[Film] The Hole, de Nick Hamm (2001)

Quatre étudiants d’une prestigieuse université britannique manquent à l’appel depuis 18 jours. Personne ne croit plus les revoir. Mais voilà que réapparaît Liz, une des disparus.


Avis de Rick :
Adaptation d’un roman anglais sorti en 1993, The Hole est une petite production Anglaise d’à peine 5 millions de budget qui nous promet une histoire simple et un bon petit suspense, et même un twist final comme c’était la mode à l’époque. Mélange de genre, mélangeant le drame (pour le fond) et le suspense voir le thriller pour la forme, The Hole ne m’inspirait pas forcément confiance avec son intrigue de base. À savoir l’enquête sur ce qu’il est devenu à 4 étudiants d’une université anglaise, disparus pendant 18 jours. Seule Liz réapparait et explique aux enquêteurs qu’ils se sont tous les 4 retrouvés enfermés dans un ancien abris sous Terre pendant tout ce temps. Oui, me retrouver enfermé pendant 18 jours avec 4 adolescents, ça ne m’enchantait pas je dois l’avouer. Seulement même si The Hole n’est pas un chef d’œuvre (loin de là), je dois avouer que le métrage m’aura finalement surpris, et même par moment happé. Dans sa première partie, il nous raconte ce qu’il s’est passé du point de vue de l’unique survivante, Liz. Une première partie nous amenant d’ailleurs sur une fausse piste. Sans doute l’un des défauts du métrage, puisqu’en nous racontant ce qu’il s’est passé durant seulement 30 minutes, le spectateur sait pertinemment que l’histoire qui nous est racontée est fausse, qu’il manque des informations capitales, voir que la vérité est totalement déformée. C’est donc l’histoire de Liz, qui craque pour un jeune de son université, et qui décide de passer 3 jours dans un abri pour faire la fête et se rapprocher de lui, en compagnie de sa meilleure amie et de son copain.

Et donc durant 30 minutes, tout va vite, nous avons là la version des faits selon Liz. Pour le coup, j’ai pensé que le métrage allait trop vite, vendait tout de suite la mèche, qu’à force de vouloir nous éloigner de la réalité, il se mordait la queue. Sans pour autant être désagréable, puisque la mise en scène fait très bien le boulot et qu’à ma grande surprise, même si tous les personnages ne sont pas bien développés, les acteurs sont dans le bon ton et même très convaincants, en particulier Thora Birch et Desmond Harrington. Mais c’est passé cette première demi-heure que le film décolle et qu’il s’est révélé à mes yeux être une excellente surprise, en surpassant mes attentes. C’est en réalité là que le métrage délaisse quelque peu son côté thriller (l’enquête) pour se focaliser sur un drame humain et critiquer un peu les décisions stupides d’adolescents à qui il manque sacrément une case. Là où le film réussit totalement son pari, c’est dans la description de ces personnages. Passé la première demi-heure qui nous vend des personnages amicaux, qui s’aiment, passent du bon temps ensembles, le film nous montre ensuite la réalité, le côté moins glorieux du miroir. Certes parfois avec certains personnages c’est caricatural, mais ça fonctionne.

Chaque minute du métrage nous emmène alors un peu plus dans la noirceur du drame qui s’est produit au sein de cet abri souterrain. Finalement, si la première partie déçoit, est-ce qu’elle n’est pas là pour rendre plus forte la seconde partie ? Sans doute au final, et ça fonctionne. Liz qui nous apparaissait comme une fille banale dans une université tout aussi banale se montre finalement bien plus froide que prévu et surtout ayant une vision assez éloignée de la réalité sur ce qu’elle veut, comment l’obtenir, pensant que tout cela lui est dû, au détriment du reste. Certes du coup, tous les autres personnages, beaucoup moins travaillés, sont laissés de côté, mais le film réussit alors son pari, certains moments sont cruels, d’autres nous font froid dans le dos. La psychologie de Liz est bien le point le plus réussi du métrage. Un personnage égocentrique, prêt à tout, se foutant royalement de ce qui se passe autour d’elle et même de ce qu’on pourrait appeler la réalité si ces éléments ne servent pas ce qu’elle veut, si ça ne va pas dans son sens. Thora Birch, que l’on avait découvert dans American Beauty peu de temps avant, crève l’écran, toujours dans le bon ton, avec son visage angélique et son cœur beaucoup moins glorieux. Est-ce que The Hole vaut le coup ? Clairement oui, même si son début trompeur n’est pas forcément le meilleur, et que son final qui essaye de nous rebalancer un twist ne fonctionne absolument pas. Mais entre son ouverture et son final, The Hole parvient à être un peu dérangeant, à être sombre et à aller même au bout de son sujet.

LES PLUSLES MOINS
♥ Un film plutôt sombre
♥ Des moments bien trouvés
♥ Thora Birch et son personnage
♥ Une tension qui fonctionne la plupart du temps
⊗ Des personnages pas toujours travaillés
⊗ La petite révélation finale, inutile
note8
Sans rien révolutionner, The Hole tient la route la majeure partie du temps, et parvient même par moment à installer une belle tension. On est plus dans le film à suspense psychologique que dans un simple thriller, mais ça marche.



Titre : The Hole

Année : 2001
Durée :
1h42
Origine :
Angleterre
Genre :
Suspense
Réalisation : 
Nick Hamm
Scénario : 
Ben Court et Caroline Ip d’après le roman de Guy Burt
Avec :
Thora Birch, Desmond Harrington, Daniel Brocklebank, Keira Knightley, Laurence Fox et Embeth Davidtz

 The Hole (2001) on IMDb


Galerie d’images :

A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

2 Comments

Add a Comment
  1. J’ai été choqué d’apprendre que Keira Knightley avait…16 ans dans ce film. Sans déconner elle a à peine changé, et selon sa page wikipédia, elle n’a « que » 33 ans aujourd’hui.
    ça fait bizarre quand même vu qu’elle se fout presque à poil. Je me demande si ce serait passé dans un film U.S ça, la nudité d’une mineure.
    Pervers d’anglais !

    Hem…je déconne hein^^
    Sinon film plutôt sympathique que j’ai vu assez récemment. C’est vrai que le début est trompeur et permet au film de mieux décoller ensuite.
    Je ne suis pas sûr de voir ce dont tu parles à propos de twist. Liz raconte la vérité à la psy, et refuse de le répéter à la police. Et comme la psy n’était pas censé être là, elle risque de ne rien pouvoir faire. Quel est le twist ?

  2. Oui elle n’avait que 16 ans, et elle se montre quand même seins nus dedans (bon, avec apparemment l’accord des parents qui étaient présents, mais c’est la moindre des choses quand même). Aux States, pas sûr, ils n’auraient sans doute même pas osés de peur qu’une tierce personne porte plainte ou autre.

    Ah quand je parlais de twists, je parlais de la scène entre Liz et son meilleur pote (ou pseudo meilleur pote, le mec à lunettes). Bon mes souvenirs sont plutôt vagues, au pire je me referais la fin ^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dark Side Reviews © 2017