[Film] Below Zero (2011)

Jack, un ancien scénariste à succès désormais proche du gouffre, a accepté une drôle d’idée de son agent : se faire enfermer pendant cinq jours dans un abattoir abandonné, au milieu d’une région isolée. Il devrait ainsi pouvoir se concentrer sur son travail, et seulement sur son travail.

Si la première journée se déroule presque normalement, Jack va rapidement être confronté à des évènements aussi étranges qu’inquiétants. Quand la réalité dépasse la fiction…et vice versa ?


Avis d’Oli :

Below Zero…non ceci n’est pas la note que j’ai attribuée au film !

Avec ses images bien léchées, le long métrage de Justin Thomas Ostensen mérite en effet un peu plus que ça, même s’il n’atteint pas des températures estivales. Je m’attendais bien évidemment à un truc bancal, mais je n’ai pas pu résister à la jaquette qui faisait la part belle à deux comédiens. Le premier est un acteur has been en quête constante de rédemption (Edward Furlong), face auquel on prend une espèce de plaisir malsain à le voir ainsi se débattre (vainement ?) pour revenir au top. On est sadique ou ne l’est pas… Le second se nomme Michael Berryman et figure certainement parmi les personnalités les plus inoubliables de l’horreur au cinéma, aux côtés de Robert Englund, Christopher Lee, Boris Karloff, Fuji Takako ou encore Claude Lelouch – ce dernier pour des raisons différentes, je vous le concède.

Below zero 1
BELOW ZERO commence plutôt bien : les grandes étendues sauvages canadiennes sont à la fois magnifiques et inquiétantes, tant elles paraissent propices à l’isolement. Cette sensation de double enfermement est la très bonne surprise du début du récit : le personnage incarné par Edward Furlong, Jack, se retrouve ainsi prisonnier à la fois d’une région vide d’âmes, mais aussi d’une petite pièce située dans un abattoir désaffecté. Même Houdini aurait eu du mal à s’en tirer…

Enfermé au milieu de nulle part sur une idée de son agent, afin de pouvoir se concentrer sur l’écriture d’un scénario, Jack, un écrivain en manque d’inspiration, se lance donc dans la confection d’un nouveau script bon gré mal gré. Pour la petite histoire, sachez qu’il s’agirait en fait de la situation dans laquelle la vraie scénariste du film, Signe Olynyk, se serait volontairement mise pour imaginer…BELOW ZERO – et ce dans les même lieux que ceux qui ont servi au tournage. Mensonge éhonté pour faire le buzz ou curieuse réalité, je vous laisse seul juge… Le film, donc, j’y reviens. Il nous propose de suivre l’histoire imaginée par Jack tout en revenant parfois dans la « réalité » puisque le pauvre écrivain va rapidement se rendre compte que quelqu’un lui joue des tours : la température de sa chambre va commencer à dramatiquement baisser et il va bientôt être la victime d’un effroyable chantage. Cette mise en abyme du travail de l’écrivain respire l’influence de Stephen King à plein nez, mais n’est pas franchement désagréable à suivre, tout du moins au début. Contre toute attente on s’attarde en effet avec plaisir sur les pérégrinations de Frank, personnage fictif, dans cet abattoir tenu par un drôle de boucher incarné par Michael Berryman. L’horreur ne va hélas jamais très loin et le suspense va se retrouver désamorcé par le concept même du film : les aventures de Jack n’étant pas réelles, il est difficile de s’émouvoir pour celles-ci. C’est alors que surviennent les premiers « rembobinages » : l’écrivain change son script au rythme des nouvelles idées qui l’assaillent, et il n’est pas rare de se taper ainsi deux ou trois fois la même scène mais vue sous un autre angle – ou avec une chute différente.

Below zero 2
Encore une fois, ce n’est pas foncièrement désagréable, surtout qu’Edward Furlong s’en sort honorablement et que voir Michael Berryman trimbaler sa vieille carcasse fait toujours son petit effet. Sur la fin, on va hélas friser l’indigestion – et pas seulement à cause du déballage de quelques kilos de tripes. Le scénario à tiroirs ça va en effet un moment, mais le tiroir dans le tiroir dans le tiroir, ça finit par lasser à un tel point que l’on s’émouvra à peine devant le twist final, sorti d’un peu nulle part.

C’est d’ailleurs lorsque survient enfin ce dénouement que l’on réalise une chose : les mésaventures d’Edward furent longues !

note5


Below zeroTitre : Below Zero
Année : 2011
Origine : Canada
Genre : ice scream
Réalisateur : Justin Thomas Ostensen
Acteurs : Edward Furlong, Michael Berryman, Kristin Booth, Dee Hanna, Michael Eisner, Sadie Madu


Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège).

Comments

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  1. “ou encore Claude Lelouch – ce dernier pour des raisons différentes, je vous le concède.”

    J’aime beaucoup ^_^ Ah, et ton jeu de mot final également lol.

    Sinon, je l’avais vu passer ce film mais je ne m’y suis pas jeté dessus, sans doute parce que j’ai déjà un sacré paquet de films à me mater mais c’est vrai que comme tu le dis, les deux têtes d’affiche donnent forcément envie, surtout cette gueule cassée de Michael Berryman.

  2. Bon comme je l’avais, je l’ai regardé hier soir par curiosité, ça commençait bien, et écrivant également, le système des réécritures au début est plutôt sympa. Mais oui sur la fin, ça veut tellement surprendre en reprenant des trucs, changeant, faire du “oui mais en fait non” que c’est lassant. Dommage. Ça se regarde.

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