[Dossier] Hitori kakurenbo : jeux d’infanticide

Le cinéma horrifique va souvent par vagues et effets de mode…parfois jusqu’à l’indigestion. On a ainsi eu droit, ces dernières années, au tsunami RINGU (qui a frappé tous les continents), au phénomène ONE MISSED CALL qui a été dépeint sous bien des couleurs et des nanars, ou encore au syndrome BLAIR WITCH PROJECT (qui n’a pas fini de faire des émules –rapport à tous les gens qui le téléchargent illégalement ?!). Le buzz horrifique du moment, au Japon, c’est le hitori kakurenbo (cache-cache solitaire). Les films dédiés à ce sujet se sont en effet multipliés depuis deux ans…pour le meilleur et pour l’empire (du V-Cinema) !




Le principe : inviter un fantôme à venir jouer à cache-cache avec vous. Un concept suicidaire ? Pas plus que notre très franchouillard jeu du foulard, n’est-ce pas ?

Les règles, que s’échangent les passionnés (drogués) sur Internet, sont les suivantes (elles changent légèrement d’un film à l’autre) :

– éventrez une poupée, et remplacez son coton par du riz cru. Refermez le tout à l’aide d’un fil rouge
– à 3 heures du matin, répétez trois fois une phrase invitant un démon, en lui donnant le nom de votre choix
– allez dans la salle de bain, et placez la poupée dans l’eau de la baignoire, du lavabo ou même d’une simple bassine
– allumez votre télévision, mais éteignez toutes les autres lumières
– Fermez les yeux et comptez jusqu’à 10. Retournez dans la salle de bain, dites que vous avez retrouvé le démon en prononçant le nom choisi au préalable et poignardez la poupée en invitant un nouveau démon
– cachez-vous immédiatement, avec un verre d’eau salée à la main

Pour remporter la partie, vous devez éviter d’être surpris par l’esprit que vous avez invité…mais vous devez également quitter votre cachette pour mettre la main sur la poupée et lui cracher de l’eau salée au visage. Attention néanmoins, car la peluche pourrait bien se déplacer… Si pour une raison ou pour une autre, vous avalez ou crachez l’eau salée avant d’atteindre la poupée…vous n’aurez plus aucune chance d’échapper au démon…

L’origine du hitori kakurenbo remonterait à 2007. Sur un site de chat occulte (2ちゃんねる オカルト板), certains auraient fait part de leur expérience du hitori kakurenbo, d’autres se seraient alors lancés dans l’aventure et les histoires étranges en la matière se seraient alors démultipliées sur Internet.
Voici quelques exemples de sites de chat surnaturels (si ça vous intéresse !) :
http://toki.2ch.net/occult/#3
http://toki.2ch.net/occult/

La légende urbaine du hitori kakurenbo a donc commencé sur des pages dépouillées (mais fourmillant d’informations scabreuses) comme les deux listées ci-dessus. Et le cinéma n’a pas tardé à s’intéresser au phénomène, puisqu’un premier DTV a vu le jour en 2008, intitulé sobrement HITORI KAKURENBO. Bien fichu malgré une absence criante de moyens, le film en question a été suivi d’une suite (cette fois sortie en salle : HITORI KAKURENBO GEKIJÔBAN), qui connut elle-même une vraie-fausse suite (car les films n’ont rien à voir) avec HITORI KAKURENBO SHIN GEKIJÔBAN (du même réalisateur, d’ailleurs).

Dans l’ensemble, les titres en question varient du très moyen à l’excellent, et devraient ravir les amateurs de j-horror. On pourrait s’amuser à classer les hitori kakurenbo en trois catégories.

1 – La substantifique moelle de la légende :
HITORI KAKURENBO (2008) : réussi et imaginatif, un très bon DTV.
HITORI KAKURENBO GEKIJÔBAN (2009) : plus de moyens, avec à l’arrivée un bon film mais moins d’imagination que dans le titre de 2008.
HITORI KAKURENBO SHIN GEKIJÔBAN (2010) : sorti dans quelques salles de ciné à l’instar du film précité, HITORI KAKURENBO SHIN GEKIJÔBAN est la grosse surprise de l’année 2010. Il dépoussière le principe du hitori kakurenbo avec talent et quelques scènes très intelligemment pensées.

2 – La franchise qui squatte les étagères des vidéoclubs :
REAL KAKURENBO (2009) : ou quand quelques producteurs intelligents tentent de faire fructifier le succès du HITORI KAKURENBO de 2008…
REAL KAKURENBO 2 (2009) : le V-Cinema dans toute sa splendeur décadente, à savoir peu imaginatif et un brin flemmard. Pour du DTV le spectacle demeure malgré tout correct.
REAL KAKURENBO 3 (2010) : après le hitori kakurenbo (cache-cache solitaire), voici qu’on introduit le futari kakurenbo (cache-cache à deux). Malgré quelques petites nouveautés, cet opus peine à décoller…
FUTARI KAKURENBO (2010) : le même réalisateur que REAL KAKURENBO 3, et la même nouveauté (qui n’en est donc plus vraiment une) : le cache-cache à deux contre un fantôme.

3 – Les drama et séries :
HONTOU NI ATTA KOWAI HANASHI VOL.13 HITORI KAKURENBO (2009) : attention, cette série n’est pas celle produite par Fuji TV (qui est meilleure).
MONOROI (2010) : un special drama au budget confortable et quelques acteurs célèbres, dont un des chapitres est dédié au hitori kakurenbo.

En bref, si vous ne devez voir que les meilleurs, je vous conseille HITORI KAKURENBO (2008) et l’excellent HITORI KAKURENBO SHIN GEKIJÔBAN (2010). En attendant, je trouve étonnant que les producteurs hollywodiens ne se soient pas encore intéressés à la chose. Pourtant, en général ils aiment bien jouer à cach-cach, n’est-ce pas ?!

En conclusion, un très court extrait de l’excellent HITORI KAKURENBO SHIN GEKIJÔBAN (montez le son) :

Les images de ce mini dossier sont tirées des films suivants (du haut vers le bas, le 1er nounours inclus) :
– MONOROI ; HITORI KAKURENBO GEKIJÔBAN ; REAL KAKURENBO ; REAL KAKURENBO ; REAL KAKURENBO 3 ; HITORI KAKURENBO GEKIJÔBAN ; HITORI KAKURENBO

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yume
yume
24 septembre 2010 19:30

j’aime bcp le principe de ce jeu ! ca change de la discussion au coin du feu pour jouer à celui qui fait le plus trembler ses potes, ou les K7 maudites. M’en vais essayer de quérir hitori kakurenbo shin gekiban pour voir un peu
Merci pour cet article généraliste Oli !

nomad_soul
24 septembre 2010 23:36

Merci pour cette présentation, j’avoue que c’est pas le genre qui m’attire en premier lieu, mais ca se tente…

Laurent
25 septembre 2010 13:25

Il y a des ladyboys ?

Laurent
25 septembre 2010 17:03

Merci, je trouve que ça manque réellement à la crédibilité du cinéma nippon.