[Film] Drive (2011)

Officiellement, il est mécanicien, mais aussi cascadeur. Conducteur hors pair, il met aussi parfois ses talents au service de braqueurs, à la condition de rester dans l’ombre et de ne jamais porter d’arme à feu. Un jour il fera la connaissance d’Irène, une jeune mère dont le mari est actuellement en prison.
Mais qui est vraiment ce jeune blondinet, au visage transparent ?


Avis d’Oli :

DRIVE a constitué pour moi l’une des mes plus grosses baffes de 2012 (oui au Japon les films sortent parfois un peu tard). Et une nouvelle fois, je me suis lancé dans l’aventure sans rien connaître du pitch ou des personnages. A l’aveugle, comme on dit. Et ça a du bon. A ce titre je vous déconseille vivement de visionner la bande-annonce avant de voir DRIVE : elle gâche toute la découverte.

Avec la scène d’intro magistrale au volant d’une belle voiture, le ton est donné : le film sera froid, tendu et mystérieux. Certes on nous a déjà fait le coup du héros taciturne, déjà un peu mort à l’intérieur. Le mec qui n’a l’air de rien mais qui cache des secrets inavouables. Mais ça fonctionne : grâce à la mise en scène de Nicolas Winding Refn (qu’on ne présente plus), au visage poupon (et donc à contre-emploi) de Ryan Gosling et grâce aux musiques qui achèvent de rendre le tout aussi digeste qu’une liqueur chaude mais légèrement amère, qui aurait facilement pu dégouter si elle avait été distillée par un autre.

Film de genre avec des gants, Film Noir sous les lumières avec ses explosions de violence venues de nulle part, son anti-héros fidèle à sa propre mythologie, ses belles caisses et ses relations intelligemment tissées entre les personnages (notamment l’évolution des rapports entre le héros et le mari d’Irène), DRIVE est un pur diamant, brut et coupant, dont l’éclat qui se dégage de certaines scènes magistrales (l’intro, l’ascenseur, l’échange des poignées de mains « sales », le plan final sur le visage absent de Ryan Gosling) fait oublier les imperfections parfois grossières – dont quelques coïncidences un peu grotesques.


Ryan Gosling est une ombre lumineuse, un spectre tellement habitué à se mouvoir sous les projecteurs et aux côtés des gens bien comme il faut qu’on ne fait plus attention à lui. Il a réussi son pari : disparaître tout en étant pourtant bien là. Ce n’est ainsi qu’à la toute fin du film que l’on se rendra compte qu’on ne connaît même pas son nom…

Alors DRIVE, quelque part c’est un peu comme LE TRANSPORTEUR ? Un peu oui, sauf que dans le film de Nicolas Winding Refn le transporté, c’est le spectateur.

Titre : Drive
Année : 2011
Durée : 1h40
Origine : U.S.A
Genre : état d’ivresse
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Acteurs :  Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks, Oscar Isaac, Christina Hendricks, Ron Perlman, Kaden Leos, Russ Tamblyn, Jeff Wolfe, James Biberi


Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège).

Comments

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  1. On se rejoint sur ce film Oli. Il a également été l’une de mes grosses claques de l’année à l’époque de sa sortie FR. J’ai le DVD et l’ai rematé récemment avec le même kiffe.

  2. On m’en a reparlé y’a 3 jours et c’est vrai que c’est à chaque fois en bien. Je me le suis donc procuré et ta critique ne fait que confirmer ce qu’on m’en avait déjà dit.

  3. Une de mes claques de l’année dernière, vu deux fois au cinéma. L’ambiance est tout simplement extra, la musique énorme. Il y a des trucs un peu gros dans le scénar, tout s’emboite parfois un peu trop facilement, mais qu’est ce que c’est bon!

    Tente Chery ^^

  4. C’est du tout bon effectivement! Certains diront que c’est poeut-être overstylé, moi j’adore!

    Oli: quelle phrase de conclusion! 😉

  5. Pour me faire avaler l’histoire d’amour en me faisant baisser ma garde naturelle…c’est que c’est du bon, d’accord moi aussi !

  6. Semi-déception pour ma part, la première moitié est pas mal mais ça plonge complètement ensuite avec le scénario qui devient du n’importe quoi (des “coïncidences” vous êtes gentils), et puis on s’en fout un peu à vrai dire, d’autant plus que c’est un film qui devrait finir par une poursuite en voiture (c’est quoi le titre déjà ?…) au lieu d’un anti-climax décevant (tout le contraire d’un cinéaste qui prend le genre au premier degré et d’un autre qui veut être plus malin que son scénar’, ou que le spectateur, car jouer avec ses attentes ok, mais de là à les ignorer, non…), bref j’aime bien le type malgré tout mais il devra faire attention à l’avenir à ne pas péter plus haut que son sujet…

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