[Avis] Dead Sushi, de Iguchi Noboru

Keiko est la fille d’un fameux cuisinier de sushi. Malheureusement, ses talents de cuisinière n’ont rien à voir avec ses talents martiaux, et elle quitte la demeure familiale, pour trouver un travail dans une auberge. Là bas, ses collègues lui jouent des tours, et rien ne s’arrange quand le président de Komatsu Pharmaceuticals et son équipe arrivent sur les lieux. Un ancien employé arrive lui aussi sur les lieux afin de se venger en utilisant un sérum transformant les poissons en tueurs.

Avis de Rick :

Depuis quelques années, Iguchi Noboru tourne à la vitesse de l’éclair, depuis le buzz autour de son film The Machine Girl. Un film pourtant imparfait, montrant un « artiste » aimant étirer des concepts géniaux au delà de leur durée parfaite. Ce sera encore le cas pour ses projets suivants, comme RoboGeisha. Pourtant depuis quelques projets, Iguchi se montre plus raisonnable avec des projets mieux rythmés, comme l’hilarant Karate-Robo Zaborgar, le grotesque et intéressant Tomie Unlimited et son Zombie Ass, qui bien qu’imparfait (surtout sur la fin) était un bon moment. Alors quand le réalisateur revient avec un Dead Sushi qui promet beaucoup vu sa bande annonce incroyablement stupide, on jubile en espérant qu’il continue sur sa voie en rythmant parfaitement son récit pour nous permettre d’apprécier ces nombreux délires du début à la fin.

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Malheureusement, non, Iguchi rechute, si bien que malgré de bonnes intentions, un point de départ con et quelques scènes hallucinantes et tout bonnement excellentes, son métrage ne laisse pas un souvenir impérissable et que le temps va par moment nous sembler un peu long, malgré pas mal de possibilités. Au final, on pourra tout simplement dire que Dead Sushi est un film classique pour Iguchi, avec des idées, oui, mais un poil trop étirées sur la durée (1h30) pour être vraiment un « bon » film. Un pur film de Iguchi, puisque devant comme derrière la caméra, on retrouve la même équipe. Nishimura Yoshihiro s’occupe des effets spéciaux sur le plateau, souvent amusant et convaincant, tandis que de nombreuses giclées de sang seront numériques (Iguchi style quoi). Devant la caméra, aucune surprise à retrouver certains acteurs fétiches du réalisateur, et bien entendu, Asami, ici en gérante d’auberge trompant son mari avec le cuistot.

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Pour le rôle principal, et pour se permettre quelques High kick convaincant dans son film, Iguchi choisit donc Takeda Rina, la jeune star de High Kick Girl et de Karate Girl. Elle n’est pas une inconnue, et encore moins inconnue de Iguchi, puisqu’il l’avait déjà dirigé, lui et ses potes, dans la deuxième saison de la série The Ancient Dogoo Girls (Dogoo V), bien inférieure à la première qui était excellente. Bref, Iguchi a toutes les bonnes cartes en main. Dans son introduction, il nous présente donc Keiko (Takeda Rina) qui vit avec son père cuistot, mais peu douée, celle ci préfère quitter la demeure et l’entreprise familiale pour éviter la honte à son père. On la retrouve donc dans une auberge, où elle sera martyrisée par ses collègues, et se heurtera même à des différences d’opinions avec les clients qui ne savent pas apprécier l’art du sushi à sa juste valeur. Elle se heurtera aussi à la façon de faire du cuistot de l’auberge, Tsuchida, joué par Tsuda Kanji, vu dans des films sérieux comme Guilty of Romance de Sono Sion, et dans des films plus funs, comme dans le rôle d’un prêtre dans Helldriver ou jouant le père de Rin dans Mutant Girls Squad.

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Tout cela tourne plus à la comédie qu’autre chose, et si certaines pointes d’humour fonctionnent, Iguchi filme tout cela sans trop d’inventivité, et le film met clairement du temps à démarrer. On nous offrira bien un combat entre Takeda Rina et plusieurs autres personnes, mais bon, n’attendez pas du combat de fou furieux, loin de là. Ce sera d’un niveau forcément inférieur à du High Kick Girl ou Karate Girl (le budget, les chorégraphies et le temps de tournage n’étant assurément pas les mêmes). Heureusement, en parallèle, un clochard, ancien employé de Komatsu Pharmaceuticals traîne dans les environs, bien décidé à se venger contre l’entreprise qui l’a licencié. Et dans son rôle, on retrouve bien entendu Shimazu Kentarô (oui, le méchant Yakuza de The Machine Girl, vu dans pratiquement tous les films de Iguchi). Un film familial je vous dis. Bref, Iguchi privilégie dans un premier temps l’aspect comédie, si bien que la première demi-heure se traînera un peu en longueur, en gags pas forcément drôles, à quelques exceptions près.

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Le rythme s’accélère enfin lorsque les sushis prennent vie, mais encore une fois, Iguchi aura livré mieux ces dernières années, si bien que l’on est déçu du résultat. Pourtant, les délires ne manquent pas, que ceux ci soient sanglants, pervers, ou les deux à la fois. Certains des gags les plus drôles, comme celui de ses deux sushis s’accouplant contre un arbre, sont malheureusement déjà présents dans la bande annonce, et le film manque finalement d’excellentes surprises. On rigolera tout de même par moment, comme avec cette fille se faisant manger la langue devant un autre personne qui ne pensera qu’à se servir de la situation pour pouvoir enfin toucher les seins d’une fille, ou lorsque le sushi omelette se fera exclure par les autres, car ce n’est pas du poisson. Ces quelques délires, éparpillés par ci par là permettent au métrage d’être divertissant et de se laisser regarder finalement pour ce qu’il est, mais ne laisse assurément pas un grand souvenir.

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Il se traîne parfois trop en longueur, certains effets numériques font vraiment de la peine à voir, tandis que certains gags, pourtant sympathiques, ne sont que des reprises d’anciens produits made in Iguchi (comme l’homme poisson, déjà aperçu finalement dans le premier épisode de The Ancient Dogoo Girl, et d’autres rappelleront Zombie Ass, fait juste avant). Alors oui, Dead Sushi n’est pas franchement désagréable à regarder, quelques passages sont délirants, Takeda Rina donne quelques High kick, on aura même droit à un sushi géant, mais dans l’ensemble, Dead Sushi est une déception, malgré une dernière demi-heure mieux rythmée qui part dans tous les sens (trop peut être même). Et pour finir sur une note positive, le film nous propose un bêtisier lors du générique de fin, nous montrant bien la bonne ambiance qui régnait sur le tournage, et quelques ratages lors des combats.

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Un nouveau délire pour Iguchi, au rythme en dent de scie, qui innove rarement comparé à sa filmographie. Ça se regarde tout de même, à défaut d’être vraiment marquant.

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Dead SushiTitre : Dead Sushi – Deddo Sushi – デッド寿司
Année : 2012
Durée : 1h31
Origine : Japon
Genre : Comédie d’horreur

Réalisateur : Iguchi Noboru

Acteurs : Takeda Rina, Matsuzaki Shigeru, Shimazu Kentarô, Tsuda Kanji, Suga Takamasa, Tezuka Toru, Asami et Nishina Takashi


Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

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