[Avis] Tales from the Dark 1& 2 (2014)

Six Histoires d’horreurs à travers Hong Kong.


Avis de Jonathan-HK :
Hong Kong et les films d’horreur purs et durs, ça n’a jamais été trop ça. Si l’on excepte le slasher avec Josie Ho Dream Home, le old school et très bon The Imp avec Charlie Chin, et quelques sketchs par-ci par-là de la saga Troublesome Night, on ne peut pas dire que les purs films d’horreur Hong Kongais se bousculent au portillon. Le recent Rigor Mortis m’ayant, pour ma part, horripilé. Pour avoir vraiment la frousse, il vaut mieux se tourner vers la Corée, La Thaïlande et le Japon. Ce dytique en 2 parties va-t-il changer la donne, et ramener l’ancienne colonie anglaise sur le devant de la scène ? Je crois que je peux tuer le suspens dans l’œuf et tout de suite répondre par la négative. Hélas.
Car comme ces nombreuses productions locales, Tales from the dark souffre d’un sérieux problème : il n’arrive pas à être 100% horreur. Le cabotinage des acteurs, le ton parfois décalé ou pas assez implique de certaines scènes font retomber l’ambiance qui a déjà du mal à s’installer dans certaines histoires.

La 1ere partie du dytique s’ouvre sur un sketch avec Simon Yam en homme vivant seul, et semblant persécuté par des esprits. C’est toujours un plaisir de voir Simon à l’œuvre, mais hélas ici il ne se passe pas grand-chose qui va retenir notre attention. Des fantômes errent, on croise Lam Suet en ghost Bouffe Tout, mais on n’y croit pas une seconde et surtout, on ne frisonne pas.
Le 2e sketch met en scène Tony Leung Ka Fai & Kelly Chen. Les 2 stars vont jouer le rôle de voyants qui vont devoir résoudre une histoire de fantômes. Une histoire somme toute prévisible et déjà vue pas mal de fois ailleurs : le fantôme revanchard, berne en amour qui vient crier vengeance après sa mort. C’est plutôt longuet, pas très intéressant et le ton pas sérieux du duo n’aide pas à s’impliquer dans l’histoire. Les effets spéciaux sont plutôt approximatifs et même si la réalisation est propre, la photo superbe (une qualité que l’on retrouve sur l’ensemble de l’œuvre) c’est peu ambitieux, au final.

Le 1er volet de Tales from the dark se clôt sur une histoire de vengeance, une fois de plus, celle d’une jeune femme fantôme qui a été violée et tuée par des voyous. Elle va demander à une chasseuse de vilains de l’aider à envoyer ad patres les responsables de son décès. Sur le papier, l’histoire est sympa mais sur l’écran, c’est encore une fois longuet, prévisible et même si l’ambiance nocturne de HK est bien rendue, j’ai dû m’accrocher un peu pour finir le film. Quelques débordements gores vont pointer le bout de leur nez, trop tard hélas pour susciter de l’intérêt.
A la fin de ce premier volet, on est donc déçus, du moins en ce qui me concerne. Certes, la photo est léchée, la réalisation impeccable, on retrouve des acteurs qu’on aime bien, ça fait plaisir (même Kelly Chen, oui oui, je l’aime beaucoup moi, elle chante très bien et j’aime bien sa bouille) mais c’est tout.

Que nous réserve donc le 2e film ? Une déception aussi ? Eh bien non. C’est beaucoup mieux, les histoires sont plus intéressantes, c’est plus vivant.
Le film s’ouvre sur Le sketch « L’oreiller » racontant l’histoire d’une femme abandonne par son mari, qui va trouver son réconfort dans les bras d’un oreiller un peu spécial. Mêlant rêve et réalité, un peu de sensualité aussi, le rythme assez lent de l’histoire n’endort pourtant pas et on reste intéressé aux péripéties de l’héroïne qui va retrouver son mari dans les songes. Une pointe de mystère vient soulever quelques questions et on conclut sur une assez bonne impression, d’autant plus que Kenji Kawai ( le compositeur de la musique du sublime Dark Water d’Hideo Nakata) s’est charge du score.
Vient ensuite « Cache-Cache » où l’on suit un groupe d’amis qui joue à un jeu dans leur ancienne école désaffectée et bien entendue, hantée jusque dans les wc. Si les sfx sont peu glorieux encore une fois, on ne s’ennuie pas malgré la prévisibilité de certaines séquences. Les décors sont bien utilises, l’ambiance est maitrisée, c’est du déjà vu oui mais ça se laisse suivre. La conclusion n’apporte pas vraiment grand-chose, par contre. Dommage.

Le 6e et dernier sketch met en scène Teddy Robin et je le dis tout de suite, c’est la meilleure partie de ces comptes venus du noir. Si comme moi, lorsqu’on vous cite « Tarzan » vous ne pensez pas au héros de Disney mais bien à l’acolyte de Jackie Chan dans « Twins Dragons » et bien vous pouvez vous réjouir. Il est énorme et tire à lui seul les deux métrages vers le haut.
Commençant doucement, son personnage errant dans Hong Kong pour sa « dernière nuit dans la ville » comme il le dit, cherchant ici et là à aider son prochain, les choses vont basculer lorsqu’une prostituée va plus ou moins essayer de le piéger. Ce qui va donner lieu à une scène absolument énorme (et ce à quoi tout le film aurait dû ressembler), nous faisant amèrement regretter qu’un film tout entier ne soit pas consacré au personnage de Teddy.

Je tire un bilan déçu de ces deux films, au final. L’esthétique est présente, le casting est là, mais tout ça manque de réelle ambition, de ton fixe, pour vraiment marquer. On notera aussi de grosses lacunes sur les effets spéciaux et parfois le maquillage des fantômes, ce qui n’aide pas à convaincre.


Titre : Tales from the Dark (1 & 2)
Année : 2013
Durée : 1h50 + 1h30
Origine : Hong Kong
Genre : Horreur / Epouvante
Réalisateur : Fruit Chan, Simon Yam, Lee Chi Ngai, Lawrence Ah Mon, Teddy Robin, Gordon Chan

Acteurs : Simon Yam, Tony Leung Ka-Fai, Kelly Chen, Teddy Robin Kwan, Helena LAw, Siu Yam-Yam, Josephine Koo, Lam Suet, Yuen Qiu, Maggie Siu, Dada Chan, Tony Ho, Kelvin Kwan, Eddie Li, Lo Hoi-Pang


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I.D.
9 septembre 2014 11:28

P’tite interpellation. P’têt que les films d’horreurs HK n’ont jamais eu vocation à faire peur. Le plus souvent, il est rare que l’aspect flippant soit travaillé. Est-ce culturel… ?

Supavince
10 septembre 2014 12:26

Je te rejoins là-dessus mon ami…
Je pense même que nous, pourtant cinéphiles avisés du ciné asiatique, regardons bien malgré nous ces films avec un regard d’occidental et presque avec les attentes qui vont avec… Question d’éducation…
Quand on juge une scène tirant sur le nanar, nos amis asiatiques portent-ils un jugement identique au notre?

Pour en revenir à la critique ci-dessus, pas vu, mais j’ai jamais été grand fan de ces démarches de films avec trois histoires différentes à chaque fois qui accouchent rarement de quelque chose de sensationnel.

Realisateur
Realisateur
13 septembre 2014 4:33

A tenter … ça pourra pas etre plus chiant que le final de Firestorm !

scenariste
scenariste
16 septembre 2014 19:22

N’écoutez pas jonathan-hk surtout.

I.D.
Reply to  Jonathan-asian
17 septembre 2014 19:08

Je ne vois pas de quel droit Jonathan-asian, tu te permets de parler au nom de Jonathan-HK ! Non mais ! Manquerait plus que jonathan-europa fasse des siennes…

Realisateur
Realisateur
Reply to  I.D.
17 septembre 2014 21:33

je me demande ce que pense jonathan-asia de tout ces usurpateurs!