[Film] Upgrade, de Leigh Whannell (2018)


Après la mort de son épouse lors d’une violente agression qui l’a laissé paralysé, Grey Trace est approché par un inventeur milliardaire qui propose de lui administrer un remède expérimental qui va « upgrader » son corps et ses facultés. Désormais doté d’un implant fonctionnant à l’intelligence artificielle, Grey voit ses capacités physiques décuplées et se lance dans une mission vengeresse, afin de faire payer ceux qui ont tué sa femme.


Avis de Cherycok :
Upgrade, c’est ce genre de petit film dont personne n’a entendu parler. Ce genre de petit film avec un casting que personne ne connait, un budget des plus modestes, et une sortie très discrète. Mais pourtant, Upgrade est ce genre de petit film pour lesquels Dark Side Reviews a été créé. Ce genre de petit film qui fait que je peux fouiller des heures sur le web à scruter les sorties diverses et variées un peu partout dans le monde. Oui, j’aime découvrir des films, et j’aime faire découvrir des films, surtout s’ils sont bons. Et Upgrade est bon. Alors non, ce n’est pas le film du millénaire, ni même du siècle, mais dans le domaine de la petite série B très efficace, il se pose là. Alors si en plus vous aimez bien les univers futuristes cyberpunk, ce film est fait pour vous.

Upgrade, c’est donc une petite bobine australienne au maigre budget de 5M$US réalisée par Leigh Whannell. Un nom qui ne vous dit peut-être rien mais qui pourtant œuvre depuis une bonne quinzaine d’années dans le milieu du cinéma. Il est en effet scénariste de films tels que les trois premiers Saw, Dead Silence, de la saga Insidious. Mais il est également acteur (Aquaman, Cooties, Matrix 2) et surtout metteur en scène puisqu’il est le réalisateur de Insidious 3 (2015). Upgrade est donc son deuxième film.
Entre film de SF, d’anticipation et thriller, Upgrade part d’un postulat de départ des plus simples : la vengeance d’un homme dont la femme a été tuée. Tétraplégique suite à l’incident, il sera « augmenté » à l’aide d’une puce, greffée sur sa colonne vertébrale, que va lui fournir un riche inventeur milliardaire à qui il venait de vendre une voiture old school qu’il avait restaurée. Une puce dotée d’une intelligence artificielle et qui va lui donner des facultés insoupçonnées. Voyant l’état léthargique de la Police, il va partir à la recherche des meurtriers de sa femme, tout en essayant de rester discret sur son nouvel état afin de ne pas éveiller les soupçons de l’inspectrice Cortez qui est sur l’affaire, et faire vengeance lui-même.
Un scénario au demeurant des plus lambdas, mais c’est dans son traitement qu’Upgrade va montrer tout son potentiel, renvoyant pour l’occasion une grosse majorité des productions américaines au tapis (séries B et blockbusters confondus) tant le film est efficace, sincère et bien mis en scène.

Upgrade nous présente un monde cyberpunk, un peu à la manière du jeu de rôle Shadowrun dont s’inspirait il y a quelques mois la production Netflix Bright. Même s’il ne fait qu’effleurer la chose, à cause d’un budget bien trop serré pour pondre des décors futuristes grandioses, en plaçant son histoire pas si éloignée de la nôtre, il aborde aisément le thème des humains modifiés à l’aide de puces ou de divers modules cybernétiques, comme par exemple des armes à feu intégrées directement sur des bras, ou encore celui des méga corporations d’armement qui se sont petit à petit implantées en maitre.
Le film se divise en deux parties, une première misant tout sur l’enquête et la recherche des coupables, et une deuxième plus typée action qui s’attardera donc sur la vengeance. Même si cette deuxième est plus classique, l’ensemble du film tient la route du début à la fin. Les acteurs, bien que peu connus, tiennent leur personnage de bien belle manière (même si les seconds rôles auraient pu être plus travaillés). Logan Marshall-Green, qui interprète le héros et ressemblant parfois à s’y méprendre à Tom Hardy, est tout bonnement excellent dans son rôle mais également dans sa gestuelle semi robotique (rappelant parfois celle du Robocop de Paul Verheoven). Mais ce qui ressort du lot, c’est la réalisation en elle-même. Leigh Whannell ne succombe pas à l’effet de mode shaky cam ou au montage ultra cut et nous propose une mise en scène inventive, intelligente, et extrêmement efficace. C’est dynamique, les CGI sont utilisés avec parcimonie, le scénario est sans concession avec sa fin sombre, ça n’abuse pas des effets gores, et Leigh Whannell arrive à rendre son héros immédiatement attachant. On regrettera seulement que le film n’ait pas été plus long, afin de développer un peu plus ses seconds rôles, et quelques décors un poil cheaps, mais avec le budget qui lui était alloué, le film reste malgré tout crédible de bout en bout.

LES PLUSLES MOINS
♥ La mise en scène
♥ Logan Marshall-Green
♥ Les scènes d’action
♥ L’univers cyberpunk
⊗ Quelques décors cheaps
⊗ Des second rôles peu charismatiques
Leigh Whannell prouve qu’avec un petit budget, une envie de bien faire et un certain talent, il est possible de pondre une bobine très réussie qui, sous ses allures de série B d’action lambda, donne une certaine leçon de cinéma à tous ces blockbusters hollywoodiens sans âme.



Titre : Upgrade
Année : 2018
Durée : 1h39
Origine : Australie
Genre : 2.0
Réalisateur : Leigh Whannell
Scénario : Leigh Whannell

Acteurs : Logan Marshall-Green, Melanie Vallejo, Steve Danielsen, Abby Craden, Harrison Gilbertston, Benedict Hardie, Richard Cawthorne, Christopher Kirby, Simon Maiden

 Upgrade (2018) on IMDb



















A propos de Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

10 Comments

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  1. Ton commentaire de conclusion résume ce que j’ai pensé du film « Seven sisters » de Wirkola.

    En tous cas ça semble intéressant ce Upgrade dont je n’ai effectivement pas entendu parler.

    1. C’est bien moins ambitieux que Seven Sisters qui deja assumait son statut de série B de luxe. Vraiment là on est dans ce cinéma australien un peu brut, sans trop de fioritures, efficace. Un cinéma que j’apprécie tout particulièrement.

      1. Donc tu as vu Seven sisters depuis la dernière fois que je l’ai évoqué^^
        T’as aimé ?
        De luxe, je sais pas trop non plus. Le budget de seven sisters n’était pas énorme. C’était un peu la surprise le succès (relatif) du truc.

        1. Non non, toujours pas vu, mais une série B à 20M$US, ca commence à être confortable. Alors c’est peut être pas « de luxe » effectivement quand on sait que certaines séries B montent jusqu’à 50M) mais c’est deja pas mal. Le Upgrade, c’est estimé à 5M, quatre fois moins.
          Donc non, toujours pas vu, mais faut que je me le fasse oui, j’avais deja envie de le voir à sa sortie et finalement c’est passé à la trappe. Surtout que j’adore le réalisateur (même si je suis un des seuls à aimer son Hansel et Gretel ^^)

          1. Mais non, t’es pas tout seul. Je l’ai trouvé fun son Hansel et Gretel, même visuellement avec pas (trop) de CGI.
            Bon après c’est clair que c’est pas du tout une adaptation du conte, c’est du nawak, mais ça marche plutôt bien^^
            Je préfère des adaptations de contes façon Neil Jordan et sa compagnie des loups, mais si on sait à quoi s’attendre, le Hansel et Gretel en mode bourrinage, ça passe bien.
             
            Voui bon 20 millions c’est correct certes, mais c’est pas un blockbuster à 300 millions non plus^^ La SF ça coute vite cher si on ne trouve pas des moyens de limiter les lieux où ce se déroule, l’utilisation des technologies futuristes, etc.
             
            Le blade Runner 2049 de Villeneuve, qui est un blockbuster (mais intelligent !) c’est 150 millions, sans compter je pense le budget marketing.

          2. Il faut toujours que je voie ses Dead Snow. Mais mon absence totale d’intérêt pour les zombies ne me pousse pas à les voir.

            1. Si tu n’aimes pas les zombies, ca ne sert pas à grand chose de regarder Dead Snow, à part peut-être pour le délire (surtout pour le 2 ou c’est nawak).

              Et biensur que comparé à 300M, les 20M de Seven Sisters font pâle figure, mais moi je comparais au budget des séries B, pas des blockbusters. Ce que je voulais dire avec mon dernier paragraphe de Upgrade, c’est que le pognon, ca ne fait pas tout, qu’on peut faire de la SF sans avoir 300M et que même avec 5M, ca peut tenir la route si le real sait ce qu’il fait et qu’il a les mains libres sur son travail.

  2. Le film va sortir au cinema en France finalement et dans beaucoup de salles.
    Mais au final on c’en fou du budjet d’un film non ?

  3. Il sort finalement en salles ? Je croyais que Netflix avait l’exclu… Ah oui, clairement on s’en fout du budget du film, mais je soulignais que des mecs sont capables de faire des trucs qui tiennent la route avec très peu de budget alors que d’autres font n’importe quoi avec 250M$US. Et moi ça m’énerve. Car j’ai l’impression que plus tu as de pognon pour un film, moins tu fais d’effort dans la mise en scène et dans la construction de leur film parce que de toute façon , on s’en fout, les gens sont des glands et vont juste se dire « ouais, c’était joli les effets spéciaux ». Alors que quand tu regardes bien, c’est même pas le cas. LEs majors prennent les spectateurs pour des gros cèpes, et j’ai l’impression que les gens s’en foutent, ou alors qu’ils s’en accommodent…

  4. Et non ca ne sera pas une saloperie d’exclu netflix.
    Les blockbuster ne sont pas fais pour les cinéphile la plupart des gens ne font pas attention a la réalisation. La je suis allez voir le dernier Audiard (The Sisters Brothers) je suis sur que dans la salle il n’y a pas grand monde qui a remarqué qu’il y avait un filtre marron que c’était de la caméra a l’épaule et qu’il n’y a presque que des gros plan pendant tout le film alors que moi ca m’a sauté au yeux, je vient de lire pas mal de critique spectateur sur allociné c’est simple personne n’en parle.

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