[Film] Bangkok Kung Fu, de Yuthlert Sippapak (2011)

4 jeunes enfants ont été enlevés par des truands locaux afin de servir de chair à canon pour des actions de mendicité. Les maltraitances sont aussi récurrentes que sévères. Le jour où ces enfants décident de s’évader, ils se font rattraper par leurs tortionnaires et mutiler à vie. L’un perdra ses yeux, son frère l’ouïe et un troisième se fera couper la langue. Le dernier, étant handicapé mental, n’aura pas besoin d’un traitement supplémentaire. Sauvés in-extremis par un moine mystérieux accompagné de sa fille adoptive, ils vont apprendre les rudiments d’un kung fu spectaculaire. Les années passent, et le désir de vengeance se fait de plus en plus pressant.


Avis de Laurent :
Yuthlert Sippapak est sans aucun doute le metteur en scène qui incarne le mieux le cinéma thaïlandais de ces 15 dernières années. Foutraque et imprévisible au possible, il a réalisé avec une régularité salutaire quelques films majeurs du box-office local. On retrouve, à son actif, de grands films (February) ainsi que de sympathiques nanars teintés de culture populaire (Buppah Rahtree, Krasue Valentine). Que ces films soient bons ou mauvais, ils ont tout le temps quelque chose d’intéressant à raconter et font honneur aux thématiques et aux codes cinématographiques de la production locale. Bangkok Kung Fu a parfaitement sa place dans la filmographie de Yuthlert Sippapak avec un scénario improbable, un bricolage assumé et des thématiques WTF. À la limite du film de super anti-héros avec ses personnages foireux et antipathiques. Chacun va perfectionner son style en fonction de son handicap.

Difficile de savoir à quel public Bangkok Kung Fu est destiné. Très violent dans son premier quart d’heure (avec, pour les amateurs, un gamin qui se fait trouer les pupilles), le film se dirige vers l’actionner pour ado pour enfin se clôturer sur de la romance sirupeuse. Comme souvent avec ce réalisateur, il y a beaucoup à jeter dans son cinéma très brouillon mais généreux. Bangkok Kung Fu ne déroge pas à la règle tant le cast entier est à jeter à la benne avec, par ailleurs, une action cheapos et sans intérêt (merci aux CGI à 2 baths). Cependant, un petit je ne sais quoi d’attachant fera le nécessaire pour passer un petit moment de cinéma thaïlandais comme on en fait de moins en moins. Il manque juste un bon action director derrière les séquences qui le demandent pour faire prendre la sauce … n’est pas Panna Rittikrai qui veut ! Si vous attendez de l’action, passez donc votre chemin. Si vous voulez de la romance facile avec un peu de Thaï pop dégoulinante de bon sentiments, pourquoi ne pas tenter la chose.

En définitive, Bangkok Kung Fu s’adresse presqu’exclusivement aux amateurs de cinéma sud-est asiatique moyennement exigeants sur la marchandise. Un film qui sent bon le début des années 2000 lorsque la Thaïlande commençait à proposer des films pouvant s’exporter un minimum. Force est de constater que depuis ces années folles, le pays du cascadeur consommable a suffisamment progressé pour proposer quelque chose de mieux ficelé et de scénaristiquement moins improvisé.

 


Titre : Bangkok Kung Fu
Année : 2011
Durée : 1h41
Origine : Thaïlande
Genre : Action
Réalisateur : Yuthlert Sippapak

Acteurs : Arak Amornsupasiri, Artikitt Prinkprom, Jarinya Sirimongkolsakul


Galerie d’images :

Laurent

Un des membres les plus anciens de HKmania. N'hésite pas à se délecter aussi bien devant un polar HK nerveux, un film dansant de Bollywood, qu'un vieux bis indonésien des années 80. Aime le cinéma sous toutes ses formes.

1 Comment

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  1. Le seul truc dont je me rappelle, c’est que l’aveugle était assez balèze et qu’il paralysait les méchants je crois… Sinon pour le reste, mémoire sélective… trou noir.

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