très mauvais souvenir des premiers Violent Shit. je trouve que ce qui peut le plus déranger, c’est leur côté très amateur. J’avais les VHX de chez Haxan video à l’époque, et Violent Shit II avait été bien abimé niveau bande. JE me repassais parfois les scènes gores (j’ai toujours eu une fascination pour les SFX gores, savoir comment ils les faisaient tout ca tout ça)

Rick
Administrateur
Reply to  Faze
31 octobre 2020 5:01

Là je dois bien avouer pour le coup que je suis plus du côté de Faze 😉 J’ai tenté quelques Schnass, et quelques Ittenbach aussi d’ailleurs, et les visions furent plutôt douloureuses, pour les mêmes raisons, et le fait que souvent, au delà du gore, bien fichu, il n’y a strictement rien. Du vide pour combler, et ça m’emmerde.
Black Past ceci dit, à l’époque où je l’avais découvert (bordel plus de 20 ans, voir plus de 25 ans), j’avais été clément envers lui. C’était un premier film après tout, on est toujours plus clément envers les premiers films, et si entre les scènes gore c’était un peu le vide cinématographique, il y avait une vraie ambiance (la scène du pénis cloué justement, la scène m’avait marqué par son côté malsain et son ambiance sonore assez agressive). Puis après, j’ai vu Premutos, et j’ai définitivement laissé tombé le réalisateur. Plus de gore, mais aussi plus de vide, et du coup même l’avalanche de gore m’avait totalement ennuyée.

Cherycok
Administrateur
Reply to  Rick
31 octobre 2020 9:32

Tout dépend ce que tu recherches quand tu te lances dans ce genre de film. Moi je n’y cherchais que du gore, et uniquement du gore. Je m’en fichais de l’histoire, des acteurs. Presque j’aurais pu faire avance rapide entre les scènes de gore. J4ai eu ce que j’étais venu chercher sur Premutos (bon, en plus ca m’avait fait marrer), donc j’étais content.

Rick
Administrateur
Reply to  John Roch
31 octobre 2020 14:47

Alors je n’ai pas vu par contre The Burning Moon. Juste Black Past et Premutos. Pour Premutos, bon je sens que la chronique finira par venir 😉 Mais il y avait du potentiel, surtout que les anges déchus, c’est rare au cinéma, mais la sauce n’a pas pris avec moi. Tellement que le premier scénario que j’ai écris de ma vie, c’est sur un ange déchu, écris après ma déception (véridique l’anecdote en plus haha).