[Avis] Asian Connection, de David Lam et Yuen Tak

Titre : Asian Connection
Année : 1995
Durée : 1h33
Origine : Hong-Kong
Genre : Buddy Movie
Réalisateur : David Lam et Yuen Tak

Acteurs : Danny Lee, Michael Chow, Blacky Ko, Ricky Yi, Jack Kao, Jean Wong, Jackson Lau, Chan Chung-Yung, Nick Cheung

Synopsis : A Hong Kong, deux flics sont sur le point de mettre un terme à un réseau de trafiquants de drogue en organisant un deal déguisé afin de coincer les voyous. Lors du transfert, nos stupides policiers se font braquer leur mallette à fric (contenant tout de même 5 millions de dollars) par le revendeur de came. C’est en recherchant le pognon qu’ils vont finir par se retrouver à Taïwan nez à nez avec un puissant baron de la drogue.

Avis de Drabaye :
Suite au succès du cultissime «a better tomorow» réalisé par John Woo en 1986, le néo-polar hong-kongais va se multiplier. Des réalisateurs tels que Ringo Lam, Wong Kar Waï et Kirk Wong surferont avec style sur ce genre au succès grandissant. Cela dit au milieu des années 90, après avoir usé au maximum les différentes variantes des «hero movies», il est difficile d’y faire sa place en se distinguant des autres. C’est alors que David Lam et Yuen Tak vont décider de co-réaliser une sorte de buddy movie au nom de «asian connection». Si ce titre fait immédiatement penser à William Friedkin avec son «French connection», c’est plus d’un «lethal weapon» (L’arme fatale) de Richard Donner qu’ils en piquent la recette. On se retrouve face à deux policiers absurdes et maladroits, dont une certaine motivation notoire va leur permettre d’en finir avec un redoutable mafieux. Avec un pitch aussi maigre il ne faut pas s’attendre à un exploit scénaristique, cependant on peut y espérer une débauche d’action et d’humour, malheureusement il n’en est rien car ce film patauge dans l’ennui et l’inutile.

Dès la scène d’ouverture on y voit un Danny “biker” Lee fier, jubilant au milieu d’autres motards paradant sur le périph’. Dès que l’on aperçoit cette séquence des plus futiles, la couleur est annoncée, il va falloir être armé d’un certain courage pour venir à bout de ce long métrage. Ce film se veut être une comédie policière, mais la banane est aux abonnés absents pendant 1h30 de vide absolu. Certes le film est parsemé de bastons, d’enquêtes, de courses poursuites et de gunfights, mais la qualité de ces scènes est d’une telle médiocrité que l’on a vite fait d’oublier ce gros navet. On en oublierait même la présence de Yuen Tak à la réalisation des scènes d’action car on y retrouve à aucun moment son talent de chorégraphe. Pour ce qui est du casting Danny Lee y est insupportable, le «flic-biker-cool» est d’une lourdeur semblable à celle d’un mammouth victime d’obésité aigüe. Il surjoue à un tel point que cela en est épidermiquement irritable. L’interprétation de Michael Chow en flic infiltré en est tout aussi déconcertante. Entre les deux personnages la sauce ne prend pas, faute à une direction d’acteurs foireuse? Oui assurément car on aura vu un Danny Lee en bien meilleur forme que ce soit dans un chef d’œuvre comme “The Killer” de John Woo, une bisserie telle que “Super Inframan” de Hua Shuan, ainsi que dans des cat III ( “run and kill” de Billy Tang par exemple ). Pour ce qui est du reste du casting celui qui s’en sort le mieux c’est Chan Chun-Yung qui campe le rôle d’un chef de police teigneux, aux répliques garnies de grossièretés en tout genre. Mais lorsque à la réalisation y siège un David Lam peu inspiré et un Yuen Tak absent, le spectateur se retrouve face à une bouillie filmique indigeste.
Le film ne réserve aucune surprise, l’intrigue est téléphonée, la progression de l’histoire a toujours un train de retard sur le spectateur. Du début à la fin on peut prévoir avec aisance les rebonds scénaristiques. La réalisation est capotée, le film oscille entre des fusillades ratées (cf la scène du restaurant), des giffles manquées (mais où est Yuen Tak bon sang ???), des poursuites en bagnoles anesthésiées, le tout avec une caméra dénuée de toutes subtilités. Concernant l’usage de celle-ci on peut dire que ce Buddy Movie a bien mauvaise mine face aux films de son époque (“O.C.T.B.” pour ne citer que lui). Quant aux cascades, elles sont hachées par un montage peu flatteur pour le staff qui les exécute. Avec un plan nichon plutôt timide et des effets gores pour le coup bienvenues, les réalisateurs nous donnent l’impression de vouloir virer dans la Cat III. Ce qui n’est évidemment pas le cas, car ces moments sont trop peu nombreux et pas assez démonstratifs pour y attirer notre attention et affoler la censure.

Mais alors après toute cette route sinueuse parcourue, qu’en est-il de la scène finale? Le moment où le super flic cool (Danny Lee) doit infliger une correction mémorable au méchant trafiquant (Jack Kao), a-t-on le droit à un morceau de bravoure, une scène dantesque, une victoire péniblement arrachée à la suite d’un affrontement brutal au suspens haletant? Et bien non il n’en est rien, le vilain s’échappe à bord d’une locomotive à la vitesse effrénée d’une petit dizaine de km/h poursuivi par Danny«cool»Lee au guidon d’une moto-cross égarée, le retour du biker aux binocles teintées. Par un saut des plus vertigineux «joke inside» notre super flic finit par rejoindre le super vilain sur un wagon, lieu propice pour un combat final anthologiquement naze. Après quelques coups de pieds loupés et bousculades à peine crédibles, le méchant sort son arme spéciale, un couteau pistolet, mais quel génie!!! C’est alors que Danny, menacé par son adversaire filou armé de son couteau suisse, retourne son arme contre lui, la lame tendue face au trafiquant. Il appuie alors sur un petit bouton à plusieurs reprises laissant s’échapper du canif des balles de calibre inconnu transperçant le corps du mafieux. Une fin à l’image du reste, pauvre et sans intérêt.

N’assumant pas son côté Bis, rien ne peut sauver ce «lethal weapon like» au goût évident de navet. Pathétique, Asian Connection est un film ennuyeux au final expédié et c’est tant mieux.

Note : 2/10

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Sebastien
Sebastien
30 avril 2012 20:32

dire que cette daube avait bénéficié d’une sortie dans l’hexagone dans la même collection que BIG BULLET et OCTB par exemple… je suis d’accord. rien à sauver sauf les spectateurs.

Martin
Martin
1 mai 2012 16:42

Manolo a foutu 4/5! (Soit un point de plus de The Killer). Seb, es-tu sur de ne pas être un HK HATER?
 
 

Cherycok
Administrateur
1 mai 2012 18:52

Qu’est-ce qu’elle est naze cette expression de HK Hater… Je dis pas ça par rapport à toi hein, je sais d’ailleurs plus qui j’ai vu la citer en premier (Dre peut etre, ou Palp, je sais plus), mais je la trouve assez ridicule lol

Martin
Martin
1 mai 2012 19:32

je suis completement d’accord!
cadeau ^^
http://blog.hkmania.com/?p=12880#comment-8728

Supavince
1 mai 2012 20:40

Oui surtout qu’on est tous d’accord que du moment qu’un gars discute d’un Asian connection, à la base, comment peut-il être hk hater? ^^

drélium
1 mai 2012 21:01

Ce n’est clairement pas moi qui ai sorti cette foutue expression qui m’a toujours sorti par les yeux…

Cherycok
Administrateur
1 mai 2012 21:55

Ben surtout je ne la comprends pas ^^

I.D.
2 mai 2012 9:10

Faudrait demander à Ryo alors… 😉

Sebastien
Sebastien
8 mai 2012 11:24

Mano qui met une meilleure note à Asian Connection qu’à The Killer ? Je lui laisse une chance de s’expliquer.

Manolo
Manolo
8 mai 2012 13:58

S’il y a une place en ce bas monde pour des HK hater alors je suis un HK lover. Je rematerai le film a l’occase mais, en tant qu’inconditionnel de Michael Chow, il y a un risque pour que j’augmente ma note.

Cherycok
Administrateur
8 mai 2012 16:12

Il était génial dans Mr Mumble ^^