[JV] Star Wars Jedi Fallen Order (2019 – Xbox One)

Cal Kestis est un ancien padawan qui vit désormais dans la clandestinité, après avoir survécu à l’Ordre 66 décrété par l’empereur Palpatine et la grande purge de l’ordre Jedi qui s’est ensuivi. Désormais reconverti en ferrailleur sur la planète Bracca, son existence finit toutefois par être de nouveau bouleversée lorsque les Inquisiteurs impériaux, chargés de traquer et d’éradiquer les derniers Jedi, finissent par retrouver sa trace.


Avis de Rick :
En 2019, qui croyait encore en EA ? Personne. Élu plusieurs fois pire éditeur de l’année, ayant racheté puis fermé bon nombre de studios cultes, envahissant ses jeux de microtransactions (les jeux de sports) ou de DLC qui contiennent à eux seuls la moitié du contenu total des jeux (hein Star Wars Battlefront), forçant les studios à inclure du multijoueur ce qui fait carrément couler des licences (Dead Space 3) ou forçant des délais improbables ou des moteurs graphiques qui ne conviennent pas du tout au style (Mass Effect Andromeda), la liste est longue. EA avait annoncé que l’avenir, c’était le multijoueur. Bon, on ne va pas se mentir, on aime tous se faire un petit multi avec des potes, tous sur le même canapé, en buvant une bière et en rigolant un bon coup. Mais pour EA, multijoueur rime avec DLC, contenu annexe payant, microtransactions. Et depuis que Star Wars est entre les mains d’EA, ce n’est pas glorieux.

Après un premier Star Wars Battlefront au contenu risible (70 euros à la sortie pour avoir un mode entrainement, et 4 malheureuses maps), agrémenté de season pass et DLC rajoutant des maps pour la modique somme… du prix du jeu (donc oui, en gros, 140 euros si l’on veut tout), les fans pas contents s’étaient plains. Pas de solo, peu de contenu, tout ça tout ça. On croyait qu’avec la suite, Battlefront 2, qu’ils nous avaient écoutés. Sauf que la sortie du jeu donna lieu à l’un des plus gros scandales récents dans le milieu des jeux vidéo, avec un jeu qui était tout simplement un Pay to Win en multi, et une campagne solo uniquement ajoutée histoire de faire plaisir et qui pouvait se boucler en 5h chrono en mains. C’est pour tout cela que la sortie en 2019 de Star Wars Jedi Fallen Angel tient du miracle vidéoludique. Un jeu, uniquement solo, qui sort avec un nombre minimal de bugs, qui est bien optimisé pour chaque machine, et qui n’a ni DLC, ni microtransactions. Mais où va donc le monde si une boite comme EA commence à faire des efforts ? Ou bien EA a tout simplement peur, à force de plaintes et divers scandales, de voir son CA baisser d’année en année. On dira que la seconde option est la bonne, mais tant que cela est bénéfique pour le joueur, tant mieux.

Jedi Fallen Order donc, c’est un jeu 100% solo, où l’on incarne un jedi qui s’est caché sur une lointaine planète après la purge. Le jeu se déroule donc quelques années après les événements de l’épisode 3, et avant l’épisode 4 (logique hein). Un roux donc, euh je veux dire un padawan, pour un jeu plus ou moins construit comme un metroidvania. Plusieurs planètes à dispositions, des pouvoirs que l’on débloque petit à petit, et donc la possibilité, voir l’obligation parfois, de retourner sur d’anciennes planètes pour débloquer de nouveaux passages. Pourquoi pas, surtout que le studio développeur du jeu, Respawn Entertainment, nous a livré un level design la plupart du temps inspiré. Si niveau design, on trouve donc une empreinte certaine du genre, dans son gameplay, le jeu a été puiser ailleurs, en se voulant être un Dark Souls, en plus facile. Mourir nous fait perdre notre expérience, récupérable si l’on parvient à retrouver celui qui nous a tué. Dans le même ordre d’idées, les combats sont plutôt tactiques, bien que pas si durs que ça, à un ou deux combats de boss près, et les sauvegardes s’effectuent à des points de méditations, qui nous redonne de la vie, de la force, mais fait aussi réapparaître tous les ennemis tués jusque là. Comme quoi, le jeu ne cache absolument pas son influence principale. Niveau scénario, si on est dans du très classique pour la saga Star Wars, le jeu a gagné la participation de Chris Avellone, bien connu des gamers, puisqu’ayant participé à l’écriture de Fallout 2, Star Wars Knights of the Old Republic 2, Fallout New Vegas, Wasteland 2 ou encore Prey. Pas un manchot. Maintenant, est-ce que manette en main, le mélange d’influences, le tout inséré dans l’univers Star Wars, fonctionne-t-il ? Et bien plutôt bien. On pourra sans doute reprocher au jeu d’être un poil trop long (plusieurs fois j’ai cru que la fin était là, avant que l’on ne me rajoute un chapitre entier), mais pas d’être mauvais, ou de ne pas être généreux.

En fait, dés les premiers instants, on comprend facilement que si les niveaux sont construits comme dans un Metroidvania, que le design emprunte à la saga de From Software, le gameplay lui fait plutôt penser à d’un Uncharted ou Tomb Raider, en alternant phases de plateformes, petites énigmes pour les imbéciles et combats. Et cinématiques bien entendu, car nous sommes dans un jeu solo avec une narration. Mais ça fonctionne. La première mission, faisant office de tutorial forcément, nous en met plein la vue. On renvoie les tirs lasers, on découpe avec le sabre laser, on esquive ou bloque au bon moment, on utilise la force pour ralentir les ennemis ou les envoyer valdinguer loin derrière, voir tomber dans le vide, et on prend son pied. Puis nous voilà enfin lâché dans une galaxie lointaine, avec notre vaisseau, nos compagnons, et plusieurs destinations possibles. Il va falloir se faire en gros 4 planètes (plus quelques unes bonus mais plus courtes et scriptées), en long, en large et en travers pour débloquer tous les secrets, et trouver finalement l’objet de notre quête, un objet contenant une information capitale, pour les jedis, mais également pour l’empire. C’est aussi simple que ça. Scénaristiquement, rien de bien fou, mais c’est suffisamment bien écrit pour capter l’attention du joueur durant toute sa partie, soit environ 30 heures. Plus s’il tient à découvrir tous les secrets de chaque planète, mais à moins de vouloir tous les peintures pour notre droïde, ou tous les ponchos pour notre héros, rien de bien folichon ou surtout d’obligatoire. Ça se suit très bien donc. Graphiquement, 95% du temps, le jeu est une belle claque. C’est beau, fluide, les chutes de framerates sont ultra rares (deux fois sur toute ma partie), le jeu n’a jamais planté. Les paysages sont sublimes, la distance d’affichage plus que correcte.

Les effets de lumières sont très jolis et flattent la rétine. On pourra regretter que sur chaque planète, l’on devra à un moment donné explorer des grottes lugubres, encore et toujours, mais rien de bien grave. Mais il y a le 5% restant visuellement. Et ce 5% concerne les Wookies, ignobles et risibles à l’écran. Pourquoi tant de soin sur tout le reste mais un tel carnage pour cette pauvre espèce qui n’a rien demandé à personne ? Aucune idée, demandez à Chewbacca. C’est dommage, mais heureusement, présent sur une seule mission. En terme de gameplay, l’ensemble répond bien et se fait plutôt instinctif. Les QTE en combats sont d’ailleurs plutôt rares, n’étant là que pour quelques rares finish moves, ou quelques moments clés en combat de boss. On saluera également l’initiative du studio d’avoir tenté de diversifier l’intrigue et donc son gameplay. Dés le début, on aura une fuite à bord d’un train, visuellement impressionnante. En arrivant sur une planète, nous voilà à escalader un gigantesque AT-AT avant d’en prendre le contrôle. Des séquences visuellement splendides, mais pas toujours ultra passionnantes à jouer. La séquence de shoot à bord de l’AT-AT n’est par exemple pas bien passionnante (mais très courte). Notons également, en dehors des combats, des commandes qui répondent bien pour les phases de plateformes, mais une caméra qui décide de se coller juste derrière notre personnage pour des phases de glissades, beaucoup trop près donc, et qui m’auront valût plus d’une fois la mort. Heureusement, contrairement à Dark Souls, le jeu n’est pas aussi pénalisant, car si mourir nous fait perdre notre expérience dans un combat, mourir d’une chute nous remet juste avant le saut, avec juste 10% de vie en moins. Ouf.

Car il arrive que l’on tombe beaucoup, que ce soit lors des phases de glissades, ou lors des séquences gang bang…. Euh je veux dire dans certains affrontements contre un ennemi spécifique assez tardif ou se faire encercler signifie coups dans tous les sens, et que l’on se retrouve souvent poussé dans le vide. Autre minuscule petit souci, parfois, l’on devra combattre dans des petits couloirs ou dans des tunnels exigus dans des grottes, et comme souvent dans le genre, la caméra est alors aux fraises, et ce malgré la possibilité de locker les ennemis. Oui, des petits soucis, à un peu tous les niveaux. C’est super beau sauf les Wookies, c’est hyper fluide mais il arrive que certaines textures chargent tardivement, c’est simple à prendre en main mais parfois injuste, ça varie les genres et les styles mais tout n’est pas au même niveau. Pour autant, et pour peu que l’on aime Star Wars, et ce même si comme moi, cela fait 20 ans que la saga est morte au cinéma, Jedi Fallen Order est un vrai plaisir à jouer. Pas parfait, loin de là, prenant ses inspirations un peu partout, dans d’autres jeux mais aussi dans la licence au cinéma (l’on retrouvera quelques personnages connus), mais on se prend pour un vrai jedi durant toute l’aventure, sautant partout, se servant de nos pouvoirs, découpant du stormtroopers qui sont toujours aussi peu doués (au moins c’est fidèle aux films), et parfois, on doit vraiment s’accrocher face à quelques combats de boss vraiment plus tactiques, mais du coup aussi très gratifiants lorsque l’on arrive enfin à faire de bonnes parades et à faire ce que l’on souhaitait. Rien que pour ça, ça vaut le coup, et si comme moi, vous n’étiez pas chaud pour acheter le jeu, les jeux EA rejoignent la Xbox Game Pass. De quoi tenter alors leurs jeux à moindre coût (et en profiter pour se refaire les bons classiques de l’époque, comme les deux premiers Dead Space ou Alice Madness Returns). Bonne surprise en tout cas.


GRAPHISMES
Une excellente direction artistique, des panoramas hyper beaux, un souci de détail, un framerate presque toujours constant. Seuls quelques retards d’affichages sont à souligner.
JOUABILITÉ
Simple et intuitif, le jeu se permet même parfois de varier un peu son gameplay, pas pour le meilleur. Il reste bon en combats et explorations, moins lors de courtes séquences de shoots ou de glisses.
DURÉE DE VIE
Quatre planètes à explorer en long, en large et en travers, plus quelques bonus, pour une histoire solo d’environ 30 heures, plus pour découvrir tous les petits secrets.
BANDE SON
Du Star Wars, donc forcément, magnifiques musiques, bruitages hyper travaillés. Même le doublage français imposé n’est pas mauvais.
CONCLUSION
Jedi Fallen Order est une excellente surprise, surtout sous la houlette d’EA. Uniquement solo, plutôt long, avec un gameplay aussi simple que parfois exigeant, une histoire simple mais prenante et des planètes varier à explorer, on s’éclate manette en mains, malgré quelques petits défauts.

note65



Titre : Star Wars Jedi Fallen Order
Année : 2019
Studio : Respawn Entertainment
Editeur : Electronic Arts
Genre : Petit jedi deviendra grand

Joué et testé sur : Xbox One
Existe sur : Playstation 4, Xbox One, PC
Support : un disque


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Cherycok
Administrateur
22 novembre 2020 17:43

Celui-là, je ne suis pas allé plus loin que la première planète à cause d’un plantage qui m’empêchait d’aller plus loin. C’était une version crackée. Le jeu était très sympa mais ne m’a pas suffisamment accroché pour que j’achète la version officielle.J’avais parfois trop l’impression d’être devant un Assassin’s Creed en termes de jouabilité et je n’aime pas cette saga donc…

Cherycok
Administrateur
Reply to  Rick
23 novembre 2020 7:47

Ma comparaison avec Assassin’s Creed venait du fait que le personnage fait plein de pirouettes quand il escalade, se bat, alors qu’on n’appuie sur rien pour qu’il les fasse. Et ca a tendance à vite me gonfler moi. J’aime bien que la moindre chose que fasse mon perso, il la fasse car j’ai appuyé sur un bouton pour qu’il le fasse.