[Avis] Keitai Kareshi +, de Tsukikawa Shô (2012)

Une nouvelle application pour téléphone portable apparaît, le système Katekyo, avec un professeur apparaissant en 3 dimensions pour vous poser des questions. Une jeune femme, refusant d’aller à l’école car elle se fait maltraiter, télécharge l’application. Mais elle apprend rapidement qu’une autre jeune fille, Manami, ayant téléchargée l’application a été retrouvée morte.

Avis de Rick :

Les films traitant de malédictions par téléphone portable ou d’autres applications tueuses sont monnaie courante au Japon. Après la saga Chakushin Ari au cinéma (La mort en ligne, dont seul le premier épisode signé Miike Takashi a trouvé son chemin vers la France), on aura eu de multiples produits V-Cinéma traitant du même sujet, dont les récents Keitai Kareshi et Keitai Kanojo, sur les applications de jeux de drague, féminins comme masculins. Et fin 2012 (Septembre pour être exact), une nouvelle petite saga fit son apparition, en deux opus : Keitai Kanojo + et Keitai Kareshi + (quelle originalité, le même titre, avec un petit + derrière). Tous les deux d’une durée de 1h14, et réalisés par Tsukikawa Shô, le premier met en scène Aisawa Rina, et, comme je ne fais pas les choses comme tout le monde, je me suis directement penché vers le second opus, ayant de meilleurs retours, et mettant en scène la jeune Morita Suzuka. Idole ayant fait partie du groupe Idolling !, Suzuka Morita ne brille pas d’une énorme carrière, ni d’une carrière démentielle. Jugez plutôt : le fun Mutant Girls Squad (elle jouait l’infirmière), quelques Sentai, l’adaptation en long métrage d’une série de courts métrages (Anata No Shiranai Kowai Hanashi : Gekijô Ban), qui malgré un bon début, s’avérait plutôt très chiant, le film qui nous intéresse aujourd’hui, et en ce mois d’Avril, le nouveau film de Chiba Seiji (oui, le réalisateur du sympa Alien VS Ninja et du plus que raté Kunoichi). L’idole reste plutôt dans les produits bas de gamme, mais pour ma part, je ne vais pas m’en plaindre.

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Keitai Kareshi + donc place directement notre idole dans une situation difficile. Maltraitée en cours par ses camarades de classes, elle a beaucoup de mal à se motiver à bouger son cul en cours, et au final, on la comprend. Parmi ses camarades de classes, on reconnaîtra (ou pas) la jeune Momose Misaki (Gothic and Lolita Psycho, The Ancient Dogoo Girls, et également le nouveau film de Chiba Seiji), toujours un peu craquante. Donc plutôt que d’aller en cours, notre jeune idole va faire comme n’importe qui ( ?!) : télécharger une application qui va nous poser des questions afin d’étudier à domicile. Nous montrant un jeune homme en 3D qui s’incrustera sur ce que la caméra du téléphone filme, il nous pose des questions. L’application commence à 50 points, et logique, chaque bonne réponse nous donne 1 point, chaque mauvaise en retire un. Aucune surprise, quand l’application atteint 0 points, c’est la mort, pure et simple, le gentil monsieur de l’application rejoignant alors le monde réel afin d’en finir avec l’utilisation, mauvais élève. Remarquez, si l’éducation était vraiment comme ça, il y aurait beaucoup moins de mauvais élèves… Partant de ce postulat simple comme bonjour et peu innovant, le film n’a pas grand chose pour se démarquer de la concurrence, d’autant plus que la mise en scène, pourtant assez honnête pour ce genre de produits, peine à donner un rythme au récit. La première partie, se déroulant principalement dans l’appartement de notre idole, ne se fait pas très passionnante, et le réalisateur abuse des objectifs déformants (fish eye) pour simuler les objectifs de téléphone portable durant le générique et quelques autres scènes. L’ensemble reste cependant agréable à l’œil, mais plutôt mou du genou.

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Les quelques scènes se déroulant à l’école n’ajoutent pas forcément grand chose au récit, tandis que quand le métrage se penche sur les ravages de l’application, de bonnes idées surgissent, souvent gâchées par un manque de budget et une volonté de ne pas choquer. Ainsi, quand il faut par exemple écraser la charmante tête d’une des actrices (idoles), au lieu d’avoir recourt à des effets digitaux, ou mieux, à des effets réalisés sur le plateau, le réalisateur préfère insérer un plan rapide ou c’est carrément l’image qui est écrasée. Effet raté. Les différentes attaques de l’application sont en général ratées, les actrices se débâtant dans le vide, le « fantôme » ne pouvant être vu que dans l’objectif de téléphones. Beaucoup de choses décrédibilisent le métrage, et c’est dommage, car au final, Morita Suzuka ne joue pas si mal que ça, la mise en scène a parfois quelques bonnes idées (mais qui n’ont rien d’innovantes dans le fond), mais les différentes mises à mort sont souvent ratées, le rythme du film peine à passionner (l’intrigue est classique et l’ensemble manque de rebondissements) et le final s’avère expéditif et d’une simplicité déconcertante. Malgré tout, comme dit, l’ensemble possède quelques qualités, et ne dure pas bien longtemps (1h14), même si ça aurait encore pu être raccourci par moment d’une quinzaine de minutes. Keitai Kareshi + se laisse regarder, surtout qu’on a bien pire dans le domaine (les films d’horreur à petit budget et tout public), mais il y a tellement mieux à côté que ce serait dommage de perdre notre temps dessus.

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Keitai Kareshi + souffre de beaucoup de défauts, mais n’est pas le pire dans son domaine. Largement dispensable, mais si vous le regardez, il reste assez court pour distraire.

note4

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KeitaiKareshi(plus)Titre : Keitai Kareshi + – 携帯彼氏+(プラス)
Année : 2012
Durée : 1h14
Origine : Japon
Genre : Fantastique

Réalisateur : Tsukikawa Shô

Acteurs : Morita Suzuka, Maeyama Takehisa, Tsuda Minami, Momose Misaki et Tsunekichi Rie


Galerie d’images :

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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

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