[Film] Best Of The Best, de Robert Radler (1989)


Pour affronter l’équipe coréenne en compétition officielle de taekwondo, cinq champions de américains Karaté sont sélectionnés pour suivre un entrainement intensif. Tous ont leurs soucis personnels, et avant d’affronter la cruauté des Coréens, ils auront à supporter la rigueur de l’entraineur Frank Couzo.


Avis de John Roch :
Best of the best, un titre qui parle forcement aux aficionados des vidéo-clubs, qui a eu sa place bien au chaud à coté des exploits martiaux (?!) des Jeff Speakman, Jeff Wincott et autres Don “The (soi disant) Dragon” Wilson. Le genre de films qui, comme beaucoup ici je suis sur, a fini dans mon magnétoscope. Sauf Best of the Best, bizarrement, je n’ai jamais eu l’honneur d’avoir vu ce qui semblait être le haut du panier de la vague de film de kickboxing. Best of the Best, le genre de titre qui résonne dans les oreilles comme un cri de guerre (hurlez Best of the Best, vous verrez l’effet que ça fait), un nouveau vide cinéphilique à combler. C’est chose faite, et vous savez quoi ? Ça valait le coup.

Dans Best of the Best, Eric Roberts est Alex Grady, un ancien kickboxer à la retraite suite à une blessure au bras. Il rejoint Tommy Lee (Phillip Rhee), Travis (Chris Penn), Virgil (John Dye), et Sonny (David Agresta, dans sa seule et unique prestation à l’ écran) à un tournoi international de karaté (c’est pas moi qui le dit, c’est la vf) face à l’équipe Sud Coréenne, sur son propre terrain. Déjà là, il y a comme un truc qui coince, un tournoi international où seulement deux nations sont représentées ? Ou est-ce le scénariste qui s’est creusé les méninges pour trouver un nouveau méchant historique pour les gendarmes du monde ? C’est probable car, après tout, le Vietnam a largement été exploité, et Chuck Norris a gagné la guerre trois fois en étant porté disparu. Quant aux communistes, Rocky a imposé la victoire des années Reagan sur le régime, et Chuck Norris a repoussé leurs invasion aux U.S.A. Pourquoi pas la Corée cette fois, ça change un peu, et Chuck Norris n’a pas encore mis la bite d’un Coréen dans un tupperware, le champ était donc libre.

La fine équipe est coaché par Frank Couzo (James Earl Jones), du genre intransigeant, moteur de tension au sein du groupe, notamment lorsqu’Andy veut voir son fils hospitalisé pour rien de bien grave, merci pour lui. Mais son rôle s’efface petit à petit pour laisser de la place à Tommy, car le vrai héros de l’histoire c’est lui. Il en a gros sur la patate car l’un des Coréens a tué son frère sur le ring quelques années auparavant. Il est poussé dans ses derniers retranchements par Frank, ce qui ne lui plaît pas et s’en va du groupe. Il trouvera le salut après une scène très Rocky 4 où il prend la route (musique bien 80’s et flashbacks à l’appui, quand on copie on le fait bien) et décide de faire machine arrière quand il voit un enfant faire tomber sa glace, tout comme lui lorsque son frère est tombé sur le ring (vous la sentez la poésie là ?). Trop c’est trop, il réintègre son équipe pour se venger.

Best of the Best est over the cul-cul. Le film est d’une niaiserie à tout épreuve, en plus de pomper Karaté Kid et Rocky 4 sans tenter de le camoufler un minimum. Pourtant, l’histoire tient la route et se suit sans déplaisir, malgré un déséquilibre complet dans le traitement des personnages. En dehors de Andy et Tommy, c’est le vide scénaristique. Travis est un cowboy qui aime distribuer des mandales, Sonny le rital lover, et Virgil un bouddhiste qui a une illumination quand il se rend compte que tenter de tremper son biscuit, c’est mieux que la méditation. Quant à Catherine (Sally Kirkland), coach en zen attitude, son rôle est bien inutile, sûrement écrit à la dernière minute pour avoir un personnage féminin.

Là où Best of the Best se révèle surprenant, c’est dans les scènes de fight. Bien filmé, et contenant certains plans vraiment classes, le métrage réussi également à cacher l’absence de compétences martiales des acteurs et à les rendre crédibles sur un ring, des bastons qui trouvent leur point culminant lors du final (le grand tournoi, donc) d’une violence par ailleurs surprenante.

Enfin, comment finir sans parler d’Eric Roberts. Alors que Julia cartonne, Eric cachetonne, et quand il se donne à fond, il ne fait pas semblant. Dans Best of the Best, Roberts, dans son premier rôle sensible, en fait des tonnes, au point de faire basculer des scènes voulues poignantes, notamment l’issue du tournoi censée être un discours sur la tolérance et le rapprochement des nations (Rocky 4, encore lui) , dans l’humour involontaire. De l’acting de haut niveau, si vous ne me croyez pas, rendez vous en bout de chronique.

LES PLUSLES MOINS
♥ Eric roberts en fait des tonnes
♥ Quelques moments vraiment sympas
♥ Des bastons par moment surprenantes
♥ On se marre bien
⊗ Eric Roberts, l’homme qui transforme les scènes émouvantes en scènes comiques
⊗ Ça pompe pas mal les succès de l’époque
⊗ C’est sacrément cul-cul la praline par moment.
Best of the Best, c’est un peu l’enfant illégitime de Karaté Kid et de Rocky 4, deux influences à peine cachées. Cependant c’est une vraie surprise, l’histoire accrocheuse, les bastons vraiment pas mal et l’humour involontaire amené par Eric Roberts tirent le film vers le haut du panier des séries B d’action de la fin des années 80.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Kane Hodder, Jason dans les épisodes 7 à 10, à un petit rôle dans le film.
• Eric Roberts et James Earl Jones se retrouveront l’année suivante dans l’ambulance de Larry Cohen.
• Best of the Best est le film préféré de Chuck Liddell, légende de la MMA.


Titre : Best of the best
Année : 1989
Durée : 1h33
Origine : U.S.A
Genre : Castagne
Réalisateur : Robert Radler
Scénario : Phillip Rhee, Paul Levine

Acteurs : Eric Roberts, Phillip Rhee, Chris Penn, John Dye, David Argresta, James Earl Jones, Tom Everett, Sally Kirkland

 Best of the Best (1989) on IMDb


John Roch
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Cherycok
Administrateur
25 octobre 2020 11:24

Souvenir d’enfance, on matait ce genre de film en famille (père, mère, frère, grand mère) quand j’étais petit aux côtés de Bloodsport, Kickboxer, et autres séries B martiales. Du coup, ils ont une place toute particulière pour moi. J’ai toujours peur de les revoir, car voilà, je sais que ce n’est pas non plus du grand cinéma, mais j’en garde un bon souvenir. La première suite est plutôt pas mal, plus “polar” parfois, le 3 est une bousasse. Jamais vu le 4, je m’étais arrêté là…

Cherycok
Administrateur
Reply to  John Roch
26 octobre 2020 10:48

Alors il me tarde la critique du 3 et du 4 ^_^

Faze
Faze
27 octobre 2020 0:52

Haha j’avais loué la Vhs , il y a plus ou moins 25 ans ,en pensant y retrouver Robert Patrick au lieu de Eric Roberts … (bah ouais c’est pas commun les acteurs US qui ont un prénom et un nom bien franchouillard 😀 )

Je me rappelle que ça tatanait plutôt bien , au point que j’ai vu le 2éme et 3éme volet dans les semaines qui ont suivis.

Mais pour être honnête , je mélange tout et m’en rappelle plus trop , au point que j’ai été surpris de voir qu’il y avait Chris penn et J.E Jones dans le film.

Cherycok
Administrateur
Reply to  Faze
27 octobre 2020 8:12

Robert PAtrick a également joué dans de la série B d’action dans les années 90. J’en ai certaines d’ailleurs genre Hong Kong 97 (de mon chouchou Albert Pyun), Zero Tolerance d’un des frères Merhi, ou encore MErcenaries de je ne sais plus qui ^_^

Faze
Faze
Reply to  Cherycok
28 octobre 2020 23:21

Et il se fait également trucider dans 58 minutes pour vivre par Bruce Willis ! 😀